NEPTRECUS - Interview
L'interview de Svarga (Vocals, guitars) de NEPTRECUS (Black Metal) est en ligne :::>>> Ici .
L'interview de Svarga (Vocals, guitars) de NEPTRECUS (Black Metal) est en ligne :::>>> Ici .
Entretien avec Svarga (guitares, chant) réalisé par mail le 26 février 2013.
Un discours et un concept peu courant, un Black Metal très inspiré, il n’en fallait pas plus pour prendre contact avec les Français de NEPTRECUS, auteurs d’un premier album, L’Aube Du Declin, qui allie le côté sauvage et le côté mélodique de ce style. Découverte d’un groupe qui semble avoir bien des choses à dire…
Heavy Sound : Peux-tu présenter un peu NEPTRECUS ?
Svarga (guitares, chant) : Salut, hé bien j'ai fondé NEPTRECUS au tout début de l'année 2011. J'ai commencé à composer seul, puis Claiomh a rejoint le projet en tant que chanteur et parolier, bien qu'il ait finalement préféré ne rester que parolier. 8 des titres qui composent notre album ont été enregistrés cette année-là; vers fin 2011 j'ai recruté Arawn (guitare), Loki (basse) et Aharon (batterie) en vue de donner des concerts. Entre-temps notre première démo éponyme est sortie sur le label marseillais Mortis Humanae, puis Loki et Aharon ont quitté le groupe d'un commun accord. J'ai donc recruté Morne (basse) et Lagodas (batterie), nous avons enregistré l'album et enfin donné notre premier concert en janvier 2013 à Paris. Nouveau rebondissement, Morne a quitté le groupe juste après le concert, mais son remplaçant devrait être annoncé bientôt.
Entre votre démo et ce premier album, vous avez connu des changements de line-up, quelles en sont les raisons, comment avez-vous déniché Morne, Lagodas et Arawn ?
Concernant Arawn, il est dans NEPTRECUS depuis le début même si ce n'est pas un membre "fondateur". Pour Morne je l'ai connu via notre ancien batteur Aharon, quant à Lagodas je l'ai déniché via Morne ! Tous ces changements de line-up sont épuisants à la longue (surtout pour un jeune groupe comme nous) mais bon, on fait avec...disons qu'il n'est pas si facile qu'on le croit de garder un line-up stable.
Se sont-ils impliqués dans l’écriture de l’album ou tout était-il déjà écrit avant leur arrivée ?
Non, tout était déjà écrit avant leur arrivée. Alors après, ils ont quand même apporté quelques éléments au niveau des arrangements et des choeurs notamment, mais l'album a été entièrement composé par moi-même et les textes entièrement écrits par Claiomh.
Vous clamez fort votre indépendance par rapport à une scène Black Metal politiquement et religieusement orientée, votre concept semble plus basé sur l’histoire et la mythologie, peux-tu nous éclaircir sur ce point ?
Parfaitement, nous nous revendiquons comme apolitiques et non-religieux. C'est-à-dire que nous ne prenons parti pour aucun courant ou parti politique ni aucun dogme religieux que ce soit. En fait ça ne nous intéresse pas spécialement, après ça ne veut bien sûr pas dire que nous n'avons aucun message à faire passer. Disons que le "concept" de NEPTRECUS c'est l'exaltation du passé, de l'histoire française et des mythologies qui ont inspiré la culture française. De manière large, le concept de NEPTRECUS c'est la France, autant sous son aspect historique que mythologique. De ce fait, nos textes traitent de son histoire mais également de l'histoire européenne si celle-ci a un rapport avec notre pays. Personnellement je ne vois pas trop l'intérêt de parler de vikings et de mythologie scandinave (par exemple) malgré tout le bien que j'en pense.
L’histoire est faite d’actes politiques et religieux, comment réussissez-vous à éviter de prendre partie dans vos textes ?
C'est tout à fait vrai, je suis à 100% d'accord avec toi. Après ça n'implique pas de prendre parti. En fait nous tâchons d'évoquer ces faits historiques avec recul et objectivité. Les faits sont les faits, point. Après bien sûr, nous sommes des amoureux de la France, donc forcément un titre comme "Fiers Gaulois" rendra légèrement plus hommage à nos ancêtres chevelus qu'aux légions romaines héhé (bien que celles-ci soient évoquées dans le titre "Sous le Signe de l'Aquila")...enfin j'espère que je m'explique assez clairement haha ! Mais bref, pour nous l'exaltation de notre culture française n'est en rien une prise de position politique (et encore moins religieuse): le patriotisme est un sentiment apolitique en soit, toute personne sensée le comprendra. Après, si certains nous voient comme un groupe nationaliste ou que sais-je encore, c'est soit qu'ils n'ont pas pris le temps de nous analyser soit tout simplement qu'ils sont profondément stupides. Mais dans tous les cas ils peuvent aller se faire foutre.
