GHOST - Meliora Loma Vista Recordings / Spinefarm Records
Style : Pop/Heavy Rock
Origine : Suède
Sortie : 2015
Site Web : www.ghost-official.com
01. Spirit / 02. From The Pinnacle To The Pit / 03. Cirice / 04. Spöksonat / 05. He Is / 06. Mummy Dust / 07. Majesty / 08. Devil Church / 09. Absolution / 10. Deus In Absentia
Après Opus Eponymous, un premier effort splendide distillant avec originalité un Metal que je qualifierai de Doom, qui reçu un accueil unanimement chaleureux et élogieux de la part de la presse musicale mondiale, mais aussi de beaucoup de musiciens de renommée internationale (James Hetfield de METALLICA, ou plus près de chez nous, Raphael Mercier de MASS HYSTERIA), GHOST a enchainé en 2013 avec Infestissumam, un second opus moins nerveux mais plus immédiat, riche de par ses nombreux chœurs, flirtant parfois avec la Pop anglaise magistrale et unique des géniaux et immortels THE BEATLES. Souvent vu comme « la sensation du moment », GHOST semble finalement être bien plus que cela, s'inscrivant sur la durée et se renouvellant à chaque nouvelle sortie, et ce n'est pas cette cuvée 2015 qui va nous contredire. Assez court avec ses 10 titres, dont 2 interludes instrumentaux, pour une durée totale d'une quarantaine de minutes, le bien nommé Meliora (« Meilleur » en français) fait la part belle à des compositions plus alambiquées, plus lourdes et métalliques. Le lien de leur univers étant créé par une production impressionnante de cohérence et de précision, signée Klas Åhlund (Mika, Katy Perry, Britney Spears). Cette nouvelle offrande est définitivement plus axée Metal qu'Infestissumam, avec des titres plus heavy où les guitares sont mises en avant, plus brutes et plus agressives que sur l'album précédent qui, lui, était davantage basé sur la voix. On remarquera également une batterie plus complexe et plus technique, le groupe disposant d'un batteur fantastique ! L'ambiance « film d'horreur » est certes encore là (dès le départ avec l'introduction de "Spirit"), de même que les connotations religieuses avec l'utilisation récurrente d'un orgue d'église (l'interlude "Devil Church") ou le final lyrique grandiose a capella de "Deus In Absentia" et ses choeurs grégoriens en latin. Mais le discours se veut plus « dur » en général, que ce soit sur le fantastique "From The Pinnacle To The Pit" où la basse se veut lourde et percutante, ou l'énorme, que dis-je, le colossal "Cirice", arpège Opethien superbe puis démarrage sur un riff lourd obsédant que le grand SLAYER n'aurait pas renié. En revanche, "He Is" est complètement empreint de Pop anglaise 70's, avec des belles guitares acoustiques claires, un titre qui, en outre, risque de faire hurler les plus farouches metalleux. Dans la deuxième partie de Meliora, le puissant "Mummy Dust" et "Majesty" forment un couple plus proche des intentions originelles, étranges et sombres. Pour terminer "Absolution" pourrait résumer à elle seule la profondeur, l'aboutissement et la force musicale de ce sublime Meliora. Les Suédois réalisent avec ce troisième album un véritable coup de maître, que dis-je, un coup de génie pur. C'est abouti, cohérent, soigné, pointilleux, mais sans jamais faire l'impasse sur l'émotion. Des titres comme "Cirice", "He Is", "From The Pinnacle To The Pit" ou "Absolution" sont autant d'hymnes appelés à passer à la postérité et à devenir de véritables incontournables de GHOST, qui nous offre là un album absolument somptueux à n'occulter sous aucun prétexte !
