GARGANTUA - Avant-Propos
Autoproduction
Style : Progressive Death Metal
Origine : France
Sortie : 2016
Site Web : www.gargantua.bandcamp.com

01. A Delightful Sense Of The Absurd / 02. Threshold Of Death Part I : Gutters / 03. Threshold Of Death Part II : Inherent Lunacy / 04. Ne Mot Dire
D'après des études, les résultats d'un entretien d'embauche sont déterminés dans les cinq premières minutes ; vous n'avez sans doute pas besoin d'étude pour savoir que cette chronique n'a que très peu de chose à voir avec votre lettre de motivation. Donc, reprenons, en tentant d'appliquer cette règle à la musique, et plus particulièrement au Metal (je m'excuse d'avance, mais mes connaissances sont assez limitées en Pop-Jazz Avant-Gardiste Congolais) : nombreux sont les albums considérés comme cultes dont le premier morceau où l'introduction est fort appréciable (pour faire un tour des styles majeurs, on peut citer des titres que vous connaissez sûrement, tels que Painkiller, Reign In Blood, Tomb Of The Mutilated, Storm Of The Light's Bane, ou encore Welcome To Sky Valley). Je me rapproche vaguement du sujet. Donc, attardons-nous sur les premières secondes de ces albums : que ce soit dans le solo de batterie effréné qui ouvre "Painkiller", la vitesse infernale de "Angel Of Death", les violents coups de "Hammer Smashed Face", l'atmosphère glaciale du début de "At The Fathomless Depths", ou le riff désertique de "Gardenia", chacune de ces entrées en matière en ont marqué plus d'un ; accrocher l'auditeur dès les premières secondes est souvent une marque de talent.
J'en viens donc à l'ouverture d'Avant-Propos, premier EP du groupe Français de Death Progressif GARGANTUA, paru fin Février 2016. Si il n'est pas extrêmement courant de commencer son album par un court instant de piano, il est d'autant plus rare que ce dernier soit Jazzy (bien que nous ayons déjà vu plusieurs fois les styles confrontés). C'est simple (façon de parler, je précise) : une suite de notes imprévisible et irrésistible qui accroche tout de suite l'oreille. Il est extrêmement appréciable qu'un groupe travaille ses parties claviers à ce point, car oui, elles font partie intégrante de la musique du groupe, et sont à mon sens l'un de ses points les plus positifs : des nappes hypnotisantes, variées et toujours surprenantes, ce qui manque cruellement à de nombreux groupes. Toute la richesse du EP réside dans le talent des musiciens qui l'ont composé, et dans leur variété : posséder dans ses rangs trois chanteurs, dont un qui joue également de l'accordéon (je me répète, mais divinement bien) et du clavier, ça ouvre de nombreuses possibilités. Ainsi, GARGANTUA se balade entre un chant guttural Death, un autre braillé proche du Grindcore, et un troisième clair et cristallin ; ainsi, Avant-Propos n'est pas chiant une seule seconde, et on est totalement captivé par l'écoute de la musique. Et c'est pareil à tous les niveaux : un morceau comme "Threshold Of Death Part 1 : Gutters" peut commencer par un début Brutal, proche du Deathcore, se diriger vers un passage Death assez mélodique (avec des cloches) puis passer à un moment chant clair poignant, avant un solo de toute beauté, en enchaînant par la suite un passage accompagné d'une ligne d'accordéon excessivement bien trouvée, pour ensuite repartir sur un Death plutôt Brutal, et atterrir dans une partie plus mélodique : absolument captivant (et encore, j'ai passé des étapes). GARGANTUA brode littéralement et impressionne de part son originalité et son talent ; et ce n'est qu'un exemple parmi les quatre qui composent cet EP. Les degrés d'intensité sont également parfaitement gérés, atout de première importance, puisque donner du relief à la musique permet de mettre en valeur chaque passage, et de renforcer le dynamisme (je dis ça pour ceux qui suivent pas, hein). Ajoutez à cela le fait qu'aucun instrument n'est en retrait, que ça soit la batterie, qui accompagne le tout avec élégance et efficacité, ou la basse, qui sait faire ce qu'il faut quand il faut, en créant la magie de certains passages, ou les guitares qui, au delà du riffing magistral, proposent des solos absolument jouissifs, et vous obtenez un album complet, très musical (ça peut paraître bête, mais ce mot décrit vraiment bien), qui sait se montrer incroyablement riche dans sa composition, tout en dévoilant une palette d'émotions colorée et inspirée. Enfin, cet album a tellement de qualités que je ne peux pas toutes les énumérer dans une seule chronique. Et, si je le compare dans mon introduction à certains albums cultes, il y a bien une raison : un tel sens de la création et une originalité aussi marquante valent de l'or de nos jours. Donc, oui, je donne un 10, qui n'est pas, au passage, une note que je donne à la légère, mais bien quelque chose de sincère et, à mon sens, mérité. Hâte d'entendre le propos.
Chronique : Durchfall
