• DEADLINE - Nothing Beside Remains
    Bad Reputation
    Style : Hard Rock
    Origine : France
    Sortie : 2018
    Site Web : www.deadlinehardrock.com

    DEADLINE - Nothing Beside Remains



    01. Devil's In The Details / 02. D.O.C. / 03. Fly Trap / 04. Nothing Beside Remains / 05. Mercenary / 06. Man On A Mission / 07. Angry Destiny (feat. CJ Sleez) / 08. Natural Born Pimp / 09. Silent Tears (November 13) / 10. Last Shot / 11. Override / 12. Sleepless Nights

    Attention, ce n'est pas là un petit groupe de jeunots qui se présente à nous. En effet, Heading West, publié en 2012 avait été mis en boite avec Beau Hill, connu pour son travail avec RATT, TWISTED SISTER, EUROPE ou WINGER, ce n'est pas forcément un gage d'album exceptionnel, mais on aime à penser que le gaillard ne s'embarrasse pas de projet qui ne le servirait pas. En 2014, DEADLINE remet le couvert avec Fire Inside qui va ancré le groupe sur la scène Hard Rock internationale. Il faut dire que le Classic Rock développé par les Frenchies lorgne assez largement vers David Coverdale et WHITESNAKE, Ronnie James Dio et BLACK SABBATH, auquel ils rajoutent une modernité qui nous renvoie vers ALTER BRIDGE et une nouvelle scène anglaise qui intègre une bonne dose de Heavy old-school à la recette, à la manière d'un SCORPIONS également.

    Ce Nothing Beside Remains doit donc être l'album de la confirmation, et si le groupe n'est pas encore extrêmement connu dans nos frontières, un lien de parenté avec YANN ARMELINO & EL BUTCHO saute tout de suite aux oreilles, que ce soit le très DIO "D.O.C." ou le plus AEROSMITH flirtant avec un SKID ROW/GUNS N' ROSES ("Fly Trap"), la variété des tempo, des ambiances pour un album complet et très plaisant, montre un groupe à l'aise dans l'exercice de l'écriture. Au final, cet album est assez dynamique, d'ailleurs là où bon nombre glissent une bonne pelleté de slows pour essayer de niquer backstage, je ne signifie pas que ces cinq là ont fait vœu d'abstinence, mais il y a une âme résolument rock'n'roll sur cet album qui n'est pas qu'une façade.

    Pourtant, on pourra regretter que les accents bien appuyés d'Arnaud Restoueix envers les mimiques d'Axl Rose se fassent parfois trop présents, comme sur la chanson titre mais surtout la production de Thierry Velly pour le mixage au Totem Studio et le mastering de Brett Calda Lima (DEVIN TOWNSEND, MEGADETH, pourtant...) donne un aspect bien Rock et lisse à tout cela, la batterie ne ressort pas réellement et, tout comme les guitares, tout cela manque cruellement de profondeur, à croire que des passages radio sont clairement dans le collimateur, alors ce n'est pas une tare mais avec une production plus sale et vivante, les titres auraient encore un peps supplémentaire qui pourrait faire adhérer bien des Metalleux à l'univers de DEADLINE qui se dessine au temps de la prohibition aux États-Unis, règlement de compte, échange d'amabilité à coup de pistolet et de coups tordus, un véritable univers Rock'n'roll version bad boys.

    On remarque que le groupe prête une attention pointue à tous les aspects de son art et c'est un vrai plus, de l'artwork à l'univers, la musique ultra produite sans tomber dans le Desmond Child-like tout de même, le quintet met tous les atouts de son côté et c'est là un effort qui n'est pas vain car si le propos est important, l'habillage l'est tout autant aujourd'hui, à l'heure où le premier coup d’œil doit accrocher le « client ». Et ce Nothing Beside Remains est clairement un album qui plaira aux amateurs de tous les groupes précités même si je ne peux m'empêcher de trouver dommage la facilité du titre sur les attentats du 13 novembre, "Silent Tears (November 13)", attention je ne remets pas en cause la sincérité de la démarche, et le titre est d'ailleurs une réussite même si il commence sur une ballade des plus mielleuse, mais c'est devenu une telle évidence que ça en devient presque contre-productif. En tout cas, pas grand chose à reprocher à cet album, une personnalité affirmée, une écriture variée et efficacement Rock, un univers complet, mais la production clean, quelques mimiques piochées à quelques autres chanteurs bien connus très appuyées et un style ultra répandu n'aident pas à faire de cet album, un disque sensationnel, mais si vous tombez dessus, il y a de fortes chances que vous vous laissiez séduire et vous auriez bien raison.

    Chronique : Aymerick Painless

    DEADLINE - Nothing Beside Remains

     

     

     


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  • FAUSTCOVEN - In The Shadow Of Doom
    Nuclear War Now! Productions
    Style : Black/Doom Metal
    Origine : Norvège
    Sortie : 2018
    Site Web : https://faustcoven.bandcamp.com

    FAUSTCOVEN - In The Shadow Of Doom



    01. The Wicked Dead / 02. The Devil's Share / 03. Yet He Walks / 04. Marching In The Shadow / 05. Sign Of Satanic Victory / 06. Lair Of Rats / 07. As White As She Was Pale / 08. Qui Est Iste Qui Venit

    Les Norvégiens de FAUSTCOVEN auraient-ils marqué une pause dans l'aventure ? En effet, le dernier méfait, Hellfire And Funeral Bells, date de 2012, et de la part d'un groupe comme ce duo, c'est plutôt étonnant. En tout cas, In The Shadow Of Doom, le nouvel album, met fin à toutes les interrogations sur le statut du groupe.

