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TEXTURES - Phenotype

Publié le par Nono666

TEXTURES - Phenotype
Nuclear Blast
Style : Modern Progressive Metal
Origine : Pays-Bas
Sortie : 2016
Site Web : www.texturesband.com

TEXTURES - Phenotype



01. Oceans Collide / 02. New Horizons / 03. Shaping A Single Grain Of Sand / 04. Illuminate The Trail / 05. Meander / 06. Erosion / 07. The Fourth Prime / 08. Zman / 09. Timeless

Les Néerlandais de TEXTURES pratiquent un Progressive Metal moderne et brutal maitrisant à merveille l'art de la cassure. Aujourd'hui sort le cinquième et nouvel album du groupe, Phenotype, celui-ci faisant suite à Dualism (2011). Phenotype est le premier volet d'un concept album en deux parties, dont le second, Genotype, constitué d'un unique morceau d'une quarantaine de minutes, sera disponible l'an prochain. L'opus se compose de neuf titres, tous très complexes et techniques, superposant divers influences (MESHUGGAH, DEVIN TOWNSEND, SOILWORK...) sans jamais ou presque émouvoir l'auditeur pourtant assidu que je suis. Les vocaux hurlés (et c'est peu dire) manquent de profondeur et de variations, se révélant même parfois désagréables, devenant vite lassant. Ce qui est bien dommage tant, à contrario, j'ai apprécié la voix claire de Daniel De Jongh. En outre, Phenotype dispose malgré tout de quelques beaux moments, mais bien trop rares et trop dispersés pour convaincre totalement. L'émotion et l'originalité, vecteur des grandes œuvres si caractéristique d'un Metal éclectique, sont ici souvent absentes ! Mais revenons sur ces quelques bons moments traversant ce Phenotype. "Erosion" en fait incontestablement partie, avec son riff meshuggesque et un beau passage clair. Le solo de lead guitare est magnifique, les quelques notes acoustiques de fin sont intéressantes également. L'influence MESHUGGAH est aussi présente sur le début violent de "The Fourth Prime" au riffing tranchant et doté d'un beau refrain en voix claire, agrémenté d'un très agréable passage atmosphérique. Une fois de plus, les musiciens sont excellents, comme le démontre cette section basse/batterie bluffante. Il est évident que la trame progressive semble être l'avenir du groupe, comme peut le prouver "Timeless" se terminant par de belles notes de piano. Deux instrumentaux parcourent Phenotype, "Zman" à la ligne de piano envoutante, et "Meander", interlude étrange basé sur des percussions. Il serait également dommage d'oublier "Illuminate The Trail" au beau début atmosphérique, psyché à certains moments, avec, encore une fois un superbe travail du binôme basse/batterie, et un solo de gratte splendide. L'impression laissée par l'écoute approfondie de ce Phenotype est donc très mitigée, TEXTURES part un peu dans tous les sens sans vraiment arriver à canaliser ses influences et son talent technique pour en faire une musique originale et intéressante sur la durée d'un album. De plus, les titres sont souvent écornés par cette voix hurlée peu captivante ne disposant d'aucunes qualités si ce n'est sa puissance ! Techniquement riche, Phenotype prouve que la virtuosité ne fait pas tout. Sans véritable émotion et semblant se chercher constamment, cette nouvelle réalisation des bataves ne trouve donc que peu grâce à mes oreilles.

Chronique : Papa Bordg

TEXTURES - Phenotype

 

 

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ANTHRAX - For All Kings

Publié le par Nono666

ANTHRAX - For All Kings
Nuclear Blast
Style : Heavy/Thrash Metal
Origine : Etats-Unis
Sortie : 2016
Site Web : www.anthrax.com

ANTHRAX - For All Kings



01.  Impaled / 02. You Gotta Believe / 03. Monster At The End / 04. For All Kings / 05. Breathing Lightning / 06. Breathing Out / 07. Suzerain / 08. Evil Twin / 09. Blood Eagle Wings / 10. Defend/Avenge / 11. All Of Them Thieves / 12. This Battle Chose Us / 13. Zero Tolerance

