• ROTTING CHRIST - The Heretics
    Season Of Mist
    Style : Dark/Black Metal
    Origine : Grèce
    Sortie : 2019
    Site Web : www.rotting-christ.com

    ROTTING CHRIST - The Heretics



    01. In The Name Of God / 02. Vetry Zlye (Ветры злые) / 03. Heaven And Hell And Fire / 04. Hallowed Be Thy Name / 05. Dies Irae / 06. I Believe (Πιστευω) / 07. Fire God And Fear / 08. The Voice Of The Universe / 09. The New Messiah / 10. The Raven

    Album après album, ROTTING CHRIST n’a jamais cessé de progresser et de se surpasser, se renouvelant afin de surprendre, avec une identité toujours aussi forte et affirmée. Cependant, depuis ΛEΛLO, l’évolution semble plus infime, moins évidente et plus subtile. ROTTING CHRIST a sa marque de fabrique, ne faisant désormais progresser sa musique qu’au travers de concepts tous différents et forts intéressants. C’est pour cela que malgré quelques redondances depuis Kata Ton Daimona Eaytoy, les Grecs se montrent toujours aussi spectaculaires, jouissifs et immersifs, et que chaque sortie est attendue comme le messie. Rituals était très inspiré, certes dans la continuité du précédent, mais plus agressif tout en gardant la flamme magique qui anime le groupe. Puis Sakis Tolis se pencha sur l'écriture du livre Non Serviam: The Official Story Of ROTTING CHRIST, ce qui, dans le même temps, lui donna l’idée d’une nouvelle thématique pour cette treizième offrande. Rien d’antireligieux, The Heretics étant seulement un hommage à des penseurs, poètes, artistes, scientifiques, qualifiés à leur époque d'hérétiques et de mécréants. Une réflexion personnelle du chanteur sur l’homme et le monde qui l’entoure, The Heretics étant en quelque sorte la conclusion de l’ouvrage écrit précédemment.

    Dix titres pour presque 45 minutes d’un voyage qui laissera des traces à qui veut s’immerger complètement dans cet album. On retrouve ici du ROTTING CHRIST pur jus, avec ce mysticisme insidieux (l’intro de "In The Name Of God" et ses sons tribaux). Certes on peut y déceler des tics de composition dans certains riffs ("Dies Irae"), mais The Heretics s’avère pourtant différent de ses prédécesseurs directs, moins violent, plus mélodique que Rituals, avec une part plus importante faite aux guitares, et l’apparition de quelques leads bien sentis ("Heaven And Hell And Fire", "Fire God And Fear", le bonus track "The Sons Of Hell"). The Heretics a aussi son lot de petites nouveautés. La première chose importante, l’album a un fil conducteur, des chœurs grégoriens de toute beauté, créant une atmosphère méditative, de contemplation et de quiétude, une ambiance solennelle parfaitement en contraste avec les autres voix au ton plus dur et violent. L’enchevêtrement de ces chœurs somptueux avec la voix de Sakis Tolis est une grande réussite. Un équilibre entre noirceur et lumière ("Vetry Zlie (Ветры злые)", où l’on peut entendre le doux chant féminin russe d'Irina Zybina). Autre élément important, ces voix narrées omniprésentes ("I Believe (Πιστευω)", "Phobos") servant de lien entre les titres pour nous compter l’histoire de The Heretics, permettant de mettre en lumière les grands penseurs du monde, souvent en dualité avec l’église catholique, et finissant bien souvent sur le bûcher ou au bout d’une corde. Comme sur l’incroyable "Heaven And Hell And Fire" avec une entrée en matière sur des vers du Paradis Perdu de John Milton, et une conclusion sur une citation de Thomas Paine, ou encore sur le terrifiant "The Raven" où ROTTING CHRIST s’exprime sur un texte d’Edgar Allan Poe.

