FLAYED - Monster Man Klonosphère Style : Hard Rock 70's Origine : France Sortie : 2015 Site Web : www.flayed-band.com
01. Release The Fever / 02. Monster Man / 03. No Surrender / 04. Stanced / 05. Up Above / 06. Novel / 07. Unfairly Pure / 08. Heat Of The Sun / 09. Too Young For An Old Man
Déjà auteur d'un premier effort fort bien accueilli paru fin 2014, FLAYED n'a pas perdu de temps pour nous livrer son second album, Monster Man. Si Symphony For The Flayed était déjà des plus prometteur, cette nouvelle réalisation marque encore un pas en avant pour la formation originaire de Vienne. FLAYED réussit avec Monster Man à proposer des morceaux particulièrement solides, non que ceux de Symphony... ne l'étaient pas, mais on sent que le groupe a franchi un nouveau palier, l'évolution est flagrante, que ce soit en terme d'écriture, d'instrumentation ou d'interprétation, des progrès ont été réalisés dans tous les domaines, tout semble plus précis, accentuant certains aspects de sa personnalité, comme par exemple cet orgue Hammond, élément indissociable de l'identité du groupe, une nouvelle fois très présent et particulièrement mis en avant dans le son du groupe. Et si les principales influences du combo ressurgissent çà et là : DEEP PURPLE, orgue Hammond oblige, sur "Heat Of The Sun", AC/DC sur "Release The Fever" ou "Unfairly Pure", ou LYNYRD SKYNYRD sur "No Surrender", force est de reconnaitre qu'elles sont parfaitement intégrées et que ce Hard Rock groovy aux forts relents 70's est d'une efficacité à toute épreuve. Pas une seule minute d'ennui à l'écoute de ce Monster Man fort énergique, direct et pêchu qui saura garder nos sens en éveil d'un bout à l'autre de cet album en tous points imparable.
GARGANTUA - Avant-Propos Autoproduction Style : Progressive Death Metal Origine : France Sortie : 2016 Site Web : www.gargantua.bandcamp.com
01. A Delightful Sense Of The Absurd / 02. Threshold Of Death Part I : Gutters / 03. Threshold Of Death Part II : Inherent Lunacy / 04. Ne Mot Dire
D'après des études, les résultats d'un entretien d'embauche sont déterminés dans les cinq premières minutes ; vous n'avez sans doute pas besoin d'étude pour savoir que cette chronique n'a que très peu de chose à voir avec votre lettre de motivation. Donc, reprenons, en tentant d'appliquer cette règle à la musique, et plus particulièrement au Metal (je m'excuse d'avance, mais mes connaissances sont assez limitées en Pop-Jazz Avant-Gardiste Congolais) : nombreux sont les albums considérés comme cultes dont le premier morceau où l'introduction est fort appréciable (pour faire un tour des styles majeurs, on peut citer des titres que vous connaissez sûrement, tels que Painkiller, Reign In Blood, Tomb Of The Mutilated, Storm Of The Light's Bane, ou encore Welcome To Sky Valley). Je me rapproche vaguement du sujet. Donc, attardons-nous sur les premières secondes de ces albums : que ce soit dans le solo de batterie effréné qui ouvre "Painkiller", la vitesse infernale de "Angel Of Death", les violents coups de "Hammer Smashed Face", l'atmosphère glaciale du début de "At The Fathomless Depths", ou le riff désertique de "Gardenia", chacune de ces entrées en matière en ont marqué plus d'un ; accrocher l'auditeur dès les premières secondes est souvent une marque de talent.