Le Big Four semble au taquet ces temps-ci, après le Repentless de SLAYER sorti en Septembre 2015 et le récent et tonitruant Dystopia de MEGADETH en Janvier dernier, ANTHRAX y va aussi d'une nouvelle offrande en ce premier trimestre 2016, s'intitulant For All Kings. Seul METALLICA manque maintenant à l'appel et semble quelque peu à la traine. Tout d'abord parlons du contenant, avec cette magnifique pochette où les fans du combo semblent être transcendés par ces rois Anthraxiens (représentés par des statues à l'effigie des membres du gang), appelés par la lumière de leur antre. Mais que nous réserve exactement le contenu de cette onzième et nouvelle porte ? De l'attraction, encore de l'attraction... vers une réussite presque totale ! ANTHRAX est en pleine forme, cela transpire à chaque instant de ce For All Kings. Joey Belladonna chante excessivement bien, une section basse/batterie qui groove terriblement ("This Battle Chose Us", "Monster At The End") avec un Charlie Benante parfois inventif, un Scott Ian qui riffe à donf... Jonathan Donais, le petit nouveau, n'est pas en reste et apporte de magnifiques leads de guitare ("Suzerain") qui ne sont pas donnés à tous. Cependant, ne vous attendez pas à du Thrash pur et dur et ultra rapide, l'album oscille davantage vers un Heavy plutôt mélodique, mid tempo, lorgnant parfois même vers le progressif ("You Gotta Believe" et son superbe passage atmosphèrique). On retrouve également sur la fin de "Blood Eagle Wings" ce petit côté progressif et mélancolique, morceau long de près de 8 minutes, lourd et puissant. Quelques refrains semblent également assez vite s'imposer à notre petit cerveau délabré tels "Monster At The End", "For All Kings", "Suzerain", "Breathing Lightning" (intro électro-acoustique), "Defend/Avenge" et "All Of Them Thieves" (entrainant mais tout à fait étrange, original cependant). Attention, ANTHRAX sait toujours se faire aussi Thrash et incisif, distillant des riffs qui défouraillent sévère, "Evil Twin" en est la parfaite illustration avec sa rythmique surpuissante dès son début. L'opus démarrait avec "Impaled", évoquant de belles tolérances musicales, apportées par un violoncelle, et se termine par "Zero Tolerance", classique mais qui balance grave ! Avec For All Kings, ANTHRAX réussit le tour de force d'être technique et groovy, mais aussi très entrainant, qui plus est en saupoudrant sa musique de quelques petites surprises. Un ANTHRAX réussi, plutôt heavy, parfois fin et surprenant.

Chronique : Papa Bordg

ANTHRAX - For All Kings

 

 

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SAXON - Battering Ram

Publié le par Nono666

SAXON - Battering Ram
UDR Music
Style : Heavy Metal
Origine : Royaume-Uni
Sortie : 2015
Site Web : www.saxon747.com

SAXON - Battering Ram



01. Battering Ram / 02. The Devil’s Footprint / 03. Queen Of Hearts / 04. Destroyer / 05. Hard And Fast / 06. Eye Of The Storm / 07. Stand Your Ground / 08. Top Of The World / 09. To The End / 10. Kingdom Of The Cross / 11. Three Sheets To The Wind (The Drinking Song)

Battering Ram est dans la lignée des dernières productions de SAXON, le son est puissant, ça envoie, c'est sûr, mais les mélodies sont hélas trop souvent écartées. On peut les comparer aux récents albums d'ACCEPT, très percutants mais perdant du coup l'âme des opus d'anthologie. Biff se démène comme jamais, on dirait, sur certains titres, qu'il est enragé ! Et c'est diablement louable au bout d'une si longue carrière. Les parties de batterie sont également impressionnantes quand on sait d'où revient Nigel Glockler. Tout démarre pourtant pas mal avec cette intro très Maidenienne et le morceau titre d'assez bon niveau, malgré un refrain déjà quelque peu rébarbatif. "The Devil's Footprint" enfonce encore le clou, dans l'hystérie totale avec un Biff complètement habité ! "Queen Of Hearts" vient calmer les esprits avec un mid-tempo typique et classique de SAXON, bien mais pas de quoi se relever la nuit. "Destroyer" appuie à nouveau sur la pédale, et ce qui nous forçait d'admiration sur les premiers titres, avec l'énergie de Biff, peut commencer à produire l'effet inverse tant il pousse ici sa voix à l'excès. De plus, le morceau en lui-même ne présente pas vraiment d'intérêt. Hélas, la suite perdure en ce sens avec trois titres qui représentent encore plus le ventre mou de l'album. "Hard And Fast" est limite pénible, "Eyes Of The Storm" est peu inspiré et répétitif, et "Stand Your Ground" est quasiment au ras des pâquerettes. Dur donc de sortir indemne de ces passages, heureusement que "Top Of The World" arrive et nous ramène au bon vieux SAXON que l'on aime, avec enfin une mélodie ! Voilà ce que ce nouvel album devrait davantage comporter au milieu des titres certes énergiques mais bien trop quelconques. "To The End" poursuit dans un mid-tempo à l'ancienne, avec des couplets mélodiques, mais malheureusement tout retombe à plat avec un refrain bien lassant. Bon passage sur le solo cependant. On arrive à la surprise de fin et cet atypique "Kingdom Of The Cross", tout en ambiance, avec ses phrasés de guitares surprenants. Monologue, puis refrain repris par le chanteur... on aime ou pas mais tout le mérite est de proposer quelque chose de réellement inédit pour SAXON. "Three Sheets To The Wind (The Drinking Song)" achève l'album en terrain connu, un morceau typique du groupe mais pas exceptionnel non plus. Constat bien mitigé donc pour ce Battering Ram qui se verra ranger à la suite des autres de la discographie, mais dont on préférera ressortir plus tard un Call To Arms, dernier album qui proposait quelque chose de varié et surtout inspiré. Mais bon, vu la forme éblouissante du groupe, on se laisse déjà un espoir de regain de mélodies pour le prochain...