    Nous parlions précédemment de méditation et de plénitude, "Fire God And Fear" est des plus explicite, avec son début si doux, au tempo médium par la suite, très mélodique, aux chœurs chaotiques, avant que la seconde moitié du morceau ne redevienne très posée, presque contemplative, débouchant sur un lead surprenant et incendiaire de George Emmanuel. ROTTING CHRIST surprend quelque peu sur "The Voice Of The Universe", qui voit la participation d'Ashmedi (MELECHESH) en guest vocal, la voix parlée y est d’une tension redoutable, s’exprimant sous différents langages tels qu'anglais, arabe, latin, comme pourrait le faire l’être soumis à la possession du malin, celui-ci s’exprimant à travers lui comme étant la voix de l’univers, et la seule à suivre, avec toujours cette lutte pour l’équilibre, par les « amen » des chœurs monumentaux. La parole de Lucifer contre celle de Dieu. Les accélérations du titre peuvent évoquer leurs compatriotes de SEPTICFLESH. Un autre grand moment de ce nouvel album. Le travail des différentes tessitures vocales est simplement phénoménal. Un travail de titan qui demandera un effort de tous les instants pour y déceler toutes les petites variations vocales. The Heretics est un joyau, tant au niveau des textes, de sa pensée, de sa ligne directrice intellectuelle, qu'au niveau purement musical. La batterie lente et lourde intronise un fantastique "Hallowed Be Thy Name" qui ne nous fera pas mentir, ROTTING CHRIST est tout simplement grandiose. Les chœurs religieux y sont fantastiques, lourds de poids et de sens, et d’une complémentarité redoutable avec la voix diabolique, venimeuse et satirique de Sakis Tolis, celle-ci s’achevant sur des murmures, comme la bête qu’il représente. Un ROTTING CHRIST magistral qui, certes, ne se réinvente pas, mais nous propose une nouvelle fois une réflexion forte, profonde, mise en musique de façon éblouissante. Ce n’est pas le genre de voyage que l’on oublie ou qui laisse indifférent, bien au contraire ! ROTTING CHRIST et son leader Sakis Tolis sont plus que des musiciens, plus que des artistes, mais bien des génies, que l’on se doit d’honorer comme il se doit.

    Chronique : Papa Bordg

    ROTTING CHRIST - The Heretics

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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  • RHAPSODY OF FIRE - The Eighth Mountain
    AFM Records
    Style : Symphonic Power Metal
    Origine : Italie
    Sortie : 2019
    Site Web : www.rhapsodyoffire.com

    RHAPSODY OF FIRE - The Eighth Mountain



    01. Abyss Of Pain / 02. Seven Heroic Deeds / 03. Master Of Peace / 04. Rain Of Fury / 05. White Wizard / 06. Warrior Heart / 07. The Courage To Forgive / 08. March Against The Tyrant / 09. Clash Of Times / 10. The Legend Goes On / 11. The Wind, The Rain And The Moon / 12. Tales Of A Hero's Fate

    Suivre RHAPSODY n’est pas vraiment chose aisée, tant les changements de line-up sont fréquents, tout comme les changements de nom. Au point aujourd’hui de se retrouver avec un RHAPSODY OF FIRE dont Alex Staropoli (claviers) est le seul membre originel, suite aux départs conjugués de Luca Turilli (guitare) en 2011 parti former LUCA TURILLI’S RHAPSODY, puis en 2016 du chanteur Fabio Lione, et du batteur Alex Holzwarth. Tout deux rejoignant Luca Turilli pour une énième incarnation de RHAPSODY, et un troisième changement de nom: TURILLI/LIONE RHAPSODY. De son côté, RHAPSODY OF FIRE, et Alex Staropoli, courageux et volontaire, persiste, signant un nouvelle œuvre avec de nouveaux membres, jeunes et dynamiques, ne manquant pas d’être animés par la flamme de la passion. Un douzième album, le sixième sous le nom de RHAPSODY OF FIRE, intitulé The Eighth Mountain, le premier avec le nouveau chanteur Giacomo Voli, et le nouveau batteur Manuel Lotter, tous deux arrivés en 2016, qui complètent un line-up désormais composé, outre d'Alex Staropoli (claviers), de Roberto De Micheli (guitare) et Alessandro Sala (basse).

