METALLICA - Liberté, Egalité, Fraternité, Metallica! - Live At The Bataclan Blackened Records Style : Live Origine : Etats-Unis Sortie : 2016 Site Web : www.metallica.com
01. The Four Horsemen / 02. Lepper Messiah / 03. No Remorse / 04. Fade To Black / 05. Frantic / 06. Ride The Lightning / 07. Blackened / 08. Seek & Destroy / 09. Damage, Inc.
Sorti à l'occasion du Record Store Day 2016, évènement visant à soutenir les disquaires indépendants, ce Liberté, Egalité, Fraternité, Metallica! - Live At The Bataclan reprend le concert que METALLICA a donné au Bataclan le 11 Juin 2003 lors d'une journée qui a vu les Américains donner pas moins de trois concerts sur le sol parisien (Boule Noire, Bataclan et Trabendo, soit trois salles de capacité assez inhabituelle pour un groupe de la stature de METALLICA) lors de la tournée en soutien au très décrié St Anger. Mais les fans des Four Horsemen peuvent être rassurés car hormis "Frantic", le single de l'époque, le groupe n'interprète ici que des classiques issus des quatre premiers albums. "The Four Horsemen" ouvre les hostilités de manière énergique et puissante, METALLICA délivre ici une prestation d'excellente facture, "Lepper Messiah", "No Remorse", "Fade To Black", "Ride The Lightning" et "Blackened" se succèdent, autant vous dire que ça envoie du lourd, avant que le groupe ne finisse d'achever son public avec "Seek & Destroy" et "Damage, Inc." en guise de rappels. Neuf titres pour une heure de set, c'est certes un peu court, mais METALLICA n'en délivre pas moins un show fort intense. Le tout soutenu par un son très correct, et parfaitement mixé par Greg Fidelman. Voilà donc de quoi patienter en attendant l'arrivée du nouvel album studio... Hommage aux victimes des attaques terroristes du 13 Novembre dernier, ce Liberté, Egalité, Fraternité, Metallica! verra les fonds récoltés reversés à Give For France, association venant en aide aux victimes et à leurs proches. Alors en achetant ce live, en plus de profiter d'un excellent concert, vous contribuerez à une bonne action... mais ne tardez pas car il s'agit là d'un tirage limité à 20000 exemplaires à travers le monde.
VEKTOR - Terminal Redux Earache Records Style : Progressive Thrash Metal Origine : Etats-Unis Sortie : 2016 Site Web : www.facebook.com/VektorOfficial
01. Charging The Void / 02. Cygnus Terminal / 03. LCD (Liquid Crystal Disease) / 04. Mountains Above The Sun / 05. Ultimate Artificer / 06. Pteropticon / 07. Psychotropia / 08. Pillars Of Sand / 09. Collapse / 10. Recharging The Void
Bon, alors, Commençons par une re-contextualisation de type pas piquée des hannetons. An de grâce 2016, comme le veut la coutume, la plèbe de part chez nous fait la gueule à son gouvernement, auquel il reproche quelque jactances : ledit pouvoir n'odit évidemment pas les choses de la même manière, au point de s'en battre impérialement les esgourdes ; le tout mène l'humble peuple de France à passer la nuit dehors afin de fatrouiller de manière plus ou moins pacifique (les maroufles, sacs à vin et autres houliers allant jusqu'à briser les fenêtres en guise de sport annuel), ce à quoi on leur répond par une chevalerie de type policière, s'en allant guerroyer en terre urbaine, en se gardant cependant de sortir l'arbalestrie, occir et pourfendre n'étant (heureusement) pas le but de nos CRS nationaux (que la jouvence virtuelle adule ou déteste, d'un jour à l'autre. Pour expliquer, ça dépend surtout du dernier attentat en date).