J'en viens donc à l'ouverture d'Avant-Propos, premier EP du groupe Français de Death Progressif GARGANTUA, paru fin Février 2016. Si il n'est pas extrêmement courant de commencer son album par un court instant de piano, il est d'autant plus rare que ce dernier soit Jazzy (bien que nous ayons déjà vu plusieurs fois les styles confrontés). C'est simple (façon de parler, je précise) : une suite de notes imprévisible et irrésistible qui accroche tout de suite l'oreille. Il est extrêmement appréciable qu'un groupe travaille ses parties claviers à ce point, car oui, elles font partie intégrante de la musique du groupe, et sont à mon sens l'un de ses points les plus positifs : des nappes hypnotisantes, variées et toujours surprenantes, ce qui manque cruellement à de nombreux groupes. Toute la richesse du EP réside dans le talent des musiciens qui l'ont composé, et dans leur variété : posséder dans ses rangs trois chanteurs, dont un qui joue également de l'accordéon (je me répète, mais divinement bien) et du clavier, ça ouvre de nombreuses possibilités. Ainsi, GARGANTUA se balade entre un chant guttural Death, un autre braillé proche du Grindcore, et un troisième clair et cristallin ; ainsi, Avant-Propos n'est pas chiant une seule seconde, et on est totalement captivé par l'écoute de la musique. Et c'est pareil à tous les niveaux : un morceau comme "Threshold Of Death Part 1 : Gutters" peut commencer par un début Brutal, proche du Deathcore, se diriger vers un passage Death assez mélodique (avec des cloches) puis passer à un moment chant clair poignant, avant un solo de toute beauté, en enchaînant par la suite un passage accompagné d'une ligne d'accordéon excessivement bien trouvée, pour ensuite repartir sur un Death plutôt Brutal, et atterrir dans une partie plus mélodique : absolument captivant (et encore, j'ai passé des étapes). GARGANTUA brode littéralement et impressionne de part son originalité et son talent ; et ce n'est qu'un exemple parmi les quatre qui composent cet EP. Les degrés d'intensité sont également parfaitement gérés, atout de première importance, puisque donner du relief à la musique permet de mettre en valeur chaque passage, et de renforcer le dynamisme (je dis ça pour ceux qui suivent pas, hein). Ajoutez à cela le fait qu'aucun instrument n'est en retrait, que ça soit la batterie, qui accompagne le tout avec élégance et efficacité, ou la basse, qui sait faire ce qu'il faut quand il faut, en créant la magie de certains passages, ou les guitares qui, au delà du riffing magistral, proposent des solos absolument jouissifs, et vous obtenez un album complet, très musical (ça peut paraître bête, mais ce mot décrit vraiment bien), qui sait se montrer incroyablement riche dans sa composition, tout en dévoilant une palette d'émotions colorée et inspirée. Enfin, cet album a tellement de qualités que je ne peux pas toutes les énumérer dans une seule chronique. Et, si je le compare dans mon introduction à certains albums cultes, il y a bien une raison : un tel sens de la création et une originalité aussi marquante valent de l'or de nos jours. Donc, oui, je donne un 10, qui n'est pas, au passage, une note que je donne à la légère, mais bien quelque chose de sincère et, à mon sens, mérité. Hâte d'entendre le propos.
SKUGGSJÁ - A Piece For Mind And Mirror Season Of Mist Style : Dark Pagan Black Origine : Norvège Sortie : 2016 Site Web : www.skuggsja.no
01. Ull Kjem / 02. Skuggsjá / 03. Makta Og Vanæra (I All Tid) / 04. Tore Hund / 05. Rop Frå Røynda – Mælt Frå Minne / 06. Skuggeslåtten / 07. Kvervandi / 08. Vitkispá / 09. Bøn Om Ending – Bøn Om Byrjing / 10. Ull Gjekk
SKUGGSJÁ est un tout nouveau projet norvégien composé d'Ivar Bjornson, un des leaders du mythique groupe ENSLAVED, et d'Einar Selvik, chanteur de WARDRUNA. Le premier étant crédité de tous les instruments sauf la batterie, tenue ici par Cato Bekkevold (ENSLAVED), et le second du chant et des instruments folkloriques. A Piece For Mind And Mirror a été composé et pensé par nos deux protagonistes à l'occasion du bicentenaire de la constitution norvégienne en 2014. Notons également la contribution de Grutle Kjellson (chant - ENSLAVED) et de la chanteuse Lindy-Fay Hella (WARDRUNA - chant). SKUGGSJÁ empruntant un peu des deux mondes musicaux de ces groupes, alternant parfois une musique cérébrale, envoutante, folk et ambiante, mais aussi progressive, composée d'hymnes épiques. Le tout mettant en exergue l'amour et l'histoire du folklore norvégien. L'œuvre se compose de 10 pièces musicales, dont un instrumental, "Skuggeslåtten". Le voyage s'avère tout bonnement indéfinissable, fantastique et hypnotique, ne ressemblant à aucun autre, aussi beau