    Après Legendary Years, compilation de réenregistrements de classiques du groupe sortie en 2017, qui avait permis  de rôder une formation encore fraiche, les transalpins nous reviennent avec leur premier véritable album sous ce line-up. The Eighth Mountain se veut plus optimiste, revenant aux racines du groupe. Toujours orchestral (participation de l’orchestre symphonique national de Bulgarie), intense, épique et dramatique, mais avec des atmosphères moins sombres et plus positives que précédemment, The Eighth Mountain est le premier chapitre d’une nouvelle saga intitulée The Nephilim’s Empire Saga, une nouvelle histoire, imaginée et développée par Staropoli et De Micheli. Et si RHAPSODY OF FIRE lorgne ici vers son passé, c'est toujours avec fougue, intensité et grand talent. Très riche, mais parfaitement équilibré entre musique Metal et parties symphoniques. La première écoute peut s’avérer éprouvante tant tout y est foisonnant, mais ensuite The Eighth Mountain se révèle être vraiment très bon, pourvu de belles et fortes émotions, et, sincèrement, les écoutes s’enchaînent avec un véritable plaisir, pouvant parfois rappeler le Happy Metal des Allemands d’HELLOWEEN ("Rain Of Fury", "Master Of Peace"). Les deux nouveaux membres semblent parfaitement intégrés, avec un Giacomo Voli polyvalent, tantôt agressif, utilisant parfois un chant proche du Black Metal ("Seven Heroic Deeds", "Tales Of A Hero’s Fate"), tantôt plus doux ("The Wind, The Rain And The Moon"). Une douceur que l'on retrouve également sur un somptueux "Warrior's Heart" que n'aurait pas renié un groupe comme BLIND GUARDIAN. The Eighth Mountain atteint son paroxysme avec "The Courage To Forgive" et ses chœurs lyriques d'une grande dramaturgie.

    Ce qui est époustouflant également, c’est que nos italiens se montrent aussi forts dans des compositions rapides que plus mid-tempo, voire même lentes, comme ça peut être le cas du splendide "The Wind, The Rain And The Moon", ou alliant parfois ces deux composantes ("March Against The Tyrant") avec toujours la même réussite, représentant toutes les qualités immenses dont dispose le groupe d'Alex Staropoli. Intro rapide et puissante, très néo-classique, puis soudainement s’épanchant sur de magnifiques arpèges accompagnés de flûte. Grandiloquent, riche, complexe et gracieux. Un moment fait de montagnes russes musicales et émotionnelles. Fort de sang neuf renforçant la détermination, l’enthousiasme et la fraîcheur de RHAPSODY OF FIRE, les compositions s’en ressentent, l’inspiration aussi, parvenant à créer une musique d’une grande qualité. Un bain de jouvence qui, malgré moult péripéties, laisse toujours le groupe italien maître de l’art du Power Metal symphonique.

    Chronique : Papa Bordg

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  • PARAD1GM - Parad1gm
    Season Of Mist
    Style : Industrial Progressive Metal
    Origine : France
    Sortie : 2019
    Site Web : www.facebook.com/parad1gm.official

    PARAD1GM - Parad1gm



    01. Scars Of Life / 02. Reason / 03. Qalbik / 04. Buried / 05. From The Other Side / 06. Black Feather / 07. Host / 08. Haunted / 09. Haven / 10. Burden

    Soyons clair d'emblée, si à Heavy Sound on s'est penché sur ce premier album de PARAD1GM, c'est avant tout parce qu'en son sein on retrouve un certain Betov, désormais ancien guitariste d'ADX, qui tient ici la basse. Et la curiosité à parfois du bon ! Présenté comme un groupe Electro/Indus, PARAD1GM est bien plus que cela ! Et si ce style est effectivement représenté au travers des dix titres qui composent cet album éponyme, PARAD1GM base davantage son propos sur un Rock/Metal progressif dont l'apport d'influences Indus' vient enrichir la musique du combo parisien. Et l'ensemble se montre plutôt intéressant, nous délivrant une sorte de fusion des genres, passant avec habileté de morceaux aux relents de PARADISE LOST ("Scars Of Life", "Buried") à des choses plus progressives, mélancoliques et planantes, façon PINK FLOYD ("From The Other Side") ou beaucoup plus typiquement indus' pouvant évoquer un groupe comme RAMMSTEIN ("Qalbik"), le tout toujours parfaitement maitrisé et exécuté de mains de maitres par des musiciens expérimentés, qui réussissent sans mal à nous entrainer dans leur univers empreint de Science Fiction. Au final, nous tenons avec ce Parad1gm, un premier essai plutôt réussi et cohérent qui nous permet de découvrir un groupe des plus prometteur qui ne demande qu'à s'affirmer encore davantage avec le temps !

