LAST IN LINE - Heavy Crown
LAST IN LINE - Heavy Crown
Frontiers Records
Style : Hard Rock
Origine : Etats-Unis
Sortie : 2016
Site Web : www.lastinlineofficial.com
01. Devil In Me / 02. Martyr / 03. Starmaker / 04. Burn This House Down / 05. I Am Revolution / 06. Blame It On Me / 07. In Flames (Deluxe Edition Bonus Track) / 08. Already Dead / 09. Curse The Day / 10. Orange Glow / 11. Heavy Crown / 12. The Sickness
Ce nouveau projet nommé LAST IN LINE s'articule autour des anciens membres de DIO que sont Vinny Appice (batterie), Jimmy Bain (basse) et Vivian Campbell (guitare), actuel DEF LEPPARD, interprètes brillantissimes et co-compositeurs notamment des trois premiers albums et perles du lutin magique, Holy Diver (1983), The Last In Line (1984) et Sacred Heart (1986), tous désormais entrés au Panthéon du Metal pour l'éternité ! Né suite à des jams studio à Los Angeles en 2011, le groupe prend forme années après années jusqu'à devenir un sérieux travail structuré, aboutissant en ce début 2015 à ce premier album, Heavy Crown. Le groupe intégrera Andrew Freeman, superbe chanteur à l'organe vocal puissant et chaud. Vous l'aurez compris, le nom du groupe fait bien évidemment référence à l'extraordinaire deuxième album de DIO, un hommage à ce merveilleux chanteur dont la légende n'est plus à faire. Mais que nous réserve ce Heavy Crown ? A première vue, les musiciens sont toujours aussi exceptionnels, pétris de talent, la section rythmique est omniprésente, la gratte de Vivian Campbelll, somptueuse, technique, chaloupée, et Freeman chante excessivement bien. Notons également la production impeccable de Jeff Pilson (ex-DOKKEN et DIO) soignée, puissante et mettant parfaitement en relief la qualité et l'interprétation musicale de ces quatre vétérans (enfin, au moins trois !). Mais malgré toutes ces qualités pré-citées, hélas LAST IN LINE n'arrive pas vraiment à faire décoller ses compos, à l'exception de quelques moments et de quelques morceaux. Est-ce suffisant ? Bien sûr que non!!! Et pourtant l'introduction "Devil's Me", sa superbe rythmique, son refrain entêtant, servi par un solo tout bonnement époustouflant, donnait matière à la réjouissance. Mais la suite est toute autre, et à part une technique de premier ordre, la magie n'opère pas (ou trop peu !). Le superbe "Starmaker" nous redonne un large sourire, avec un Vivian Campbell toujours aussi inspiré. Un riff introductif qui tue, un solo ébouriffant, ça groove terriblement avec une basse qui claque, il s'opère quelque chose avec ce très bon titre. Malheureusement l'émotion est trop souvent absente, seul "Curse" et sa somptueuse ligne de basse nous fait frémir, Andrew Freeman chante encore une fois divinement bien, et le solo est des plus poignant. On pourra également noter les deux très belles prestations du chanteur sur "Orange Glown" aux belles nuances vocales, et le morceau-titre, "Heavy Crown". A part ça, pas grand chose de transcendant, certes des choses intéressantes disséminées ici ou là, mais pas de quoi en faire des flèches musicales. "Already Dead" aux accents DIO (riff proche de "Night People"), avec un solo ravageur, peut sortir du lot. Heureusement, une vraie perle semble apparaitre, sans doute le meilleur titre de l'album, "Blame It On Me" effleure le spectre de LED ZEPPELIN, batterie lourde et puissante en ouverture, le chant, quant à lui, semble proche d'un David Coverdale (WHITESNAKE). Magnifique ! Et puis c est tout ! "I Am Revolution" caractérise bien les dires du dessus : une basse qui claque, un solo titanesque, mais pas de refrain accrocheur (un des gros manques de cet opus). N'ayons pas peur des mots, Heavy Crown est une déception, n'atteignant en rien l'aura mystique et magique de l'illustre groupe dont sont issus nos protagonistes. Certes, comme dit précédemment, le talent musical est ici fort présent, mais il ne sert et ne sauve pas les chansons, pour la plupart sans âme. Cependant j'aimerai, pour finir, saluer la mémoire de ce grand bassiste qu'était Jimmy Bain, et rappeler à tous que Ronnie James Dio est irremplaçable !
Chronique : Papa Bordg
Après la découverte d'un RESURRECTION KINGS assez plaisant dans un registre Hard mélodique, voici donc l'autre réunion d'ex-DIO, avec un style foncièrement plus Heavy. Dans les deux cas, on peut féliciter les deux formations pour ne pas avoir simplement fait une redite de la carrière du très regretté chanteur. Et même si le genre s'en rapproche plus avec LAST IN LINE, il y a une véritable identité. Néanmoins, que cet album est frustrant dans le sens où il y a un fort potentiel et une cohésion entre les musiciens, mais quel dommage que les compositions soient parfois aussi inégales. De plus, la frustration est encore plus grande lorsqu'on termine avec les quatre meilleurs titres, "The Sickness" en étant sûrement le point culminant. Bon, ça laisse aussi une grande espérance dans la perspective d'une continuité qui est, hélas pour le moment, incertaine. Rendons hommage d'ailleurs au passage à l'occasion du décès récent du bassiste de légende Jimmy Bain, qui a fait partie des heures glorieuses de RAINBOW et DIO. Au niveau des satisfactions, rajoutons une excellente production signée Jeff Pilson, le retour à des solos incisifs de Vivian Campbell (quel gâchis cette place dans DEF LEPPARD, enfin financièrement c'est autre chose, c'est sûr). Et enfin, comme pour Chas West dans RESURRECTION KINGS, la découverte, pour beaucoup, d'un excellent chanteur en la personne d'Andrew Freeman. Pour en revenir aux compositions, l'ouvrant "Devil In Me" se révèle finalement, au bout de plusieurs écoutes, être un bon titre par rapport au sentiment mitigé de la découverte en avant-première. D'ailleurs, l'album en entier est moins accessible que celui de RESURRECTION KINGS. Cela n'empêche, malgré tout, qu'après "Martyr" et "Starmaker", et à partir de "Burn The House Down, d'y trouver comme un ventre mou, les titres étant plus dispensables sans être mauvais non plus. Mais à partir de "Curse The Day" et son ambiance particulière, tout redevient plus intéressant, la voix plus posée du chanteur le plaçant encore plus avantageusement. "Orange Glow" vaut surtout pour sa rythmique infernale qui ne vous lâche plus, "Heavy Crown", très nuancé sur les couplets, laisse apparaître un refrain plus énergique et très réussi, et enfin "The Sickness" se révèle être un morceau comme on aimerait en entendre plus souvent dans le registre mélodique... la grande surprise de l'album ! Au final, on loupe de peu le 8... et même si tout n'y est pas parfait, ce Heavy Crown mérite amplement une attention de la part de tous les amateurs du genre. Et on croise les doigts pour une suite, qui plus est, rendrait honneur à Jimmy Bain.
Chronique : Renegade88