    Alors, petit retour en arrière, FAUSTCOVEN, s'active en 2002 dans le sillage Black Doom Metal d'un BATHORY flirtant avec BLACK SABBATH, les riffs du premier album du Sabbath avec l'esprit noir et cradingue de Quorthon, avouez que ça a de la gueule. Et d'ailleurs, sur disque, ça a de la gueule aussi, si peu que vous appréciez les productions approximatives, et parfois même le jeu, pour une atmosphère des plus sales et old-school. Rampant à l'image de "The Devil's Share", la voix Black assez minimaliste de Gunnar Hansen est chargée de réverb' et d'écho dans la plus pure tradition Black Metal, et suit une rythmique bien rampante également, les arpèges d'un Quorthon sont bien présents même si des arrangements à la guitare sont difficilement audibles, on sent que les gaillards ne sont pas contenté d'enchaîner des parties de guitare sans but précis. Et "Yet He Walks" enfonce le clou dans la continuité.

    Résultat, il faut attendre "Sign Of Satanic Victory" pour une première attaque plus frontale, on reste dans le mid tempo pour cette deuxième partie d'album qui se tourne bien plus vers le Black Metal. Et c'est sur ces morceaux là où le groupe semble le moins convaincant dans son exécution, est-ce dû à la production ? Je ne sais pas, mais il y a des moments de flottements sur "Lair Of Rats" par exemple, ce qui gâche un peu l'effet escompté en milieu d'album. Toutefois, ces deux morceaux sont prétextes également à quelques leads bien sentis en fin de morceau, et notamment celui à la fin de "Sign Of Satanic Victory" qui me rappelle un peu le PARADISE LOST époque Gothic, l'esprit d'un BARATHRUM n'est par contre pas loin du tout.

    La version vinyle, qui sort le 31 août, sera certainement à privilégier de part le style joué par les Norvégiens, un mastering vinyle peut faire ressortir de façon plus appréciable l'ambiance que ce In The Shadow Of Doom dégage. La fin de l'album revient sur des terres plus lentes, "As White As She Was Pale" nous surprend même par sa fin bien moins monolithique que le reste et "Qui Est Iste Qui Venit" tire là encore le tempo vers le bas avant de s'animer un peu au milieu. FAUSTCOVEN a la science des morceaux aux ambiances sombres et nous le montre avec ce nouvel opus qui égale sans mal son prédécesseur. Un retour des plus bénéfiques dans une scène qui ne semble pas réussir à trouver un nouveau souffle, où l'élément Doom du genre est honteusement détourné en Post-Metal. Ici, rien de tout cela, les Norvégiens restent dans un style direct très '80s et sans crier au génie, l'album s'inscrit dans une tradition qui trouve ici un habit des plus séduisants.

    L'album se termine comme un bon vieux BATHORY, le bruit des vagues (même s'il est ici un peu suspect dans son réalisme) suit une longue plage où les guitares sonnent comme des sirènes lancinantes, clairement un retour réussi pour ces Norvégiens.

    Chronique : Aymerick Painless

    FAUSTCOVEN - In The Shadow Of Doom

     

     

     


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  • CONFESSOR A.D. - Too Late To Pray
    Nihilist Holocaust
    Style : Death Metal
    Origine : France
    Sortie : 2018
    Site Web : www.facebook.com/Confessormetalstrass

