• UNCHAINED - Chasing Shadows
    Autoproduction
    Style : Melodeath
    Origine : France
    Sortie : 2017
    Site Web : www.facebook.com/metalunchained

    UNCHAINED - Chasing Shadows



    01. City Of Lights / 02. No Lessons Learned / 03. Conspiracy For Fools / 04. The Great Disease / 05. This Is Hell / 06. My Favorite Nightmare / 07. Black As Your Soul / 08. Book Of The Dead / 09. Let It Kill You / 10. Room 237

    Cinq ans après Oncoming Chaos, les Niçois de UNCHAINED nous reviennent avec leur second album, Chasing Shadows. Pour ceux qui ont écouté leur précédente réalisation, il n'y aura pas de grande surprise, on retrouve ce Melodeath parsemé de touches Heavy et Thrash qui font partie intégrante de l'identité du combo. Toutefois là où l'opus précédent, à l'exception de quelques titres, pouvait encore sonner assez « générique » et peu original, cette nouvelle offrande semble bien plus inspirée, proposant des compos fort bien ficelées et relativement efficaces au rang desquelles on pourra retenir parmi les plus mémorables "Conspiracy For Fools", "The Great Disease", "My Favorite Nightmare", "Black As Your Soul" ou "Room 237" qui, de l'humble avis de votre serviteur, résument parfaitement les capacités et le style d'UNCHAINED. Si le niveau technique des musiciens n'est plus à prouver, il ne prend jamais le pas sur l'aspect direct et l'efficacité des compos ("My Favorite Nightmare"), n’hésitant pas à s'aventurer sur un territoire parfois plus « extrême » comme ça peut être le cas avec "Book Of The Dead" par exemple. Pour le reste, tout est carré, que ce soit au niveau des riffs, puissants et percutants, de la section rythmique, qui bétonne le tout, ou des growls de Pierre Jourdan-Gassin, jamais pris à défaut, tout est parfaitement maitrisé, Chasing Shadows marque clairement une progression pour UNCHAINED qui semble désormais s'affirmer, nous offrant là un album bien plus mature que ne pouvait l'être Oncoming Chaos. Les Niçois sont sur les bons rails, souhaitons qu'ils gardent le cap, car à l'écoute de ce nouvel essai, on se dit que le troisième album pourrait vraiment faire très mal...

    Chronique : Nono666

    UNCHAINED - Chasing Shadows

     


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  • EVADNE - A Mother Named Death
    Solitude Productions
    Style : Melodic Doom/Death Metal
    Origine : Espagne
    Sortie : 2017
    Site Web : www.evadne.es

    EVADNE - A Mother Named Death



    01. Abode Of Distress / 02. Scars That Bleed Again / 03. Morningstar Song / 04. Heirs Of Sorrow / 05. Colossal / 06. 88.6 / 07. Black Womb Of Light / 08. The Mourn Of The Oceans

    Si l'Espagne n'est pas le pays le plus répandu pour sa production de groupes de Melodic Doom Death Metal, il ne faut cependant pas l'occulter totalement car depuis 2003, EVADNE revient assez régulièrement avec des albums de fort belle tenue. The Shortest Way, le deuxième album du groupe, avait retenu l'oreille attentive de votre serviteur mais les nouvelles du groupe se faisant rare, j'avais fini par imaginer qu'il était mort dans l'anonymat. Et ce n'est pas la sortie du EP deux ans plus tard, en 2014, Dethroned Of Light, qui pouvait laisser présager une lumière plus intense en provenance de Valence, avec un nouveau titre ("Colossal" que l'on retrouve d'ailleurs sur ce nouvel album) et trois ré-enregistrements d'anciens titres extraits de la démo et des deux premiers albums, cela sentait les fonds de tiroir comme ultime au revoir.

    Mais voilà, le genre pratiqué par les Espagnols demande du temps à mettre en place, à structurer, à composer, avec un degré de finesse suffisant pour pouvoir sortir la tête de la masse. Alors, si au final on se dit que cet A Mother Named Death aurait très bien pu être un album d'OCTOBER TIDE, on reconnait surtout le goût de Solitude Productions, un Death Metal rampant très mélodique qui renvoie vers DRACONIAN, NOVEMBERS DOOM, DAYLIGHT DIES, SATURNUS et bien d'autres. Toutefois, des petits détails attirent l'oreille comme cette partie de basse sur "Scars That Bleed Again" et son ambiance qui renvoie aussi vers MY DYING BRIDE, ou ce chant clair sur "Adobe Of Distress" dont la ligne est immédiate mais finalement très addictive.

