SEPTICFLESH - Titan
SEPTICFLESH – Titan
Season Of Mist
Style : Symphonic Extreme Metal
Origine : Grèce
Sortie : 2014
Site Web : www.septicflesh.com
01. War In Heaven / 02. Burn / 03. Order Of Dracul / 04. Prototype / 05. Dogma / 06. Prometheus / 07. Titan / 08. Confessions Of A Serial Killer / 09. Ground Zero / 10. The First Immortal
Trois ans, voilà ce qui semble être le temps normal de gestation chez les Grecs de SEPTICFLESH. Il faut dire que la musique s’est intensifiée dans son approche théâtrale, ce qui demande un peu de temps pour que tout soit en place. D’ailleurs, c’est encore le cas avec Titan, nouvel opus du groupe enregistré en Grèce et à Prague avec l’orchestre philarmonique de Prague mais surtout, et c’est là une nouveauté, Logan MADER en tant que producteur au mixage et au mastering. Alors, que les puristes auraient pu s’attendre à voir le son de SEPTICFLESH se tourner vers quelque chose de résolument plus moderne, il n’en est rien, à part quelques séquences saccadées que de toute façon Seth Siro Anton utilisait déjà auparavant. Non c’est bien dans l’utilisation des chœurs, des samples et des cordes que l’évolution est la plus notable et pourtant le groupe n’était déjà pas avare dans ce domaine sur ses derniers albums. Les guitares se font toujours menaçantes, utilisant des riffs dissonants au rendu très Black Metal, bien suivi par une batterie impériale, mais savent aussi se faire plus mélancolique avec ces leads dont SEPTICFLESH a toujours eu le secret et que l’on retrouve sur un "Burn" décidément très surprenant. Ce titre intègre en effet la facette la plus Black et la plus Gothique du groupe avec des passages nous renvoyant vers Revolution DNA (1999) et ce Titan est bien à la croisée de ce qu’était le groupe à la fin des années 90 et ce qu’il est devenu après 2007 et son retour sur le devant de la scène, on y retrouve par exemple du chant clair, ainsi que sur plusieurs autres titres de cet album ("Dogma"). La grandiloquence dont fait preuve cet album n’aide toutefois pas à une immersion rapide, notamment pour les novices dans l’univers de SEPTICFLESH, très garni en couches diverses, il faut cependant souligner le travail remarquable de production, d’écriture et d’exécution, comme d’habitude depuis leur retour en 2007, ces aspects sont une fois de plus très soignés. L’approche orchestrale peut cependant paraitre un peu trop mise en avant, voilà un album au contenu très cinématographique, un titre comme "Order Of Dracul" en est un exemple criant, même si le groupe tente de conserver une certaine spontanéité et un côté direct, celui-ci ne s’exprime qu’à travers des blasts Black Metal alors que le groupe était capable auparavant de nous assommer la tête avec des riffs tueurs, notamment sur Communion. Titan marque tout de même le retour d’un groupe plus percutant, plus inspiré et qui a surtout mis les moyens de ses ambitions avec cet orchestre qui opère une nouvelle fois avec les Grecs mais surtout ces bardes de chœurs imposants, une dimension qui va malheureusement faire sonner SEPTICFLESH encore plus clinique et froid sur scène, mais nous jugerons cet aspect sur place. Bref, sans marquer les esprits autant que Communion avait pu le faire, certainement l’effet de surprise en moins, ce nouvel album voit un groupe revenir avec des intentions finalement assez brutales sous ses faux-airs de grandiloquence, la malsaine aristocratie mise en musique dont la voix démoniaque est parfaitement interprétée par les growls habités de Seth Siro Anton, des titres comme "Ground Zero", "Titan", "Dogma" ou "Prometheus" sont les plus remarquables, les autres peuvent souffrir de manque d’inspiration à l’image de l’ultime "The First Immortal" où les lignes de chant ne sont pas les plus inoubliables. Il faut tout de même reconnaitre que dans ce style, SEPTICFLESH n’a pas beaucoup de concurrence et qu’en plus, il s’applique toujours à être le meilleur.
Chronique : Aymerick Painless