    CONFESSOR A.D. - Too Late To Pray



    01. Deafening Confession / 02. Haunting Enemies / 03. Hipster Killer / 04. Silent War / 05. Endless Night

    - Pardonnez moi mon Père car j’ai pêché !
    - Très bien mon fils, je vous écoute, Dieu vous écoute.
    - Il est là, Dieu ? Non parce que comme il y a une cloison entre nous, je ne vois pas ce qu’il se passe de votre côté...
    - Si, si il est là, il est en chacun de nous !
    - Hein ?...
    - Bon c’est pas grave, je vous écoute...
    - Alors voilà, en début d’année 2018, un groupe Strasbourgeois, CONFESSOR A.D., a publié un EP du nom de Too Late To Pray...
    - Oh là là mon fils, pas tant de blasphèmes dans une seule phrase !
    - Hein ?...
    - Bon c’est pas grave je vous écoute...
    - Cet EP est donc sorti chez Nihilistic Holocaust en mars dernier, un label français qui propose un peu tout ce qui peut se présenter en entité purulente, noire et profondément old-school mais voilà je suis passé à côté de cette sortie pourtant enthousiasmante mais je ne vous en ai pas déjà parlé mon Père ?
    - Non je ne pense pas, mais c’est donc là votre pêché ?
    - Vous voulez écouter ?
    - Euh, parlez moi déjà de ce qui vous hante et on verra ensuite si j’ai besoin d’écouter.
    - Et bien avec un premier titre "Deafening Silence" aussi ancré dans un Death Metal des plus balisés, le groupe français réussit tout de même à nous faire secouer la tête, l’efficacité est de mise mais ce n’est là qu’une mise en bouche car CONFESSOR A.D. ce n’est pas que du Death Metal old-school et cela va très vite s’annoncer avec "Haunting Enemies" et son lead plus mélodique et ses relents de Thrash Metal ou avec "Hipster Killer" qui navigue entre Death Metal pouvant s’acoquiner un temps avec un Black Death Metal pour nous saisir avec ses petits arpèges dynamiques qui vous cassent le rythme sans prévenir, ça vous saisit comme une bonne fessée bien placée, vous voyez ?
    - Non, je ne vois pas, non...
    - Mouais... Donc, certes les titres des chansons ne sont pas des plus originaux avec des "Silent War" ou des "Haunting Enemies", on est là dans le thème Death Metal des plus communs mais musicalement ça va chercher du Thrash Death Metal avec "Endless Night", du Death Metal sur "Deafening Silence", du Blackened Death Metal sur "Hipster Killer", on est pas loin de DEATH sur l’ensemble, même si le chant est plus posé à la manière d’un Nick Holmes. Et puis, il y a l’aspect production, avec une telle approche, on aurait pu penser que le trio aurait opté pour une production plus sale, alors attention, ce n’est pas du clinique, on reste dans une approche sale mais pour faire ressortir ces fameux leads, CONFESSOR A.D. assainit un peu le propos, et le résultat est des plus prometteurs. Cette basse claquante forme la clé de voute d’une chapelle bien solide, la batterie n’en faisant jamais de trop, laissant toute la place à la guitare pour prendre son ampleur, pas de blasts ultra rapides, on reste sur un mid-tempo. Alors, lorsqu’un petit solo bluesy débarque au beau milieu de "Haunting Enemies", le contraste est saisissant, un peu comme un coup de trique sur le gland, vous voyez ?
    - Non, je… je ne vois pas non...
    - OK ! Bon, il est vrai que la production peut manquer d’un peu de profondeur, que la batterie soit un peu noyée et manque d’attaque sur la caisse claire (quoique sur "Endless Night", sa présence est bien plus notable) et la grosse caisse mais c’est dans l’ambiance générale où CONFESSOR A.D. tire son épingle du jeu et que j’ai fauté de ne pas être tombé dessus plus tôt afin de prêcher la bonne parole à la communauté et ce, malgré les signaux annonciateurs, heureusement j’ai été remis sur le bon chemin. Ce premier EP montre un groupe très sûr de lui, avec des influences évidentes, ils réussissent à proposer un Death Metal finalement assez personnel.
    - Très bien mon Fils, j’ai l’impression que vous êtes déjà sur le chemin de la rédemption, non ?
    - Ah oui je sais, mais ça me faisait marrer de vous dérouler tout cela en confession, mon seul regret est de ne pas pouvoir voir votre regard tout au long de ce moment. Et sinon, Dieu est encore là ?
    - ... Oui !
    - Eh bien faites lui une bise de ma part ! Et n’hésitez pas à jeter une oreille à ce Too Late To Pray de CONFESSOR A.D..

    Chronique : Aymerick Painless

    CONFESSOR A.D. - Too Late To Pray

     

     

     


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  • INVOCATION SPELLS - Spread Cruelty In The Abyss
    Hell's Headbangers Records
    Style : Black/Thrash Metal
    Origine : Chili
    Sortie : 2018
    Site Web : www.facebook.com/InvocationSpells

    INVOCATION SPELLS - Spread Cruelty In The Abyss



    01. Ruins Of Cemetary / 02. Rotting Sacrifice / 03. Victims Of Doom / 04. Torment Of Obssessor / 05. Old Rites / 06. Spread Cruelty / 07. Obscure And Evil / 08. From The Graves

    ...et se retrouvèrent pour une explosion d’expressionnisme morbide aux portes du cimetière en ruine dont ils sortaient. On pouvait distinguer des corps à peine putréfiés que les sacrifices avaient rendu méconnaissable, des zombies à crête, expéditeurs de mosh ou de simples passants se joignant à l'orgie qui montait des tombes voisines, rependant la crasse depuis les abysses. Ces vieux rites qui réapparaissent de plus en plus régulièrement n'avaient d'autre but que de semer le chaos au sein d'une institution déjà, elle-même, très chaotique... oh tient un bras qui vole, c'est Camilo Pierattini qui me propose un coup de main pour m'intégrer à la bande, ici il se fait appelé Witchfucker, mais ne distinguant aucun sourire sur le visage de ce dernier, je comprends rapidement que l'homme et son acolyte, Obssessor, vont me mener sur des chemins dont je connais très bien la destination et dont l'humour ne fait pas vraiment partie du décor ambiant.