    Il est évident que tout ici rappellera un autre groupe, un autre album, tant tout est codifié et bien balisé, mais on ne peut pas retirer à ce groupe ses capacités à faire bien ce dont on attend de lui, tout cela manque un peu de dynamisme, tout juste "Black Womb Of Light" en fin d'album et son blast tirant vers le Black Metal met un peu de peps dans tout cela, un riff un peu plus noir sur "Morningstar Song" qui contraste avec le chant clair plutôt réussi même si pas très original, mais pour le reste, c'est plutôt paisible, rampant dans une grisaille ambiante. A l'écoute de cet album, je ne peux m'empêcher de penser à MY LAMENT, un groupe Belge qui a récemment refait surface. C'est peut-être cette approche progressive et cette classe dans les parties de guitares leads qui m'évoquent cela car s'il y a bien un moment où la musique laisse une trace d'espoir c'est bien sur les leads de guitare qui rythment cet album.

    A Mother Named Death retiendra donc l'attention des amateurs de douceurs sombres, celles qui rampent lentement dans le fond de votre crâne et qui vous accrochent sans que vous ne compreniez réellement pourquoi. EVADNE ne bouge pas d'un iota mais réussit toutefois à rester constant dans la qualité des compositions et d'enregistrement. Car si, en 2012, c'est Dan Swanö qui s'était chargé du mix et du mastering, là c'est à Madrid que cela a été fait pour un résultat tout à fait adéquat à l'univers du groupe. Tout juste, regrettera-t-on le traitement un peu trop clean de la batterie qui manque d'attaque dans les frappes de caisse, par contre, le traitement des voix est plutôt réussi, de même que les guitares. Si cet album n'est pas une surprise, ce n'est surtout pas une déception.

    Chronique : Aymerick Painless

    EVADNE - A Mother Named Death

     


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  • NARGAROTH - Era Of Threnody
    Inter Arma Productions
    Style : Black Metal
    Origine : Allemagne
    Sortie : 2017
    Site Web : www.nargaroth.de

    NARGAROTH - Era Of Threnody



    01. Dawn Of Epiphany / 02. Whither Goest Thou / 03. Conjunction Underneath The Alpha Weel / 04. ...As Orphans Drifting In A Desert Night / 05. The Agony Of A Dying Phoenix / 06. Epicedium To A Broken Dream / 07. Love Is A Dog From Hell / 08. Era Of Threnody / 09. TXFO / 10. My Eternal Grief, Anguish Neverending

    Cela fait déjà huit ans que NARGAROTH n’a pas sorti d'album. Le dernier datant de 2009 (Jahreszeiten).  Era Of Threnody nous arrive donc avec une cover soignée et propre, très sombre, représentant Laocoon, le fils du roi Priam et prêtre de Poséidon, et les deux serpents, présents dans le mythe antique. Voici donc une belle apologie de notre bonne vieille mythologie européenne.

    Musicalement, cet album est noir, énergique et propre, les arrangements sont impeccables (un peu trop ?). Les mélodies pleuvent et les plans sont bien construits, avec les formules qui vont bien. Tout est clean... ce qui est plutôt embêtant pour du Black Metal. Finalement, c’est trop propre, la musique manque de magie, d’accroche et de décadence. On est très loin d’un Black Metal ist Krieg, même si le niveau technique a franchement évolué. "Dawn Of Epiphany", le premier titre de l’album, donne le ton : mélancolie profonde, voix féminine triste et sensuelle, arpège désespéré et assez prenant, même si on se croit un peu dans un resto italien avec un musicien qui nous joue la sérénade. Le titre est bien réussi et très appréciable. "Whither Goest Thou" est aussi accrocheur, avec des riffs bien trouvés. "The Agony Of A Dying Phoenix" est également magnifique. Ce morceau vous emporte réellement, la guitare est bien construite et mélodique, on retrouve des plans typiques du Black Metal, avec des blasts et des parties « mid-tempo », quelques soli un peu périmés nous prouvent que les nouveaux membres du groupe savent jouer. L’album se termine comme il a commencé : une froide mélancolie, un riff décharné et un tempo lent : "My Eternal Grief, Anguish Neverending" conclue dignement cet album ! Pas de doute, le riff final reste en tête !
     
