STEVEN WILSON - 4½ Kscope Records
Style : Progressive Rock
Origine : Royaume-Uni
Sortie : 2016
Site Web : www.stevenwilsonhq.com
01. My Book Of Regrets / 02. Year Of The Plague / 03. Happiness III / 04. Sunday Rain Sets In / 05. Vermillioncore / 06. Don't Hate Me
Le prolifique STEVEN WILSON nous revient seulement 10 mois après le formidable et très émouvant Hand. Cannot. Erase.. Ce 4½ n'est pas un véritable opus du génial binoclard anglais mais plutôt un mini-album de 37 minutes, issu des chûtes studio des deux derniers efforts, le déjà nommé Hand. Cannot. Erase. (2015) et l'énorme The Raven That Refused To Sing (And Other Stories) (2013). Sur les six titres proposés, trois sont instrumentaux : le court et mélancolique "Year Of The Plague", très beau, et faisant penser à une jolie berceuse pour enfant, le mystérieux et angoissant "Sunday Rain Sets In", avec ses arpèges noirs, créant une magnifique ambiance des plus lugubre. L'orchestration est magnifique, comme une bande son de film fantastique. Et pour finir le groovant (beau duo basse/batterie) et déjanté "Vermillioncore". Beaucoup de couleurs musicales dans tout ça (Ambient, Pop, approche jazzy...), et un groupe des plus talentueux pour les mettre en place et les faire résonner avec grâce. Steven WILSON pose également son beau phrasé vocal sur le long Pop/Rock progressif "My Book Of Regrets" au riff très accrocheur. Cependant, la pièce maitresse de ce 4½ semble se trouver à la fin avec la sublime reprise du "Don't Hate Me" de PORCUPINE TREE où Wilson est, une nouvelle fois, accompagné avec élégance et grand talent de Ninet Tayeb, déjà présente sur Hand. Cannot. Erase.. L'accompagenement musical est sublime (les parties guitare de Guthrie Govan) où apparaît même une éblouissante partition de saxophone, la basse de Nick Beggs est, quant à elle, toujours des plus virvoltante. Si au final, ce nouvel opus se veut beau et attachant, il n'est pas forcément indispensable, il s'agit plus là d'une sorte de petit cadeau aux fans dont votre serviteur fait incontestablement partie.
DREAM THEATER - The Astonishing Roadrunner Records
Style : Progressive Metal
Origine : Etats-Unis
Sortie : 2016
Site Web : www.dreamtheater.net
Act I : 01. Descent Of The Nomacs / 02. Dystopian Overture / 03. The Gift Of Music / 04. The Answer / 05. A Better Life / 06. Lord Nafaryus / 07. A Savior In The Square / 08. When Your Time Has Come / 09. Act Of Faythe / 10. Three Days / 11. The Hovering Sojourn / 12. Brother, Can You Hear Me? / 13. A Life Left Behind / 14. Ravenskill / 15. Chosen / 16. A Tempting Offer / 17. Digital Discord / 18. The X Aspect / 19. A New Beginning / 20. The Road To Revolution Act II : 01. 2285 Entr’acte / 02. Moment Of Betrayal / 03. Heaven’s Cove / 04. Begin Again / 05. The Path That Divides / 06. Machine Chatter / 07. The Walking Shadow / 08. My Last Farewell / 09. Losing Faythe / 10. Whispers In The Wind / 11. Hymn Of A Thousand Voices / 12. Our New World / 13. Power Down / 14. Astonishing
DREAM THEATER sort son treizième album studio, The Astonishing, un concept album double narrant l'histoire de huit personnages dans un monde futuriste en 2285, divisé en deux clans, où l'art n'existe plus, remplacé par des machines à bruit nommées Nomacs. Gabriel, le héros principal, redonne espoir aux gens en leur montrant les émotions que la musique peut véhiculer. Constitué de 34 titres pour une durée de plus de 2h15, The Astonishing dévoile malgré tout une musique un peu plus épurée qu'à l'accoutumée, restant néanmoins complexe, grandiose, épique et stupéfiante. Presque trois ans après son album éponyme, certes excellent mais très classique, le groupe, et principalement la paire John Petrucci / Jordan Rudess, principaux artisans et compositeurs de l'œuvre, arrivent à nous surprendre, nous régalant de leur collossal travail où rien n'a été laissé au hasard (intermèdes, bruitages robotiques et électroniques, soprano, chœurs, chorale et orchestre philharmonique). Un vrai film en musique. The Astonishing Act 1 est lancé par "Descent Of The Nomacs", intro spectaculaire plongeant l'auditeur dans une sorte de remake de Terminator, bientôt suivi par "Dystopian Overture", un instrumental court avec un début des plus diabolique et puissant. Les morceaux de ce premier chapitre sont plutôt courts, privilégiant le concept, l'histoire au service de l'émotion plutôt que