THE SIDELINE HATERS - Who Shaves The Barber ? Autoproduction
Style : Modern Death Metal
Origine : France
Sortie : 2015
Site Web : http://thesidelinehaters.bandcamp.com
01. The Sideline Effect / 02. Tasty Cull / 03. Who Shaves The Barber ?
Dans la vie, il y a les questions profondes, et les questions que THE SIDELINE HATERS, groupe de Death compiegnois, se pose légitimement sur ce premier EP : « Qui a rasé le barbier ? ». A défaut d'apporter la réponse, je ne pourrais que vous conseiller l'EP, un pur concentré de Death sachant mélanger influences modernes tirées du Deathcore, autant que des mid-tempos plus old-school, et des riffs que n'auraient pas renié CANNIBAL CORPSE ou NAPALM DEATH, pour ne citer que les plus connus. On distingue même des traces de Slam Death (le chanteur n'hésitant pas à lâcher quelques pig squeals) ou de Death Tech' moderne (vous savez, celui qui est bourré de sweep pickings avec 2-3 breakdowns et une batterie qui blast sans arrêt). Niveau enregistrement, c'est très propre, et la production améliore grandement l'impact de l'album et la puissance des mélodies sans que le résultat sonne synthétique : on ne pouvait demander mieux pour un album de Death. La musique a d'ailleurs quelque chose de captivant, on est hypnotisé par la brutalité omniprésente, qui ne ruine absolument pas l'ambiance apocalyptique et destructrice, preuve d'une certaine « maturité » musicale. Cette maturité n'enlève bien sûr rien au côté primaire et instinctif sans lequel le Death Metal ne serait qu'un style musical vide, seulement apte à vider la tête à une bande de déglingués. Niveau technique, c'est propre sur tous les instruments et, sans être exceptionnel, on est dans l'obligation de reconnaître que ce que jouent les musiciens est loin d'être aisé. La maîtrise parfaite du bend nous offre notamment des riffs à la fois groovy et destructeurs aux dissonances étonnement bien amenées. Tous ces éléments, je l'espère, vous inciteront à écouter cet EP, et à soutenir ce groupe qui le mérite amplement !
MAGIC KINGDOM - Savage Requiem AFM Records
Style : Néoclassical Power Metal
Origine : Belgique
Sortie : 2015
Site Web : www.magic-kingdom.be
01. In Umbra Mea / 02. Guardian Angels / 03. Rivals Forever / 04. Full Moon Sacrifice / 05. Ship Of Ghosts / 06. Savage Requiem / 07. Four Demon Kings Of Shadowlands / 08. With Fire And Sword / 09. Dragon Princess / 10. Battlefield Magic
La Belgique n'est décidement pas en reste en cette belle année 2015 ! On garde en tête les excellents albums d'ETHERNITY et de MAX PIE entre autres et nous nous penchons désormais sur le nouvel album de MAGIC KINGDOM, l'autre projet du guitariste et compositeur Belge Dushan Petrossi, également fondateur d'IRON MASK. Un nouveau chanteur et un quatrième album nommé Savage Requiem sorti chez AFM Records. Cinq ans d'absence pour se replonger enfin dans l'univers très Power néo-classique de cet artiste de la six cordes qu'est Dushan ! Côté line-up, exit l'excellent Olaf Hayer (LUCA TURILLI, DIONYSUS,...) et Roma Siadletski (totalement absent de ce nouveau album) mais arrivée en grandes pompes du finlandais Christian Palin (que l'on connaît pour ses prestations vocales sur le dernier album en date du groupe français ADAGIO). Vassili Moltchanov à la basse et Michael Brush à la batterie complète le quatuor. Et l'arrivée donc de Christian au poste de vocaliste au sein de MAGIC KINGDOM ne peut que s'applaudir, le talent certain et le registre vocal de Monsieur Palin s'accorde parfaitement avec les prouesses guitaristique de notre maestro Belge.
Savage Requiem est dirigé de façon évidente vers un niveau moins technique que son prédécesseur, Symphony Of War (2010), et ce tout au long de l'album. Le fantastique "Full Moon Sacrifice" en est une preuve indéniable. Ce titre mid-tempo offre à ce vocaliste le champ libre pour laisser éclater son registre qui lorgne par moment du côté de Monsieur Ronnie James Dio quant à "Dragon Princess" qui signe l'orientation Power Melodique de cet album. Les toujours nombreux fans de Metal mélodique, genre qui a marqué les trois dernières décennies, seront à la fête. Ce nouveau MAGIC KINGDOM n'a rien a envié aux maîtres du genre que sont HELLOWEEN, SONATA ARCTICA ou STRATOVARIUS ! Et les amateurs du nouvel album de Luca Turilli's RHAPSODY, Prometheus, ne me contrarieront pas. En matière d'hymne au Dieu Power Metal, Dushan Petrossi sait y faire. Savage Requiem est un album mettant plus en valeur l’aspect néo-classique que le Power si on le compare à son prédécesseur de part ses orchestrations, mais reste dans cette mouvance si appréciée encore en 2015. Pour exemple, "Four Demons Of Shadowlands" s'oriente indéniablement vers ce néo-classique à l'image de ce que peut faire le grand KAMELOT, grand maître dans le genre.
Voici donc un album riche de part et d'autre et dont le maître d'oeuvre peut se targuer d'être un expert dans le genre ! Que ce soit avec IRON MASK ou avec ce MAGIC KINGDOM, Dushan Petrossi n'a rien à prouver et l'on ne peut que savourer ses talents de compositeur et d'instrumentiste. Un excellent album de Power Metal Melodique que l'on vous recommande ! Vous ne serez pas déçu par l'acquisition de cet épique Savage Requiem à la pochette très heroic fantasy que les amateurs du genre apprécieront (dont moi même, je ne m'en cache pas).
