WHEN ICARUS FALLS – Circles Autoproduction
Style : Post Hardcore Metal
Origine : Suisse
Sortie : 2014
Site Web : www.whenicarusfalls.com
01. Erechtheion / 02. The Great North / 03. Celestial Bodies / 04. NYX (remixed)
Aegean, sorti en 2012, avait permis à WHEN ICARUS FALLS de faire sortir son nom hors de Suisse. Le groupe revient avec Circles, un EP 4 titres qui s’inscrit dans la lignée du chemin tracé par les premières sorties avec, toutefois, cet aspect un peu plus ambiant que l’album. D’ailleurs, en écoutant Aegean et Circles dans la foulée, on retient une certaine homogénéité, comme si cet EP avait été écrit en même temps que l’album. "Erechtheion" et surtout "The Great North" exploitent très bien cet aspect de la musique de WHEN ICARUS FALLS, ce Post-Hardcore où la voix de Diego MEDIANO se fait toujours aussi saturée et screamo alors que la musique tisse une toile ambiante parfois même mélancolique et contemplative sur "The Great North", voilà qui demande un travail sur les arrangements plus pointus et les Suisses n’ont pas été fainéants sur ce point. En effet, le travail à la guitare est assez particulier avec des nappes de guitare s’entremêlant avec des parties syncopées et répétitives et une rythmique assurant toujours une certaine lourdeur du propos général, d’ailleurs sur ce point le travail à la basse et à la batterie est également à souligner, Claude Humbert-Droz, à la quatre cordes, abat un boulot certes discret mais terriblement efficace ("Celestial Bodies"). On est parfois pas très loin de THE OCEAN dans cette gestion des plages ambiantes pouvant exploser à tout moment et bien entendu, ce côté Progressif inhérent au style Post-Metal en général. Cet EP passionnant vous emmène dans une sorte de douceur ambiante bien contrebalancée par la brutalité du chant car en ce qui concerne la musique, il faut bien avouer que le tout se veut bien moins Hardcore et plus Post-Metal qu’Aegean mais c’est également ce qui permet à ces Suisses de sortir un peu du lot, une véritable identité se dégage de l’ensemble. Le groupe nous propose une version remixée du titre "NYX" qui apparaissait en 2010 sur la compilation Falling Down II, un titre un peu plus brut et qui donne une fin moins planante à cette galette. WHEN ICARUS FALLS confirme l’excellent premier album Aegean avec ce quatre titres qui sera défendu par le groupe sur une tournée Européenne en avril et mai 2014, vous ne pourrez plus dire que vous ne savez pas qui est ce groupe Suisse désormais !
Lorsqu’un groupe met l’expérimentation en avant pour qualifier sa musique, il y a deux raisons, ce groupe est visionnaire et développe des sons qui seront repris bien plus tard, en attendant, un statut d’ovni musical lui est octroyé. Ou bien, ce groupe est une gigantesque mascarade auquel cas la plaisanterie dure deux ou trois albums, le temps que le public lui fasse comprendre. Pour les Finlandais de LOINEN (ndlr qui signifie parasite en finnois), nous sommes encore perplexe avec ce quatrième album, Loinen, publié par les pourtant extrêmement sérieux et compétents Svart Records. Ce groupe est à l’image de leur logo, c’est assez illisible et incompréhensible, l’album est introduit par un "Portto" improbable dont la production, là aussi à la limite de la moquerie (on entend uniquement la basse, la batterie et le chant) et qui montre surtout une structure inintéressante et un titre au contenu artistique discutable. Alors voilà 12 ans que ces Finlandais poursuivent leur rigolade mais les blagues les plus courtes étant les meilleures, je vous invite solennellement à vous rendre sur la page bandcamp du groupe avant d’envisager d’investir dans cette rondelle de vinyle limitée à 425 exemplaires, et c’est déjà beau s’ils trouvent tous preneur. Seul "Ruumishuone" et ses cordes très mélancoliques du plus bel effet (malheureusement gâché par la production qui fait passer cela pour un nuage de bourdons) tire son épingle du jeu de ce marasme. Si on pouvait encore qualifier Noiseferatum, sorti en 2013, de véritable ovni sonore avec cet aspect noisy, ici cet aspect ayant disparu, il ne reste plus grand-chose d’attractif, à oublier très vite !