    Il y eu une première alerte en avril dernier émanant de Suicide Records, jeune start-up à la botte de la Grande Mort, mais cela fut contenu au Chili ou peut-être un peu dans l'Amérique du Sud. Mais les interconnections modernes ont fait que des chevelus de l'enfer, réunis sous l'égide de Hell's Headbangers Records, ont pris ces deux petits gars d'infection et leur proposent de reconduire leurs rites ancestraux déjà promulgués par trois fois auparavant. Les flammes de la haine ayant consumé ce qui leur restait de chair saine, nous avons là un descriptif d'une destruction à la masse de l'enfer, rien de bien originale me direz-vous ? Essayez donc de glisser votre tête sous cette masse lorsqu'elle s'abat au son obscure et malsain qui a emporté les victimes de la malédiction. Tout n'est que ruine, crasse et chaos où un air alimenté par les gaz dégagés par les corps en décomposition se fait vite irrespirable et ce que l'on pensait être une fête de quartier se transforme en fosse où le mosh pit est roi.

    Une aura noire se distingue au loin, renforçant l'impact de la masse de l'enfer lorsqu'elle rencontre les tourments d'Obssessor, vous joindrez-vous à la danse entends-je ? Trop tard ma jambe droite est partie, les Thrashers se réjouiront d'incantations vieille école mais une âme noire est nécessaire pour ne pas trouver là qu'une vaste orgie de décibels. Vous pourriez y rencontrer Marcel alias Schmier en veste à cuir et à clous, ou même Apollyon avec une veste à patch où on distinguerait très certainement le logo de groupes tels que PERVERSOR, NOCTURNAL WITCH, DARKTHRONE, HELLHAMMER ou AURA NOIR. Vous les reconnaîtriez immédiatement de toute façon car sous leur habit bien cradingue, leur âme n'a pas changé. Le sergent destructeur qui a initié ces deux fossoyeurs doit être fier d'eux, l'esprit vit toujours sans évolution, aucune c'est vrai, mais toujours avec ce même esprit qui animait ces rites et qui faisait mosher nos ancêtres ou les plus anciens d'entre-nous qui ont connu l'époque où tout cela a commencé.

    Chronique : Aymerick Painless

    INVOCATION SPELLS - Spread Cruelty In The Abyss

     

     

     


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  • MONGREL'S CROSS - Psalter Of The Royal Dragon Court
    Hell's Headbangers Records
    Style :  Black Thrash Metal
    Origine : Australie
    Sortie : 2018
    Site Web : www.facebook.com/MongrelsCross

    MONGREL'S CROSS - Psalter Of The Royal Dragon Court



    01. King Of The Beasts / 02. Neurian Transformation / 03. The Thirteenth Card / 04. Khara / 05. From Transylvania to Tunbridge Wells / 06. Derkesthai - Initiation (To See Clearly) / 07. Trail Of The Serpent / 08. Vessel Of Shar On



    « Y a plus d'originalité dans la musique qu'ils disent... tout a déjà été fait... les p'tits jeunes ne font que reprendre de vieilles recettes déjà largement usées ! » D'accord j'entends très bien ce que vous dites mais on fait quoi, on fige le tout ? Et si plus rien ne peut exister après DESTROYER 666, que fait on des Australiens de MONGREL'S CROSS dont le deuxième album, Psalter Of The Royal Dragon Court, nous est ici proposé ? On écoute quand même, non ?

    En tout cas, une chose est sûre, c'est que ça aurait été dommage de passer à côté (oui je n'ai pas attendu votre réponse pour le faire) car si on retrouve un Black Thrash Metal bien old-school, il y a une dimension assez mélodique portée par quelques guitares lead bien senties ("King Of The Beasts", "Derkesthai - Initiation (To See Clearly)" ou "Vessel Of Shar On") et quelques appuis de claviers donnant une dimension moins brute à cette musique qui n'en perd pourtant pas sa nature ("Neurian Transformation"). Le tout commence donc de façon assez normalisée sur un "King Of The Beasts" dont il faut attendre l'ultime "Vessel Of Shar On" pour comprendre la façon dont les Australiens ont construit ce deuxième opus. Cela forme une boucle telle que si l'album recommence l'impression de continuité est là, aucun sentiment de fin lorsque se termine ce huitième titre, cela montre déjà que MONGREL'S CROSS ne s'est pas contenté d'aligner les titres sans y mettre une partie de leur âme.

    Musicalement, l'esprit Black Metal se concrétise par sa frange la plus old-school, celle que VENOM a popularisé avec cet esprit Thrash bien présent avec des réminiscences plus contemporaines, parfois à l'intérieur d'un même morceau (l'excellent "The Thirteenth Card" tantôt mélodique, tantôt blasté, tantôt Thrash pur jus), et puis bien entendu il y a cette voix de Grand Mongrel, forgée à l'acide, qui clame ses mots avec un côté un peu moins direct que ce que l'on peut entendre en général sur cette scène Black Thrash Metal, cette façon de faire trainer certaines syllabes résonne clairement comme du Black Metal, alors lorsqu'en plus le débit est décorrélé de celui de la musique, on est en plein Black 90's. Et puis, il y a cette facilité à proposer des titres bourre-crâne, ces "Khara", "From Transylvania To Tunbridge Wells" ou "Derkesthai - Initiation (To See Clearly)" sont autant d'exemples de l'efficacité d'écriture de ce trio qui varie également les plaisirs avec une base très solide dont ils ne s'éloignent pas vraiment dans le fond, mais sur la forme, le passage ternaire de "From Transylvania To Tunbridge Wells" peut surprendre tout en étant très bien intégré avant qu'un passage plus typé Black Metal, appuyé par quelques claviers, ne nous re-projette dans la crasse.