On en vient, comme vous l'aurez deviné, au Thrash Metal à tendance internationale, ce dernier se portant plutôt bien. En effet, nous avons eu, cette année, quelques offrandes fort appréciables : CRISIX pour les plus déconneurs, LOST SOCIETY pour les plus groovy (et les plus détestés), MEGADETH pour les plus robotiques (et, si je puis me permettre, les plus décevant, sans être mauvais... Les plus détestés aussi, au passage), VERBAL RAZORS pour les plus Français, PSYCHOÏD pour les plus Rock'n'roll (Français également), DESTRÖYER 666 pour les (beaucoup) plus Black, RIPPER pour les moins déconneurs. En d'autres termes, les Thrashers vivent tranquillement leur vie, carburant à la bière, comme le veut là encore la coutume. Seulement voilà, VEKTOR, après son voyage annuel à l'autre bout de la galaxie, 5000 ans après ce que tu vis, a fini de composer son album, et débarque sur la planète terre, à bord de son vaisseau. BKRALZF. Le Thrash Metal Game est détruit, et c'est à peu près le bruit qu'il a fait en décédant. Enfin, plus exactement, il a fait un truc bizarre, qui s'appelle Terminal Redux.
L'inventivité de VEKTOR s'y trouve être à son apogée : c'est planant, c'est psyché, c'est violent, c'est doux, c'est progressif, c'est Black, c'est Thrash, c'est spatial. J'ignore totalement par où commencer. Toutes les composantes de la musique sont maîtrisées, élevant chacune d'entre elle au rang d'art à part entière. La noble pratique du riffing part donc dans toutes les directions possibles, pourvu que cela colle au groupe : aucun moment de répit et d'ennui, un passage un peu vide, un plan un peu longuet, performance surprenante (enfin, façon de parler, on connaît le groupe maintenant) pour un album aussi long. Toujours une sonorité, une mélodie, une atmosphère ou un rythme à analyser. Ajoutez à cela la partouze de styles musicaux, la sauce du combo Américain, et son talent. Le plus sidérant, dans cette affaire, c'est probablement le fait que l'ensemble forme un monolithe pouvant se détacher en des milliers de pièces, en étant doté d'une capacité à en former une seule absolument incroyable, débarrassé de toute incohérence. Tout est justifié, tout est utile. Ainsi, pour un passage planant en son clair, deux options : la première étant le moment parfait, celui que l'oreille attend, celui qui caresse le tympan et renforce la musique par sa cohérence, et qui est bien sûr suivi par une montée en puissance exemplaire et magistrale. La seconde, c'est le moment que tu n'attends pas, mais alors PAS DU TOUT, et qui, au final, se trouve être tout aussi parfaite que la première. Dans les deux cas, le moment est prenant et s'intègre divinement bien à la musique, qui s'avère être efficace, dans toute la justesse du terme : intense dans ses atmosphères, puissante dans ses mélodies, touchante dans ses moments calmes, fascinante dans ses ambiances étranges, intéressante dans ses structures et ses accords, entraînante dans son agressivité, et je pourrais continuer comme ça, des lignes et des lignes durant. Simplement, je hais tout ce que j'écris depuis quand je parle de l'album en lui même, parce que j'ai la désagréable impression de le souiller par la médiocrité de mes mots.
Quoi qu'il en soit, l'intrusion dans notre cerveau n'est pas terminée. VEKTOR joue avec ton âme, et brode sa musique de tes émotions (effrayant dans son assimilation au vide le plus inconnu et mystérieux, tout en étant rassurant par sa beauté captivante et naturelle) afin de l'amener à son stade de chaos le plus total, où tout est permis, où le morceau peut être mélancolique et au bord de l'euphorie à la même seconde, tout en surpassant totalement ses émotions presque fades aux côtés de sa grandeur, où la physique perd son sens, où ton existence n'est qu'une minuscule forme colorée et vaguement mouvante dans un univers d'un noir éblouissant, voyage ultime dans une dimension dont les portes ne peuvent être ouvertes que par Terminal Redux, trouvant leur apothéose dans les solos cosmiques où les vibrations musicales se déforment et perdent leur sens pour, au final, devenir l'introuvable, l'inaudible en musique, transcendant par leur folie inhumaine et futuriste, à l'image d'un artwork spatial, portant la tristesse des couleurs les plus glaciales à la chaleur des touches rouges et jaunes, surplombées d'un noir inquiétant et malsain, rendant une lecture abstraite tout aussi possible que l'analyse des éléments représentés, là encore en parallèle à la musique, dont les structures dépassent l'indicible et l'inimaginable, tout en pouvant être assimilées à tous les éléments que l'on souhaite y poser. Bref, il m'est impossible de faire le tour des qualités de l'album, donc, tout simplement : Fermez les yeux, tendez les oreilles, et implosez !