DESPAIRHATE - Requiem For The Innocent Autoproduction
Style : Symphonic Metal
Origine : France
Sortie : 2013
Site Web : www.despairhate.com
01. The 5th Day Of March / 02. Versus / 03. Ophelia's Garden / 04. Winterhearted / 05. Martyr / 06. The Enemy Within / 07. Retribution Day / 08. Dreamslayer / 09. Dead Love Reveries / 10. Taste Of Life / 11. A Rose For The Forgotten Ones
Formé en 2008 du côté de Nancy par Eric Palumbo (ex-EDENFALL, ex-BENIGHTED SOUL), DESPAIRHATE nous présente ici son premier album. Au programme de ce Requiem For The Innocent un Metal symphonique assez personnel car adoptant une approche relativement énergique dont certains aspects nous rapprochent parfois du Thrash ("Winterhearted"). Tous les ingrédients du style sont présents : orchestrations symphoniques, dualité du chant (féminin/masculin)... mais malheureusement tout cela se révèle assez approximatif, désservi par un mixage quelque peu hasardeux où la batterie domine l'ensemble, laissant parfois le chant en retrait... Le chant justement, parlons-en, c'est sans doute le point (avec le mixage) qui est le plus discutable sur cet album. Le chant féminin de Nyx est plutôt en retrait tandis que les vocaux rugueux d'Alex semblent mal maitrisés ("Retribution Day"), toutefois il serait dommage de bouder ce Requiem For The Innocent car outre cet aspect qui pourra diviser, DESPAIRHATE fait preuve d'un certain talent d'écriture qui nous permet néanmoins d'apprécier cet album. Les compositions proposées ici sont variées, tantôt complexes, tantôt plus agressives, bien construites et plutôt efficaces ("Dead Love Reveries"), DESPAIRHATE possède de bonnes bases et un potentiel nous laissant espérer de belles choses à l'avenir, il faudra juste pour cela gommer les quelques défauts de ce premier album. En attendant, si vous êtes friand de Symphonic Metal, ce Requiem For The Innocent mérite de votre part une écoute attentive.
VANDEN PLAS - Chronicles Of The Immortals: Netherworld (Path One) Frontiers Records
Style : Progressive Metal
Origine : Allemagne
Sortie : 2014
Site Web : www.vandenplas.de
01. Vision 1ne / 02. Vision 2wo - The Black Knight / 03. Vision 3hree - Godmaker / 04. Vision 4our - Misery Affection Prelude / 05. Vision 5ive - A Ghosts Requiem / 06. Vision 6ix - New Vampyre / 07. Vision 7even - The King And The Children Of Lost World / 08. Vision 8ight - Misery Affection / 09. Vision 9ine - Soul Alliance / 10. Vision 10n - Inside
Cela fait vraiment du bien de réentendre la magnifique voix d’Andy Kuntz. Je ne sais pas pourquoi mais son timbre et sa couleur vocale m’ont toujours plu. Alors que je m’attendais à un album chiant, conceptuel, proche de l’Opéra, bref à une grosse branlette collective, je suis très agréablement surpris. Je ne me suis pas emmerdé une seule seconde. Tout est cohérent, magnifiquement interprété. Et les 10 titres de l’album passent vraiment vite, trop vite. Une véritable trame lie les titres entre eux, d’ailleurs ceux-ci s’enchainent sans aucun temps mort. Pas de démonstration instrumentale mais une véritable mise au service de l’ensemble afin de mettre en valeur chaque vision qui composent cet album. Un titre comme "Vision 5ive A Ghosts Requiem" a une construction théâtrale, proche de la comédie musicale ou de l’Opéra Rock, mais quelle classe ! Tout commence avec une voix d’enfant puis entre un choeur de voix féminines et masculines, arrive enfin la voix envoutante d’Andy et cet ensemble va nous emporter jusqu’à l’envolée finale. Sublime ! Musicalement, on n’est pas dans la soupe, le groupe sait lâché les gros riffs quand il le faut. Le son est puissant. Des passages progressifs, du Heavy, on se régale, les titres sont extrêmement variés. Le groupe prend son temps pour mûrir ses projets, n’est plus du tout dans une logique enregistrement d’albums studio/promotion/tournée et cela fait un bien fou dans ce business musical où tout est réglé comme du papier… à musique, évidemment. Cela apporte une fraicheur, une spontanéité, quelque chose de vivifiant. Je crois qu’on appelle ça des émotions et c’est bien ce que l’on espère de l’Art en général, qu’il nous fasse vibrer. Nous ne sommes qu’en Mars mais ce Chronicles Of The Immortals: Netherworld (Path One) devrait à n’en pas douter faire partie de mon top 10 2014. Une putain de bonne surprise ! Un retour gagnant !