    Alors, inutile, toutefois, d'attendre de ce Psalter Of The Royal Dragon Court la révolution, oui, ces gars n'ont rien inventé mais, et les connaisseurs du label Hell's Headbangers Records savent de quoi je parle, il y a une âme, un discours sincère derrière, pas une posture DESTROYER666-like, un très bon album qui peut largement tourner sur vos platines un long moment sans que vous en soyez écœuré, et ce grâce à ces passages efficaces, chaque titre possède sa partie reconnaissable qui vous donne envie de taper du pied, de hurler, d'headbanger, des arrangements et des structures très dynamiques pour un album hautement recommandé.

    Chronique : Aymerick Painless

    MONGREL'S CROSS - Psalter Of The Royal Dragon Court

     

     

     

     


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  • MARDUK - Viktoria
    Century Media Records
    Style : Black Metal
    Origine : Suède
    Sortie : 2018
    Site Web : www.marduk.nu

    MARDUK - Viktoria



    01. Werwolf / 02. June 44 / 03. Equestrian Bloodlust / 04. Tiger I / 05. Narva / 06. The Last Fallen / 07. Viktoria / 08. The Devil’s Song / 09. Silent Night

    On ne présente plus MARDUK, la légende du Black Metal suédois qui officie depuis 1990. Quatorze albums plus tard et des tas de EP, splits, lives et compiles, revoici le combo, toujours aussi fringant, l’inspiration en moins. MARDUK maitrise le Black Metal ravageur et guerrier depuis presque trente ans, et nous sert des thématiques deuxième guerre mondiale depuis 1999 me semble-t-il et le fameux Panzer Division Marduk. Bref,  ils savent ce qu’ils font.

    Viktoria est un album ravageur, guerrier et brutal, du MARDUK quoi ! Pas de surprise avec cet opus qui attaque nos oreilles comme un missile mais  ne laissera pas une empreinte indélébile. Pourtant, certains titres ou passages sont dignes d’intérêt. "June 44" commence par un blast dévastateur et un riff plutôt sympa qu’on aime écouter et réécouter  ; ou encore "Equestrian Bloodlust". "Narva" (leçon de géographie  : Narva est une ville d’Estonie, point de passage obligé entre la ville de Leningrad (aujourd'hui Saint-Pétersbourg) et l'Estonie. La bataille de Narva a eu pour enjeu la conquête des pays baltes en 44) est plutôt bien fichue. Tempo très élevé, qui ne laisse pas de répit, la guerre fait rage. Petit break en mid tempo, plus posé et mélodieux en milieu de morceau: on apprécie  ! On retient le riff qui est bien trouvé. "The Devil's Song" est notable également et commence par 47 secondes, soit près d’une minute, avec le même riff (deux accords) qui revient encore 20 secondes après. Heureusement, un superbe passage vient relever le niveau, vers 1min 34. Un riff qui vaut vraiment le détour, mélodique et brutal, superbement trouvé. Les blasts sont ici de mise. "Tiger I" (leçon d’histoire  : Tiger I diminutif de Panzerkampfwagen VI Tiger Ausführung E - Sonderkraftfahrzeug 181, ce qui aurait probablement été un peu trop long, était un char d'assaut lourd allemand en service de 1942 à 1945) n’est pas si mal. Tempo lent, martial, effets vocaux, en alternance avec des parties blastées.

    Tout le monde aura compris la thématique de cet album, avec des titres comme "June 44", "Viktoria", "Narva", "Tiger I" ou encore "Werwolf" (leçon d’histoire  :  La Werwolf (loup-garou en allemand) était un corps franc formé de volontaires nazis pour résister derrière les lignes de front, particulièrement celles du front de l'Est, contre les Alliés envahissant l'Allemagne). Donc on parle bien de la seconde guerre mondiale, et plus précisément de la fin du conflit ("Viktoria") dans cet album.

    Donc voilà le quatorzième album de MARDUK, et la trentième production ! Autant dire que ce groupe suédois incontournable sait ce qu’il fait. Et c’est là que le bat blesse. Blasés les MARDUK  ? En tous cas, ils possèdent les ficelles d’un album de Black Metal réussi, mais l’originalité n’y est pas. Les riffs sont sans surprise, voire déjà entendus dans des précédents albums. Cela dit, la thématique guerrière et les morceaux agressifs et violents restent agréables. A écouter pour les amateurs du groupe ou de Black Metal qui envoie.