CHEAP TRICK - Bang Zoom Crazy... Hello Big Machine Records Style : Hard Rock Origine : Etats-Unis Sortie : 2016 Site Web : www.cheaptrick.com
01. Heart On The Line / 02. No Direction Home / 03. When I Wake Up Tomorrow / 04. Do You Believe Me? / 05. Blood Red Lips / 06. Sing My Blues Away / 07. Roll Me / 08. The In Crowd / 09. Long Time No See Ya / 10. The Sun Never Sets / 11. All Strung Out
Il aura fallu sept ans pour enfin voir arriver un successeur à The Latest qui, heureusement, fait aujourd'hui mentir son titre. Mais c'est vrai que plus le temps passait, plus les fans que nous sommes voyaient l'espoir d'entendre de nouvelles compositions de CHEAP TRICK s'envoler. Par contre, grande première pour Bun E. Carlos qui ne figure pas à la batterie, son remplaçant étant Daxx, le fils de Rick Nielsen. Les raisons étaient à l'origine un problème médical, mais il semblerait aux dernières nouvelles que ce soit plutôt une mésentente avec les autres membres du groupe, et plus particulièrement avec Robin Zander. Ceci explique peut-être ce délai pour la sortie de ce nouvel album, le plus long étant jusqu'alors entre Cheap Trick (1997) et Special One (2003). Sinon, la durée moyenne variait de une à trois années... Bang Zoom Crazy... Hello ne déstabilisera pas les fans de CHEAP TRICK, le contenu étant sans surprise majeure. On notera toutefois l'absence de la moindre ballade, une première dans la longue discographie du groupe. Le seul titre se rapprochant du genre étant le très bon single "When I Wake Up Tomorrow", pour le reste, c'est du CHEAP TRICK en pleine effervescence ! Il semblerait d'ailleurs que le groupe ait misé sur un côté plus direct que sur The Latest qui se voulait plus varié. Un peu surprenant aux premières écoutes, mais au final le tout s'avère une réussite... et on ne peut que s'incliner devant une telle débauche d'énergie au bout de tant d'années. Et si quelques titres sont un peu moins essentiels comme "Do You Believe Me", "Roll Me" ou surtout "The Sun Never Sets" doté d'un refrain assez lassant... d'autres seront à coup sûr des futurs classiques, comme "The In Crowd", reprise de Billy PAGE qu'on jurerait pourtant composé par le groupe tant elle colle parfaitement à son style. On ajoutera aussi le catchy "Blood Red Lips", l'ouvrant et punchy "Heat On The Line", lui aussi dans la pure tradition CHEAP TRICK, ou encore le plus sobre "Sing My Blues Away". Il est possible aussi de rester perplexe devant "Long Time No See Ya" ou "All Strung Out", mais seul le talent d'un groupe aussi fun et unique que CHEAP TRICK permet d'en faire des compositions appréciables. Bang Zoom Crazy... Hello est donc à classer sans conteste parmi les bons albums de CHEAP TRICK, mais, en même temps, comme il n'y en a pas de vraiment mauvais, c'est plus facile !
SIXX:A.M. - Prayers For The Damned, Vol.1 Eleven Seven Music Style : Rock/Metal Origine : Etats-Unis Sortie : 2016 Site Web : www.sixxammusic.com
01. Rise / 02. You Have Come To The Right Place / 03. I'm Sick / 04. Prayers For The Damned / 05. Better Man / 06. Can't Stop / 07. When We Were Gods / 08. Belly Of The Beast / 09. Everything Went To Hell / 10. The Last Time (My Heart Will Hit The Ground) / 11. Rise Of The Melancholy Empire
Deux ans après un Modern Vintage en demie teinte, SIXX:A.M. revient en cette année 2016 avec sa quatrième réalisation, Prayers For The Damned, album divisé en deux volumes distincts... Maintenant que MÖTLEY CRÜE a cessé ses activités, Nikki Sixx peut se consacrer pleinement à SIXX:A.M., et c'est visiblement ce qu'il compte faire car, outre ce premier volume, la seconde partie de Prayers... est déjà programmée pour atterrir dans les bacs aux alentours de Septembre prochain, c'est dire si nos trois gaillards sont motivés pour faire de SIXX:A.M. leur priorité number one. De plus, le groupe a désormais engagé un batteur en la personne de Dustin Steinke, ce qui devrait permettre à SIXX:A.M. d'être perçu non plus comme un simple projet mais bien comme un véritable groupe.