CRADLE OF FILTH - Hammer Of The Witches Nuclear Blast
Style : Gothic Heavy / Black Metal
Origine : Royaume-Uni
Sortie : 2015
Site Web : www.cradleoffilth.com
01. Walpurgis Eve / 02. Yours Immortally… / 03. Enshrined in Crematoria / 04. Deflowering The Maidenhead, Displeasuring the Goddess / 05. Blackest Magick In Practice / 06. The Monstrous Sabbat (Summoning The Coven) / 07. Hammer Of The Witches / 08. Right Wing Of The Garden Triptych / 09. The Vampyre At My Side / 10. Onward Christian Soldiers / 11. Blooding The Hounds Of Hell / 12. King Of The Woods (Bonus Track) / 13. Misericord (Bonus Track)
Lors du dernier Hellfest, le concert de CRADLE OF FILTH a attiré une foule non négligeable, certes en bonne partie constituée de minots aux looks gothic en carton, mais dense tout de même. Il faut dire que, fort d’un line-up compétent, le groupe a retrouvé une certaine crédibilité sur scène, malgré son côté grandguignolesque. Mais CRADLE c'est aussi ça… Bref, pas de quoi faire réellement vibrer le metalhead, le vrai. Ça, c’est Hammer Of The Witches, annoncé depuis un long moment déjà, qui va s’en charger ! Car, passé une intro fadasse, débarque « Yours immortally… », et là, – je sais que je ne suis pas le seul – le choc ! CRADLE OF FILTH n’a pas sonné aussi accrocheur et dynamique depuis un bail, même si le style adopté ces dernières années reste identifiable. C’est juste que l’on sent ici une envie retrouvée. C’est entendu, un groupe n’est en général plus jamais aussi pertinent que lors de ses premières années, lorsqu’il a les crocs (notez l’allusion subtile). Mais il arrive aussi qu’une longue carrière offre des rebondissements savoureux, la preuve ! Bien sûr, comme à chaque fois qu’un groupe fait un comeback tonitruant, on va entendre parler ici et là de « retour aux sources ». Eh bien non ! En dehors de quelques furtives similitudes avec le culte Cruelty And The Beast (1998) – impression que l’on doit certainement à l’aspect tranchant que les deux disques ont en commun – aucun album pré-2000 ne nous vient à l’esprit. Mais, si cette nouvelle livraison renoue avec une certaine fraîcheur, il faut bien admettre que le FILTH continue de tomber dans certains écueils tout droit issus de ses récents opus. Ainsi, les instrumentaux qui servent d’intro et autres interludes sont très loin d’être aussi marquants que ceux des débuts du groupe, quand ils ne sentent pas carrément le pastiche de Danny Elfman à plein nez. La tendance à bourriner un peu facilement est toujours là, elle aussi, ce qui a aussi pour effet de démontrer une nouvelle fois le talent de ce diable de Martin Skaroupka (batterie). On notera également quelques longueurs, surtout sur une version digipak dont la durée avoisine les soixante-dix minutes avec ses deux (très bons) morceaux bonus. Enfin, et c’est un fait, Dani ne retrouvera jamais les hurlements glaçants de ses jeunes années (cela lui est certainement physiquement impossible aujourd’hui), mais il faut reconnaître que le petit hurleur se montre ici très en verve. Enrobé d’un superbe artwork – élément qui faisait également défaut depuis des lustres – et doté d’une production précise (un régal au casque !) Hammer Of The Witches ne sera peut-être pas la découverte de l’année pour ceux qui ont toujours (ou depuis que c’est devenu la norme) fuit CRADLE OF FILTH, mais il poussera une bonne partie des anciens adeptes à suivre de nouveau ce groupe méritant qui, quoi qu’on en dise, possède un style unique et ne lâche pas l’affaire.