    Chronique : Fanny

    MARDUK - Viktoria

     

     

     


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  • TRUCHŁO STRZGI - Pora Umierać
    Godz Ov War Productions
    Style : Punk/Black Metal
    Origine : Pologne
    Sortie : 2018
    Site Web : https://godzovwarproductions.bandcamp.com/album/pora-umiera

    TRUCHŁO STRZGI - Pora Umierać



    01. Apokaliptyczny młot (Obliteracja poprzez życie) / 02. Sadystyczny masowy mord / 03. Tu gdzie czarna zorza Płonie  / 04. Świat pędzi ku przestrodze (Pradawne demony) / 05. Śmierć i płomień / 06. Busola do nikąd / 07. Jestem (Żyję, gniję, umieram) / 08. Stary kult śmierci (Ozłocone truchło)

    Comme vous le savez le Punk et le Black ont cette consanguinité revendiquée par bons nombres de têtes de proue du mouvement Black Metal dont DARKTHRONE, ou même VENOM si on veut remonter aux origines. Alors voir des groupes comme TRUCHŁO STRZGI se former n'a rien de bien surprenant même si le plus souvent, ces groupes restent cantonnés à vivoter dans un underground destiné aux purs et durs d'un style particulier. Toutefois, nos Polonais montrent avec ce premier album Pora Umierać que ce courant n'est pas fait que de chansons à boire et qu'un univers sombre et crade peut y être développé avec beaucoup de cohérence.

    Alors c'est vrai qu'avec l'introduction de "Apokaliptyczny młot (Obliteracja poprzez życie)" où l'on entend quelqu'un s'essayer au chant de façon maladroite ponctué d'un grand éclat de rire, on peut craindre pour le sérieux de la démarche, mais aussitôt le petit discours de présentation, le propos se fait Black Metal primitif à la POSSESSED ou VENOM sans l'ambiance sulfureuse, ici c'est juste crade. C'est avec "Sadystyczny Masowy Mord" que l'on entre dans un environnement plus sombre, même si les oh-oh-oh très Punk pour le coup rappellent ce à quoi nous avons affaire. Régulièrement, TRUCHŁO STRZGI nous surprend, notamment avec ce troisième titre "Tu Gdzie Czarna Zorza Płonie" qui renvoie plus vers l'esprit Rock'n'roll d'un SATYRICON, seule la voix clamée en chœur nous renvoie vers le Punk mais un "Śmierć i płomień" est introduit par un riff typé Black avant des couplets à la DARKTHRONE, le tout dans une urgence totale, une énergie dévastatrice et surtout communicative. Il faut saluer la production qui permet de distinguer facilement ce qu'il se passe sur la galette car très souvent, les groupes du style cachent leurs approximations derrière une production très crade et peu précise, c'est également le cas dans le Black Metal me direz-vous, et je suis tout à fait d'accord sur ce constat, mais là les Polonais se basent sur des riffs percutants, des lignes de chant directes et sans fioritures pour insuffler l'esprit Punk à ce Black Metal qui reste tout de même loin des ambiances les plus noires du style.

    Un mot sur l'artwork qui est parfaitement soigné, certes les paroles en polonais ne vont pas parler à tout le monde mais il règne dans ce livret cette même ambiance que sur le disque, le tout parfaitement réfléchi, une imagerie glauque et sombre, dessinée pour la rendre moins réelle, faisant travailler votre imagination, voilà qui peut être encore plus brutal qu'une photo glauque ! Et puis le groupe ne dispose pas de site internet et encore moins de Facebook, à l'heure où tous les groupes de Black Metal en ont et y sont très actifs (et ce n'est pas un jugement, chacun fait ce qu'il veut) voilà TRUCHŁO STRZGI, plus Black que les groupes de Black Metal. Voilà le genre d'album que vous mettez dans votre platine, vous sortez la vaisselle offerte par la belle-mère à votre mariage, tout ce que vous voulez voir disparaître (oui on accepte les gens également !) et vous détruisez tout, c'est pas compliqué, armé d'une masse, d'une tronçonneuse, ce que vous préférez, mais ce Pora Umierać est un défouloir qui fait du bien par où ça passe. Un album qui me fait penser à ce que j'ai vu en live des Belges de BLACK BLEEDING.

    Chronique : Aymerick Painless

    TRUCHŁO STRZGI - Pora Umierać

     

     


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  • MOONREICH - Fugue
    Les Acteurs De L'Ombre Productions
    Style : Black Metal
    Origine : France
    Sortie : 2018
    Site Web : www.facebook.com/Moonreich

    MOONREICH - Fugue


     
    01. Fugue part.I - Every Time She Passes Away / 02. Fugue part.II - Every Time The Earth Slips Away / 03. With Open Throat For Way Too Long / 04. Heart Symbolism / 05. Rarefaction / 06. Carry That Drought 'cause I Have No Arms Anymore / 07. The Things Behind The Moon

    Les Parisiens de MOONREICH officient depuis 10 ans maintenant. Ils sortent ici leur quatrième album. Sept titres plutôt longs (certains dépassent les 10 minutes). Un vrai travail de composition, des parties batteries recherchées et des guitares aigües travaillées et mélodiques.
     