    Dès la première écoute, j’ai adoré cet album : mélodie, mélancolie, musique bien composée, propre... et pourtant ! Il m’a très vite lassé, malgré la beauté des morceaux. Je vous invite à vous faire votre propre opinion. Pour moi, cet album est tiré à quatre épingles, mais manque de relief, je n’ai pas franchement adhéré à ce qu’on me proposait, sans pouvoir réellement expliquer pourquoi. Je pense que les ficelles sont là, trop là ! C’est du Black Metal, parfois lent et déprimé, mais sans âme. D’autres diront certainement qu’ils ne sont pas d’accord... et que c’est un pur chef d’œuvre, ce que je pourrais comprendre. A écouter donc, pour se faire une idée.

    Chronique : Fanny

    NARGAROTH - Era Of Threnody

     


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  • WARFIST - Metal To The Bone
    Godz ov War Productions
    Style : Thrash/Black Metal
    Origine : Pologne
    Sortie : 2016
    Site Web : www.facebook.com/warfisthorde

    WARFIST - Metal To The Bone



    01. Pestilent Plague / 02. Written With Blood / 03. Covent Of Sin / 04. Tribe Of Lebus / 05. Breed Of War / 06. Metal To The Bone / 07. NecroVenom / 08. Playing God / 09. Reclaim The Crown

    Tu as un T-Shirt BATHORY, une veste à patch, deux potes et plein de canettes de bière à liquider, et bien monte un groupe de Thrash Black Metal, tu bourrines une demie heure et c'est bon, à condition que tu utilises des pseudonymes improbable ! En effet, les groupes qui se disent nostalgiques d'une période des 80's sont légion et poussent comme des champignons et disparaissent aussitôt, seuls les vrais, les purs et durs survivent alors lorsque l'on voit WARFIST, originaire de Pologne, qui nous offre avec Metal To The Bone, leur deuxième album en treize années de se(r)vice, on se dit que là on n'est pas tombé sur des imposteurs.

    Musicalement, il n'y a pas tromperie sur la marchandise, rythmiques en béton armé avec riffs de guitare frénétique, un chant craché comme dans le Thrash Metal mais le tout est bien mélangé à la crasse du Black Metal, un côté Punk et immédiat est également bien présent chez ces Polonais ("Covent Of Sin"). D'ailleurs le son de guitare est rempli d'aigu comme dans le Thrash des 80's et la basse est clairement mise en retrait pour un traitement à la DARKTHRONE, tout rentre bien dans les codes du style jusqu'à l'imagerie religieuse popularisée aux débuts de SLAYER qui est également là une référence indéniable, notamment par l'amour des leads de guitare bien marqués.

    La première surprise de cet album arrive avec "Breed Of War" et ses chœurs lointains alors que le morceau se révèle être un petit condensé de Thrash où Pavulon, le batteur sur cette galette, s'en donne à cœur joie sur ses fûts. Pour le reste, pas de surprise à attendre, juste 9 titres de VENOM rencontrant DARKTHRONE, BATHORY, MOTORHEAD, SODOM et SLAYER joués par des passionnés qui ne sont pas là pour attendre une quelconque once de gloire, le genre d'album qui remet vos neurones en place sans prise de tête.

    Si vous rentrez de vacances et que belle-maman, que vous avez déjà eu la gentillesse d'emmener (dans le coffre mais emmenée quand même la vieille !) vous a gavé avec sa musique qui lui rappelle sa jeunesse, genre ABBA, Claude François et autres en hurlant que ça c'était des artistes, racontant ses premiers émois ressentis en dansant avec de beaux jeunes hommes, qu'à l'époque elle séduisait bien des garçons, si si belle-maman a peut-être été attirante à un moment donné. Elle hurle donc, pensant que vous ne saisissez pas la subtile allusion à votre penchant metallique, glissez donc cet album de WARFIST dans la platine pour nettoyer le matériel, vos esgourdes et votre tête sans oublier d'imaginer que chaque coup sur les fûts symbolise un coup de presse hydraulique sur le crâne de belle-maman ! Vous voilà détendu et prêt à reprendre une activité normale, Metal To The Bone, c'est pas moi qui le dit !