puisse-t-il être. Mais si toutefois nous devions faire un parallèle, ce serait, de par sa sensibilité d'âme assez similaire, avec le monumental Kveldssanger d'ULVER. En plus d'une musique profonde et d'une richesse inouïe, on retrouve de nombreux hymnes, tous chantés en norvégien, soutenus de refrains superbes, persistants dans tout notre être, sorte de frissons intemporels qui ne nous quitteront plus vraiment. Le contraste est saisissant avec cette musique pourtant si atypique et peu conventionnelle, pour ne pas dire peu accessible. La couleur musicale, quant a elle, si caractéristique, étant accentuée par les instruments folkloriques fort présents sur ce A Piece For Mind And Mirror. Les tempos sont presque toujours lents (sauf le mid tempo "Makta Og Vanæra (I All Tid)"), tous terriblement chargés en émotions diverses, histoires et conquêtes en tous genres (les magnifiques "Kvervandi" et "Vitkispá"). Court mais bougrement intense, "Ull Kjem", sur fond d'accords sombres et profondément envoûtants, sert d'habile entremetteur avec le titre éponyme "Skuggsjá", au début incroyable, presque fait de silence, puis arrive cet inhabituel instrument norvégien... un autre monde s'ouvre à nous, celui de l'irréel, de l'indéfinissable, un moment magique pour un refrain d'un autre temps. Comme signifié précédemment, le seul moment plus rapide (bien que mid tempo) arrive, montant crescendo, le très Enslavien "Makta Og Vanæra (I All Tid)", accompagné d'un biniou et d'un refrain mortel fait de chœurs et de dialogues ténébreux. Evidemment, ces hymnes sont monnaie courante sur cet album, et "Tore Hund" en est l'un des plus marquants sans doute. Mais je pense que les plus grandes réussites de ce premier album sont parmi les morceaux les plus ambiancés tels que "Kvervandi", colossal, où la voix d'Einar Selvik se veut des plus poignante et tripante, exceptionnelle tout simplement. Mais il est encore plus époustouflant sur "Vitkispá" où il pourra évoquer un chef indien proférant ses incantations magiques. Ensorcelant ! Il ne faudrait aucunement oublier les deux perles que sont le mystique "Rop Frå Røynda – Mælt Frå Minne" et "Bøn Om Ending – Bøn Om Byrjing" avec cette superbe guitare acoustique, hypnotique et répétitive, qui ne peut nous faire décrocher. Je ne peux m'empêcher de penser à A PERFECT CIRCLE à l'écoute de ce titre dont l'ambiance se veut si proche du groupe américain. Ce merveilleux périple se termine par le court et beau "Ull Gjekk", un minimaliste duo vocal entre Einar Selvik et Lindy-Fay Hella. On ne ressort pas indemne d'un tel album, on est bouleversé, et une chose nous obsède : ré-appuyer encore et encore sur la touche Play... Indéfinissable et Fantastique !
ANVIL - Anvil Is Anvil SPV/Steamhammer Style : Heavy Metal Origine : Canada Sortie : 2016 Site Web : www.anvilmetal.com
01. Daggers and Rum / 02. Up, Down, Sideways / 03. Gun Control / 04. Die For A Lie / 05. Runaway Train / 06. Zombie Apocalypse / 07. Its Your Move / 08. Ambushed / 09. Fire On The Highway / 10. Run Like Hell / 11. Forgive Don't Forget / 12. Never Going To Stop (Bonus track Digipack version)
Avec une longévité qui avoisine maintenant les 40 ans, ANVIL n'a plus grand chose à prouver. Vénérés par beaucoup (Lars Ulrich, Scott Ian, Slash...), jugés désuets par d'autres, nos Canadiens n'ont jamais obtenu le reconnaissance qu'ils méritaient, ce n'est pourtant pas la faute à de très bons albums (Hard 'n' Heavy, Metal On Metal, Forged In Fire, This Is Thirteen, Juggernaut Of Justice...), et malgré les galères qui ont émaillées la carrière du combo, le duo Lips / Robb Reiner n'a jamais lâché l'affaire, continuant coute que coute durant toutes ces années à faire vivre sa passion sans bornes pour le Heavy Metal. ANVIL nous revient aujourd'hui avec son seizième album, le bien nommé Anvil Is Anvil, véritable profession de foi d'un groupe dont la sincérité et l'authenticité ne sont plus à prouver. Ne vous attendez pas à de gros chambardements de la part de la formation de Toronto, ANVIL applique la recette qui est la sienne avec énergie et savoir-faire, alternant comme à son habitude titres rapides ("Up, Down, Sideways", "Runaway Train", "Fire On The Highway"), mid tempi Heavy ("Gun Control", "Zombie Apocalypse") et morceaux à la saveur Rock'n'Roll prononcée ("Its Your Move", "Never Going To Stop"). Varié sans jamais dévier de son chemin initial, ce Anvil Is Anvil se révèle être un très bon album de la bande à Lips, peut-être même le meilleur depuis This Is Thirteen (2007), nous démontrant que, même après tant d'années, ANVIL a encore et toujours cette petite flamme qui l'habite ! ANVIL est et reste ANVIL, et visiblement ce n'est pas prêt de changer !!!