la surenchère musicale. Qui a dit que DREAM THEATER n'était qu'un groupe technique et sans âme ? Surement pas moi ! D'autres moments sont, malgré tout, plus démonstratifs, sans toutefois chasser les sentiments, toujours au service des mots et de leur impact, à l'image de l'incroyable et swinguant "Three Days" aux relents des années folles, avec cuivres, trompettes et folie maitrisée, ou le subtil "Lord Nafaryus" d'une grande théatralité, tout comme "A Savior In The Square", pièce digne des plus grands péplums. James LaBrie chante divinement bien (le tendre et délicieux "Act Of Faythe") et tire son épingle du jeu avec sensibilité ("The Answer", "Back To Life", "When Your Time Has Come" dont le solo de guitare, sobre, est tout bonnement magique). L'hymne fédérateur "Brother, Can You Hear Me?" nous exorte au combat, à ne pas se résigner, à se battre jusqu'au bout. "The X Aspect" délivre, quant à lui, une bien belle mélodie de cornemuse, très agréable et interloquante. John Petrucci est monstrueux sur "A New Beginning", inventif et technique, au feeling proche d'un David Gilmour. La section rythmique, discrète jusqu'a présent, groove mortellement. Cet Act 1 se termine sur "The Road To Revolution", excellent morceau servant de tremplin pour accéder à l'extase de la deuxième partie. Ce second volet commence, tout comme le premier, par un instrumental ("2285 Entr'acte"). Act 2 se veut plus rapide, technique et axé Progressive Metal comme le démontre le heavy "Moment Of Betrayal" où Mike Mangini se montre particulièrement à son avantage, enchaînant des passages de double sulfureux, ou encore le nerveux et puissant "The Path Divides" doté d'un gros riff et d'un refrain marquant. "Machine Chatter", qui suit avec ses bruitages robotiques, fait penser à R2D2 de Star Wars. LaBrie hurle sa haine sur "The Walking Shadow", morceau court mais foutrement percutant, se terminant par des pas hatifs et un groove rythmique digne d'un certain QUEENSRYCHE. Mais ce deuxième chapitre se veut également plus doux avec ses passages acoustiques nous faisant frissonner ("Losing Faythe", "Begin Again", "Whispers In The Wind"). Les violons et les sonorités Country au début de "Hymn Of The Thousand Voices" surprennent, soutenu par des chœurs absolument divins et jouissifs secondant un James LaBrie impérial. Superbe titre ! Nous terminerons en apothéose par "Astonishing", morceau attachant, signant la fin des débats, l'armistice est déclarée, clôturant de fort belle manière cette oeuvre des plus dantesque, rappellant les plus grands créateurs du genre que sont THE WHO, RUSH, QUEENSRYCHE, et bien sûr l'immense PINK FLOYD. Chef d'œuvre dans tous les sens du terme, DREAM THEATER rentre, avec The Astonishing, au panthéon des œuvres conceptuelles gargantuesques du monde musical.
AVANTASIA - Ghostlights Nuclear Blast
Style : Metal Opera
Origine : Allemagne
Sortie : 2016
Site Web : www.tobiassammet.com
01. Mystery Of A Blood Red Rose / 02. Let The Storm Descend Upon You / 03. The Haunting / 04. Seduction Of Decay / 05. Ghostlights / 06. Draconian Love / 07. Master Of The Pendulum / 08. Isle Of Evermore / 09. Babylon Vampyres / 10. Lucifer / 11. Unchain The Light / 12. A Restless Heart And Obsidian Skies / 13. Wake Up To The Moon
Après le très prenant et magnifique concept qu'était The Mystery Of Time (2013), œuvre qui, avec le temps et les écoutes successives, s'était sérieusement incrusté dans mes conduits auditifs, l'attente quant à ce nouvel effort se faisait donc très présente. En ce début 2015, Tobias Sammet et sa meute sont de retour pour nous narrer la suite du précédent opus. Ghostlights est l'histoire de ce scientifique cartésien, opposé à ses confrères, cherchant à modifier la notion du temps sous fond de vieille Angleterre du 19ème siècle. Treize chapitres mettent en relief la dualité Spiritualité/Science. Outre Tobias Sammet, on retrouve sur ce nouveau volet une foule de guests, tous plus prestigieux les uns que les autres : Geoff Tate (OPERATION: MINDCRIME, ex-QUEENSRŸCHE), Jorn Lande (JORN, ALLEN/LANDE, ex-ARK, ex-BEYOND TWILIGHT, ex-MASTERPLAN), Ronnie Atkins (PRETTY MAIDS, NORDIC UNION), Dee Snider (TWISTED SISTER), Michael Kiske (UNISONIC, ex-HELLOWEEN), Marco Hietala (NIGHTWISH, TAROT), Sharon Den Adel (WITHIN TEMPTATION), Bob Catley (MAGNUM), Robert Mason (WARRANT) et Herbie Langhans (SEVENTH AVENUE, SINBREED).