Chronique : Renegade88

SAXON - Battering Ram

 

 

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VOTUM - :Ktonik:

Publié le par Nono666

VOTUM - :Ktonik:
Inner Wound Recordings
Style : Progressive Metal
Origine : Pologne
Sortie : 2016
Site Web : www.facebook.com/Votumpage

VOTUM - :Ktonik:



01.  Satellite / 02. Greed / 03. Spiral / 04. Blackened Tree / 05. Simulacra / 06. Prometheus / 07. Horzontal / 08. Vertical / 09. Last Word

Formé en 2002 et déjà auteur de trois albums, VOTUM est un groupe polonais composé de Bartosz Sobieraj (chant, guitare acoustique), Piotr Lniany (guitare), Adam Kaczmarek (guitare), Bartek Turkowski (basse), Zbigniew Szatkowski (claviers) et Adam Lukaszek (batterie). La formation de Varsovie nous revient en cette année 2016 avec une quatrième offrande appelée :Ktonik:. Bien évidemment, votre humble serviteur ne s'est pas cantonner à cette nouvelle œuvre mais a fait un petit retour en arrière pour bien situer et cerner ce très bon groupe, capable d'allier force, originalité et émotion au sein d'une musique belle et sombre. Leur précèdent album, Harvest Moon (2013), était une véritable pépite, s'inspirant, certes, de grands groupes chargés en frissons tels ANATHEMA, PAIN OF SALVATION, OPETH ou TOOL, en y incluant, bien entendu, sa touche personnelle et surtout son grand talent. Après une première écoute attentive de ce :Ktonik:, ce qui semble en ressortir, ce sont ces alternances entre moments calmes et plus couillus au sein d'un même morceau, un peu comme un grand 8, avec toutes les différentes sensations que cela comporte : Force, puissance, sentiments sombres et mélancoliques. Bien sûr les influences majeures du groupe sont toujours bien présentes et marquées, formant un tout particulier, hybride et parfois déconcertant. Prenons un titre comme "Prometheus". Un début aux forts accents Toolien, avec un chant presque tribal et aérien, une basse/batterie qui forme une danse macabre mystique, accompagnée de superbes lignes de guitare progressives à la OPETH. Le spectre de TOOL est, une nouvelle fois, bien présent sur le génial "Spiral", beau et puissant, nous emmenant dans une spirale d'étrangeté dont on a du mal à revenir. La ligne de basse est un pur régal auditif. "Satellite", qui ouvre les hostilités avec autorité (riff d'intro), se veut plus direct et tubesque, les petites notes acoustiques sont magnifiques, titre sur lequel plane parfois l'ombre d'ANATHEMA, par la sensibilité musicale dégagée et les lignes de chant de Bartosz Sobieraj. Et comment ne pas parler de cet OVNI qu'est "Simulacra", très étrange, parfois violent, avec, sur sa fin, de somptueux arpèges avec un chant féminin à peine perceptible, quasi religieux. Mais VOTUM sait aussi être totalement empreint de volupté et d'une grande douceur comme peuvent en témoigner "Blackened Tree" ou "Last Word" qui conclut ce superbe :Ktonik:. Mais ce "Last Word" n'est, à n'en point douter, pas le dernier mot d'un VOTUM qui, vu la qualité de cet opus, alliage puissant fait de sensations fortes, est visiblement voué à un bel avenir dans les années à venir.

Chronique : Papa Bordg

VOTUM - :Ktonik:

 

 

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RESURRECTION KINGS - Resurrection Kings

Publié le par Nono666

RESURRECTION KINGS - Resurrection Kings
Frontiers Music
Style : Melodic Hard Rock
Origine : Etats-Unis
Sortie : 2016
Site Web : www.facebook.com/ResurrectionKingsMusic

RESURRECTION KINGS - Resurrection Kings



01. Distant Prayer / 02. Livin’ Out Loud / 03. Wash Away / 04. Who Did You Run To / 05. Fallin’ For You / 06. Never Say Goodbye / 07. Path Of Love / 08. Had Enough / 09. Don’t Have To Fight No More / 10. Silent Wonder / 11. What You Take

Tout d'abord un bref résumé (car beaucoup le savent déjà) sur ce super-groupe made in Frontiers Music : RESURRECTION KINGS se compose deux ex-DIO : Craig Goldy et Vinnie Appice, plus Sean Mac Nabb (LYNCH MOB, DOKKEN, QUIET RIOT) et Chas West (LYNCH MOB). Une autre sortie d'ex-DIO parait aussi simultanément sous le nom de LAST IN LINE, avec aussi Vinnie Appice, ainsi que Vivian Campbell, Andrew Freeman et le regretté Jimmy Bain. Pour faire un comparatif, le premier oeuvre dans un registre Hard US/AOR assez éloigné du style DIO, tandis que le second en est plus proche, peut-être plus heavy. Mais venons-en au coeur du sujet et à cet album dont on ne pouvait pas forcément s'attendre à grand chose, tant on se méfie des groupes réunissant des pointures sur le retour via ce label. Resurrection Kings est une vraie bonne surprise car il est point question ici d'exploiter le filon DIO vu que le style est différent, de plus la production est excellente et l'on découvre (pour la plupart) un très bon chanteur. Les compositions sont, en général, inspirées et mélodiques, et les interventions de Craig Goldy font vraiment plaisir à entendre tant il se montre à sa juste valeur. Bien sûr, tout n'est pas parfait car quelques titres sont en dessous du reste et plus dispensables ("Silent Wonder", "What You Take" et "The Path Of Love"), ce qui vient un peu gâcher la fête... Pour le reste, cela va du bon à l'excellent et mérite réellement une attention de la part des fans de Hard Rock mélodique (certes typé années 80... quoique ?!). D'autant plus que RESURRECTION KINGS ne tente aucunement une démarche mercantile sur la carrière du regretté et illustre chanteur, à l'instar peut-être de LAST IN LINE (déjà le nom) et les déclarations un peu douteuses de Vivian Campbell concernant son passage dans son ancien groupe. Mais bon, ne nous égarons pas, tout cela est hors musique... Jetez une oreille sur les "Wash Away", "Distant Prayer" ou le plus aventureux "Fallin' For You" pour vous convaincre de l'espoir de ne pas voir ce projet s'arrêter, comme souvent, à un seul album. Mention spéciale à Chas West, (aux intonations parfois à la David Reece, mais ce n'est qu'un avis personnel) et Craig Goldy qui signe là une prestation pleine de conviction.