    En clair, WARFIST se pose en anti-stress naturel, un échappatoire un poil brutal mais c'est pas nous qui allons les en blâmer tout de même. Un album agréable et défoulant à défaut d'être totalement indispensable.

    Chronique : Aymerick Painless

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  • HAWKWIND - Into The Woods
    Cherry Red Records
    Style : Space Rock
    Origine : Royaume-Uni
    Sortie : 2017
    Site Web : www.hawkwind.com

    HAWKWIND - Into The Woods



    01. Into The Woods / 02. Cottage In The Woods / 03. The Woodpecker / 04. Have You Seen Them? / 05. Ascent / 06. Space Ship Blues / 07. The Wind / 08. Vegan Lunch / 09. Magic Scenes / 10. Darkland / 11. Wood Nymph / 12. Deep Cavern / 13. Magic Mushroom

    Nouvel album pour HAWKWIND en 2017, et en consultant leur discographie, on hallucine de constater que c'est tout de même leur 47ème année d'existence ! En effet, le premier et éponyme méfait date de 1970... soit dit en passant, une excellente année ! Lemmy n'avait pas encore intégré le groupe mais arrivera l'année suivante et jusqu'en 1975, avant de former MOTÖRHEAD. Grand respect donc pour HAWKWIND, que l'on apprécie ou non le « Space Rock » auquel on l'a souvent affublé. Et même s'il ne reste que Dave Brock du line-up originel, cette longévité est tout bonnement incroyable.

    Concernant le contenu d'Into The Woods, le déjà fan ne sera pas déconcerté tant l'ensemble reste dans l'univers bâti depuis les premières années. Des effets bizarroïdes, des passages parlés, mais aussi quelques compositions inspirées. On aura peut-être tendance à avoir une préférence pour la deuxième moitié, tant la première partie peine un peu à décoller. Le morceau-titre, "Into The Woods", dépote pourtant pas mal mais est un brin répétitif sur ses plus de six minutes. "Cottage In The Woods", plus ambiancé, interpelle un peu mais ça ne dure pas non plus sur la longueur. "Have You Seen Them", introduit par les bruitages de "The Woodpecker", est, il faut le dire... assez chiante. "Ascent" l'est aussi assez malheureusement... bref, une première partie au final pas vraiment inoubliable. Il faut attendre "Space Ship Blues" pour retrouver un regain d'intérêt assez inespéré. Ce dernier étant un très bon titre Rock aux sonorités western, mélangées aux sempiternels effets propre au groupe... mais avec un rythme plus soutenu qui fait du bien à entendre à ce moment précis. Après le prélude assez inutile de "The Wind", "Vegan Lunch" poursuit dans ce ton plus Rock, et c'est tant mieux, même si la cible n'est pas autant atteinte que sur le précédent. "Magic Scenes" est l'autre meilleur passage, dans un style plus aérien et moins direct, mais intéressant par sa qualité émotionnelle. Émotion que l'on garde sur le calme instrumental "Darkland", par contre "Wood Nymph" échouera sur ce côté, même si l'on tente de garder le même esprit. Les monologues et bruitages sans grand intérêt de "Deep Cavern" annoncent le final "Magic Mushroom", instrumental assez décapant mais hélas bien barbant sur ses plus de neuf minutes. D'où un constat résumé pour Into The Woods par une note assez moyenne, que l'on peine à dépasser, avec, malgré tout, quelques passages dignes à tendre l'oreille. Pas une œuvre indispensable donc mais respectable en soi. Pour les fans purs et durs d'HAWKWIND, les autres pourront plutôt se diriger sur d'autres périodes de la discographie des Anglais, et il y a le choix !