METAL INQUISITOR - Ultima Ratio Regis Massacre Records
Style : Heavy Metal
Origine : Allemagne
Sortie : 2014
Site Web : www.metalinquisitor.de
01. Confession Saves Blood / 02. Burn Them All / 03. Call The Banners / 04. Black Desert Demon / 05. Bounded Surface / 06. Death On Demand / 07. Self-Denial / 08. Servant Of State / 09. The Pale Messengers / 10. Second Peace Of Thorn
Quatrième album pour les Allemands de METAL INQUISITOR qui, depuis une bonne quinzaine d'années, n'ont eu de cesse de nous distiller un Heavy Metal de tradition de fort bonne facture, et ce n'est pas ce Ultima Ratio Regis qui va changer la donne. METAL INQUISITOR exécute un Metal simple, classique et direct délicieusement old school, mélangeant habilement Heavy, Speed et certaines influences typiques de la NWOBHM qui vous ramèneront vers les premières heures de groupes comme JUDAS PRIEST ("Black Desert Demon"), SAXON ("Servant Of State") ou RUNNING WILD ("Call The Banners")... Rien de révolutionnaire, vous l'aurez compris, mais ce classicisme assumé apporte un certain charme à un album peut-être pas indispensable mais bien sympathique tout de même... Depuis son premier album, The Apparition, sorti en 2002, METAL INQUISITOR n'a pas ménagé ses efforts, nous offrant à chacune de ses sorties un album un cran au dessus de son prédécésseur, et cette constante de qualité se ressent à nouveau sur ce Ultima Ratio Regis qui est sans aucun doute l'album le plus solide des Teutons à ce jour. Un achat recommandé pour tout amateur de Heavy traditionnel qui se respecte.
Formé en 2009, le groupe Allemand ROGASH publie rapidement un premier EP autoproduit avant de disparaitre quelque peu dans les méandres de l’underground. En 2014, le premier album du groupe voit enfin le jour, non sans avoir dû remanier son line-up dans l’intervalle. Résultat, si vous vous êtes penché sur ces Allemands en 2010, vous ne serez pas bien dépaysés en redécouvrant deux titres des 5 qui composaient alors le EP Rogan Era ("I, Voracity" et "Soulrust"). Le propos du groupe est assez classique en terme de Death Metal, on y retrouve des influences appuyées à VADER avec cette capacité à faire sonner ce Death Metal old-school mais aussi à le faire varier comme les Polonais l’ont fait plus récemment à l’image d’un "Apprehensious Edge" plus mid-tempo et surtout plus porté sur l’ambiance que sur le côté rageur du style. La voix linéaire et caverneuse d’Erik est bien contrebalancée par cette capacité à se renouveler d’un titre à l’autre, proposant quelques beaux leads ("Rogan Abomination", "Less Emotion") mais aussi son lot de Death direct et sans concession avec "Desolate" ou "Constant Calamity". On retrouve également en milieu d’album certaines intonations à la INCANTATION mais aussi une certaine lourdeur à la IMMOLATION, ROGASH n’est donc pas ce que l’on pourrait appeler un groupe de suiveurs et réussit à proposer une lecture assez personnelle du style malgré quelques maladresses sans grandes conséquences dont la plus préjudiciable pourrait être "Despise", une introduction bateau qui sent surtout le renfermé du studio et qui manque terriblement de vie mais rater 50 secondes d’un album de 14 titres, soyons compréhensif pour ce premier album qui a toutefois eu le temps d’être peaufiné. On passera rapidement sur l’artwork de cet album qui ne renvoie pas tout à fait la même image que la musique, un brin kitsch, dommage. Il n’empêche que ROGASH n’aura pas de mal à s’imposer auprès des amateurs de Death Metal, les purs et durs.