    Chronique : Nono666

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  • DREAM THEATER - Distance Over Time
    InsideOut Music
    Style : Progressive Metal
    Origine : États-Unis
    Sortie : 2019
    Site Web : www.dreamtheater.net

    DREAM THEATER - Distance Over Time



    01. Untethered Angel / 02. Paralyzed / 03. Fall Into The Light / 04. Barstool Warrior / 05. Room 137 / 06. S2N / 07. At Wit's End / 08. Out Of Reach / 09. Pale Blue Dot

    DREAM THEATER n’est décidément pas un groupe comme les autres, suscitant depuis toujours l’hystérie totale du fan ne jurant que par une technique ahurissante marchant sur l’eau au service d’un Prog Metal qui fut, en son temps, révolutionnaire, mais qui pour certains n’est qu’un prétexte à assouvir une prétention instrumentale, un exercice de musiciens pour musiciens, oubliant les fondamentaux d’un artiste: la création émotionnelle. Une chose est sûre, on ne peut durer aussi longtemps (33 ans) sans faire don de soi, de ses ressentis, de son vécu et de ses émotions. Ce qui fait de DREAM THEATER un géant de notre musique, quoi qu’on en dise ! Un incontournable aussi bien par sa riche et prolifique carrière, que par ce qu’il dégage et procure. Oui DREAM THEATER est grand, et à tout point de vue ! Même si, à une certaine époque, sa fan attitude ne semblait pas toujours des plus adaptée, se servant de références comme MUSE, ARK ou TOOL pour construire son style, une période où le groupe ne semblait être que spectateur de son art, son talent perdant parfois de sa propre identité, alors que son son, sa force créatrice n’aurait du avoir cure de cela, ou si peu, juste pour l’embellir. La seule division ne pouvant venir que de là, et uniquement de là.

    Le DREAM THEATER prenant des risques fut récompensé une nouvelle fois avec le double album conceptuel The Astonishing ne faisant certes pas l’unanimité, mais procurant une foule d’images, un long film dont l’indifférence n’avait pas prise. Pour Distance Over Time, les Américains ont décidé de travailler autrement, de ne pas reproduire le même schéma qu’auparavant, cassant le cycle de la routine, s’isolant quatre longs mois, tous ensemble, en cohésion, dans une grange reconvertie en studio d’enregistrement moderne. Composant, enregistrant ce Distance Over Time tout en vivant dans une résidence adjacente au studio. Une expérience resserrant les liens, donnant plus de caractère et de profondeur à ce nouvel album, mais donnant aussi l’envie d’en découdre avec l’ennui ambiant et son hostilité par un Heavy Prog bien plus appuyé que sur son prédécesseur. L'antithèse de celui-ci, non conceptuel, plus direct, plus tranchant et plus énergique, beaucoup moins ambitieux et d’une apparente simplicité. Et c’est dans cette simplicité que réside l’une des forces principales de ce nouvel effort. La technique y est toujours débordante mais œuvrant en priorité au service des émotions. Ce qui n’est pas un mince exploit. Les musiciens y sont tous extraordinaires, époustouflants de technicité. Il suffit d’écouter le groove paralysant du superbe "Room 137", bourré d’un feeling rampant. Refrain impeccable, passage aux effets vocaux à la THE BEATLES avec un Petrucci pharaonique. Les vibrations de Distance Over Time sont surpuissantes. Comment ne pas succomber au démentiel "SN2" avec la basse de John Myung donnant le ton. Un Distance Over Time très varié, passant de l’orageux et ténébreux "Fall Into The Light" à la magnifique douceur qu’est "Out Of Reach".

    Les deux grandes pièces progressives sont de toute beauté, l’introduction monstrueuse de Mike Mangini (quelle démonstration de son immense talent !) des plus de huit minutes de l’épique "Pale Blue Dot". Carré, nerveux, mais toujours attractif et captivant. Les leads de John Petrucci faisant tout bonnement rêver. Avec "At Wit’s End", morceau le plus long de l'album avec ses 9:20 minutes au compteur, on se retrouve plus à fleur de peau, porté par la voix sensuelle de James LaBrie et un John Petrucci indescriptible, laissant place à un passage ambiant piano/voix lumineux, ou comment se montrer volubile, technique, tout en conciliant passion et émotion. Pour les influences parfois trop flagrantes du passé, elles sont ici peu fréquentes et toujours judicieuses, comme sur cette introduction façon TOOL sur "Paralysed", ou sur la partie instrumentale introductive de l’excellent "Fall Into The Light" pouvant évoquer METALLICA. Un passage acoustique magnifique calme l’arrogance du titre pour laisser parler les larmes de la guitare de Petrucci. Un moment empli de grâce ! Distance Over Time est parfaitement synthétisé par un morceau comme "Untethered Angel". Efficace, émouvant, ahurissant. Certains n’y trouveront peut-être pas leur compte, votre serviteur leur conseille de se poser au calme, plongé dans un noir profond, l’écoute attentive au casque pour en choper toute les essences.