    Chronique : Renegade88

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  • THORGEN - IV
    Brennus Music
    Style : Heavy Metal
    Origine : France
    Sortie : 2017
    Site Web : http://thorgen.free.fr

    THORGEN - IV



    01. Ange ou Démon / 02. Aurélia / 03. La Bête / 04. Addiction / 05. Lien de Sang / 06. Absence / 07. Chemin des Dames 2017 / 08. Ni Dieu Ni Maître / 09. Au Nom des Morts / 10. Plus d'Espoir

    Pour qui suit un tant soit peu la scène Hard & Heavy française, le nom de THORGEN ne sera sans doute pas inconnu. Le groupe axonais (originaire de l'Aisne si vous préférez), qui, mine de rien, avoisine bientôt les vingt ans de carrière, a sorti cette année son quatrième album, fort logiquement intitulé IV (au moins, ça a le mérite d'être clair !). L'attente aura certes été longue, sept ans séparent ce nouvel opus de son prédécesseur, le déjà très bon Messager du Mal, mais dés l'écoute lancée, on est vite rassuré, et c'est un vrai plaisir de retrouver l'univers musical des Laonnois qui, album après album, semble s'affirmer de plus en plus. L'alliance du Heavy avec cet aspect celtique, qui fait une bonne partie de la personnalité du combo, est une nouvelle fois des plus réussie et parfaitement équilibrée ("Ni Dieu Ni Maître"). Solide rythmiquement ("Absence") mais également empreint d'une certaine légèreté mélodique ("Lien de Sang", "Ni Dieu, Ni Maître") qui n'en délaisse pas pour autant la puissance propre au style pratiqué par nos Picards ("Absence"), THORGEN, comme à son habitude, fait cohabiter avec habileté les différentes composantes de son identité que sont des guitares puissantes et incisives, des parties de violon fort à propos, et une voix féminine qui, au fil du temps, s'est affirmée elle aussi ("Au Nom des Morts")... autant d'atouts qui permettent à THORGEN de nous offrir, une nouvelle fois, un album efficace particulièrement réussi... Au final, nous tenons avec ce IV un disque des plus convaincant qui, au vue de sa qualité, nous fait encore plus regretter la rareté des sorties du groupe. Amateurs de bon Heavy made in France, ce quatrième album est pour vous, il ne pourra que vous plaire ! Sans doute le meilleur album de THORGEN à ce jour !

    Chronique : Nono666

    THORGEN - IV

     

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  • LYING FIGURES - The Abstract Escape
    Rain Without End Records
    Style : Melodic Doom/Death Metal
    Origine : France
    Sortie : 2017
    Site Web : www.lyingfiguresband.com

    LYING FIGURES - The Abstract Escape



    01. Hospital Of 1000 Deaths / 02. Tormented Souls / 03. Monologue Of A Sick Brain / 04. The Mirror / 05. There Was A Hole Here, It's Gone Now / 06. My Special Place / 07. Remove The Black / 08. Zero

    Nous avions quitté les Nancéens de LYING FIGURES sur un EP prometteur en 2014. Inévitablement, de l’eau a coulé sous les ponts en trois ans (concerts, changement de bassiste, départ provisoire des deux guitaristes pour l’étranger, etc.) et c’est aujourd’hui une formation plus mature que nous (re)découvrons. Si des progrès ont été réalisés dans le domaine de la composition, l’interprétation a elle aussi franchi un palier à la grâce de parties de batterie plus assurées et un chant clair bien mieux exploité, tandis que le growl se taille toujours la part du lion. La personnalité de cette musique est également mieux définie. Si l’affiliation avec le Doom était loin d’être évidente par le passé, elle est ici pleinement assumée, en particulier sur la première moitié du disque, très immersive. Le Doom – est-il besoin de le rappeler ? – n’est pas uniquement une question de lenteur, c’est avant tout une « attitude musicale » en quelque sorte et LYING FIGURES embrasse désormais cette approche de façon plus évidente (le superbe "The Mirror"). Pour autant, la patte mélodique du groupe reste facilement reconnaissable pour qui connait ses précédentes réalisations. Le tout a été mis en boîte et traité aux Studios de la Forge par Pierre « Gorgor » Schaffner (le batteur de PHAZM), un homme qui semble mener habilement sa barque ces temps-ci. Gorgor a indéniablement donné un son d’envergure professionnelle à LYING FIGURES, même si celui-ci reste relativement générique. La deuxième partie de The Abstract Escape laisse place à davantage de variations d’ambiances et de rythmes. L’effet est double. La première impression est d’être tiré de force, et un peu à contrecœur, de l’atmosphère inquiétante et de la pesanteur dégagée par les quatre premières pistes. Mais cette démarche permet aussi d’éviter une certaine monotonie : mélodies moins sombres ("There Was A Hole Here, It’s Gone Now"), expérimentations sur le chant, retour partiel à un style plus remuant (mid-tempo et blast-beats de rigueur sur "My Special Place" et "Remove The Black"). A ce propos, une version vinyle de l’album serait d’ailleurs la bienvenue, en cela qu’elle rendrait hommage à ces disques dont les deux faces prenaient chacune une orientation distincte. The Abstract Escape se clôt sur un "Zero" plus atmosphérique, qui aurait peut-être mérité un développement plus ambitieux, en dépit d’une durée déjà conséquente. Dire que tout est parfait serait bien entendu exagéré, mais c’est tout de même une grande satisfaction de voir une formation que l’on suit depuis ses débuts accoucher d’un premier essai aussi réussi. Rendez-vous dans trois ans, et avec de belles opportunités d’apprécier LYING FIGURES sur scène d’ici-là, si possible !