Chronique : Renegade88

RESURRECTION KINGS - Resurrection Kings

 

 

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SHREDDING SANITY - Post-Apocalyptic Era

Publié le par Nono666

SHREDDING SANITY - Post-Apocalyptic Era
Autoproduction
Style : Melodic Death Metal
Origine : France
Sortie : 2016
Site Web : www.shreddingsanity.com

SHREDDING SANITY - Post-Apocalyptic Era



01. Secrets Of Time / 02. Promised Land / 03. Enslaving Dream Machine / 04. The Order Of Knowledge / 05. The Omniscient

Bon, pour entamer cette chronique, je me dois de présenter rapidement SHREDDING SANITY, ce que je vais faire dans l'immédiat le plus total ; il s'agit donc d'un groupe Rémois, formé en 2006, et pratiquant le Death Mélodique (style que je connais, comble du désespoir, aussi bien que la poche de l'homme que j'ai croisé dans la rue en 2009 ; mon domaine, donc). Ils sortent une démo, The Best Enemy, en 2009, dont je n'ai entendu aucune note, si ce n'est celle qui débute à la fin de l'album, avant d'enchaîner sur Modern Inertia en 2013, qui, des quelques extraits parvenus à mes oreilles, ne m'a pas convaincu. C'est en 2016 que paraît leur troisième production, un E.P du nom de Post-Apocalyptic Era qui sera, vous l'aurez probablement deviné si votre Q.I dépasse les 10 points, le sujet de cette chronique. Sujet un peu dur à aborder d'ailleurs, puisque, et c'est là encore facilement intelligible, mes connaissances sur ce groupe sont très limitées. Bon, je vais quand même tenter d'aborder ça de manière claire et nette, en vous disant tout de suite que cette production ne m'a que très peu convaincu.

Je suis gentil, je commence par les bons points qui sautent presque littéralement aux oreilles ; le riffing est inspiré, beaucoup plus que sur les précédentes réalisations. Les deux six-cordistes brodent élégamment sur leurs instruments, et c'est plutôt plaisant à entendre. Les mélodies partent dans tous les sens, avec, comme souvent dans le genre, des motifs assez techniques à la limite du progressif (à noter cependant, quelques vagues expérimentations rythmiques, qui, en plus d'apporter du groove, donnent une once d'originalité à cet E.P, qui en manque cruellement). Bon, les lecteurs qui suivent un minimum auront relevé que j'ai déjà énoncé un défaut ; mais ça coulait de source. Donc, au niveau des imperfections, ce qui fera que cet album ne se démarquera pas est, à mon sens, le manque de puissance : les compositions, même si elles sont bien construites et professionnelles, ne sont pas prenantes. Et, pour un album au nom évoquant l'apocalypse (plus exactement, ce qu'il y a après), c'est un peu triste, d'autant plus que les mélodies se veulent épiques et grandioses, parfois même lourdes (le début de "The Omniscient", à mon sens le meilleur morceau de l'album, doté d'un petit côté orientalisant, et quelque peu mélancolique) mais ont, au final, beaucoup de mal à décoller, et ce, même en les renforçant à coup de blast beats rapides et brutaux : le résultat reste un peu mou et peu entraînant. Et cet aspect n'est pas arrangé par la production, lisse au possible, qui ne laisse pas profiter des quelques passages un peu plus intenses que les autres. La musique de SHREDDING SANITY, et c'est regrettable, reste plate, là où elle pourrait avoir un peu plus de relief. Pour revenir aux quelques bons points, on note les solos qui instaurent un semblant d'atmosphère aérienne (une bouffée d'air frais dans les morceaux), mais là encore, pas grand chose au delà de l'appréciation technique, et ce, même si certains sont très bien trouvés. La basse, également, nous offre quelques lignes sympathiques, et est dotée d'un son assez rond, s'harmonisant plutôt bien avec celui plus tranchant de la guitare.

Au final, ce que l'on retiendra de ce Post-Apocalyptic Era, c'est qu'il y a du potentiel et de bonnes intentions ; le tout serait maintenant d'insuffler plus d'âme et d'ambiances à la musique afin d'emporter l'auditeur là où les compositeurs veulent qu'il aille. Pas une mauvaise production, mais pas assez marquante pour sortir de la masse. A renforcer, même si l'effort est présent.