On sent une vraie progression dans les arrangements et dans l’écriture des morceaux, notamment le titre "Au Royaume de Neustrie", comment abordez-vous la composition ? Est-ce un travail ou collectif ou solitaire puis mis en commun ?
J'aborde la composition entièrement seul, même si je demande souvent l'avis des autres membres du groupe sur les compos que je sors, donc c'est essentiellement un travail solitaire. Après je n'ai pas de technique particulière ni de "recette", disons que je fais selon ce qui vient...je trouve un riff, puis un autre qui colle bien pour la suite, etc...parfois en revanche je reste des semaines voire des mois bloqué sur un titre inachevé puis la fin vient toute seule un beau jour, ce fut par exemple le cas avec "L'Eternel Sablier" !
Déjà présente sur la démo, la chanson "L’Aube Du Déclin" possède cette ligne de guitare entêtante, c’est le genre de chose que vous ne vous refusez pas, est-ce important pour vous que la musique garde un aspect immédiat ? Est-ce sciemment fait pour la scène ?
Absolument. Même si les "puristes" (la bonne blague) du genre râleront, je considère notre musique comme du black metal et pour moi le black metal se doit de conserver un aspect immédiat, radical et sans concession. Mais attention, ça ne veut pas forcément dire blaster à 295bpm pendant 7min d'affilée. Sciemment fait pour la scène ? Hum, je dirais oui et non. Disons que NEPTRECUS avait vocation dès ses débuts à monter un jour sur scène mais je n'ai pas composé en fonction: j'ai composé la musique que j'estimais être la bonne et qui me satisfaisait avant tout. Après si colle d'autant plus pour la scène, hé bien tant mieux !
Qu’y a-t-il de prévu en matière de concert pour NEPTRECUS ?
Nous ouvrons le 21 avril au Klub (Paris) pour NATREMIA, MALEFICIENTIA et CHADENN, puis nous serons à l'affiche d'un festival au mois de juin mais je ne peux encore rien dire, j'attends le feu vert de l'orga pour l'annoncer héhé. C'est tout pour l'instant, mais si des organisateurs, assos ou autre lisent ces lignes, qu'ils n'hésitent pas à nous contacter (neptrecus@gmail.com), nous n'attendons que ça !
Quels sont les projets pour 2013, allez-vous rapidement vous pencher sur de nouveaux titres ?
Oui ! A vrai dire nous avons déjà 30min de musique sous le coude pour le prochain album et tous les textes ! Nous pensons enregistrer cet été ou du moins avant la fin de l'année pour une sortie prévue dans l'idéal début 2014. Alors je préviens tout de suite, le concept sera franchement différent, les morceaux aussi mais je pense et j'espère que les gens qui ont apprécié "L'Aube du Déclin" ne seront pas déçus !
Le titre "406 : Les Grandes Invasions" fait références aux invasions barbares, "Au Royaume de Neustrie" à une période allant du VIème au VIIIème siècle si je ne me trompe pas, qu’y a-t-il dans cette période qui vous passionne tant ? Quelles sont vos sources d’inspiration ?
Disons que nous n'avons pas de période de prédilection précise, c'est l'histoire de France en général qui nous inspire ! En fait "L'Aube du Déclin" est organisé de manière chronologique, il part des tréfonds de la mythologie grecque ("L'Eternel Sablier") pour en arriver aux temps présents (le titre éponyme). Ce qui nous fascine dans toutes ces périodes passées c'est justement le fait qu'elles soient passées je dirais, la perte d'une certaine vision du monde, de certaines valeurs essentielles en Occident, d'une culture aujourd'hui oubliée de la masse. En fait nous puisons nos sources d'inspiration autant dans ces époques révolues (dédicace à Autarcie haha) que dans cette époque post-moderne qui pue le mal-être, le déni de soi et la connerie au sens large.
Propos recueillis par Aymerick Painless
Récemment signé par Napalm Records, DELAIN s'apprête à sortir une compilation nommée Interlude le 6 mai prochain. Cette compilation renfermera 2 nouveaux morceaux, des reprises, des titres live et une nouvelle version de 2 morceaux.