Alors que dire de ce nouvel effort si ce n'est qu'il se révèle bien plus agressif, punchy et percutant que ne l'était son prédécesseur. Chaque membre du groupe est au top, que ce soit James Michael qui, entre force et sensibilité, chante extrêmement bien, ou DJ Ashba (désormais ex-GUNS N'ROSES) qui illumine l'album de son jeu diversifié plein de créativité, tant dans les riffs que dans les soli exceptionnels qui jalonnent ce Prayers For The Damned, Vol.1. Il est évident que SIXX:A.M. possède une forte identité, faisant preuve de beaucoup de personnalité malgré cette influence de MUSE qui ressort assez régulièrement ("When We Were Gods", "Belly Of The Beast", "Rise Of The Melancholy Empire"), toutefois, tout cela est suffisament bien intégré et digéré pour que la musique proposée par SIXX:A.M. reste unique et originale. Comment ne pas être enivré par ce "Rise" débordant d'énergie et doté d'un refrain fédérateur génialissime, ou, dans un style assez similaire, "You Have Come To The Right Place", "I'm Sick", "Everything Went To Hell" ou "The Last Time (My Heart Will Hit The Ground)"). Mais d'autres titres prouvent que le groupe sait aussi varier son discours, mettant en exergue les émotions les plus diverses, c'est notamment le cas du phénoménal et mélancolique morceau-titre "Prayers For The Damned" d'une sensibilité rare avec des choeurs magistraux quasi mystiques où SIXX:A.M. tutoie les hautes sphères. Il en sera de même avec le superbe "Better Man", power ballade littéralement touchée par la grâce, le sombre "When We Were Gods" au début sonnant très MUSE et doté de riffs qui tuent, ou l'irrésistible "Belly Of The Beast" à l'ambiance sombre alternée de passages plus légers au groove funkysant nous menant à l'extase totale, sans oublier l'épique "Rise Of The Melancholy Empire", titre à l'atmosphère lourde et mélancolique écrit après les tragiques attentats parisiens de novembre dernier.
Avec ce Prayers For The Damned, Vol.1, SIXX:A.M. accouche d'une œuvre unique absolument dantesque, un must sans nom à la forte personnalité et au caractère affirmé. Un des plus grands opus de Hard Rock qu'il nous ait été donné d'entendre depuis fort longtemps.
AMON AMARTH - Jomsviking Metal Blade Records/Sony Music Style : Viking Metal Origine : Suède Sortie : 2016 Site Web : www.amonamarth.com
01. First Kill / 02. Wanderer / 03. On A Sea Of Blood / 04. One Against All / 05. Raise Your Horns / 06. The Way Of Vikings / 07. At Dawn's First Light / 08. One Thousand Burning Arrows / 09. Vengeance Is My Name / 10. A Dream That Cannot Be (ft. Doro Pesch) / 11. Back On Northern Shores
Le premier constat qui saute aux oreilles à l'écoute de ce Jormsviking, c’est que ce nouvel album des Suédois d’AMON AMARTH s’avère moins mélodique que leurs précédentes réalisations. Malgré cela, tout commence plutôt bien et sur les chapeaux de roue avec le titre qui ouvre ce concept album, "First Kill". Un brulot catchy à souhait, au refrain imparable et où les guitares font une fois de plus penser à la NWOBM des années 80. Le "Wanderer" qui suit est certainement mon morceau préféré de l’album grâce à son riff principal saccadé qui fait taper du pied et remuer la tête. "On A Sea Of Blood" et "One Against All" sont des purs produits made in AMON AMARTH, puissants, mélodiques assez inspirés mais sans véritable surprise. "Raise Your Horns" est une pure headbanging song qui va briser des nuques grâce à son rythme et sur lequel le public va se casser la voix lors des concerts. Un futur classique des Scandinaves à n’en point douter. Puis viennent deux titres aux intros plutôt calmes (mais c’est pour mieux nous broyer quand le rouleau compresseur se met en route) avec "The Way Of Vikings", et son refrain hyper efficace, et "At Dawn First Light" sur lequel la mélodie vocale du refrain est accompagnée par une guitare et le solo à deux guitares est très Vierge de Fer. "One Thousand Burning Arrows" est un titre plus lourd porté de bout en bout par les guitares . "A Dream That Cannot Be", titre sur lequel Doro PESCH pousse la note en duo avec Johan HEGG, est loin d’être le plus réussi de ce dixième album studio des Vikings. La voix de la Metal Queen s’avère, à mon avis, trop tendre par rapport à son partenaire vocal sur ce morceau. A part le fait que cet opus est un concept album (le premier du groupe et ayant pour sujet l’ordre semi légendaire de Vikings mercenaires du Xème et XIème siècle qu’était les Jomsvikings) et le changement de batteur (Fredrik Andersson s’en est allé, remplacé pour l’enregistrement par Tobias Tobben Gustafsson (ex-VOMITORY), je dirais qu’on retrouve la plupart des ingrédients qui font le succès du groupe mais, à mon avis, cette réalisation n’est pas la meilleure de la horde. En effet, si cette réalisation, qui regorge de bons titres qui font que ce Jomsviking se révèle au fil des écoutes, elle a, pour moi, un gout d’inachevé, de semi-réussite. Peut-être la tâche du concept album était-elle trop ardue pour nos vikings ou l’inspiration moins présente (notamment en fin d’album) ? Attendons donc de voir la prochaine réalisation pour savoir s’il s’agit là d’un léger accident...
