SKUGGSJÁ - A Piece For Mind And Mirror
SKUGGSJÁ - A Piece For Mind And Mirror
Season Of Mist
Style : Dark Pagan Black
Origine : Norvège
Sortie : 2016
Site Web : www.skuggsja.no
01. Ull Kjem / 02. Skuggsjá / 03. Makta Og Vanæra (I All Tid) / 04. Tore Hund / 05. Rop Frå Røynda – Mælt Frå Minne / 06. Skuggeslåtten / 07. Kvervandi / 08. Vitkispá / 09. Bøn Om Ending – Bøn Om Byrjing / 10. Ull Gjekk
SKUGGSJÁ est un tout nouveau projet norvégien composé d'Ivar Bjornson, un des leaders du mythique groupe ENSLAVED, et d'Einar Selvik, chanteur de WARDRUNA. Le premier étant crédité de tous les instruments sauf la batterie, tenue ici par Cato Bekkevold (ENSLAVED), et le second du chant et des instruments folkloriques. A Piece For Mind And Mirror a été composé et pensé par nos deux protagonistes à l'occasion du bicentenaire de la constitution norvégienne en 2014. Notons également la contribution de Grutle Kjellson (chant - ENSLAVED) et de la chanteuse Lindy-Fay Hella (WARDRUNA - chant). SKUGGSJÁ empruntant un peu des deux mondes musicaux de ces groupes, alternant parfois une musique cérébrale, envoutante, folk et ambiante, mais aussi progressive, composée d'hymnes épiques. Le tout mettant en exergue l'amour et l'histoire du folklore norvégien. L'œuvre se compose de 10 pièces musicales, dont un instrumental, "Skuggeslåtten". Le voyage s'avère tout bonnement indéfinissable, fantastique et hypnotique, ne ressemblant à aucun autre, aussi beau puisse-t-il être. Mais si toutefois nous devions faire un parallèle, ce serait, de par sa sensibilité d'âme assez similaire, avec le monumental Kveldssanger d'ULVER. En plus d'une musique profonde et d'une richesse inouïe, on retrouve de nombreux hymnes, tous chantés en norvégien, soutenus de refrains superbes, persistants dans tout notre être, sorte de frissons intemporels qui ne nous quitteront plus vraiment. Le contraste est saisissant avec cette musique pourtant si atypique et peu conventionnelle, pour ne pas dire peu accessible. La couleur musicale, quant a elle, si caractéristique, étant accentuée par les instruments folkloriques fort présents sur ce A Piece For Mind And Mirror. Les tempos sont presque toujours lents (sauf le mid tempo "Makta Og Vanæra (I All Tid)"), tous terriblement chargés en émotions diverses, histoires et conquêtes en tous genres (les magnifiques "Kvervandi" et "Vitkispá"). Court mais bougrement intense, "Ull Kjem", sur fond d'accords sombres et profondément envoûtants, sert d'habile entremetteur avec le titre éponyme "Skuggsjá", au début incroyable, presque fait de silence, puis arrive cet inhabituel instrument norvégien... un autre monde s'ouvre à nous, celui de l'irréel, de l'indéfinissable, un moment magique pour un refrain d'un autre temps. Comme signifié précédemment, le seul moment plus rapide (bien que mid tempo) arrive, montant crescendo, le très Enslavien "Makta Og Vanæra (I All Tid)", accompagné d'un biniou et d'un refrain mortel fait de chœurs et de dialogues ténébreux. Evidemment, ces hymnes sont monnaie courante sur cet album, et "Tore Hund" en est l'un des plus marquants sans doute. Mais je pense que les plus grandes réussites de ce premier album sont parmi les morceaux les plus ambiancés tels que "Kvervandi", colossal, où la voix d'Einar Selvik se veut des plus poignante et tripante, exceptionnelle tout simplement. Mais il est encore plus époustouflant sur "Vitkispá" où il pourra évoquer un chef indien proférant ses incantations magiques. Ensorcelant ! Il ne faudrait aucunement oublier les deux perles que sont le mystique "Rop Frå Røynda – Mælt Frå Minne" et "Bøn Om Ending – Bøn Om Byrjing" avec cette superbe guitare acoustique, hypnotique et répétitive, qui ne peut nous faire décrocher. Je ne peux m'empêcher de penser à A PERFECT CIRCLE à l'écoute de ce titre dont l'ambiance se veut si proche du groupe américain. Ce merveilleux périple se termine par le court et beau "Ull Gjekk", un minimaliste duo vocal entre Einar Selvik et Lindy-Fay Hella. On ne ressort pas indemne d'un tel album, on est bouleversé, et une chose nous obsède : ré-appuyer encore et encore sur la touche Play... Indéfinissable et Fantastique !
Chronique : Papa Bordg