WAR INSIDE – S.U.T.U.R.E Finisterian Dead End Style : Blackened Death Metal Origine : France Sortie : 2016 Site Web : www.warinside.bandcamp.com
01. Demiurge / 02. The Milgram Whore / 03. Body Bones / 04. Name Us Defective / 05. Penance / 06. Cold As Dead / 07. Maggots On Candies / 08. Connivance / 09. Rictus
Lorsqu'en 2014, REGARDE LES HOMMES TOMBER choisit un certain Thomas comme nouveau chanteur, le concert auquel j'avais assisté à l'époque m'avait laissé une très bonne impression sur les capacités du bonhomme. Aujourd'hui, WAR INSIDE, groupe dans lequel il officie depuis les débuts en 2011 avec un premier album en 2014, Welcoming The Crow, publié en autoproduction, revient avec S.U.T.U.R.E. , deuxième album de ces Nantais oeuvrant dans un Black/Death Metal où quelques vocaux Deathcore peuvent se faire entendre ("Demiurge") de façon très disparate. Pour le reste, l'album nous assène un Black Metal, surtout dans la voix de Thomas, même si, musicalement, difficile d'affilier un "The Milgram Whore" à une autre scène. Pourtant, WAR INSIDE risque de diviser car il y a un côté moderne dans sa musique, les amateurs de Black/Death Metal old-school à la ABOMINATOR ou ACHERON peuvent passer leur chemin, l'ambiance n'est pas vraiment malsaine et c'est un petit peu la limite de ce deuxième opus, on sent bien que le groupe a mis ses tripes dans cette production (ndlr phrase à prendre dans son sens imagé, sinon il est certain que cette sortie aurait de la gueule!), c'est brutal, certes, mais surtout pour le public non initié à ce style barbare, un "Body Bones" se fait presque mélodique avec ce lead de guitare dominant, il manque clairement une personnalité, une patte à ce groupe qui, pourtant, fait très bien le boulot dans le style et, au vue des sorties dans le style, WAR INSIDE est tout à fait dans les clous, trop peut-être. Trop mélodique pour certains avec ce relent de Melodic Death Metal sur "Name Us Defective" (du DARK TRANQUILLITY dans l'intention) ou "Body Bones", trop moderne pour d'autres avec ces passages Modern Death Metal ("The Milgram Whore", "Demiurge") ou trop Black pour d'autres à l'image du début de "The Milgram Whore", les Nantais donnent l'impression d'être encore en recherche d'identité et tatonnent un peu aux alentours. Un album varié, serait-on tenté de dire, mais là le problème de la cohésion se pose, tout comme celui de la personnalité qui reste à affirmer. Toutefois, pour avoir vu ce que Thomas était capable de dégager sur scène avec REGARDE LES HOMMES TOMBER, la qualité technique des zicos qui composent ce groupe, il faudrait juste un peu de libération de leur part pour que quelque chose de vraiment intéressant naisse en Loire Atlantique. Niveau production, rien à redire, l'équilibre entre guitares, batterie, chant et même basse est intéressant et dynamique, de même que l'artwork, pas réellement de surprise de ce côté-là, juste la bonne impression que le groupe a apporté l'attention nécessaire à ces aspects sans non plus chercher à sortir des codes établis. Avec tout cela, pas certain que WAR INSIDE réussisse à se tailler la part du lion avec ce deuxième album, mais rien qu'un bout du gâteau Black/Death Metal, ce serait au minimum ce à quoi ils peuvent prétendre car si ce S.U.T.U.R.E. n'est pas le plus personnel des albums entendus, c'est au moins un album bien composé, bien exécuté, bien mis en son, avec de vrais bon moments comme "Cold As Dead" ou "Name Us Defective". Que les amateurs de Black Death Metal à tendance mélodique jettent une oreille attentive sur cet album.
MAGNUM - Sacred Blood "Divine" Lies SPV/Steamhammer Style : Melodic Rock / Hard Rock Origine : Royaume-Uni Sortie : 2016 Site Web : www.magnumonline.co.uk
01. Sacred Blood "Divine" Lies / 02. Crazy Old Mothers / 03. Gypsy Queen / 04. Princess In Rags (The Cult) / 05. Your Dreams Won't Die / 06. Afraid Of The Night / 07. A Forgotten Conversation / 08. Quiet Rhapsody / 09. Twelve Men Wise And Just / 10. Don't Cry Baby
A l'occasion de la sortie de ce nouvel album de MAGNUM, rendons à César ce qui lui appartient. C'est en effet la 19ème oeuvre de Tony Clarkin, puisqu'il compose seul depuis ces nombreuses années. Pas de guitariste-compositeur, pas de MAGNUM ! Bon, attention tout de même, sans la complémentarité de Bob Catley et cette voix indissociable au groupe, pas de magique alchimie non plus. Et puis les claviers de l'excellent Mark Stanway sont également très importants à cette recette qui font de MAGNUM un exceptionnel, mais sous-estimé, représentant du Rock Hard/FM/Mélodique selon les appréciations de chacun. Allez, pour être complet, n'omettons pas le précieux et sympathique Al Barrow, et le batteur à la frappe lourde, Harry James, officiant également dans THUNDER.