DEAFENING SILENCE - Scapegoat Of Ignorance Brennus Music
Style : Heavy Speed Metal
Origine : France
Sortie : 2014
Site Web : www.deafeningsilence.fr
01. The Call / 02. Death Squads / 03. Under Siege / 04. Of Iron And Fire / 05. Carved In Stone / 06. The Last Stand / 07. Soldiers Of Fortune / 08. Dereliction Of Duty / 09. Farewell / 10. Epitaph
Dans cette production, ce qui me frappe en premier c’est le son que je trouve vraiment bon, surtout pour une autoproduction. On entend et distingue vraiment bien tous les instruments. Ensuite, et malheureusement c’est encore le cas de nombreuses réalisations françaises, c’est la voix. Non pas qu’elle soit désagréable mais il manque un je-ne-sais-quoi pour la rendre complètement efficace, et sur la longueur, c’est ce qui va me déranger dans cet album. Et ce ressenti m’apparaît dès le second titre. Peut-être aussi le fait qu’elle soit mixée un chouille trop en avant, à mon gout, par rapport à la musique. Quoi qu’il en soit Scapegoat Of Ignorance est le troisième album des Lorrains de DEAFENING SILENCE, faisant suite à Backlash sorti en 2007 et Edge Of Life en 2003. La trame de cet album conceptuel nous est suggérée par la très belle cover : c’est la première guerre mondiale, et plus particulièrement les soldats qui ont été fusillés pour l’exemple pendant celle-ci. L’intro de "Of Iron And Fire" et les "bruitages" confirment mon propos. Sur ce titre le groupe lâche les chevaux et nous entraîne grâce à un rythme des plus soutenus. Par contre je n’ai jamais été hyper fan des vocaux criards comme peut les utiliser sur ce titre Nicolas Griette, le vocaliste du groupe. Nous parlons juste ici de gout personnel car Nicolas maitrise vraiment bien sa voix et fait du bon boulot. Avec "The Last Stand", le quintet se lance dans un titre épique, varié, de plus de 13 minutes. Après une intro bien maîtrisée guitare acoustique/voix, cette dernière s’envole avec l’entrée de la section rythmique. Malgré les variations de cette composition, celle-ci reste trop monotone et les différents plans semblent plus collés les uns aux autres qu’évoluant dans une même cohésion afin de servir la chanson. N’est pas IRON MAIDEN qui veut. "Dereliction Of Duty" nous ramène vers un titre plus traditionnel bien efficace, certainement l’un des plus réussis de l’album, même si je pense qu’il aurait gagné en efficacité en étant moins long. De très bonnes idées dans cette réalisation mais aussi encore pas mal d’imperfections, de petits détails qui en font un album pas complètement abouti. Certains diront peut-être que je ne soutiens pas assez la scène française mais je pense que ce n’est pas faire évoluer les groupes que de ne pas les critiquer constructivement.
PRETTY WILD - Pretty Wild Dead End Exit Records
Style : Hard Rock/Glam
Origine : Suède
Sortie : 2014
Site Web : www.prettywildband.com
01. Are U Ready / 02. Get It On / 03. Troubled Water / 04. All I Want / 05. Alive / 06. Staring At The Sun / 07. High Enough / 08. Ready To Go / 09. Wildheart / 10. Vampire / 11. Blow The Night / 12. Come Out Tonight / 13. Hold On / 14. Pretty Wild
Ce n'est plus un secret pour personne, la Suède regorge de groupes prometteurs et ce n'est pas PRETTY WILD qui va nous faire mentir. En effet ce groupe formé en 2006 a dans un premier temps sorti un EP, All The Way, en 2009, puis s'est rodé sur la route, effectuant une bonne centaine de concerts (ils ne choment pas ces nordiques !), il était donc maintenant temps pour que nos Suédois nous reviennent avec un premier véritable album. Signé sur le label Dead End Exit Records, PRETTY WILD nous envoient 14 titres dont 2 ballades ("All I Want" et "High Enough"), mais aussi des morceaux plus rentre–dedans comme ce "Staring At The Sun" énergique et efficace. Le groupe nous propose un Hard Rock teinté de Glam Rock mélodique très typé années 80, tant au niveau du style que du son, les bougres ont dû écouter en boucle les vieux vinyls de leurs pères... Le chant, pas toujours évident dans ce registre, est très bien maitrisé par Ivan Ivve HÖGLUND, la section rythmique composé de Kim CHEVELLE (basse) et Johnny BENSON (batterie) assure parfaitement, sans oublier toutes les parties guitares (rythmique et solo) d'Axl LUDWIG qui n’est, lui non plus, pas en manque d’inspiration, loin de là... Si vous êtes fan de groupes tels que TREAT, STEELHEART, DANGER DANGER, HEAVENS EDGE ou plus récemment RECKLESS LOVE, n’hésitez pas, foncez vous procurer cet album vraiment excellent.