Chronique : Durchfall

SHREDDING SANITY - Post-Apocalyptic Era

 

 

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ETHEREAL RIFFIAN - Youniversal Voice

Publié le par Nono666

ETHEREAL RIFFIAN - Youniversal Voice
Autoproduction
Style : Psychedelic Stoner Doom
Origine : Ukraine
Sortie : 2016
Site Web : www.etherealriffian.bandcamp.com

ETHEREAL RIFFIAN - Youniversal Voice



01. Sword Of The Deathless (intro) / 02. Beyond / 03. Thugdam / 04. Wakan Tanka / 05. March Of Spiritu / 06. Voice Of Reason / 07. Anatman / 08. Drum Of The Deathless

Venu d'Ukraine, ce trio, devenu là quatuor, a déjà publié deux albums qui sont passés totalement inaperçu dans nos contrées et c'est donc à l'occasion de la sortie d'un premier album live que le nom d'ETHEREAL RIFFIAN arrive jusqu'à nos oreilles. Autant dire qu'après la surprise, la musique du groupe s'est très vite avérée addictive, notamment avec ce chant détaché et presque incantatoire. Ouvert par un chant qui fait penser à SERPENT NOIR ou BATUSHKA, le "Sword Of The Deathless" issu du premier album met de suite dans l'ambiance, alors lorsque surgit "Beyond", c'est la deuxième couche qui arrive, comment un tel groupe a-t-il pu rester dissimulé jusqu'ici ? Capté à Kiev en 2015, ce concert donne un bon aperçu des deux albums produits par le groupe, et si vous vous attardez deux minutes sur leur page Bandcamp, vous verrez l'objet qui a été réalisé pour le support physique de cet album, de toute beauté, ce live résonne comme un moment spirituel dynamique ("Thugdam", "Voice Of Reason" et sa batterie dynamique ou les divers passages Stoner disséminés ci et là comme cet "Anatman" en fin de show) avec des effets de réverb et de delay sur la voix pour renforcer l'aspect presque cérémonieux. Mais ETHEREAL RIFFIAN ce n'est pas qu'une longue incantation et l'exemple de "March Of Spiritu" qui dévoile la facette la plus Progressive Doom du groupe amène encore un peu de lourdeur et de noirceur dans cette prestation superbement mise en son, et surtout excellemment exécutée (à moins qu'il n'y ait des overdubs mais ce n'est assurément pas le cas) avec l'ajout de deux instruments qui sont le didgeridoo et le djembé (ndlr en studio le groupe a pour habitude d'utiliser ce genre d'instruments) alliés à des guitares parfois psychédéliques, un peu comme si PINK FLOYD avait rencontré Steven Wilson et BLACK SABBATH ou encore PENTAGRAM, le résultat est simplement dantesque et est absolument indiqué pour tous les amateurs de Stoner, de Doom ou même de Progressif, voilà un groupe à suivre à la culotte et un album à se procurer d'urgence. Alors certes, on pourra trouver ci et là quelques petits défauts comme la justesse du chanteur à de très rares moments (sur un très court passage de "Beyond", en fait pour les plus attentifs) sans que cela ne soit flagrant ou rédhibitoire et qui ne serait à imputer qu'à la prestation live brute mais vous pouvez jeter une oreille, ce serait vraiment chipoter, ou encore le riffing plutôt simple des parties les plus Stoner mais enrobé par le reste de la personnalité du groupe, ces passages amènent une dimension plus directe qui évitent à nos Ukrainiens de se perdre dans des méandres, et surtout de perdre son auditoire, il y a presque un peu de Rock'n'roll et de groove notamment sur le solo de ce fameux "Voice Of Reason". C'est peut-être là, LA découverte de l'année, inutile de vous dire que le back-catalogue va être étudié dès maintenant.

Chronique : Aymerick Painless

ETHEREAL RIFFIAN - Youniversal Voice

 

 

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SHAKRA - High Noon

Publié le par Nono666

SHAKRA - High Noon
AFM Records
Style : Melodic Hard Rock
Origine : Suisse
Sortie : 2016
Site Web : www.shakra.ch

SHAKRA - High Noon



01. Hello / 02. High Noon / 03. Into Your Heart / 04. Around The World / 05. Eye To Eye / 06. Is It Real / 07. Life's What You Need / 08. The Storm / 09. Raise Your Hands / 10. Stand Tall / 11. Watch Me Burn / 12. Wild And Hungry