Sacred Blood "Divine" Lies s'inscrit directement parmi les classiques de la pourtant déjà riche discographie du groupe, poursuivant ainsi cette série assez incroyable de qualité. Bien sûr, nous n'atteignons certainement pas la quasi-perfection des sorties de la période d'avant les années 90, mais franchement au bout de ce temps qui est passé, l'album contient suffisamment de moments mémorables pour obtenir une très belle note. A commencer par le morceau-titre, qui, s'il n'a l'air de rien comme ça, risque de faire un malheur sur scène. Tout y est, le riff, le refrain, le solo... un futur classique. Notons qu'étonnamment, on ne débute pas par une intro des claviers... Il y a aussi le dynamique "Princess In Rags (The Cult)" avec un solo scintillant de fraîcheur, d'ailleurs, dans l'ensemble, il y a peut-être une homogénéité supplémentaire par rapport au précédent. "A Forgotten Conversation" et sa lente intro laisse la place à un refrain puis à des choeurs qui ne vous lâcheront plus au bout de plusieurs écoutes. Impossible enfin de ne pas mentionner "Twelve Men Wise And Just", ce qui est sans doute la pièce maîtresse de l'album (mais c'est un avis personnel, à voir pour les réactions des autres fans)... son intro qui démarre doucement mais riche en émotion au piano, puis une structure assez inattendue vers un départ plus rapide laissant un superbe refrain apparaître avec cette rythmique de guitare en cavalcade. Et puis le clou du morceau, ces choeurs inhabituels et étonnants mais absolument réussis. Voilà pour les points forts, mais aucun titre n'est à zapper, même si, au bout de trop peu d'écoutes, on peut éprouver une petite lassitude à partir de la deuxième moitié, ce qui constitue une grave erreur puisque certains trésors y sont cachés et se révèlent au fil du temps. A voir après un peu de recul si des titres comme "Afraid Of The Night" (un peu plus convenu), "Crazy Old Mothers" (un brin répétitive sur le refrain), ou encore (les presque faciles) "Gypsy Queen" ou "A Quiet Rhapsody" passeront cette épreuve du temps. Pour les deux ballades, la première "You Dreams Won't Die" laisse finalement sa petite empreinte malgré un premier abord assez anodin, et ce en partie grâce au refrain assez "pépère" mais qui reste bien graver en mémoire. La seconde, "Don't Cry Baby", plus moderne dans les sons, s'avère assez plaisante, mais laisse un final plutôt nostalgique en guise de conclusion à cet album, pourtant, par ailleurs, non dénué d'enthousiasme. Sacred Blood "Divine" Lies est donc, à nouveau, un bon opus de MAGNUM, pas de mauvaise surprise, on ne peut que se prosterner devant tant de classe, en attendant de les revoir lors de leur prochaine tournée.
MYRATH - Legacy Verycords Style : Oriental Progressive Metal Origine : Tunisie Sortie : 2016 Site Web : www.myrath.com
01. Jasmin / 02. Believer / 03. Get Your Freedom Back / 04. Nobody's Lives / 05. The Needle / 06. Through Your Eyes / 07. The Unburnt / 08. I Want To Die / 09. Duat / 10. Endure The Silence / 11. Storm Of Lies
MYRATH continue son ascension vers les sommets, et ce n'est pas ce Legacy qui nous fera dire le contraire ! Cinq ans après le déjà très bon Tales Of The Sands, les Tunisiens font leur retour avec un véritable petit bijou, une pièce d'orfèvrerie qui transcende littéralement le style du groupe. Ce nouvel album voit MYRATH s'affranchir de ses principales influences (SYMPHONY X, DREAM THEATER, ADAGIO) et proposer des titres immédiats à la personnalité bien plus affirmée. Legacy est un album relativement accessible, bourré de morceaux terriblement accrocheurs qui, après une ou deux écoutes, ne vous quitteront plus ("Believer", "Through Your Eyes"). Comme à leur habitude, nos Tunisiens mélangent très habilement éléments progressifs, technicité, orchestrations symphoniques et ambiances orientales pour un rendu absolument magnifique, et si MYRATH flirte désormais assez souvent avec un côté Pop apportant une certaine fraicheur à l'ensemble, il n'en délaisse pas pour autant l'aspect Metal toujours bien présent ("The Needle" aux guitares proches de