Tracklist Interlude (2013) :
01. Breathe On Me / 02. Collars And Suits / 03. Are You Done With Me (new single mix) / 04. Such A Shame / 05. Cordell (Cranberries cover) / 06. Smalltown Boy / 07. We Are The Others (new ballad version) / 08. Mother Machine (live) / 09. Get The Devil Out Of Me (live) - 10. Milk And Honey (live) - 11. Invidia (live) - 12. Electricity (live) - 13. Not Enough (live)
Bonus DVD : 01. Invidia (Video Live @ Metal Female Voices Festival 2012) / 02. Electricity (Video Live @ MFVFestival) / 03. We Are The Others (Video Live @ MFVFestival) / 04. Milk and Honey (Video Live @ MFVFestival) / 05. Not Enough (Video Live @ MFVFestival) / 06. Backstage footage / 07. Get The Devil Out Of Me (Videoclip) / 08. We Are The Others (Videoclip) / 09. April Rain (Videoclip) - 10. Frozen (Videoclip)
BLOOD TSUNAMI a posté recemment son nouveau clip pour le titre "Metal Fang" extrait de son futur album, For Faen!, à paraitre le 11 Mars prochain via Indie Recordings.
ETERNAL TEARS OF SORROW - Saivon Lapsi
Massacre Records
Style : Death mélodique
Origine : Finlande
Sortie : 2013
Site Web : http://eternaltears.fi
01. Saivo / 02. Dark Alliance / 03. Legion Of Beast / 04. Kuura / 05. Dance Of December / 06. The Day / 07. Sound Of Silence / 08. Beneath The Frozen Leaves / 09. Swan Saivo / 10. Blood Stained Sea / 11. Angelheart / 12. Ravenheart (Act III: Saivon Lapsi)
On le sait, la Finlande pullule de groupes et, forcément, certains passent inaperçus ou tombent dans l'oubli. Malgré des albums de qualité, ETERNAL TEARS OF SORROW fait partie de ces groupes. Certes, les nombreux changements de line-up et les longues periodes de silence entre chaque offrande y sont sûrement pour quelque chose, mais passons. Ils sortent cette année leur nouvel album intitulé Saivon Lapsi. Commençons par les points positifs. Le groupe empreinte des éléments de plusieurs styles : le Death, le Black, le Heavy, le Sympho', le Power, ... ce qui rend le tout assez difficile à définir mais plaisant. Vient ensuite la qualité première du groupe : son talent de composition. En effet, les zikos sont de véritables virtuoses et cela s'est vu depuis leurs débuts, ces mecs savent jouer de leurs instruments et savent les mettre ensemble. Enfin, la qualité de la production est magnifique et cela se ressent dans la qualité du son. Malheureusement, on a déjà fait le tour des points positifs de cet album et il est temps d'expliquer pourquoi il est en réalité médiocre. Il faut, en effet, reconnaître que, malgré tout leur talent, les membres du groupe ont vraiment revu à la baisse la qualité de leurs compos. Les albums précédents étaient beaucoup plus inspirés ; ici, on a vraiment un sentiment de réchauffé assez désagréable. C'est loin d'être à brûler, mais les finlandais nous avaient habitué à mieux, beaucoup mieux. Certains morceaux sont même franchement chiants comme "Beneath The Frozen Leaves" ou "Sound Of Silence" qui sonnent vraiment comme une soupe à la EPICA ou NIGHTWISH. Les autres morceaux se suivent sans jamais se faire vraiment remarquer. Aucune surprise, aucune montée en puissance, aucune grosse claque à l'horizon, juste une recette maîtrisée suivie à la lettre et servie tiède. On retiendra quand même les derniers morceaux "Swan Saivo", "Blood Stained Sea" et "Angelheart", "Ravenheart" ansi que l'intro et l'interlude instrumentals "Saivo" et "Kuura" comme étant légèrement au dessus du niveau de la mer et sauvant l'honneur. Pour conclure, Saivon Lapsi est un album décevant par rapport au potentiel du groupe. Une recette réchauffée, prévisible à la limite du caricatural. Quelques éléments sauvent malgré tout le disque du bûcher comme une qualité d'interprétation exceptionnelle, une prod' aux petits oignons et quelques morceaux pas trop mal.
Chronique : Germain
Note : 6/10
DYGITALS vient de publier son nouveau clip pour le titre "Killing Machine" extrait de l'album Avé... paru l'an passé chez Brennus Music.