BAD TRIPES - Splendeurs & Viscères Autoproduction Style : Metal/Punk/Indus' Origine : France Sortie : 2013 Site Web : www.facebook.com/BadTripesOfficiel
01. Chair de Canon / 02. La Mauvaise Éducation / 03. Dans Le Désert / 04. Hana To Hebi / 05. Les Noces de Sang / 06. Viva la Vida / 07. Tokyo Décadence / 08. Le Radeau Ivre / 09. Foutre Tombe / 10. Sire Queutard / 11. La Laideur du Geste / 12. Ami Public numéro 1 / 13. Mr l'Artiste
On reproche bien souvent à certains groupes de ne pas faire preuve d'originalité, de manquer d'une certaine audace musicale, ce ne sera définitivement pas le cas de BAD TRIPES et de son Splendeurs & Viscères. En effet, dès 2010, nos Français ont su imposer leur propre univers avec un premier album, Phase Terminale, intéressant mais auquel il manquait peut-être encore un petit quelque chose. Outre le fait de ne se fixer aucune limite, Splendeurs & Viscères tire sa force de textes corrosifs en français où second degré et double sens pointent du doigt tout ce qui dérange (violence, sexe et autres perversions et horreurs en tous genres...), déclamés par une Hikiko Mori au chant schizophrène. Musicalement, BAD TRIPES est difficilement catégorisable, naviguant entre Metal, Punk et Indus' plongeant l'auditeur au cœur d'un univers déjanté où se côtoient riffs dévastateurs, sonorités électroniques farfelues et mélodies de guinguette apocalyptiques... un sacré programme n'est-ce pas ? Quelque part entre folie et sauvagerie, BAD TRIPES maitrise à merveille son propos et nous offre avec Splendeurs & Viscères un album mature et abouti. Pari réussi donc pour nos provençaux qui nous livrent là une œuvre unique à l'identité forte.
BLAME – Resilience Autoproduction
Style : Death Metal
Origine : France
Sortie : 2013
Site Web : wwwfacebookcom/Blame
01. Double Face / 02. Hétaires / 03. En Bloc / 04. L’Enfer Verre / 05. L’Adulte Erre / 06. Ex Inhibitions / 07. Fureur / 08. Ode Hissée / 09. L’Os Ment / 10. Résilience / 11. Triste Cire
Cela fait maintenant 10 ans que les Lorrains de BLAME rodent leur Death Metal sur les scènes environnantes et plus lointaines, dix années durant lesquelles un EP a vu le jour en 2007 et plusieurs batteurs et bassistes se sont succédés. Autant vous dire que ces 5 gars l’ont bichonné ce premier album, Résilience, ils n’ont pas hésité à s’entourer et à commencer par la production de ces 11 titres. Ca sonne gros, sans être surproduit, encore un peu de marge de manœuvre au niveau du volume global mais le travail sur le son est absolument parfait pour ce premier album. Enregistré en 2012 dans deux studios différents, l’un pour la batterie et l’autre pour le reste, ce Death Metal aura encore mis un peu de temps avant d’arriver jusqu’à nos esgourdes qui, après la surprise d’une telle qualité d’exécution, finissent par en redemander. Pourtant, BLAME ne fait pas dans l’originalité, on peut reconnaitre l’impact d’un MORBID ANGEL sur "Hétaires" ou de groupes comme KRONOS sur la majorité de l’album mais le groupe ne se refuse pas non plus quelques flèches plus Thrash à l’image d’un "Triste Cire" qui ponctue formidablement bien ce premier opus après la chanson titre, un instrumental très mélodique qui pourra en surprendre plus d’un mais qui démontre bien que ces gars ne s’imposent pas de limite et c’est tant mieux car ça fonctionne. Alors, si cela fonctionne, c’est surtout sur la longueur, de grâce ne vous contentez pas d’écouter un demi-titre pour vous faire un avis, cet album peut se voir comme une sorte de concept où une certaine chronologie peut se faire ressentir sans pour autant que l’on ne puisse pas non plus prendre un titre séparément des autres. Bref, BLAME s’est sorti les doigts sur ce premier album et on ne peut que souligner également le chant en français, une vraie réussite, même si la voix Death ne permet pas de tout bien distinguer, mais un rapide coup d’œil dans le livret vous donnera le niveau ("Ex Inhibitions" pour n’en citer qu’un). L’artwork étant également particulièrement soigné, il ne manque pas grand-chose à ce groupe pour réussir à s’imposer sur le devant de la scène Death Metal, il ne manque qu’un soutien et je doute fort que BLAME reste dans l’ombre bien longtemps. Penchez-vous sur ce premier méfait plein de promesse et de certitude, une vraie belle découverte !
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