STANGALA - Klañv Finisterian Dead End Style : Celtic Stoner Metal Origine : France Sortie : 2016 Site Web : www.stangala.bandcamp.com
01. Bigoudened An Diaoul : Orinoù / 02. Hent Loar / 03. Lutuned An Noz / 04. Klañv / 05. N'Eus Ket Dremmwel Hiviz / 06. Jan / 07. Marv Int Ar Martoloded / 08. An Ankoù Hag Ar Vor
Formé en 2007, STANGALA nous propose là son deuxième album, ce qui constitue également l'occasion de faire connaissance avec eux car, si le premier album avait été sorti par les Russes de Solitude Productions, chez Heavy Sound, nous n'avions pas entendu parler des Bretons. Le groupe oeuvrait auparavant dans un Stoner Metal assez psychédélique, une sorte d'ELECTRIC WIZARD avec des influences Celtes bien prononcées. En 2016, STANGALA a toujours cette touche développée sur le premier opus et ce dès "Bigoudened An Diaoul : Orinoù" qui ouvre cet album, Klañv, avant que "Hent Loar" ne vienne écraser tout cela comme l'annonce la fin du premier titre. Les voix sont toujours plus ou moins noyées dans les guitares bien baveuses du groupe mais avec ce premier titre, une ambiance Free Jazz déboule, annoncée par des cordes, et on retrouve là l'esprit que le groupe avait proposé sur le titre "Boued Tousek Hag Traou Mat All" du premier album du même nom. Mais les Bretons poussent ici l'expérience avec "An Ankoù Har Ar Vor", un long titre qui clôt cet album dans une alternance Free Jazz / Doom écrasant alors qu'une guitare plus Rock'n'roll vient prendre le relais sur la fin du morceau. STANGALA n'a donc pas stagner et un titre come "Lutuned An Noz" introduit par des voix féminines avant un riff Crust/Punk/Death très surprenant où le chant est nettoyé au vitriol ou noyé dans un mix de Gothic Metal et de breaks aux cordes, une première vraie surprise très vite suivie de la chanson titre qui explore une ambiance plus Black Folk allant même jusqu'à proposer quelques lignes Black au chant, le groupe a ouvert son spectre mais revient sur les bases du premier album avec "Jan" ou "Marv Int Ar Martoloded". Si le groupe s'éloigne de l'influence d'ELECTRIC WIZARD, il risque tout de même de brouiller un peu les pistes pour ceux qui avaient découvert et apprécier le premier album, mais avec des sorties aussi disparates, c'est le risque, une évolution du groupe durant ces années d'écriture ou de végétation. Bien plus difficile d'accès, ce deuxième album nécessitera un temps d'adaptation d'autant plus que nos Bretons ont gardé une certaine crasse sur le son de guitare qui ne sert pas totalement les nouvelles couleurs du style de ce groupe qui reste tout de même un peu à part sur la scène Française et internationale. STANGALA se rapproche pour l'occasion un peu plus d'un BLACK SABBATH expérimental que d'un ELECTRIC WIZARD défoncé aux médicaments.
