GARDENJIA - EPO
GARDENJIA - EPO
Memorial Records
Style : Metal progressif
Origine : Italie
Sortie : 2013
Site Web : www.facebook.com/GARDENJIA
01. Epica / 02. Ante Rem / 03. In Blue / 04. Shape Of Greys / 05. Touch Of Glory / 06. Fire Walk With Me / 07. Giada / 08. In Dusk / 09. Epo / 10. Ascension
Le trio italien GARDENJIA, formé en 2010, et après un premier EP en 2011 (Ievads, qui, d'après ce que j'ai pu constater, n'a pas forcément bénéficié d'une bonne couverture, mais qui reste tout de même disponible sur leur bandcamp), ressort son premier album quelques mois seulement après sa première sortie. Epo, d'abord paru en décembre 2012, a été remixé et remasterisé pour une deuxième sortie en mai 2013. Pour n'avoir pas entendu la première mouture de cet album, je ne peux pas comparer, cependant, il est clair que le son est gigantesque. Navigant entre sonorités atmosphériques très « post » ("Epica" peut ici être cité comme bon exemple, « mais pas que », comme on dit), soli très bien exécutés et riffs rageurs qui pourront faire penser à ADMIRAL ANGRY (comme pour la voix sur certains passages : le morceau "Giada" par exemple), ces compatriotes d'UFOMAMMUT donnent matière à écouter. Qui dit Metal prog dit ruptures de rythme, grosse technicité et mélanges judicieux : on trouvera tout ça dans Epo. De plus, cette nouvelle version de l'album contient deux nouveaux morceaux, et pas des moindres, puisqu'il s'agit de "Epica", le morceau d'ouverture, une très bonne mise en bouche, et de "Ascension", un morceau fleuve de 13 minutes qui vient clore Epo. Si à la première écoute, on peut être gênés par la voix, qui a un côté un peu « artificiel » et dissonnant, il s'avère que cette légère gêne se dissipera (ou pas, je pense que chacun peut réagir à sa manière) au fil des écoutes. La voix est atypique, peut être pas exceptionnelle, mais colle bien au côté « atmo » (merci les effets, aussi), qui vient contraster avec la brutalité qui peut parfois émaner de la musique de GARDENJIA. "In Blue", par exemple, joue totalement sur ce contraste, avec une rythmique saccadée qui vient s'opposer aux envolées vocales toutes en douceur. Ce timbre légèrement "pop" de la voix, cette fragilité (les mauvaise langues diront « ces problèmes de justesse ») est totalement raccord avec le jeu sur différentes atmosphères qui semble parcourir tout cet album. Toujours sur "In Blue", on remarquera un solo qui ne colle pas forcément avec le motif musical qui continue, mais cela ne choque pas : allez savoir… C'est peut être ça qu'on peut appeler une personnalité, une originalité, un son particulier. Si on s'attarde un peu sur le travail musical de GARDENJIA, on remarquera que le trio est dans une perpétuelle recherche de nouvelles sonorités, allant jusqu'à dévoiler des pistes uniquement instrumentales, en expliquant avec quel matériel ils ont cherchés à produire tel ou tel effet. Ils ont également sorti deux reprises, une de DEPECHE MODE ("Black Celebration") puis de U2 ("New Year's Day"). Sans être une réinvention totale comme a pu le faire THE CNK sur son album Révisionnisme, on peut dire que ces reprises ont quand même sacrément de la gueule, si vous me passez l'expression. Vous l'aurez compris : on pourra être conquis, ou alors détester GARDENJIA, m'est avis qu'il y aura difficilement un juste milieu. Gros bémol, pour cet Epo qui semblait si prometteur et riche : on pourra, malgré tout y trouver une certaine monotonie. Les effets sur la voix sont toujours les mêmes (et pardon, mais sur "Ascension", on aurait complètement pu se passer de chant), la construction des morceaux itou (atmo/brutal/atmo : "Shapes of Greys", "Fire Walk With Me"), des samples agréables mais pas forcément divinement bien intégrés (on pourrait largement s'en passer quoi…). Un « gros » bémol pas si gros puisque malgré tout cet album prouve une superbe maîtrise et un très gros potentiel pour un groupe qui a toute sa place dans les sphères Metal progressif : "Ascension" ne fera qu'enfoncer le clou pour finir en beauté ce premier album de GARDENJIA, avec l'intervention du piano, un solo de saxophone, des samples « ambient », des rythmiques déstructurées qui cependant ne perdent jamais le nord. GARDENJIA est un groupe qui a trouvé son univers, et qui a de grandes possibilités.
Note : 8/10
Chronique : Nastassja