SHAKRA nous revient avec High Noon, nouvel album qui s'accompagne d'une excellente annonce : le retour de Mark Fox ! Belle surprise pour moi car j'ai toujours associé le groupe à son charismatique chanteur, sa voix puissante, rocailleuse tout autant que mélodique, a toujours fait merveille pour accompagner les compos du band. Dernière apparition sur Everest en 2009, des discordances avec ses comparses ? ! Ca, c'est le genre de soucis que l'on retrouve dans bien des groupes ! Mais bon, cela ne nous regarde pas ! Ou alors un chouia quand ça a une incidence directe sur l'âme musicale que l'on apprécie chez nos chouchous ! John Prakesh sera le remplaçant de Mark Fox sur les deux albums suivants (Back On Track et Powerplay), de bien belle manière, il faut le reconnaître, mais ne donnant plus ce grain vocal qui faisait osmose avec l'identité SHAKRA. Ceci étant, changer de chanteur pour prendre un "copier/coller", ça se discute ! Mais quand le nouveau reprend des compos de l'ancien et que ça ne le fait pas du tout, ça ne va pas non plus ! Ou alors on fait des arrangements de titres etc..., complexe cette affaire ! Enfin, John a fait un bon boulot, donnant au groupe un nouvel axe. Deux bons albums que ces derniers mais, y a pas à tortiller de la fesse, je me sentais orphelin du SHAKRA que j'aime depuis un bail. Retour sur ce High Noon, première note, premier titre et là, la gifle, la claque ! Je vibre de nouveau, je pulse du tympan, j'ai le faciès d'un hystérique ayant pris des substances illicites et qui font claquer du bec en se fendant la gueule ! Certains vont se pourvoir d'attaques mesquines sur le style, eh oui, c'est du Hard Rock mélodique qui ne révolutionne rien, du « déjà entendu » diront d'autres ! Et alors, quand c'est bien fait et que le plaisir est bien présent à chaque écoute, qu'importe le reste. Après, libre à chacun d'aimer ou pas ; ce qui par contre est certain, c'est que les fans du style sauront apprécier et se rassasier de ce nouveau missile signé SHAKRA ! Douze titres proposés et joués par un line-up ultra efficace : Thom Blunier et Thomas Muster aux guitares,  Dominik Pfister à la basse, Roger Tanner à la batterie et bien évidemment Mark Fox au chant. On peut citer le premier single "Hello", "Into Your Heart", "Is It Real", "The Storm", "Raise Your Hands", "Watch Me Burn" et le formidable "Wild And Hungry" comme étant la quintessence même du savoir-faire SHAKRA, mélodies, rythmiques, refrains, solos acérés, tout ça livré dans un écrin « Hard mélodique » doré à l'or fin ! La ballade "Life's What You Need", à mi-album, nous permet de retrouver nos esprits ! "High Noon", "Around The World", "Eye To Eye" et "Stand Tall" sont plus basés sur une rythmique puissante et carrée mais toujours avec la patte du groupe. Imparables, toutes ces compos savamment enchevêtrées pour faire un bloc efficace, homogène et surtout bien loin d'être ennuyeux, au contraire, jouissif ! Tout ça est, de surcroît, doté d'un mix et d'une prod' de haute voltige, rien n'a été négligé pour faire du retour de Mark Fox (en osmose avec ses comparses bien sûr) un feu d'artifice d'enfer. Ce High Noon est un opus qui apportera joie de vivre et gaieté aux fans du groupe et, de manière plus générale, aux fans de Hard et Heavy mélodique. On notera que l'artwork de la pochette nous rappelle un peu (je dis bien un peu car ce ne sont pas les mêmes volatiles) celui du dernier PRIMAL FEAR, mais bon, y a pas mort d'homme ! Fans de Thrash/Black/Death, vous risquez une éventuelle crise cardiaque, les autres, vous serez, telle une jouvencelle roulant sa première pelle, aux anges ! La Suisse a de bien beaux groupes talentueux, SHAKRA en fait partie ! Thanks guys !

Chronique : Nigel Stargazer

SHAKRA - High Noon

 

 

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LOST SOCIETY - Braindead

Publié le par Nono666

LOST SOCIETY - Braindead
Nuclear Blast
Style : Thrash Metal
Origine : Finlande
Sortie : 2016
Site Web : www.facebook.com/lostsocietyfinland

LOST SOCIETY - Braindead



01. I Am The Antidote / 02. Riot / 03. Mad Torture / 04. Hollow Eyes / 05. Rage Me Up / 06. Hangover Activator / 07. Only (My) Death Is Certain / 08. P.S.T.88 / 09. Terror Hungry (Californian Easy Listening version) / 10. Overdosed Brain (Live)

Bon, autant commencer cette chronique avec quelque chose de concis : le Thrash Moderne et moi, ça fait un. Et, pour continuer dans cette lancée, l'album Fast Loud Death de LOST SOCIETY est à mon sens une leçon du style (surtout "E.A.G" ; une pure tuerie, je vous dit). Cependant, ne vous y trompez pas, Terror Hungry est un excellent album également, notamment l'éponyme, qui fait penser très fort à MUNICIPAL WASTE (dont Samy arbore d'ailleurs un t-shirt dans le déjanté clip), et que l'on retrouve d'ailleurs dans les bonus de Braindead, nouvel album sorti en ce début 2016. Et, il faut dire que lorsque j'ai entendu "I Am The Antidote", single principal de l'album, j'ai eu un peu peur : non pas que le morceau soit mauvais, mais... tellement en deçà de ce qui a été fait précédemment. Bon, évidemment, c'est du Thrash, sans prises de tête, je ne demande ni un chef-d'œuvre, ni un renouvellement perpétuel, mais là, j'ai trouvé le morceau fade, mou et peu entraînant (et ce n'est pas le côté Stoner du refrain qui me fait dire ça, étant un grand fan du style), un comble pour ce groupe ! Sans que ce titre soit entièrement mauvais (le solo, et de manière générale la guitare lead, sauve un peu l'honneur) mais, en rajoutant une mauvaise critique lue dans un coin de l'internet, il y avait de quoi craindre un peu la suite.