CANNIBAL CORPSE – Torture
Metal Blade Records
Style : Death Metal
Origine : Etats-Unis
Sortie : 2012
Site Web : www.cannibalcorpse.net
01. Demented Aggression / 02. Sarcophagic Frenzy / 03. Scourge Of Iron / 04. Encased In Concrete / 05. As Deep As The Knife Will Go / 06. Intestinal Crank / 07. Followed Home Then Killed / 08. The Strangulation Chair / 09. Caged... Contorted / 10. Crucifier Avenged / 11. Rabid / 12. Torn Through
A chaque album de CANNIBAL CORPSE, les chroniqueurs du monde entier s’arrachent les cheveux en se demandant ce qu’ils vont bien pouvoir raconter sur le nouvel album des Américains. Qu’est-ce qui ressemble plus à un album de CANNIBAL CORPSE qu’un autre album de CANNIBAL CORPSE, rien et pourtant avec Torture, le douzième album du groupe, les gaillards se sont sortis les doigts ! Je ne sais pas si c’est le fait d’avoir un line-up stable depuis plusieurs années maintenant qui revigore la créativité de ces monstres sacrés de la cause Death Metal mais il faut bien avouer que "Demented Agression" qui ouvre l’album vous laisse K.O. debout en 3 minutes et 14 secondes, même Jean Marc MORMECK a tenu plus longtemps face à la bête Ukrainienne. Alors ce coup-là qui consiste à mettre le titre carton en début d’album pour impressionner on nous l’a déjà servi et lorsque déboule "Sarcophagic Frenzy" avec ses leads plus mélodiques on sent venir la rechute… faux ! CANNIBAL CORPSE nous envoie un titre sacrément catchy et que dire alors lorsqu’arrive "Encased In Concrete" si ce n’est que CANNIBAL CORPSE a retrouvé sa hargne des 90’s, les amateurs de The Bleeding par exemple vont en prendre plein les gencives. Alors n’attendez rien d’original, le groupe fait ce qui l’a rendu si célèbre, une imagerie dégoulinante comme cela faisait bien longtemps que nous n’en n’avions pas eu, un signe qui ne trompe pas, là où CANNIBAL CORPSE fait couler le sang, les critiques assassines ne poussent jamais, et puis comment reprocher cela à un groupe qui a popularisé ce Death Metal aux côtés de DEICIDE dans une forme moindre actuellement. "As Deep As The Knife Will Go" et son solo de guitare endiablé terriblement 90’s pointe clairement les intentions du groupe, fracasser un maximum de crânes à grand coup de riffs imparables, solos endiablés et voix gutturales appelant le sang. Peut être que l’on reprochera à CANNIBAL CORPSE ce retour sur des terres trop bien connues mais le groupe y reste maitre avec un nouvel album, Torture, très inspiré, bottant les fesses de bien des suiveurs relégués loin derrière maintenant, cultiver l’amour de la viande ça ne s’improvise pas !
Chronique : Aymerick Painless
Note : 8.5/10
NEPTRECUS – Neptrecus
Mortis Humanae Productions
Style : Black Metal
Origine : France
Sortie : 2011
Site Web : www.myspace.com/neptrecus
01. L'Eternel Sablier / 02. Magna Grecia / 03. Auld Alliance / 04. L'Aube Du Déclin
Défenseur de la culture Française, voilà comment se décrit ce nouveau groupe Parisien qui propose un Black Metal à travers 4 titres plutôt bien ficelés. Le groupe se forme en 2011 et abrite notamment le guitariste de MOONREICH, autre groupe de Black Parisien recommandé, Arahon mais c’est en solo que Mgr H. enregistre cette démo qui est sortie fin 2011 chez Mortis Humanae Productions avec le soutien de Claiomh, chanteur à l’origine de la création du combo mais se contente aujourd’hui d’en être le parolier. Alors si ce schéma évoque nos amis d’IMMORTAL, musicalement les Parisiens s’en éloignent en balançant plutôt un "L’Eternel Sablier" à la saveur d’un MARDUK mais surtout NEPTRECUS varie son propos, risquant même de donner l’impression de bouffer à tous les râteliers. Le résultat est pourtant très probant avec ce "Auld Alliance" plus subtil et qui renferme des guitares à rapprocher des débuts de PARADISE LOST ou encore "L’Aube Du Déclin" et son ambiance que l’on pourrait ramener à CRADLE OF FILTH avec une musique plus brute et moins grandiloquente bien entendu. Au final, cette démo conserve une identité forte car le format 4 titres est moins exigeant qu’un album, on accepte mieux ces variations d’ambiance et si NEPTRECUS se cherche encore au niveau du style, il est clair que le groupe fait du Black Metal car si ces parallèles peuvent vous choquer, gardez à l’esprit que tout ceci est réalisé avec une identité Black inconditionnelle renforcée par des textes en français et qu’étant donné la qualité des morceaux ici proposés, bien difficile d’indiquer au groupe vers quel titre se diriger définitivement. Et si l’identité de NEPTRECUS n’était pas tout simplement ce métissage des sous-genres de Black Metal ? Une petite découverte pour les amateurs de Black Metal en attendant un album sur lequel le groupe se penche très sérieusement en ce moment.