    Chronique : Morbid S.

    LYING FIGURES - The Abstract Escape

     


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  • EZOO - Feeding The Beast
    earMUSIC
    Style : Hard Rock
    Origine : Italie
    Sortie : 2017
    Site Web : www.facebook.com/dario.mollo

    EZOO - Feeding The Beast



    01. You Are Your Wallet / 02. The Flight Of The Sapini / 03. C'est La Vie / 04. Guys From God / 05. Feeding The Beast / 06. Eyes Of The World (Rainbow Cover) / 07. Colder Than Cool / 08. Too High To Be Falling / 09. Motorbike / 10. Since You Been Gone (Russ Balard Cover) / 11. Don't Look Back / 12. Coda

    Les années 2016 et 2017 nous auront gâté au niveau des sorties, nous, les fans de Graham Bonnet et Dario Mollo. En effet, à peine remis des très bons, voire excellents, The Book (GRAHAM BONNET BAND) et Rock The Cradle (DARIO MOLLO'S CROSSBONES), voici, cette fois, les deux protagonistes réunis au sein d'EZOO, un projet amorcé en 2004 sous le nom d'ELECTRIC ZOO, n'ayant pas vu d'album venir à la suite mais seulement quelques dates live. Ceci est donc maintenant réparé, à notre grande surprise car on n'attendait pas de sitôt de la nouveauté de la part du chanteur ou du guitariste.

    Alors le résultat est-il à la hauteur ? On peut dire que oui, mais attention car comme le dit le titre, il faut certes « nourrir la bête » mais surtout « l'apprivoiser » ! Car aux premières écoutes, on est plutôt décontenancer par les compositions, pas très évidentes, et la voix, assez en avant et poussive par moment. Ce qui était beaucoup moins le cas sur The Book... pourtant la production est bonne par ailleurs. Les instruments ressortant tous parfaitement, comme sur Rock The Cradle... en outre, seul le bassiste (Dario Patti) est le même, le batteur est ici Roberto Gualdi en remplacement d'Ezio Secomandi, et bien sûr Graham Bonnet à la place de Carl Sentance. Tout ça pour un Hard Rock traditionnel dans la lignée des productions précédentes, où le guitariste italien nous régale encore de riffs et solos efficaces, faisant de lui l'un des musiciens les plus sous-estimés et méconnus de la planète.