FLESHDOLL - Blood Red District Great Dane Records
Style : Brutal Death Metal
Origine : France
Sortie : 2015
Site Web : www.fleshdollband.com
01. 2084 / 02. I.A.M. (In Articulo Mortis) / 03. World Of Terror / 04. Soundtrack To Extinction / 05. Blood Red District / 06. Blind Winter Light / 07. Dogs On Drugs / 08. Battle Royale / 09. The Cave / 10. Maelström
Bon alors, le changement de label, c’est bon c’est fait, la personnalité assumée, c’est bon c’est fait… et bien voilà je pense que l’on va pouvoir enchainer rapidement ! C’est ce qu’ont du se dire les Français de FLESHDOLL après le prometteur Feeding The Pigs (2013) mais c’était sans connaitre les intentions du sort, à savoir le départ de deux de ses membres, le batteur Samuel SANTIAGO et le bassiste, Flobeer, présent dans le groupe depuis 2001. Pourtant, le groupe n’est pas resté longtemps sans section rythmique et Judas et Michaël MARTIN ont intégré le groupe pour l’enregistrement du quatrième album des Toulousains, Blood Red District, album qui voit le groupe renouer avec un Brutal Death Metal un peu plus traditionnel que sur son aîné. "World Of Terror", "Soundtrack To Extinction" ou "The Cave" nous plongent droit dedans après un "I.A.M. (In Articulo Mortis)" se permettant encore quelques regards à droite et à gauche, comme pour faire le lien avec l’album suivant. En effet, FLESHDOLL a gardé une certaine lourdeur dans certains passages qui peuvent évoquer VADER ou IMMOLATION ("Blood Red District"), ce qui ajoute énormément à la dynamique de ce quatrième opus, loin d’être plat et ennuyeux. "Dogs On Drugs" s’éloigne encore un peu plus du Brutal Death Metal standard avec son lead assez mélodique et cette rythmique au groove implacable, FLESHDOLL n’aura donc pas totalement tourné le dos à ce qu’il avait entrepris il y a deux ans et nous offre là un équilibre un peu meilleur, surtout pour le public du groupe assez attaché aux racines Death. Il est indéniable que FLESHDOLL a franchi un cap et s’inscrit avec ce Blood Red District dans la continuité, et surtout sur la durée, car si après tout ce qu’ils ont affrontés beaucoup auraient raccroché les gants. Au niveau production également, semble un peu plus présente sur les guitares mais aussi sur la batterie, un son certes assez standard mais qui colle parfaitement à la musique du groupe et ses mises en valeur sur les leads de guitare quand c’est nécessaire, cette basse/batterie bien dynamique même si un peu étouffée, ça cogne sévère et il suffit d’écouter le Thrashy "Maelström" pour s’en rendre compte. Une bien belle confirmation de la part de FLESHDOLL.
MASTER CROW - Die For Humanity Autoproduction
Style : Modern Death Metal
Origine : France
Sortie : 2014
Site Web : www.facebook.com/mastercrowofficiel
01. Die For Humanity / 02. Down From The Sky / 03. Road Of Vice / 04. Katyusha / 05. Scream In The Night / 06. Staind In Blood / 07. Born To Be Crucified / 08. Eye Of The Troll / 9. Down From The Sky (Theo "Mouthmouth" Holander Version)
Voilà un groupe de la région parisienne formé en 2006 qui en est ici à son deuxième album, après Down From The Sky sorti en 2012. Alors, à quoi ressemble la musique de MASTER CROW ? Du Death Metal parfois assez mélodique (dans le sens où toutes les parties sont très intelligibles et toujours claires) qui fait quelques incursions dans le Metal moderne par l'utilisation régulière de divers mosh-part... ("Stained In Blood"). L'album, bien qu'affichant quelques faiblesses, dispose quand même de la fabuleuse voix de Julien Deyres, chanteur de GOROD (excusez du peu )... ainsi que d'un batteur très solide et fin technicien. Les titres sont la plupart du temps plutôt accrocheurs et efficaces, un bémol pour certains solos de guitare qui se cherchent et manquent de conviction, finition et justesse ("Katyusha", "Scream In The Night"). Certains riffs pourraient paraitre redondants et vite lassants, mais la sauce prend grâce à la cohésion chant-batterie-guitare rythmique qui fait mouche très souvent (mention spéciale pour "Stained In Blood", "Down From The Sky", le break de "Road Of Vice", le refrain de "Scream In The Night"). La production est étonnamment claire et met en valeur le travail de chacun tout en évitant le côté trop froid et clinique : ici ça joue et ça transpire ! En définitive, un album qui jongle avec des éléments old-school et modernes avec une certaine habileté, ce Die For Humanity s'écoute avec grand plaisir. Il y a de la franchise et de la passion dans le propos malgré quelques imprécisions, l'univers est accrocheur et saura séduire par sa noirceur et sa sincérité.
MOTÖRHEAD - Bad Magic UDR Music
Style : Hard Rock
Origine : Royaume-Uni
Sortie : 2015
Site Web : www.imotorhead.com
01. Victory Or Die / 02. Thunder & Lightning / 03. Fire Storm Hotel / 04. Shout Out All Of Your Lights / 05. The Devil / 06. Electricity / 07. Evil Eye / 08. Teach Them How To Bleed / 09. Till The End / 10. Tell Me Who To Kill / 11. Choking On Your Screams / 12. When The Sky Comes Looking For You / 13. Sympathy For The Devil (The Rolling Stones cover)
Je me demande si démarrer une chronique par « Les légendes ne meurent jamais » est une bonne idée... Ne serait-ce pas déjà un aveu, finalement, que les légendes, aussi fortes soient-elles, peuvent avoir un début et une fin, comme les simples mortels ? Au fil des années, je m'étais persuadé que Lemmy, l'incarnation du Rock, LE Rock'n'Roll, était immortel. Highlander en personne... Et puis, Lemmy en peau de bête à la place de Christophe Lambert, ça aurait eu de la gueule. Mais voilà, il fallait se rendre à l'évidence, le frontman de MOTÖRHEAD n'est finalement qu'un homme normal, comme vous... comme moi... surtout comme vous. Ces deux dernières années, que de nouvelles ne donnant pas l'envie de faire du trampoline en pleine nuit sous une lune pleine... La santé du colosse donnait des signes inquiétants de fatigue, au point de ne plus pouvoir assurer de concerts entiers, comme ce fut le cas il y a encore quelques jours. Décidément, le monde ne tourne plus rond. Mais si le Kilmister ne tient plus debout, MOTÖRHEAD trébuche et se casse la gueule, non ? J'étais, devant ce triste fait, désemparé... Bien évidemment, nous sommes plus proches du moment du départ que de l’arrivée, je rappelle tout de même que Lemmy va fêter ses 70 ans à la fin de l'année et que naturellement, il faut se résoudre à voir doucement disparaître ce groupe mythique, responsable de chefs d'oeuvre du genre « Heavy Rock » sans concession depuis 40 ans. Mais voilà, devant les incertitudes et la résignation quant à un futur inéluctable, se dresse pourtant et une nouvelle fois un brûlot qui ne pâlit aucunement pas devant ses nombreux prédécesseurs...