    Le premier morceau "Every Time She Passes Away", après quelques secondes d’une intro malsaine et calme, entre dans le vif du sujet avec des riffs et un blast très rapides. Je suis dubitative sur ce premier titre, qui ne m’emballe pas plus que ça et semble décousu (j’ai bien écrit « semble »). La voix est très agressive, déchirée, torturée, le tout posé sur des guitares acérées et violentes. Mais je ne trouve pas ce premier morceau cohérent... trop fou pour moi. Le deuxième morceau "Every Time The Earth Slips Away" dure une dizaine de minutes ! je suis perplexe sur certains passages, mais globalement, ce titre long est très réussi, sans être ennuyeux tant il reste intense. Les parties guitares sont très recherchées et vraiment belles. Et l’intensité prime du début à la fin ! Franchement, nous voici en présence d’un bel hymne de Black Metal. "With Open Throat For Way Too Long" est moins mélodique, plus brutal. Blast, couverture à la double pédale et riff agressifs. La mélodie est moins présente et on retrouve un peu ce fouillis du début d’album. La voix est très (trop ?) présente et laisse peu de place au reste. Pourtant, nous avons des parties batterie et guitare très complexes. Le reste de l’album est du même acabit que le début : parties rapides et violentes, et passages très intense. L’intensité prime tout au long de cet album. Les voix  torturées et violentes sont présentes partout. Les titres sont complexes, les structures réfléchies. Chaque instrument fait preuve d’un niveau certain : double pédale maitrisée et dense, blasts rapides, arpèges et riffs lourds, recherchés. La cover est dans les tons gris, un graphisme épuré et crayonné. Un cœur, symbole de vie, d’émotions aussi, rappelant les anciennes planches anatomiques, se métamorphosant en serpent, avec cet œil central qui vous juge. Une multiplicité de symboles qui peut laisser courir votre imagination et votre interprétation.
     
    Avec Fugue, MOONREICH nous présente un album d’un grande intensité, avec des compositions originales, novatrices, des sons graves et des riffs recherchés. La simplicité n’a pas sa place ici, et la complexité règne, permettant de proposer à l’auditeur une musique riche, et pas un énième album de « trve » Black Metal déjà maintes fois entendu. Alors jetez une oreille attentive si vous êtes en attente de son nouveau, de violence écorchée, loin d’un Black Metal triste et dépressif. Pourtant, cet album, bien que très réussi, n’est pas parvenu à me parler. J’ai trouvé les compositions fouillis et j’avoue m’être un peu perdue.

    Chronique : Fanny

    MOONREICH - Fugue

     

     


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  • DRAWN AND QUARTERED - The One Who Lurks
    Krucyator Productions
    Style : Death Metal
    Origine : États-Unis
    Sortie : 2018
    Site Web : www.facebook.com/drawnandquartered

    DRAWN AND QUARTERED - The One Who Lurks



    01. Nefarious Rites / 02. Ravage The Cadaver / 03. Horned Shadows Rise / 04. Deliverance To The Worms / 05. Temples Of Arcane Devotion / 06. Carnal Transmigration / 07. The One Who Lurks / 08. Portals Of Communion

    Connaissez vous le point commun entre Nicolas de Salcède, Robert François Damiens et Jean Châtel ? Certes, ils ont tous les trois porté atteinte au Régime en place à leur époque en tentant d'assassiner le monarque, mais ils ont également échoué dans leur tentative, ce qui ne changea pas le verdict judiciaire, l'écartèlement ! Une ironie quand on pense que les mecs ont loupé leur coup et qu'ils subissent tout de même une des pires façons de mourir ! Ceci dit, voilà un nom qui serait parfait pour un groupe chantant la mort, non ? Et bien c'est déjà fait puisque DRAWN AND QUARTERED opère depuis déjà 1993, soit 25 ans ! Une carrière énorme qui les mène aujourd'hui chez un label bien de chez nous, Krucyator Productions, les petits gars ont traversé l'Atlantique pour confier leur Death Metal, que les amateurs d'IMMOLATION devraient très vite adopter, à un label dynamique.

    Alors pour situer un peu le sujet, vous rappelez-vous de l'excellent Onward To Golgotha d'INCANTATION ? Et bien ce The One Who Lurks me rappelle cette sensation indescriptible ressentie à l'écoute de ce monument du Death Metal. Attention, je ne dis pas que l'on est dans la même intensité et la même qualité car DRAWN AND QUARTERED existent par eux-mêmes et non à travers un pseudo revival d'INCANTATION. Les riffs sont massifs, la batterie traine les pieds comme il faut pour écraser le crâne de l'auditeur et les leads de guitares agissent comme des incisions à vif lors d'un écartèlement, fait pour faciliter la rupture des tissus ! Ainsi le titre d'ouverture, "Nefarious Rites", dégage une dynamique un peu moins brutale que ce qui suit ensuite, le très bon "Ravage The Cadaver" nous envoie une salve de lacérations qui reprend de plus belle sur un "Horned Shadows Rise" où le traitement des voix présente un axe particulièrement intéressant, noyé dans l'ensemble, on y retrouve une certaine ambiance Black Metal old-school franchement intéressante alors que la batterie se met en mode blast assez modéré mais maitrisé avec quelques coups de caisse claire qui agissent comme des coups de fouet. Ce début d'album offre une montée en intensité qui ne baisse pas de régime avec l'expéditif "Deliverance To The Worms". Ensuite, l'enchainement "Temples Of Arcane Devotion" et "Carnal Transmigration" n'offre pas plus que ce à quoi nous avons assisté auparavant, mais ça a le mérite d'enfoncer le clou si c'était nécessaire. Le production chargée en basse et assez compressée réalisée par Loic F. (AUTOKRATOR) demande plusieurs écoutes pour saisir la subtilité de ce qui se passe réellement, on est là encore dans la plus pure tradition du Death Metal à la IMMOLATION et surtout INCANTATION, les leads surgissent comme de réelles fulgurances et c'est certainement la raison pour laquelle les deux titres qui en sont le moins pourvus sont ceux qui marquent moins l'esprit, même après plusieurs écoutes. Avec la chanson titre, DRAWN AND QUARTERED reprend un schéma de Death Metal rampant alterné à du Death Metal Américain avec ce lead de guitare récurrent servant de rampe de lancement à cette fin de titre écrasante où la basse se fait encore plus présente que d'habitude, le groupe agissant en trio (en quatuor en condition live avec l'addition de Beau Galloway, GRAVENLOCH, à la guitare), cela s'explique assez facilement.