    Deux reprises, encore, pourrait-on dire, que sont les sempiternelles "Eyes Of The World" et "Since You Been Gone" de RAINBOW. Surtout qu'elles apparaissaient déjà sur The Book, et, en plus, fidèles aux originales ! Car ici, la première est un peu massacrée par Mister Bonnet, bien à la peine, ne pouvant plus être dans la même mesure (ce qui est bien légitime malgré tout après tant d'années). De plus, aucun clavier n'y figure, ce qui était quand même une force du morceau. Du coup, la reprise après le solo de guitare est supprimée, ce qui est bien décevant. Néanmoins, la batterie ressortant bien, on arrive malgré tout à apprécier cette énième (mais différente) reprise. La seconde est moins surprenante, se rapprochant plus de la version originelle, le chant étant toutefois un peu plus bas, forcément. On trouve également deux instrumentaux, le court "The Flight Of The Sapini" et "Coda"... bons, mais qui n'apportent rien de plus au talent du guitariste. On préférera le riff efficace de "You Are Your Wallet", ce qui est une habitude dans les albums de Dario Mollo ("Red" pour ce qui est du plus proche). "C'est La Vie" fait également partie des futurs classiques où, faut-il encore le souligner, les guitares brillent de mille feux. "Guys From God", bien que percutante, demeure un brin lassante au bout du compte. "Feeding The Beast" s'avère être "LE" morceau de l'album où les facettes sont multiples et voit, cette fois, un Graham Bonnet qui n'a rien perdu de sa superbe... tout simplement miraculeux ! Enfin, la partie finale acoustique n'aurait sans doute pas été reniée par un certain Tony Iommi... "Colder Than Cool", plus traditionnelle dans sa construction, vaut surtout par son riff et un peu moins par son refrain trop conventionnel. "Too High To Be Falling" est assez lourde à digérer au niveau des couplets, mais le refrain allège quand même le tout. Pas le meilleur morceau, c'est sûr. "Motorbike" est plutôt sympa mais Graham Bonnet s'écorche tellement la voix par endroits que nos oreilles s'en plaignent ! Enfin, "Don't Look Back" est dans la pure tradition des RAINBOW, MSG et ALCATRAZZ... bien sûr, on s'y replonge avec plaisir.

    Et de se dire, qu'encore une fois, Feeding The Beast est une réussite, certes bien difficile à se laisser dompter... car, il faut l'avouer, si seulement quelques écoutes avaient été accomplies, la moitié des étoiles auraient sans doute été enlevées ! EZOO demeure quand même un poil en dessous du dernier DARIO MOLLO'S CROSSBONES et peut-être un demi du GRAHAM BONNET BAND. Ceci dit, une note autour des huit étoiles semble donc appropriée... De plus, on est tellement heureux de voir encore de telles collaborations en vie... Alors, fonçons et profitons de ce réel privilège !

    Chronique : Renegade88

    EZOO - Feeding The Beast

     


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  • LOATHFINDER - The Great Tired Ones
    Godz Ov War Productions
    Style : Blackened Doom Metal
    Origine : Pologne
    Sortie : 2017
    Site Web : https://loathfinder.bandcamp.com

    LOATHFINDER - The Great Tired Ones



    01. Genetic Gloom / 02. Feast On My Entrails / 03. Scents Of Regression / 04. The Great Tired Ones

    De ce qui semble être un quatuor, voici le premier EP, The Great Tired Ones, quatre titres qui oscillent tranquillement entre la lourdeur et l'écrasante lenteur du Doom Metal, une ambiance crade et dérangée typée Black Metal avec quelques bribes de racines Death Metal assez tenaces. C'est que le groupe aime conserver une part de mystère autour de son incarnation humaine plus que sur ses influences que l'on situe très bien entre les débuts de MY DYING BRIDE, ENTOMBED et DEINONYCHUS ou BETHLEHEM, autant dire que le spectre est assez large.

    On sait que le groupe est assez jeune et que la composition et l'enregistrement de cet EP est assez récent, ce qui peut expliquer quelques facilités d'écriture, voire quelques longueurs (sur "Genetic Gloom" notamment), le riff principal n'est pas des plus original et exceptionnel, pourtant les Polonais le font tourner assez longuement. Autre point compliqué, le chant ! Pourtant celui-ci n'est pas mauvais, loin de là, mais s'il apporte réellement quelque chose sur "Feast On My Entrails", sur le très MY DYING BRIDE "Scents Of Regression", celui-ci se contente de suivre la guitare pour un effet pompeux. Toutefois, sur le reste du EP, la prestation au chant ne se révèle pas comme un défaut, une voix caverneuse et profonde vient habiter les abîmes de ce style tissé ici.