Chronique : Aymerick Painless
Note : 7/10
ANATHEMA – Falling Deeper
Kscope
Style : Atmospheric Rock
Origine : Royaume-Uni
Sortie : 2011
Site Web : www.anathema.ws
01. Crestfallen / 02. Sleep In Sanity / 03. Kingdom / 04. They Die / 05. Everwake / 06. J'ai Fais Une Promesse / 07. ...Alone / 08. We, The Gods / 09. Sunset Of Age
Le public de ce groupe Anglais a l’habitude des facéties des frères CAVANAGH, entre les tournées acoustiques, les albums acoustiques, des projets à la sincérité artistique de premier ordre, on avait vu arriver ce Falling Deeper. Cette galette réunie des réaménagements de titres ou de mélodies célèbres d’ANATHEMA avec le son actuel du groupe voir même encore plus atmosphérique. Toute la délicatesse des Anglais transpire à travers la relecture de ces standards, sinon comment appeler "Crestfallen" qui ouvre ce Falling Deeper, les arrangements au piano sont réussis, cela on s’en doutait, les orchestrations aux cordes également, la voix de Danny CAVANAGH fait toujours mouche avec cette interprétation à vous filer la chair de poule, mais c’est surtout au niveau de la guitare que le travail est le plus éblouissant, légèreté, retenue, mais véritable sens du Rock qui confirme que même lorsque les Anglais tirent vers l’Atmospheric, il y a cette nature, cette énergie qui les pousse à mettre un peu de feu là-dedans, il suffit d’écouter la magnifique fin de "Sunset Of Age", "Crestfallen" ou "Sleep In Sanity". "Kingdom" met également en lumière la délicatesse que le groupe possédait déjà dans sa musique à ses débuts tout comme ce "We, The Gods" parfaitement réussi également. Mais le meilleur est atteint avec "Everwake" sur laquelle Anneke VAN GIERSBERGEN fait une apparition, tout comme lors des escapades solitaires de nos amis, même si sa prestation est moins marquante que sur Addicted de DEVIN TOWNSEND, musicalement ce titre est des plus complets et brille aux côtés de "…Alone", une autre réussite de cet album qui n’en ai donc pas vraiment un. Seul "J’ai Fait Une Promesse" est un peu plus transparente sans pour autant choquer outre mesure. Bien entendu, les occasionnels amateurs d’ANATHEMA n’adhèreront certainement pas à la démarche, mais ceux qui vibrent à l’écoute de la voix ou des mélodies si caractéristiques du groupe tomberont sous le charme de ces réinterprétations plutôt bien ficelées et dont le lien avec l’original est difficile à établir. Après le double album de MY DYING BRIDE, ANATHEMA nous lance son album de relecture de ses standards, à quand une version Free Jazz du "Gothic" ou de "Rotting Misery" de PARADISE LOST afin que le trio Anglais des années 90 aient tous regardé dans le rétroviseur ? Blague à part, Falling Deeper, mérite bien plus que le statut de galette additionnelle avec ses moments de pur plaisir, encore une fois, ANATHEMA nous éblouit de son talent inné, rarement déçu par ces gars là tout de même ! Si jamais le frère CAVANAGH se pointe par chez vous avec Anneke dans les valises, ne manquez pas cela, c’est une initiation au voyage de l’esprit qui fait du bien dans ces moments de brutalité intense sur la scène mondiale.