    DRAWN AND QUARTERED ne se cache pas derrière le poids des années, 25 ans de Death Metal mais 25 ans à développer son style avec, certes de fortes accointances avec d'autres ayant réussi à avoir une portée plus grande, mais qui sont plus ou moins de la même époque. Ce nouvel album, The One Who Lurks, s'inscrit dans la même logique que ses précédents albums, une ode crasseuse au Death Metal 90's, équilibré, dynamique mais écrasant à souhait, oubliez le pseudo groove moderne, ces titres sentent le vieux et ça fait du bien lorsque c'est bien fait comme ici.

    Chronique : Aymerick Painless

    DRAWN AND QUARTERED - The One Who Lurks

     

     

     


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  • SADRAEN - Orphan Lord
    M&O Music
    Style : Progressive Death Metal
    Origine : France
    Sortie : 2018
    Site Web : www.sadraen.com

    SADRAEN - Orphan Lord



    01. Hideous Soul / 02. The Stoic Gathering / 03. Fourth Wall / 04. Torn / 05. Synæsthesia / 06. Orphan Lord / 07. Sarcoma / 08. Human Hatcher / 09. Terse Æon / 10. To Whatever End

    Prévu fin 2017, ce premier album des Amiénois de SADRAEN, Orphan Lord, se voit aujourd'hui mis sur le devant de la scène par M&O Music qui l'a finalement publié en mars de cette année. Le groupe se compose sur les cendres fumantes de SHIVA qui fut la première incarnation de ce nouveau groupe déjà auteur d'un premier EP Sophomore en 2014.

    Avec un chant typé Deathcore, le groupe se démarque cependant de ce courant avec un Death Metal certes groovy mais à tendance progressive également, et là un nom vient en tête, GOJIRA, et des titres comme "The Stoic Gathering", "Sarcoma", ou "Fourth Wall" pour les guitares, mais aussi "Torn" pour l'approche du chant sur le refrain, ne laissent pas de place au doute. Toutefois, il est réducteur de laisser entendre que SADRAEN n'est qu'une copie de GOJIRA car l'ambiance est beaucoup moins pesante que chez nos Landais, c'est plus posé, plus mélodique également et la structure des morceaux se veut plus directe également. Le quatuor débute l'album avec quatre titres très différents, quatre facettes du groupe qui montre une capacité d'écriture extrêmement réfléchie avec une mise en son ultra-soignée, presque un brin surproduite si on veut chipoter, notamment sur le traitement de la batterie extrêmement propre. Après la respiration qu'est "Synæsthesia", la chanson titre relance la machine sur un mid tempo assez mélodique sur lequel le chant caverneux d'Antoine Mietka laisse peser une chape de plomb au dessus de ce titre qu'il aurait été trop facile de laisser s'aérer, c'est également là que la capacité d'arrangement et d'écriture du groupe s'exprime le mieux, par leur facilité à ne pas aller vers le trop facile justement. Cette chanson titre se mue progressivement en un titre bien groovy qui va faire remuer des nuques en rythme en condition live, le tout sans jamais réellement surprendre l'auditeur, seulement par le fait que le tout est plutôt bien écrit et bien exécuté.

    La fin d'album se fait sur le même rythme, notamment avec le titre "Human Hatcher" qui se traine comme il faut, un très bon titre que le groupe avait déjà bien avant l'enregistrement de cet album visiblement, signe que leur accointance à jouer ce style musical n'est pas nouveau. Par contre, un titre comme "Terse Æon" se fait plus banal, la voix claire sensée illuminer le morceau tombe un peu à plat par sa ligne trop facile, alors que sur "The Stoic Gathering" cette voix était plus pertinente tout comme sur l'ultime "To Whatever End", également très proche de l'univers de GOJIRA sur sa première moitié avant de prendre des allures de Groove Metal sur un break central qui casse avantageusement cette ambiance qui reprend de plus belle ensuite.

    Si Orphan Lord n'offre pas de réelle surprise, on peut toutefois très vite se laisser prendre au jeu si on a des affinités avec GOJIRA, le MACHINE HEAD le plus récent également pour le groove apporté à l'ensemble, un bon début pour ces Amiénois qui tournent dans toute la France durant le mois d'août.

    Chronique : Aymerick Painless

    SADRAEN - Orphan Lord

     


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