    Cependant, cet EP n'étant qu'un premier jet, on se doit de remarquer ce qui fonctionne. La production, déjà, bien massive, la basse, bien en avant, tout comme la voix caverneuse, le grain des guitares est assez épais, ce qui donne aux lignes de lead un aspect sale qui colle parfaitement à l'esprit dégagé de ce Blackened Doom Metal. L'artwork, également, est à souligner. Pour un EP, la pochette signée Robert A. Von Ritter est magnifique, ce même artiste Polonais qui avait fait la cover du dernier OUTRE, autre excellent groupe par  ailleurs. Et puis, hormis les deux titres tout à fait acceptable que sont "Genetic Gloom" et "Scents Of Regression", il y a ce "Feast On My Entrails" très percutant et surtout cette ultime piste éponyme qui montre une maitrise parfaite de la lourdeur, de la saleté purulente et de la structure intelligente. Alors on pense parfois à BATUSHKA, mais aussi à BATILUS, BELUS ou FANGE, vous l'aurez compris, ça rampe dans une lourdeur ambiante qui ne trouve que peu de moments de répits.

    The Great Tired Ones est donc une entrée en matière largement conseillée pour ceux qui s'intéresseraient à des groupes comme THE GREAT OLD ONES, MOURNING DAWN, FANGE, BATILUS, FUNERARIUM et toute cette scène issue d'un Black Metal rampant. Même s'il faudra attendre une confirmation sur un format plus long, on sent à travers ces quatre titres et ces vingt huit minutes des capacités qui font que LOATHFINDER va très vite nous révéler quelques mystères qui trainent autour de cette formation.

    Chronique : Aymerick Painless

    LOATHFINDER - The Great Tired Ones

     


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  • DRAGUNOV - Korolev
    Blue Wave Recordings
    Style : Instrumental Post-Metal
    Origine : France
    Sortie : 2017
    Site Web : www.facebook.com/dragunovduo

    DRAGUNOV - Korolev



    01. 46°34'N 141°17'E / 02. Kosmonavt / 03. Semïorka / 04. Karsny Marsh / 05. Belka I Strelka / 06. 24IV67

    Sébastien, batteur des extraordinaires ABYSSE, avait formé un duo au sein duquel il évoluait à la guitare, un duo toujours instrumental mais où il y développait une ambiance bien différente. Le duo publie en mai 2015 la démo 637 mais faute de temps je remets aux calendes grecques la découverte de celle-ci, alors à la sortie du premier album, il était grand temps de rattraper ce retard inexcusable.

    Au sein de DRAGUNOV, Sébastien est à la guitare, laissant la batterie à son compère, et quel duo mes amis. Avec cette introduction "46°34'N 141°17'E", le ton est donné de suite, les coordonnées de la Russie en guise d'introduction, il faut dire que le nom du groupe et le titre des chansons de cet album pouvaient laisser présager cela. Ensuite, il y a l'ambiance glaciale de cet album, sur le fond le nom de KYPCK arrive forcément en tête, mais on est là dans un propos plus Post-Metal à la PELICAN ou CULT OF LUNA, bien qu'ici ce soit moins planant, plus martial, à la TRIPTYKON (j'invente rien, le groupe cite lui-même ces influences) mais ce "Kosmonavt" m'évoque le groupe Belge OLDD WVRMS alors qu'un "Semïorka" s'oriente plus vers un Post-Metal plus calibré. "Karsny Marsh" et son introduction très martiale, son ambiance 80's sur la partie percussion avant qu'un riff qui aurait très bien collé à l'esprit d'ABYSSE ne débarque et noircisse encore cet horizon. Encore une fois, nul besoin de chant ici, la guitare et la batterie s'expriment clairement et nous transportent dans des tourments qui ne semblent pas très sains, il y a là un côté rampant très dérangeant et les voix parlées au début de "Kosmonavt" et "Belka I Strelka" ajoutent encore à cela. Le duo prend le temps de développer l'univers de ce Post-Metal aux racines Doom bien ancrées et on pense également à un GOJIRA dans l'approche de ce même "Belka I Strelka", un titre aux multiples facettes rythmiques avec ces breaks qui évoquent clairement TRIPTYKON. Bref, DRAGUNOV impose là une personnalité forte avec comme base des influences très solides mais parfaitement digérées.

    Côté production, c'est la fête, la batterie bénéficie d'un son claquant mais naturel, les multiples pistes de guitares cohabitent parfaitement au milieu de tout cela, et la dernière piste "24IV67", plus axée ambiante, nous permet de redescendre après la forte intensité proposée par "Belka I Strelka". Ce premier opus, assez court finalement, montre une quantité de possibilités et de capacités pour ce duo qui ne semble pas s'imposer de limites.

    Chronique : Aymerick Painless

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