C'est donc avec une certaine fébrilité que j'insère le CD dans le lecteur tant The Mystery Of Time m'avait plu. Avec "Mystery Of A Blood Red Rose", aucune surprise, on reste dans la continuité musicale du précédent opus. Nous sommes en présence d'un Metal grandiloquent, au refrain beau et facilement mémorisable, servant bien le concept de cet opéra musical. Sammet y chante admirablement bien. L'épique "Let The Storm Descend Upon You" est une longue pièce grandiose où les sensationnels chanteurs que sont Tobias Sammet, Ronnie Atkins, Robert Mason et Jorn Lande se succèdent avec brio et talent. Les leads de guitare y sont tonitruents. "The Hauting", plein d'entrain, avec ses délicieuses notes de piano en guise d'intro, nous fait taper du pied, soutenu de chœurs précieux à peine perceptibles en arrière plan, telle une chorale de gamins fous furieux, un morceau court mais foutrement bon, sur lequel brille un certain Dee Snider ! Geoff Tate, quant à lui, illumine de sa performance le dingo "Seduction Decay", scandant un refrain guerrier tellement jouissif qu'on en redemande encore et encore, ce titre se voulant la parfaite symbiose entre l'orient et l'occident ! Le solo y est destructeur et vertigineux, une tuerie ! Cependant le morceau-titre "Ghostlights" fait quelque peu retomber l'œuvre avec une recette plus basique, ça reste bon mais un peu facile et trop typé Happy Metal à la HELLOWEEN, normal me direz-vous, c'est Michael Kiske qui est ici en charge du chant. En outre "Draconian Love" réhausse allègrement le débât avec originalité et surprise, il s'en dégage une atmosphère gothico-romantique à la THE 69 EYES, un superbe titre où Tobias Sammet et Herbie Langhans se répondent pour un refrain vertigineux, une fois encore royalement servi par un tourbillon guitaristique incroyable, une des forces de ce nouvel album. Le dynamique "Master Of The Pendulum", avec son riff puissant, se teinte d'une coloration très Nightwishienne avec son chant assuré par Marco Hietala. La basse tabasse sévère, celle-ci suppléée par un solo infernal. La suite n'est que pure et limpide beauté avec la douce et sculpturale ballade "Isle Of Evermore" où le timbre vocal de Sharon Den Adel fait merveille. "Babylon Vampyres" démarre avec un riffing très Malmsteenien, un morceau rapide, assez heavy, où les leads sont dantesques, inspirés et mémorables, ici la guitare est reine. "A Restless Heart And Obsidian Skies" et "Wake Up To The Moon" sont dans une veine plus classique, dans la lignée des grandes comédies musicales Rock americanisés, certes un peu retro, mais toujours beau et efficace ! Et je cloturerais cette belle et complexe histoire par le mélancolique et touchant "Lucifer", et ses notes de piano envoutantes, Jorn "The Voice" Lande déclenche en nous une montée d'adrénaline et d'émotions, la voix de Tobias copulant avec celle de Jorn pour un morceau magnifique et prenant. Incontestablement un des grands moments de ce Ghostlights.
AVANTASIA rajoute donc une pierre précieuse à son édifice déjà très conséquent, de nombreux frissons parcourent l'œuvre, mettant en exergue des qualités indéniables d'écritiure et de composition de la part notre Allemand préféré, celui-ci sachant parfaitement adapter son œuvre à ses invités pour les mettre dans des dispositions et conditions ultimes. Ses influences transpirent toujours autant pour le Heavy des années 80 et pour les comédies musicales et Opera Rock/Metal, cependant Ghostlights n'est pas tout à fait parfait, ayant quelques moments plus basiques et moins inspirés. Ce dernier reste néanmoins de très bonne facture et ne pourra qu'occuper une place de choix en cette année 2016 ! Sammet y tutoie à nouveau les sommets !
Les Allemands de MYSTIC PROPHECY (Power Metal) sortiront leur nouvel album intitulé War Brigade le 18 Mars prochain via Massacre Records. Il a été enregistré en compagnie de Fredrik Nordström (Studio Fredman), et son artwork est signé Uwe Jarling.
Tracklist War Brigade (2016) :
01. Follow The Blind / 02. Metal Brigade / 03. Burning Out / 04. The Crucifix / 05. Pray For Hell / 06. 10000 Miles / 07. Good Day To Die / 08. The Devil Is Back / 09. War Panzer / 10. Fight For One Nation / 11. War Of Lies
SANGDRAGON (Epic Black/Death Metal) vient de publier son nouveau clip, réalisé par Mehdi Khadouj pour illustrer le titre "Krakenfyr" extrait de l'album Requiem For Apocalypse, paru en Mai 2015 via Wake Up Dead Records / Season Of Mist.