SYMPHONY X, "Get Your Freedom Back"), offrant à ce Legacy un équilibre parfait entre chacune des composantes qui font l'identité MYRATH ("Duat" en est un bel exemple). Et que dire de l'impressionnant Zaher Zorgati, techniquement irréprochable tout au long de l'album, démontrant toute l'étendue de son immense talent vocal, transmettant de nombreuses émotions à travers un chant versatile et chaleureux ("Nobody's Lives", "I Want To Die", "Duat", "Storm Of Lies"). Absolument somptueux, ce quatrième album, d'une richesse inouïe, ne souffre d'aucune approximation, d'aucune faiblesse, tout ici a été peaufiné dans les moindres détails : refrains catchy, choeurs emphatiques, arrangements soignés, atmosphères et mélodies enchanteresses délicieusement addictives, MYRATH nous convie, avec ce Legacy, à un véritable voyage au coeur de la Tunisie ("Believer", "Nobody's Lives"). Dépaysant tout autant que magnifique ! MYRATH fait preuve ici d'une évolution relativement marquante, nous revenant avec son album le plus mature et le plus abouti à ce jour, surpassant ainsi tous ses travaux antérieurs, une vraie réussite, presque une oeuvre d'art, appelée incontestablement à faire date dans la carrière des franco-tunisiens.
Chronique : Nono666
MYRATH avait signé avec son précédent opus, Tales Of The Sands, une œuvre riche, forte et chaleureuse des plus dépaysante, permettant au groupe de s'imposer en tête de file d'un Prog Metal oriental, original et de toute beauté, aux côtés des ORPHANED LAND et autres ARKAN. En ce premier trimestre 2016, MYRATH sort enfin son très attendu nouvel effort, Legacy, nous entrainant dans un nouveau voyage sous le soleil de Tunisie. Toutefois, au premier abord, on est un peu déçu de constater que l'aspect Prog Metal de MYRATH soit relégué au second plan, au profit d'une Pop Metal certes belle mais un peu mièvre et trop souvent dépourvue de la moindre étincelle, le seul à tirer véritablement son épingle du jeu (avec peut-être les claviers) étant le charismatique chanteur Zaher Zorgatti, livrant une prestation vocale pleine de chaleur, de précision et de variations ("Storm Of Lies" effleure parfois le spectre vocal de Matthew BELLAMY), nous envoutant à de nombreuses reprises. "Nobody's Lives" et "Duat" en étant la plus parfaite illustration. "Nobody's Lives" où Zaher Zorgatti utilise sa langue maternelle, avec un superbe refrain en langue arabe, magnifique d'émotion, un titre enivrant à l'atmosphère pénétrante, une grande performance vocale au service d'une chanson absolument somptueuse. Notre chanteur montre encore toute l'étendue de son talent vocal dès l'intro de "Duat", autre beau moment de ce Legacy, avec des claviers surprenants et spatiaux. Evidèmment, cet album n'est pas foncièrement mauvais, loin de là, mais il n'a rien non plus de vraiment transcendant à la première écoute ! Quelques autres moments sont aussi à garder en mémoire : "Endure The Silence" par exemple, un titre admirable, sans l'ombre d'un doute, avec un début des plus exquis, dans un style comédie musicale, avec ses très belles lignes de piano, très accrocheur et presque dansant. On peut également citer, le duo gagnant qui introduit ce Legacy, "Jasmin", somptueuse intro, la parfaite bande son d'un Lawrence d'Arabie, intronisant un "Believer" terriblement puissant et accrocheur. Le plus tendu "Get Your Freedom Back" se distingue lui aussi, avec sa voix rageuse, son très beau refrain, et surtout un surprenant passage jazzy tout bonnement jouissif. Orchestrations martiales en introduction, riffing puissant à la SYMPHONY X pour "The Needle", seul titre franchement Metal se rapprochant plus des précédents albums. Alors, vous l'aurez sans doute compris, Legacy demandera quelques écoutes répétées pour totalement se dévoiler, toutefois aidé par des compos assez accrocheuses et qui restent bien en tête. Et si MYRATH ne fait pas de miracles avec ce Legacy qui emprunte, comme évoqué plus haut, une voie plus Pop que foncièrement Metal, il en reste pas moins un album tout à fait honorable et digne d'un groupe du calibre de nos Tunisiens.