THE GOLDEN GRASS - Coming Back Again Listenable Records Style : Psychedelic Hard Rock Origine : Etats-Unis Sortie : 2016 Site Web : www.facebook.com/thegoldengrass
01. Get It Together / 02. Reflections In The Glass / 03. Shadow Traveler / 04. Hazy Daybreak / 05. Down The Line / 06. See It Through
Le silence est d'or, tout autant que le nuage sur lequel vole THE GOLDEN GRASS, et ce en naviguant également sur la vague Rétro Rock façon 70's qui, comme on vous le répète régulièrement, inonde la musique depuis quelque temps. En effet, mis à part la magnifique baleine volante sur l'illustration fleurie qui sert de pochette à leur dernier album Coming Back Again, le groupe Américain ne partage que très peu avec GOJIRA.
Donc, profitez du soleil naissant (lui aussi, il est « coming back again ») qui embrase le ciel magnifique vous surplombant, allongez vous dans l'herbe fraîche (dorée, si possible), fermez les yeux, déposez (délicatement) un casque sur vos oreilles, optez pour un volume médium, et lancez l'écoute de cette galette ; ainsi, vous profiterez au maximum des plaines champêtres auxquelles les portes vous sont ouvertes par cet album : jamais agressif, toujours reposant, sans être mou ou ennuyeux. Le groupe nous envoie simplement ses sympathiques riffs psychédéliques, sans aucune prétention, et nous emporte facilement dans son univers à l'ancienne et posé. Une batterie entraînante et un tantinet groovy, quelques mélodies simplistes et joyeuses, trouvant leur apogée dans des solos proprement exécutés, une basse ronde et une voix enjouée (ou alors, si il le faut, juste une guitare acoustique, comme sur le titre "Hazy Daybreak") : des éléments basiques, qui suffisent largement à THE GOLDEN GRASS. Si certains trouveront que la musique manque d'accroche, il est indéniable que l'on se laisse facilement kidnapper par l'atmosphère plaisante et confortable qu'elle porte, dans laquelle sa linéarité prend tout son sens, de part sa capacité à nous hypnotiser, et le tout sans jamais se montrer lassant. On peut toutefois regretter une certaine sagesse : un grain de folie manque à l'album, dont on regrette la gentillesse vaguement niaise (même si elle lui donne tout son charme, ce qui m'empêche donc d'aller au bout de ma phrase sans me dire que vous allez avoir du mal à capter à quel point je souhaite éviter une compréhension qui ferait passer mon texte comme contradictoire (et il l'est un peu, parenthèse dans la parenthèse pour vous embrouiller encore plus), ce qui serait regrettable).
Pour conclure, les amateurs du genre sont ici servis, et cet album peut s'écouter n'importe où, tranquillement. A noter cependant, il s'agit d'un tout, et aucun morceau ne sort du lot. Il vous faudra donc l'écouter d'une traite, ce qui devrait se faire sans difficulté. Reposez vous bien, et bon voyage !
METAL ALLEGIANCE - Metal Allegiance Nuclear Blast Style : Thrash Metal Origine : Etats-Unis Sortie : 2015 Site Web : www.metalallegiance.com
01. Gift Of Pain / 02. Let Darkness Fall / 03. Can’t Kill The Devil / 04. Dying Song / 05. Scars / 06. Destination Nowhere / 07. Wait Until Tomorrow / 08. Triangulum (a. Creation / b. Evolution / c. Destruction) / 09. Pledge Of Allegiance / 10. We Rock (Dio Cover) (Bonus Track)
Dès le départ, ce All star band du Metal a, sur le papier, tout pour attirer : un guitariste hors pair en la personne d’Alex SKOLNICK (TESTAMENT) et une section rythmique de feu avec Mike PORTNOY (THE WINERY DOGS, ex-DREAM THEATER, ADRENALINE MOB,...) et David ELLEFSON (MEGADETH). On peut difficilement faire mieux en matière d’experts en Thrash / Heavy Metal. Si vous ajoutez à cela un instigateur/compositeur inspiré en la personne de Mark MENGHI et tout un paquet de guests prestigieux ayant fait leurs preuves avec leurs propres groupes, on ne peut qu’espérer un ravissement auditif à l’écoute de ce premier album. Et c’est effectivement le cas sur la plupart des titres. Malgré cela, je pense que l’agencement des titres