SHINING - 8 ½ - Feberdrömmar I Vaket Tillstånd
SHINING - 8 ½ - Feberdrömmar I Vaket Tillstånd
Dark Essence Records
Style : DSBM
Origine : Suède
Sortie : 2013
Site Web : www.shiningasylum.com
01. Terres des Anonymes / 02. Szabadulj Meg Önmagadtól / 03. Ett Liv Utan Mening / 04. Selvdestruktivitetens Emissarie / 05. Black Industrial Misery / 06. Through Corridors of Oppression
Après à peine un an sans nouvelle livraison, nous voici encore sans nouvelle livraison de la part de SHINING, puisque 8 ½ - Feberdrömmar I Vaket Tillstånd n'est pas un nouvel album, mais des versions revues et corrigées d'anciens morceaux qui, au contraire du Redefining Darkness cuvée 2012, font du bien aux fans. SHINING renoue avec sa noirceur originelle, puisque puisée dans le passé du groupe, et invite à cette danse macabre et nostalgique divers chanteurs, qui réinterprètent les titres comme bon leur semble, dans leur langue, et avec un nouveau mastering (même si, et heureusement, on sent quand même une matière « démo au son dégueu » qui fleure bon le Black Metal old school du radio cassette). Des cris, à chaque fois différents, puisque interviennent sur cet « album » Pehr Larsson (ALFAHANNE), Maniac (ex MAYHEM), Gaahl (GODSEED), Attila Csihar (MAYHEM) et Famine du groupe français PESTE NOIRE. On regrettera tout de même la relative absence de la voix torturée et malsaine de Niklas Kvarforth au profit de ses comparses, d'autant plus étonnant que le monsieur est du genre à plutôt tout contrôler. Six morceaux, pour quasiment 50 minutes de véritable SHINING, retravaillé et magnifié par un beau travail de remastering effectué sans dénaturer la matière première de ces morceaux qui datent de 2001/2002. Tout à fait personnellement, c'est le "Through Corridors Of Oppression", non retouché, et qui clôt 8 ½ - Feberdrömmar I Vaket Tillstånd, qui donne l'uppercut le plus violent. Même si tous les morceaux ont une personnalité très bien marquée et leur lot de frissons à offrir ! Pas de remarques sur la technique, ou l'efficacité au sens commercial du terme, car la musique de SHINING s'apparente plus à une expérience sensorielle qui, sur le coup, peut ne pas impressionner, mais qui laisse une trace, et qu'on le veuille ou non, on en ressort vidés et avec l'envie de dire « ouf ! ». Il faut pouvoir se l'infliger pour l'apprécier : et c'est d'ailleurs peut être la meilleure chose qui soit pour le leader du groupe, sachant que Kvarforth prône haut et fort l'auto-destruction et incite à se faire mal. Parfois, le mal fait du bien, et si on se sent un peu masos, on est relativement heureux d'avoir pu tenter et réussir l'expérience. Après cette tirade qui pourrait s'intituler « pourquoi écouter du DSBM et SHINING en particulier ? », venons en au point qui fâche. J'aurais vraiment préféré éviter le sujet, je me l'étais même promis, mais voilà. Le premier titre… Rien à redire sur les qualités vocales de Famine, dont le cri déchirant colle tout à fait à l'esthétique SHINING, mais ces paroles… Sont-ce vraiment les paroles traduites du titre original "Fields Of Faceless" ? La réponse est non. Est-ce que ça donne vraiment mal à l'estomac d'entendre, après des riffs puissants, lourds en son et de sens, un « si si si si la Famine, je viens dégueuler mon putain d'fromage, plein de vermine » ? Ouais. Oh putain que ouais. « Si si si la Famine » : en espérant qu'un gros problème mental lui ai fait intégrer des éléments « rap » contre sa volonté sur le premier morceau d'un album de SHINING (sachant que le morceau ne lui appartient pas je trouve ça vachement culotté même). Bon, on pourra dire : « allez, un peu d'ouverture d'esprit ! », et effectivement, j'aimerais bien, mais c'est hors de mes compétences, à ce point là. Que s'est-il passé pour que Kvarforth accepte une telle chose, en ouverture de son disque ? Grand mystère… Surtout sachant qu'on pourra aussi distinguer quelques « gros » et autres termes peu seyants sur cette chanson, pourtant à l'origine sobre en paroles, et qui devient sous la libre interprétation de Famine un verbiage argotique sans classe ni même respect de l'original. Allez, on pardonne, même si c'est pas facile de continuer à écouter 8 ½ - Feberdrömmar I Vaket Tillstånd après cet incident… Mais de toute manière, ce qui est chouette c'est que Niklas Kvarforth s'en fout : il fait ce qu'il veut, comme il le veut, et c'est tout à son honneur.
Note : 7/10
Chronique : Nastassja