MARS RED SKY - Apex III - Praise For The Burning Soul Listenable Records Style : Ethereal Stoner Rock Origine : France Sortie : 2016 Site Web : www.facebook.com/marsredskyband
01. (Alien Grounds) / Apex III / 02. The Whinery / 03. Mindreader / 04. Under The Hood / 05. Friendly Fire / 06. Prodigal Sun / 07. Shot In Providence (Bonus track)
Troisième format long pour un MARS RED SKY qu’on ne présente plus, Apex III… est une nouvelle étape dans l’affirmation de la personnalité du trio. Oui, c’est un cliché, mais difficile de faire plus juste ! Tout est simplement « un cran au-dessus ». Le groupe suit sa propre recette, faite de mélodies envoutantes, parfois étranges, tantôt oniriques, tantôt vénéneuses. Une ballade dans un jardin magnifique au cours de laquelle on se ferait une vilaine piqûre en touchant par mégarde l’épine d’un rosier ! Bien sûr, ce Stoner Rock éthéré commence à nous être familier, un effet notamment dû au chant délicat et aérien, très caractéristique, de Julien Pras. Mais comment nous en plaindre tant la recette semble aujourd’hui arrivée à maturité ? L’alternance entre les climats est finement équilibrée, l’utilisation de passages doomy toujours à propos, etc. Dans une autre dimension qui aurait vu BLACK SABBATH précéder les BEATLES et influencer ces derniers, MARS RED SKY serait l’enfant bâtard issu d’une telle union. Alors oui, il y a un « mais » et il est ma foi plutôt simple : MARS RED SKY ne peut laisser indifférent, on adore ou on déteste. Et même parmi les « convertis », certains regretteront peut-être l’évolution très ténue sur le plan stylistique. Mais il y a fort à parier que plus nombreux encore seront ceux qui trouvent que nous tenons là le meilleur album du groupe à ce jour, ou en tout cas le plus accrocheur. Encore une fois, le trio se lance dans une longue série de concerts (qui le conduira notamment aux USA !). Si vous voulez vous faire votre propre avis, c’est l’occasion !
ENTOMBED A.D - Dead Dawn Century Media Records Style : Death Metal Origine : Suède Sortie : 2016 Site Web : www.facebook.com/EntombedAD
01. Midas In Reverse / 02. Dead Dawn / 03. Down To Mars To Ride / 04. As The World Fell / 05. Total Death / 06. The Winner Has Lost / 07. Silent Assassin / 08. Hubris Fall / 09. Black Survival / 10. Not What It Seems
Deuxième album après des problèmes judiciaires qui auront eu pour conséquence de faire apparaître « A.D » à la fin du nom d'ENTOMBED. Dead Dawn compte bien poursuivre la route empruntée par Back To The Front ; la coutume ne veut généralement pas qu'un groupe révolutionne son style après 30 ans de carrière. Alors si vous n'appréciiez que très peu les grognements caverneux de L-G Petrov, les guitares saturées à la suédoise, les ambiances sales d'ENTOMBED ou le feeling Death'n'Roll du groupe, il y a peu de chance que cet album soit votre sortie de l'année ; mais il n'a pas cette prétention. En effet, Dead Dawn est, à mon sens, un bon album d'ENTOMBED, avec ses défauts et ses atouts; rien de plus. Pas leur meilleur, pas un chef-d'œuvre, ni la claque du siècle, juste un moment agréable de Death boueux et gras. Un enchevêtrement de riffs simples mais inspirés, de blast beats fougueux, d'ambiances malsaines et lourdes (plus mises en avant que par le passé, au passage), d'une touche Sludgy assurée, accompagnée d'une once de Rock et de quelques solos, et le tout avec « efficacité » pour mot d'ordre. A retenir, donc : un album plutôt varié (tantôt Doom/Sludge sur "As The World Fell", tantôt Death sur "Total Death" (sans mauvais jeu de mot, probablement mon morceau favori de l'album, doté d'un très bon solo, Rock à souhait, et débordant d'énergie), tantôt mélancolique et intense comme sur "Hubris Fall", morceau beaucoup plus pesant, tantôt plus calme sur certaines introductions ("Hubris Fall", "Down To Mars To Ride"), avec, comme dit précédemment, des atmosphères plus accentuées et travaillées, là où son prédécesseur était plus primaire et instinctif. On regrette toutefois une poignée de passages ou de mélodies inutiles, fades, ou tout simplement ennuyantes, un peu triste pour un groupe de cet acabit. Rajoutez à cela que l'album est vaguement lassant à la longue, et vous obtenez les principaux défauts de ce Dead Dawn. Au final, ENTOMBED A.D fait partie de ces groupes qui n'arrivent pas à nous emporter dans leur univers aussi bien qu'avec leurs premiers albums ; et si cet album plaira aux fans peut être un peu plus qu'il ne m'a plu, je ne pense pas personnellement y revenir régulièrement, comme ça peut être le cas avec Left Hand Path par exemple, même si l'écoute fut sympathique. Les amateurs de Death Old School y trouveront sans doute leur compte.