Les Canadiens de BLOOD CEREMONY (Psychedelic Doom Metal) sortiront leur nouvel album intitulé Lord Of Misrule le 25 Mars prochain via Rise Above Records. Il a été enregistré et mixé aux Toerag studios de Londres par Liam Watson (The Datsuns, White Stripes, Supergrass).
Tracklist Lord Of Misrule (2016) :
01. The Devil's Widow / 02. Loreley / 03. The Rogue's Lot / 04. Lord Of Misrule / 05. Half Moon Street / 06. The Weird Of Finistere / 07. Flower Phantoms / 08. Old Fires / 09. Things Present, Things Past
ALMANAC, le nouveau groupe de Victor Smolski (ex-RAGE), vient de dévoiler le clip du titre "Self Blinded Eyes" extrait de Tsar, son premier album à paraître le 18 Mars prochain via Nuclear Blast Records.
Line-up ALMANAC Andy B. Franck - chant David Readman - chant Jeannette Marchewka - chant Victor Smolski - guitare Armin Alic - basse Michael Kolar - batterie Enric Garcia - claviers & piano
Les Suédois de THE UNGUIDED (Melodic Death Metal) ont mis en ligne le clip du titre "Enraged" extrait de leur nouvel album, Lust And Loathing, à paraître le 26 Février prochain via Napalm Records.
MARS RED SKY sortira son nouvel album intitulé Apex III - Praise For The Burning Soul, le 26 Février prochain via Listenable Records. Il sera disponible aux formats CD et Vinyl.
Tracklist Apex III - Praise For The Burning Soul (2016) :
01. (Alien Grounds) / Apex III / 02. The Whinery / 03. Mindreader / 04. Under The Hood / 05. Friendly Fire / 06. Prodigal Sun / 07. Shot in Providence (Bonus Track version CD)
NECROBLASPHEME - Belleville Dooweet
Style : Extrême Metal
Origine : France
Sortie : 2015
Site Web : www.thedepper-thebetter.com
01. Rempart / 02. Le Discours du Bitume / 03. How Did We Get There / 04. Two Trees (DeadWood) / 05. Hyperspace / 06. Waiting To Exhale / 07. Freed / 08. The Grande Boars Haunting / 09. Gouffre / 10. Such A Lot
Après s'être forgé une petite place dans le monde du Metal Extrême français avec une petite poignée de sorties plutôt réussies dont je n'ai écouté que quelques vagues extraits, NECROBLASPHEME accouche en 2015 de son troisième album, Belleville, à la pochette sobre mais attrayante qui m'a d'ailleurs pas mal poussé à m'y intéresser. On part donc sur une intro qui n'aurait pas fait tâche sur un album de Post Black Atmo, suivie des premières notes saturées de "Rempart". Ce que j'entends est à mille lieux des souvenirs que m'avaient laissé les autres morceaux du groupe : alors que je m'attendais à un Death violent et bourré de blastbeat, je me retrouve avec une musique assez lente et lourde, une production plutôt chaleureuse (très réussie, au passage, son de guitare doux et agréable), et un côté Black persistant, avec une touche de mélancolie nostalgique en prime (étalée sur tous les morceaux, mais très présente sur le dernier, "Such A Lot") ; surprenant, mais loin d'être désagréable. Et pis bon, je vous rassure, il y a toujours des blastbeats. Le groupe n'en a tout de même pas abandonné le chant guttural torturé qui leur est si cher, dans un registre plutôt medium, classique, mais efficace, et qui est l'une des dernières traces de Death (le titre "Gouffre", entre autres, nous rappelle quand même les origines du groupe) dans la musique de NECROBLASPHEME (nous sommes actuellement sans nouvelles du côté crade du combo, même si la dissonnance est toujours au rendez-vous). Ceci dit, on perçoit parfois un groove destructeur ("Le Discours Du Bitume", "The Grande Boars Haunting") au milieu de cette noirceur sans nom qui, d'ailleurs, apporte au groupe des ambiances assez intéressantes et très prenantes : encore un bon point. On note aussi la basse, très présente, qui renforce la lourdeur et l'impact des compositions, là encore, un atout non négligeable (et qui fera plaisir à tous les bassistes, qui plus est), mais également pas mal de plans assez atmosphériques éparpillés sur tout l'album, qui permettent des montées en puissance bien composées, et très réussies. Bref, NECROBLASPHEME évolue, et le fait bien : un très bon album, riche et prenant, aux multiples facettes, et même si la musique de NECROBLASPHEME est parfois dure à appréhender, je vous invite à découvrir ou re-découvrir ce groupe.
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