Bad Magic, le 22ème album du groupe, sort en cette fin août 2015 et balaye, au moins pour un temps, toutes les tergiversations quant à la santé de Lemmy. Dés les premières notes de "Victory or Die" , accueilli par la douce voix rocailleuse de son chanteur, nous sommes pleinement rassurés sur un point... MOTÖRHEAD, c'est encore et toujours une bourrasque, une gifle, un coup de santiag dans la gueule, une puissance à défriser les caniches. Les titres s'enchaînent à une vitesse pouvant dérégler un radar, la production, toujours aux mains expertes de Cameron Webb, qui lui, a bien compris et depuis longtemps comment faire sonner cette machine de guerre, lourde, grasse, sale comme elle se doit de l’être. L'album file comme un TGV lancé en pleine vitesse, Les compères habituels, Phil Campbell et Mickey Dee, sont une fois de plus au top, au taquet, assurent comme des forcenés. Une petite préférence pour "Shoot Out All Of Your Lights" et son refrain guerrier ( Fight, Die... entre autres joyeusetés éructées !), barbare et ces riffs tranchants comme un hachoir de charcutier. Il faudrait vraiment, un jour, rendre un véritable hommage à ce diable de Phil Campbell, tant son jeu de guitare, cette science du riff tranchant, ses solos sont à ranger dans ce qui se fait de mieux dans le style. Le blond suédois, derrière ses fûts, tape encore et toujours avec une force de forgeron et donne une rythmique redoutable à ces nouveaux morceaux. A noter justement, en parlant de maître de la six-cordes, la présence le temps d'un solo, d'un certain Brian May (QUEEN) sur le titre "The Devil", venu en ami participer à la fête. Il faut tout de même attendre le neuvième morceau, "Till The End", pour voir le train perdre un peu de sa vitesse et proposer un tempo beaucoup plus lent et voir le bassiste-chanteur monolithique donner dans l'émotion, un beau titre où la voix d'un coup se fait plus douce... toute proportion gardée, faut pas déconner. La vitesse reprend son droit jusqu'au bout du disque où nous retrouvons une reprise de "Sympathy For The Devil", le célèbre titre des STONES assez sympa au demeurant, mais pas franchement indispensable tant sa version proposée ici n'apporte pas grand-chose par rapport à l'original.
Mais, j'en vois qui s'agitent au fond de la classe et qui demandent « Oui, c'est bien joli tout ça, mais pas de nouveauté ? C'est encore et toujours la même rengaine qui nous assène le trio infernal, c'est lassant, non ? » Ce à quoi j'ai envie de répondre : « Oui, et alors ? » Justement, ce qui est décevant chez les autres, est une force chez ces groupes, AC/DC, MOTÖRHEAD et tant d'autres ayant largement dépassé les trois décennies d'existence. Nous sommes en droit d'attendre à chaque fois ce qui fait la force et l'essence même de l'existence de ces groupes de légende, quitte à avoir le même disque tous les deux ans, ce qui prime ici, c'est le plaisir... Le plaisir d'avoir de l'huile de moteur plein les mains, de la graisse sur le visage, le blouson en cuir râpé et une allure à faire fuir les mères de famille ou pensionnaires de maison de retraite ! Bad Magic rejoint donc l'importante collection d'albums BDTG (Baffe Dans Ta Gueule) du Power trio. Force est de constater que les derniers albums sont d'une qualité assez rare chez un groupe aussi... Je vais dire « ancien » et éviter de dire « vieux »… que ce soit Aftershock, The Wörld Is Yours et autre Kiss Of Death, rien ne faiblit, on continue de foncer tête première au mépris du reste, le Rock de MOTÖRHEAD reste le plus dur, le plus menaçant, le plus vrai.