n’a pas été des plus judicieux, en tout cas, à mon gout. J’aurais effectivement préféré que l’album commence avec l’excellent "Scars" chanté en duo par Mark OSEGUEDA (DEATH ANGEL) et Cristina SCABBIA (LACUNA COIL). Au lieu de cela, l’opus commence par le rentre dedans "Gift Of Pain" sur lequel Randy BLYTHE, le chanteur de LAMB OF GOD, officie. Un titre que je qualifierais d’ « in your face », où seul le solo du maître six cordiste insuffle une respiration, d’une virtuosité absolue. Le second titre me fait penser à TESTAMENT et d’ailleurs je suis surpris lorsque je comprends que ce n’est pas Chuck BILLY au chant mais le chanteur de MASTODON. Le break à la basse et le solo de guitare aux effluves hispaniques sur ce titre sont monstrueux de classe. J’ai toujours adoré la créativité en solo d’Alex SKOLNICK et ce depuis le premier hit de TESTAMENT "Over The Wall", alors le retrouver en si grande forme n’est que pur bonheur. Les titres sont majoritairement composés sur mesure pour les chanteurs qui les interprètent, comme "Dying Song" et Phil Anselmo (DOWN, ex-PANTERA) ou encore "Can’t Kill The Devil" et Chuck BILLY (ah le voilà enfin). Venons en à "Scars", un titre aux allures de ceux de DEATH ANGEL sur lequel Mark OSEGUDA est tout à fait à son aise lors des couplets et quand arrive le refrain c’est Cristina SCABBIA qui nous envoie la mélodie. Et ça fonctionne à merveille. Vraiment un très bon titre. "Wait Until Tomorrow" nous propose un second duo tout à fait atypique puisqu’on retrouve associé Doug PINNICK, et son timbre reconnaissable entre tous, et le chanteur de HATEBREED. Ça fonctionne plutôt pas mal dans l’esprit. Parties calmes et assez lourdes interprétées par le chanteur de KING’S X et celles plus énervées où Jamey JASTA s’y colle. Je pense que ce titre aurait également pu très bien convenir au seul Phil ANSELMO. Suit un instrumental de près de 8 minutes, à plusieurs volets qui tourne à la démonstration guitaristique avec pas mal de passages Jazzy (je n’ai pas parlé de branlette de manche, entendons-nous bien) qui n’est pas sans me rappeler DREAM THEATER entre les 2ème et la 5ème minutes. L’album s’achève sur un hommage à Ronnie James DIO avec la reprise de "We Rock" totalement appropriée, tant effectivement ça Rock sur les 10 titres qui composent ce premier opus. Maintenant un petit jeu. Oublions tout ce que nous savons des musiciens qui jouent sur cet album, est-ce que celui-ci aurait reçu autant d’éloges sans que nous soyons influencés par le pédigrée des intervenants ?
THE 69 EYES - Universal Monsters Nuclear Blast Style : Gothic Rock Origine : Finlande Sortie : 2016 Site Web : www.facebook.com/The-69-Eyes
01. Dolce Vita / 02. Jet Fighter Plane / 03. Blackbird Pie / 04. Lady Darkness / 05. Miss Pastis / 06. Shallow Graves / 07. Jerusalem / 08. Stiv & Johnny / 09. Never / 10. Blue / 11. Rock'n'Roll Junkie
Revoici les Vampires d'Helsinki, surnom donné aux Finlandais de THE 69 EYES. Proposant une musique faussement simpliste, mélangeant Hard, Glam et Rock'n'Roll aux accents gothiques, le combo revient hanter nos nuits avec un douzième album intitulé Universal Monsters. Pour ce nouvel effort, le groupe a choisi de refaire appel au producteur Johnny Lee Michaels qui façonna le son et l'identité du groupe avec le succès que l'on connait, notamment sur l'exceptionnel Paris Kills (2002). Bien sûr, le Gothic Rock de THE 69 EYES n'a pas changé, les musiciens se montrent toujours aussi efficaces et talentueux (quelle section rythmique !), accompagnés d'un chanteur à la voix de velours fantastique, grave et terriblement sensuelle, une sorte de mélange de David BOWIE avec les émotions diverses véhiculées par un Elvis PRESLEY. Alors certes, THE 69 EYES ne révolutionne rien avec ce nouvel album, toutefois, il arrive malgré tout à nous surprendre ! Ce qui est incroyable, c'est la simplicité que dégage sa musique, tellement tubesque tout en étant riche et originale. Ce petit plus est en partie dû aux