Vaguement anxieux, je lance donc l'album ; bon, on part sur "I Am The Antidote". Pour l'instant, pas grand chose à rajouter. Je passe donc vite fait sur cette ouverture, dont l'écoute ne me fait, à mon grand regret, pas revenir sur ce qui a été dit précédemment, et lance la « vraie » écoute de l'album avec le second titre, "Riot". Pour le coup, c'est entraînant. Je ne m'y attendais pas, mais c'est entraînant. Donc, je suis accueilli par un gros riff Hard Rock moderne (un peu à la SANTA CRUZ), avec un petit relent de PANTERA, le tout surplombé par le chant que l'on connait, braillé avec conviction, entre un guttural aigu et un chant crié (qui me rappelle un peu le Green, pour ceux qui connaissent), et soutenu par une batterie lourde et grasse, bien qu'un peu trop propre (mais j'y reviendrai). Et même si je préfère clairement le côté Thrash du groupe (qui, rassurez vous, n'a pas entièrement déserté, et est très présent dans des titres comme "Mad Torture", "Rage Me Up" ou "Hangover Activator", du Thrash pur jus, parfois un peu Crossover sur les bords), je dois admettre que cette évolution subite n'est pas pour me déplaire, car, même si LOST SOCIETY y perd en fougue et en hargne, ils y gagneront sans doute en pogo et en dents cassées (plus qu'avant, en tout cas). Il est tout de même temps de lancer l'alerte Nuclear Blast. Pas que, comme beaucoup, j'ai une dent contre ce label, juste la production (je vous avais dit) : je compare ça à un film Marvel (avec le côté artistique en plus, tout de même : Marvel, ça fait vraiment produit plus qu'œuvre, au niveau cinématographique. Enfin bref, là n'est pas la question, en plus, je connais pas du tout ce sujet) ; c'est très, très, très, trop lisse. Trop, car ça en devient fade, surtout niveau batterie. A mon sens, une prod' plus vivante, et j'ai envie d'ajouter l'adjectif plus artistique, aurait clairement renforcé l'impact de la musique (surtout si il y avait plus de basses, même si il n'y a que les bassistes pour faire cette remarque). Mais enfin, ce son ne gâche pas l'album, je vous rassure, il reste bourré de qualités, à commencer par le solo (déferlement de Shred mélodique et intense à la carte, un pur régal, je sais que tous n'aiment pas, mais moi, j'aime, donc), et un côté un peu plus Rock'n'roll et Old School qu'avant.

Ce que l'on retiendra de l'album, tout de même, reste que le groupe a mis l'accent sur le groove, avec un riffing qui se concentre sur quelque chose de plus massif et épais qu'avant, tout en gardant pas mal de mélodies tranchantes à la guitare lead, ce qui équilibre quelque peu la balance (même si certains riffs un peu lourds et peu inspirés auraient pu être écartés). Pas forcément une mauvaise chose, mais on perd parfois certains éléments qui me faisaient aimer la musique de LOST SOCIETY. Le principal étant que le groupe conserve sa bonne humeur, et qu'elle passe par leur musique. En bref, un bon album, doté de quelques défauts qui auraient pu être évités (enfin, comme j'ai dit, c'est du Thrash, donc y a pas à trop réfléchir), mais tout de même très agréable, et toujours aussi dansant. Et puis, on reprend bien un peu de Terror Hungry dans les bonus, hein (enfin, c'est une version light, « Californian Easy Listening Version », qu'il y a marqué. En gros, c'est ce qu'ils avaient joué en acoustique dans un magasin de chaussures (si, si). Un truc plus rock).

Chronique : Durchfall

LOST SOCIETY - Braindead

 

 

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LAST IN LINE - Heavy Crown

Publié le par Nono666

LAST IN LINE - Heavy Crown
Frontiers Records
Style : Hard Rock
Origine : Etats-Unis
Sortie : 2016
Site Web : www.lastinlineofficial.com

LAST IN LINE - Heavy Crown



01. Devil In Me / 02. Martyr / 03. Starmaker / 04. Burn This House Down / 05. I Am Revolution / 06. Blame It On Me / 07. In Flames (Deluxe Edition Bonus Track) / 08. Already Dead / 09. Curse The Day / 10. Orange Glow / 11. Heavy Crown / 12. The Sickness