Chronique : Aymerick Painless
Note : 7.5/10
ANATHEMA – We’re Here Because We’re Here
Kscope Records
Style : Ambiant Progressive Rock
Origine : Royaume-Uni
Sortie : 2010
Site Web : www.anathema.ws
01. Thin Air / 02. Summernight Horizon / 03. Dreaming Light / 04. Everything / 05. Angels Walk Among Us / 06. Presence / 07. A Simple Mistake / 08. Get Off, Get Out / 09. Universal / 10. Hindsight
A Natural Disaster publié en 2003 avait permis à ANATHEMA de dévoiler une facette Ambiant Rock qui embrasse parfaitement celui de PINK FLOYD, idole des gars de Liverpool (ndlr. non pas les Beatles !), allant jusqu’au bout de leur démarche qui consiste à rendre leur musique plus émotionnelle. Et au compteur, c’est 7 ans que les fans ont du attendre, certes, des titres ont filtré sur internet dont “A Simple Mistake” et “Everything” sur le site des Anglais il y a quelques années, certes, des DVD et une compilation ont vu le jour mais au bout de 20 ans de carrière, ANATHEMA a enfin aligné toutes les planètes, disponibilité de Steven WILSON qui a eu son importance sur cet album, un label solide qui soutient pleinement le groupe, hasard ou pas mais il s’agit du même label que celui de PORCUPINE TREE, et puis surtout le sextet a enfin jugé le résultat de leur huitième album à la hauteur de leurs espérances. Soyons clair, si vous n’avez pas aimé A Natural Disaster, passez votre chemin… par contre pour les amateurs de belle musique, on est ici hors clivages entre Metal, Rock ou Hard Rock, We’re Here Because We’re Here va vite être incontournable. Ce nouvel opus est lumineux et magnifié tout comme la pochette de l’album le laisse penser, là où A Natural Disaster était mélancolique et sombre, il est porteur d’un message d’espoir comme si ANATHEMA voyait enfin le bout du tunnel de leurs âmes torturées et l’agressivité, mieux répartie ici que sur son ainé, n’est en fait qu’un cri de vie et non de douleur. Alors toutefois, il n’est nul besoin de se procurer de la cocaïne pour apprécier pleinement ces 10 titres, juste ouvrir en grand vos oreilles, ouvrir les barrières stylistiques que votre éducation musicale vous dresse et simplement voyager au son de la voix des frères CAVANAGH de plus en plus envoûtantes ainsi que celle de Lee DOUGLAS qui tient une place encore plus imposante qu’avant, venant épauler les voix masculines comme sur “Everything” qui du coup renvoie une ambiance moins sombre que la version proposée sur le site il y a quelques temps, leur donnant le change également sur “Summernight Horizon” ou prenant carrément le lead le temps d’un “Presence” faisant le lien entre le très Ambiant Rock “Angels Walk Among Us” et le subtile “A Simple Mistake” déjà connu des die-hards mais dont la montée progressive en intensité est parfaitement jouissive. “Thin Air” est peut être le titre qui trahit le plus la fascination qu’ANATHEMA porte à PINK FLOYD, mélodie entêtante et répétitive, une batterie montante crescendo (le travail de John DOUGLAS est d’ailleurs à souligner tant pour le son que pour la prestation), un large écho sur la voix haut perchée avant un emballement Popisant extraordinaire. C’est ensuite “Summernight Horizon” qui vient rassurer les fans, ce titre renferme cette patte si personnelle d’ANATHEMA et on pense à A Fine Day To Exit avant que l’émotion d’un “Dreaming Light” ne vienne nous emporter. Mais on pense également beaucoup à PORCUPINE TREE, sentiment subjectif me direz-vous connaissant le nom du producteur de cette œuvre. C’est pour cela que je décrivais Steven WILSON comme l’un des homme-clef de We’re Here Because We’re Here car non seulement la production est tout ce qu’il y a de réussi, des mélodies sublimées, un son clair et net mais qui se brouille légèrement sur les parties un peu plus relevées pour que l’ensemble ne soit pas trop lisse (“Universal” et sa longue plage instrumentale finale sublime), mais sur le plan strictement instrumental, “Everything” dans la version présentée là rappelle grandement l’œuvre de Sir WILSON tout comme le plus rythmé “Get Off, Get Out”. On pourrait décrire cet album très longtemps sans pour autant réussir à en faire le tour tant il fourmille de détails (lignes de guitares, multipistes de chant, finesses à la batterie…) alors qu’en fait on peut le résumer ainsi : We’re Here Because We’re Here est simplement beau ! Je vous laisse donc découvrir ces multiples détails qui font que cet album sera très certainement l’album de l’année si PARADISE LOST ne sort pas d’album d’ici là (hé hé !).
Chronique : Aymerick Painless
Note : 9.99/10