ambiances marquées de ce Universal Monsters, tel, par exemple, "Blackbird Pie" aux allures de bande son du maître du western spaghetti, Sergio Leone, amenant le ténébreux Jyrki69 vers une sorte de Gospel où l'on pourrait croire le King ressuscité. Mais THE 69 EYES sait aussi mêler plus de fun et de légèreté à ses ambiances, c'est notamment le cas de "Miss Pastis" où l'on trinque sur fond d'accordéon, un Rock aux sonorités 60's, avec des synthés kitch et un refrain en français. Complètement barré mais absolument jouissif. "Jérusalem" a, lui aussi, ces sonorités un peu désuètes : synthès d'un autre temps, chant possédé et atmosphère noire chargée d'une aura mystique. S'inscrivent dans ce même registre à l'ambiance malsaine, les entrainants et entêtants "Shallow Graves" et "Never". Mais nos Finlandais peuvent aussi tutoyer d'autres sommets avec le bien nommé "Rock'n'Roll Junkie", crade à souhait, aux couleurs Stoniènnes. Ou encore le lent et planant "Blue" où Jyrki69 chante de façon époustouflante, nous transperçant de mille émotions. D'ailleurs son talent transpire tout au long de ce nouvel effort, avec ce timbre si beau et atypique qu'il varie et nuance en fonction des compositions (sa performance vocale complètement habitée sur "Stiv & Johnny" est juste bluffante). Tous ces titres disposent de refrains magiques, lancinants et entêtants qui creusent un sillon dans votre cortex sans crier gare. En outre, Universal Monsters est traversé de coups de massue immédiats tels les tubesques "Dolce Vita", super entrainant avec un riff énorme très métallique, sans doute le plus hard de tout l'album, "Lady Darkness" ou le premier single "Jet Fighter Plane", hit puissant, simple et direct. THE 69 EYES signe là une petite bombe de Gothic Rock super addictive, dotée d'une dose de folie et d'originalité, riche tout en étant très accessible et universelle. Un très bon album appelé à faire date dans la carrière des Finlandais.
GEHENNAH - Too Loud To Live, Too Drunk To Die Metal Blade Records Style : Street Metal Origine : Suède Sortie : 2016 Site Web : www.facebook.com/gehennah.metal
01. Still The Elite / 02. Life Metal Must Die / 03. Too Loud To Live, Too Drunk To Die / 04. Scumbag / 05. Gehennah Will Destroy Your Life / 06. Let's Fall Off The Wagon / 07. Cause We're A Street Metal Band / 08. Tonight We Fight / 09. When All Else Fails - Destroy! / 10. Low On Cash, High On Speed / 11. We Stole Your Song / 12. Unholy & Unpleasant / 13. All Of The Decadence, None Of The Success
Si GEHENNAH totalise déjà quatre albums à son actif (ce Too Loud To Live, Too Drunk To Die compris), il me faut bien avouer que je ne m'étais encore jamais vraiment penché sur la discographie de ces Suédois dont la formation remonte tout de même à 1993. Grave erreur de ma part tant le style pratiqué par le combo est proche de mes aspirations métalliques, un Speed/Thrash à consonance Black que le groupe nomme « Street Metal », évoquant des groupes tels que VENOM, WARFARE ou MOTÖRHEAD. GEHENNAH balance des titres sans concession, incisifs et plutôt courts qui dépassent rarement les 3 minutes, nos Suédois ne font pas dans le détail, mettant en avant l'aspect direct et l'efficacité. 13 titres pour à peine 38 minutes, autant dire que ça va droit au but, le tout soutenu par une production primitive, crade et crue, qui sied à merveille aux compos, donnant parfois un léger côté Punk à la chose. Ca envoie direct sans s'encombrer de fioritures ("Life Metal Must Die", "Gehennah Will Destroy Your Life", "Unholy & Unpleasant") tel le fruit d'une relation incestueuse, un brin chaotique et bordélique, entre MOTÖRHEAD et VENOM, ce Too Loud To Live, Too Drunk To Die, à l'image de son artwork explosif, est une véritable déflagration métallique qui ne pourra que ravir les amateurs de Blackened Thrash Metal. Voilà, en tout cas, qui m'a donné une furieuse envie de me plonger dans l'oeuvre passée des Suédois...
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