Allez, Lemmy... si tes disques restent des armes de destruction massive, prend le temps, rien ne presse plus vraiment... Regarde les papillons, et n'hésite pas à respirer un peu, histoire de nous revenir dans deux ans avec des nouvelles balles à ta cartouchière, même si elles se ressemblent, on les aime.
IRON MAIDEN - The Book Of Souls Parlophone
Style : Heavy Metal
Origine : Royaume-Uni
Sortie : 2015
Site Web : www.ironmaiden.com
CD1 : 01. If Eternity Should Fail / 02. Speed Of Light / 03. The Great Unknown / 04. The Red And The Black / 05. When The River Runs Deep / 06. The Book Of Souls CD2 : 07. Death Or Glory / 08. Shadows Of The Valley / 09. Tears Of A Clown / 10. The Man Of Sorrows / 11. Empire Of The Clouds
Que peut-il bien se passer dans la tête d'un type entre une première impression « à froid » et une révision de jugement sans forcément suivre le sens du vent ? Telle sera la question posée tant l'ennui ressenti lors de la première écoute du nouvel album d'IRON MAIDEN aura été intense mais sensiblement amoindrie au fil des écoutes de ces derniers jours. Toujours aussi impatient après plus de 25 ans de fan attitude acharnée à l'annonce de la sortie d'un nouvel opus d'un groupe aussi énorme que la vierge de fer, j'avais du mal à maintenir un mélange d’excitation et de crainte. MAIDEN étant resté muet de tout nouvel ouvrage depuis 5 ans, et les dernières nouvelles ne poussaient pas forcément à l'optimisme le plus béat… Le groupe était monté si haut lors de sa période dorée au milieu des années 80 qu'il est toujours et normalement compréhensible de voir s'amorcer une lente descente de sa créativité. Les derniers albums ne m'avait pas forcément donné matière à espérer autre chose que d'attendre des disques bons mais sans plus, tournant un peu à vide, basés essentiellement sur un bon savoir faire mais sans flamme particulière… A Matter Of Life And Death et Final Frontier étant de ces albums ni véritablement bons, ni vraiment mauvais, qu'on aura plaisir à découvrir et à ranger consciencieusement à côté des chefs d’œuvre du passé et qu'on oubliera assez vite. Dernièrement, des nouvelles assez inquiétantes faisaient craindre le pire aux fans… Bruce Dickinson, le chanteur, annonçait souffrir d'un cancer de la langue et rejetait d'un coup toute forme d'optimisme sur l'avenir du groupe. On savait que les six musiciens étaient en train d'enregistrer de nouveaux titres dans un studio parisien et cette annonce faisait craindre une fin tragique d'un des plus grands groupes du monde. Le Dieu du Rock, sagement assis sur sa moto, s'est subitement souvenu qu'il avait quand même un boulot, a vite remis les gaz et est parti les cheveux au vent sauver ce monument du Heavy Metal en permettant à Dickinson, d'abord, de donner un bon coup de pied au cul à la maladie, et au groupe de faire un retour cette année avec un nouvel album, qui plus est, double !!
Voilà que déboule enfin The Book of Souls en ce mois de septembre. Votre serviteur, en l’occurrence moi, s'est empressé de télécharger cette nouvelle offrande à la seconde même où celle-ci fut disponible (Je rappelle que le téléchargement peut permettre de découvrir de nouvelles choses, de nouveaux albums d'une façon pratique, il faut vivre avec son temps, et comme tout bon collectionneur qui se respecte, d'aller acheter en suivant le pendant physique au médiocre MP3...). Excité mais craintif, je me lançais donc dans l'écoute de ce gros pavé contenant des titres de plus de dix minutes avec en point d'orgue un morceau de 18 minutes clôturant l'album et signé du combattant Bruce Dickinson. Et là... une autoroute d'ennui, un long tunnel sombre et vide, s'offrit gracieusement à mes petites oreilles désolées. Une vague de tristesse s'emparant de mon petit cœur de metalleux (Oui, il y a un cœur sous le blouson en cuir) en pensant aux albums de folie qu'avait offert IRON MAIDEN au fil des décennies et contemplant ce trou béant sonore sortant de mon casque audio. Je restais là, désolé, déçu (qui plus est, Guingamp venait de battre l'OM, c'est dire si la soirée fut désastreuse pour moi !) et je me disais que j'avais, pour la première fois, là, l'occasion d'économiser un peu de sous et que cet album n'allait pas rejoindre ses glorieux aînés sur mes étagères à CDs. Oui, mais voilà... Je ne suis pas homme à me laisser abattre non plus... Ma passion pour ce groupe dépassant les bornes du raisonnable et étant de nature à pardonner assez facilement, je remettais volontiers mon cœur à l'ouvrage et décidais d'insister un peu, histoire de voir.