ROTTING CHRIST - Rituals Season Of Mist Style : Dark Metal Origine : Grèce Sortie : 2016 Site Web : www.rotting-christ.com
01. In Nomine Dei Nostri / 02. זה נגמר (Ze Nigmar) / 03. Ἐλθὲ Κύριε (Elthe Kyrie) / 04. Les Litanies de Satan (Les Fleurs du Mal) / 05. Ἄπαγε Σατανά (Apage Satana) / 06. Του Θάνατου (Tou Thanatou) / 07. For A Voice Like Thunder / 08. Konx Om Pax / 09. देवदेवं (Devadevam) / 10. The Four Horsemen
Avec l'exceptionnel Kata Ton Daimona Eaytoy sorti en 2013, les Grecs de ROTTING CHRIST ont placé la barre relativement haute, un niveau que l'on pensait bien difficile à surpasser, voire au moins à égaler, mais c'était sans compter sur le savoir-faire de la formation Hellène en matière de musique sombre et majestueuse. Près de trente ans après ses débuts, ROTTING CHRIST nous revient donc avec sa douzième offrande et, une nouvelle fois, on côtoie le grandiose. Rituals perpétue la folie occulte, le mysticisme absolu et l'originalité démentielle de son prédécesseur. "In Nomine Dei Nostri" commence en fanfare, avec une grande autorité, puissance et gloire, un riff dantesque, carré, pour un morceau au rythme effréné, soutenu par les vocaux fous furieux de Magus (NECROMANTIA). Le refrain est magnifique, scandé avec majesté, et malgré la brutalité ambiante, la mélodie n'est jamais oubliée, superbe, avec, notamment, un chorus de guitare exceptionnel. Le tempo s'apaise quelque peu avec le lourd et imposant "Ze Nigmar" aux vocaux très graves et aux choeurs vertigineux, sur une musique aux sonorités quelque peu arabisantes. Le lourd et lent côtoie l'effréné sur cet incroyable Rituals ! Et ce n'est pas "Elthe Kyrie", totalement incroyable, qui affirmera le contraire, l'actrice Danai Katasmeni (National Hellenic Theater) hurle et semble complètement en trance, possédée par son discours et ses vocaux, Sakis prend ensuite le relais avec un contraste de voix saisissant, celle-ci affirmée, rauque, mais plus posée, refrain incroyable avec, une nouvelle fois, de sublimes parties de guitare, on termine par une marche triomphante et palpitante où, à nouveau, la frénésie de Danai Katasmeni nous emporte dans un tourment de folie. On enchaîne avec les vers de Baudelaire, "Les Litanies de Satan (Les Fleurs du Mal)" déclamé en français par un Vorph (SAMAEL) complètement démoniaque et habité, accouplé à une musique grandiose, directe et simple, mais d'une beauté tortueuse. Les tambours de ROTTING CHRIST frappent à notre porte avec le géniallissime "Apage Satana", tribal à souhait, emportant tout sur son passage avec des cris aigus des plus jouissifs. Foudroyant ! La musique est sublime, surpuissante et d'une efficacité redoutable, portée par d'incroyables passages atmosphériques. "Konx Om Pax", ultra lourd et sombre, avec une batterie furieuse, des guitares aux mélodies ravageuses et des cris féminins en fond sonore qui arrachent les tripes et le coeur. Et que dire du champ de bataille qu'est "For A Voice Like Thunder", un titre d'une immense richesse, avec un passage atmosphérique et glauque très réussi pouvant évoquer l'univers Rammsteinien, le tout soutenu par une narration signée maitre Nick Holmes (PARADISE LOST). Le génial et rapide "Tou Thanatou" n'est pas en reste, doté d'un refrain énorme, accompagné d'un surprenant biniou et d'un merveilleux solo de guitare, véritable hymne lourd et hypnotique. Un autre titre utilise également un instrument peu conventionnel, "Devadevam", au tempo lent et hypnotique, avec son sitar discret aux couleurs ethniques tibétaines, chanté par un Kathir (RUDRA) chuchotant parfois tel un serpent rampant avant d'avaler sa proie. Le groove mystique du lancinant et pénétrant "The Four Horsemen" vient parachever cette oeuvre d'une beauté infernale. Avec Rituals, ROTTING CHRIST nous livre un album incontournable, une oeuvre dantesque, artistiquement phénoménale, qui devrait faire date dans la carrière des Grecs ! Un pur Chef-d-oeuvre !
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