Ce nouveau projet nommé LAST IN LINE s'articule autour des anciens membres de DIO que sont Vinny Appice (batterie), Jimmy Bain (basse) et Vivian Campbell (guitare), actuel DEF LEPPARD, interprètes brillantissimes et co-compositeurs notamment des trois premiers albums et perles du lutin magique, Holy Diver (1983), The Last In Line (1984) et Sacred Heart (1986), tous désormais entrés au Panthéon du Metal pour l'éternité ! Né suite à des jams studio à Los Angeles en 2011, le groupe prend forme années après années jusqu'à devenir un sérieux travail structuré, aboutissant en ce début 2015 à ce premier album, Heavy Crown. Le groupe intégrera Andrew Freeman, superbe chanteur à l'organe vocal puissant et chaud. Vous l'aurez compris, le nom du groupe fait bien évidemment référence à l'extraordinaire deuxième album de DIO, un hommage à ce merveilleux chanteur dont la légende n'est plus à faire. Mais que nous réserve ce Heavy Crown ? A première vue, les musiciens sont toujours aussi exceptionnels, pétris de talent, la section rythmique est omniprésente, la gratte de Vivian Campbelll, somptueuse, technique, chaloupée, et Freeman chante excessivement bien. Notons également la production impeccable de Jeff Pilson (ex-DOKKEN et DIO) soignée, puissante et mettant parfaitement en relief la qualité et l'interprétation musicale de ces quatre vétérans (enfin, au moins trois !). Mais malgré toutes ces qualités pré-citées, hélas LAST IN LINE n'arrive pas vraiment à faire décoller ses compos, à l'exception de quelques moments et de quelques morceaux. Est-ce suffisant ? Bien sûr que non!!! Et pourtant l'introduction "Devil's Me", sa superbe rythmique, son refrain entêtant, servi par un solo tout bonnement époustouflant, donnait matière à la réjouissance. Mais la suite est toute autre, et à part une technique de premier ordre, la magie n'opère pas (ou trop peu !). Le superbe "Starmaker" nous redonne un large sourire, avec un Vivian Campbell toujours aussi inspiré. Un riff introductif qui tue, un solo ébouriffant, ça groove terriblement avec une basse qui claque, il s'opère quelque chose avec ce très bon titre. Malheureusement l'émotion est trop souvent absente, seul "Curse" et sa somptueuse ligne de basse nous fait frémir, Andrew Freeman chante encore une fois divinement bien, et le solo est des plus poignant. On pourra également noter les deux très belles prestations du chanteur sur "Orange Glown" aux belles nuances vocales, et le morceau-titre, "Heavy Crown". A part ça, pas grand chose de transcendant, certes des choses intéressantes disséminées ici ou là, mais pas de quoi en faire des flèches musicales. "Already Dead" aux accents DIO (riff proche de "Night People"), avec un solo ravageur, peut sortir du lot. Heureusement, une vraie perle semble apparaitre, sans doute le meilleur titre de l'album, "Blame It On Me" effleure le spectre de LED ZEPPELIN, batterie lourde et puissante en ouverture, le chant, quant à lui, semble proche d'un David Coverdale (WHITESNAKE). Magnifique ! Et puis c est tout ! "I Am Revolution" caractérise bien les dires du dessus : une basse qui claque, un solo titanesque, mais pas de refrain accrocheur (un des gros manques de cet opus). N'ayons pas peur des mots, Heavy Crown est une déception, n'atteignant en rien l'aura mystique et magique de l'illustre groupe dont sont issus nos protagonistes. Certes, comme dit précédemment, le talent musical est ici fort présent, mais il ne sert et ne sauve pas les chansons, pour la plupart sans âme. Cependant j'aimerai, pour finir, saluer la mémoire de ce grand bassiste qu'était Jimmy Bain, et rappeler à tous que Ronnie James Dio est irremplaçable !

Chronique : Papa Bordg

LAST IN LINE - Heavy Crown

 

 

Après la découverte d'un RESURRECTION KINGS assez plaisant dans un registre Hard mélodique, voici donc l'autre réunion d'ex-DIO, avec un style foncièrement plus Heavy. Dans les deux cas, on peut féliciter les deux formations pour ne pas avoir simplement fait une redite de la carrière du très regretté chanteur. Et même si le genre s'en rapproche plus avec LAST IN LINE, il y a une véritable identité. Néanmoins, que cet album est frustrant dans le sens où il y a un fort potentiel et une cohésion entre les musiciens, mais quel dommage que les compositions soient parfois aussi inégales. De plus, la frustration est encore plus grande lorsqu'on termine avec les quatre meilleurs titres, "The Sickness" en étant sûrement le point culminant. Bon, ça laisse aussi une grande espérance dans la perspective d'une continuité qui est, hélas pour le moment, incertaine. Rendons hommage d'ailleurs au passage à l'occasion du décès récent du bassiste de légende Jimmy Bain, qui a fait partie des heures glorieuses de RAINBOW et DIO. Au niveau des satisfactions, rajoutons une excellente production signée Jeff Pilson, le retour à des solos incisifs de Vivian Campbell (quel gâchis cette place dans DEF LEPPARD, enfin financièrement c'est autre chose, c'est sûr). Et enfin, comme pour Chas West dans RESURRECTION KINGS, la découverte, pour beaucoup, d'un excellent chanteur en la personne d'Andrew Freeman. Pour en revenir aux compositions, l'ouvrant "Devil In Me" se révèle finalement, au bout de plusieurs écoutes, être un bon titre par rapport au sentiment mitigé de la découverte en avant-première. D'ailleurs, l'album en entier est moins accessible que celui de RESURRECTION KINGS. Cela n'empêche, malgré tout, qu'après "Martyr" et "Starmaker", et à partir de "Burn The House Down, d'y trouver comme un ventre mou, les titres étant plus dispensables sans être mauvais non plus. Mais à partir de "Curse The Day" et son ambiance particulière, tout redevient plus intéressant, la voix plus posée du chanteur le plaçant encore plus avantageusement. "Orange Glow" vaut surtout pour sa rythmique infernale qui ne vous lâche plus, "Heavy Crown", très nuancé sur les couplets, laisse apparaître un refrain plus énergique et très réussi, et enfin "The Sickness" se révèle être un morceau comme on aimerait en entendre plus souvent dans le registre mélodique... la grande surprise de l'album ! Au final, on loupe de peu le 8... et même si tout n'y est pas parfait, ce Heavy Crown mérite amplement une attention de la part de tous les amateurs du genre. Et on croise les doigts pour une suite, qui plus est, rendrait honneur à Jimmy Bain.

Chronique : Renegade88

LAST IN LINE - Heavy Crown

 

 

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