The Book Of Souls ne sera jamais The Number Of The Beast ou Powerslave, ni même No Prayer For The Dying. Mais ce disque, après l'avoir analysé plus attentivement, n'est pas non plus à jeter au fond d'un puits en jurant que plus jamais on ne l'écoutera en étant vivant. Pour le fan de base, musicalement, nous sommes en terrain plus que connu... Cavalcades typiquement « Maideniennes », duels de guitares, morceaux longs et épiques, ambiances plutôt sombres, mélodies accrocheuses, tout ce que je n'avais pas vu (voulu voir ?) à la première écoute. D'un coup, ce nouvel album me paraissait bien plus digne d’intérêt que ce qu'il m'avait donné à entendre lors de notre première confrontation. Le premier titre à capter mon attention, "The Red And The Black", est un superbe morceau à rallonge, avec un break instrumental interminable et à tiroirs qui amène le plaisir à un niveau bien plus qu'acceptable... que dis-je, largement accepté ! Je ne ferais pas une chronique « Track by track », non pas parce que je n'ai pas le temps (je suis en vacances !) mais tout simplement parce que je préfère voir l'ensemble que les différentes parties d'une œuvre. Les titres s’enchaînent sans véritable temps mort, on retrouve bien sûr les tics usuels, débuts calmes et pied sur l'accélérateur en suivant, les lignes « tagadagadesques » de basse de Steve Harris, et, notons au passage, que ce bon vieux Nicko McBrain se taille la part du lion sur cet album, ses parties de batterie sont tout simplement brillantes ! Mais vraiment, si les trois guitaristes abattent un boulot conséquent mais pas non plus à tomber à la renverse à part quelques solos superbes, le grand gagnant de ce livre des âmes est Monsieur Dickinson... Bruce, dans sa grande générosité, nous offrant même le dernier titre "Empire Of The Clouds", dépassant allégrement les 18 minutes : piano, cordes pour le côté nouveauté et appuyé sur l'ambiance épique et guerrière de ce gros quart d'heure qui termine le disque sur une note longue mais terriblement efficace. Il nous a fait peur, le bougre... mais force est de constater que « Red Air Siren » , même si , à l'instar d'un autre grand hurleur, Rob Halford, ne monte plus les escaliers du strident comme avant, maîtrise comme jamais son sujet... aussi bien dans les moments calmes que dans les parties les plus speed, Bruce nous en met plein la vue, de technique, d'émotion, de puissance et de classe. Ce disque, qui aurait pu tout aussi bien ne jamais voir le jour, montre à quel point le talent ne souffre pas du temps qui passe... Il y a bien sûr toujours des craintes, comme je le disais plus haut, des déceptions mais, pour peu qu'on aille voir au delà, des cartons entiers remplis de satisfactions. Malgré tout, le point noir, encore une fois, à mon humble avis, vient, une fois de plus, de la production désastreuse de Kevin Shirley... Ce type est une calamité en tant qu'ingénieur du son et doit confondre Pop et Heavy Metal tant le son de cet album est sec, ne rendant pas hommage aux compos, ça manque d'agressivité comme tout bon disque du genre se doit d'avoir. Alors, évidemment, nous ne sommes pas là en compagnie d'un groupe rendant ses titres de noblesse à l'agression sonore genre SLAYER, mais tout de même... ! Posséder dans ses rangs trois guitaristes et s'amuser, au casque, à essayer de les chercher, c'est pénible ! Aucune véritable puissance dans cette production, certaines parties de guitare étant limite inaudibles ! C'est suffisant pour moi pour aller sortir de sa retraite Martin Birch (qui, lui, a donné un vrai son au groupe, les guitares bien en avant, c'est du Hard, merde... !!). Gros point noir et sûrement à l'origine de mon manque d’intérêt de la première écoute. Cela manque de profondeur et pour l'amateur de gros son que je suis, ce disque est frustrant au possible tant j'essaie d'imaginer les mêmes compos avec un son plus clair et coloré. Dis, Steve, tes boules Quiès, faut les enlever et fais-moi le plaisir de virer cet incompétent notoire !! Seul Dance Of Death bénéficie d'un son « Rock » tel que je puisse prendre un plaisir renouvelé à me faire vriller les oreilles avec un sourire de niais assumé.
De la déception remplie d'ennui à un jugement relevé de plusieurs étages, il suffit parfois de pas grand-chose... L'ouverture d'esprit, la volonté de prendre le temps pour « rentrer » dans une œuvre et d'essayer d'en dégager ses particularités, ses points forts et ses imperfections... The Book Of Souls devient donc, non pas un chef d’œuvre, mais un très bon disque qui rejoindra un jour ses petits frères sur l'étagère et qu'on dépoussièrera de temps en temps avec plaisir quand le groupe ne sera plus là, il deviendra même carrément attachant.
DISTURBED - Immortalized Reprise Records
Style : US Power Rock
Origine : Etats-Unis
Sortie : 2015
Site Web : www.disturbed1.com
01. The Eyes Of The Storm / 02. Immortalized / 03. The Vengeful One / 04. Open Your Eyes / 05. The Light / 06. What Are You Waiting For / 07. You're Mine / 08. Who / 09. Save Our Last Goodbye / 10. Fire It Up / 11. The Sound Of Silence (Simon and Garfunkel Cover) / 12. Never Wrong / 13. Who Taught You How To Hate / 14. Tyrant (Bonus track) / 15. Legion Of Monsters (Bonus track) / 16. The Brave And The Bold (Bonus track)
Après le très moyen Asylum (2010) qui voyait DISTURBED s'essoufler quelque peu, le quatuor de Chicago s'est octroyé un break de quatre ans qui visiblement aura été plus que salvateur. Conçu dans le plus grand secret et enregistré en compagnie de Kevin Churko (OZZY OSBOURNE, ROB ZOMBIE,...), ce nouvel album replace instantanément la bande à David Draiman sur les rails du succés, en atteste d'emblée le redoutable "Immortalized", morceau-titre diablement accrocheur et d'une efficacité à toute épreuve, se révèlant rapidement comme la pièce maitresse de l'album. Et DISTURBED ne compte pas s'arrêter en si bon chemin, chaque titre est un single en puissance taillé pour faire un maximum de dégats en live : "The Vengeful One", les imparables "Open Your Eyes" et "Save Our Last Goodbye", "What Are You Waiting For", "Who" ou "Fire It Up" sont autant de hits potentiels qui confèrent à rendre ce sixième album le plus fédérateur possible... Aucune faiblesse, aucun temps mort, même les trois titres bonus de la version Deluxe se révèlent du même acabit, point de remplissage ici... Ceux qui craignaient de retrouver un DISTURBED en perte de vitesse en seront incontestablement pour leur frais car c'est tout le contraire qui se passe, on retrouve ici un groupe totalement ragaillardi, et cet Immortalized nous le prouve de la meilleure des façons, DISTURBED frappe un grand coup avec cette nouvelle réalisation en tous points remarquable. Chaque titre possède ce petit truc qui lui permet d'immédiatement marquer les esprits et d'accrocher l'oreille avec ce côté catchy relativement présent tout au long de l'album... Alors si durant son absence des groupes tels que FIVE FINGER DEATH PUNCH ou POP EVIL au registre assez similaire à celui de DISTURBED ont pu s'engouffrer dans la brèche laissée béante par la formation de l'Illinois avec, il faut le reconnaitre, un certain succés, DISTURBED compte bien remettre les pendules à l'heure et retrouver le rang qui était le sien il y a encore quelques années, celui de maitre absolu du Power Rock US, cet Immortalized d'excellente qualité devrait en tous cas grandement l'y aider !
FREEDOM HAWK - Into Your Mind Small Stone Recordings
Style : Heavy Rock / Stoner
Origine : Etats-Unis
Sortie : 2015
Site Web : www.freedomhawk.net
01. Blood Red Sky / 02. Journey Home / 03. Lost In Space / 04. On Your Knees / 05. Waterfall / 06. Radar / 07. Beyond Our Reach / 08. Into Your Mind / 09. The Line / 10. All Because Of You
Je reste toujours perplexe quand j’entends des musiciens talentueux proposer une copie conforme d’un grand groupe. En l’occurrence, ce n’est pas tout à fait le cas de FREEDOM HAWK qui, s’il possède un énième clone d’Ozzy au micro, ne donne heureusement pas dans la copie conforme de BLACK SABBATH. Bon, pas besoin d’être extralucide pour deviner qu’il s’agit tout de même d’une référence majeure pour ce trio originaire de Virginie (USA). Mais on parle là du SABBATH le plus « dansant », pas de son répertoire orienté Doom. D’ailleurs, FREEDOM HAWK cite également volontiers FU MANCHU, KYUSS ou encore DEEP PURPLE parmi ses modèles. Autant dire que ça groove sévère tout au long de ces cinquante minutes et des bananes de bon son Rock vintage, lorgnant parfois vers le Stoner via des plans éthérés ou des riffs aux vertus hypnotiques. De plus, FREEDOM HAWK a eu la bonne idée de ne pas doter sa musique d’une production outrancièrement passéiste, offrant ainsi un résultat plus authentique qu’un ORCHID par exemple. Du très bon boulot donc, de la part d’un combo qui se construit une carrière très respectable (douze ans d’existence et quatre albums en comptant celui-ci). Bref, si on ne voit pas trop Into Your Mind devenir le prochain The Number Of The Beast ou Nevermind, il s’écoute néanmoins avec beaucoup de plaisir. On se surprend d’ailleurs à en fredonner quelques leads de guitares après quelques écoutes seulement. Bon signe, non ?
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