    Chronique : Papa Bordg

    DREAM THEATER - Distance Over Time

     

     

     

     


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  • CHILDREN OF BODOM - Hexed
    Nuclear Blast
    Style : Melodic Death/Power Metal
    Origine : Finlande
    Sortie : 2019
    Site Web : www.cobhc.com

    CHILDREN OF BODOM - Hexed



    01. This Road / 02. Under Grass And Clover / 03. Glass Houses / 04. Hecate’s Nightmare / 05. Kick In The Spleen / 06. Platitudes And Barren Words / 07. Hexed / 08. Relapse (The Nature Of My Crime) / 09. Say Never Look Back / 10. Soon Departed / 11. Knuckleduster

    Après des albums incontournables comme Hatebreeder (1999), Follow The Reaper (2000), Hate Crew Deathroll (2003) ou Are You Dead Yet? (2005), considérés par beaucoup comme des œuvres majeures de la discographie des Finlandais, les enfants de Bodom continuent à nous délivrer leurs albums avec une certaine régularité, sans pour autant atteindre la qualité de leurs illustres aînés. Mais depuis Halo Of Blood (2013), CHILDREN OF BODOM semble avoir renoué avec des sorties plus marquantes. Un net regain de forme que l’on ne peut nier, notamment avec le superbe I Worship Chaos sorti il y a déjà presque quatre ans. Et pourtant pour ce Hexed, les choses ne furent pas si simples qu'à l’accoutumée, nos Finlandais ayant traversé moult péripéties, retardant la sortie de ce dixième album qui, finalement, porte très bien son nom, puisqu' « Hexed » signifie malmené, maudit, ou victime d’un envoûtement. 0nze morceaux dont un "Knuckleduster" nouvelle mouture, titre déjà présent sur le EP Trashed, Lost And Strungout, retravaillé et dont le texte a été quelque peu modifié. Pour I Worship Chaos, Alexi Laiho avait du enregistrer toutes les parties de guitare suite au départ de Roope Latvala pour un résultat final très précis, carré et super tranchant. Cependant les tenants ont bien changé pour ce Hexed, aboutissant à un travail d'équipe des deux guitaristes, Laiho étant désormais secondé par un nouvel acolyte, Daniel Freyberg, ce qui a pour effet un rendu nettement plus varié. Hexed garde les fondamentaux du CHILDREN OF BODOM que l'on connait, avec quelques nouveautés de ci de là, ce qui est notamment symbolisé par les claviers de Janne Wirman au son mieux défini, mieux utilisés, un peu comme à la grande époque, avec cette dualité guitare/claviers plus discrète afin de créer davantage de belles atmosphères, ce qui se ressent très bien sur l’excellent "Hecate’s Nightmare", un morceau au groove qui balance bien sur un solo de Laiho plein de feeling. "This Road" flingue bien également, avec des guitares sonnant assez VAN HALEN je trouve, sur un titre au riff très inspiré qui redonne un second souffle au morceau. Hexed n’aurait pas rêvé meilleur début. La fureur typée Black Metal de "Kick In The Spleen" nous souffle dans les oreilles et fait du bien, tout comme le coté punkisant de "Platitudes And Barren Words", frais, puissant et énergique. On arrive à mi-parcours avec un "Hexed" trop kiffant, aux claviers généreux et dynamiques. Un refrain enlevé pour un titre aux allures de futur classique, sa fin détone avec une mélodie de basse imparable. Et pour ne rien gâcher, Hexed possède ce grain sonore qui lui va comme un gant, permettant aux riffs d'Alexi Laiho d’avoir LE son ("Say Never Look Back"). Un dixième méfait de nos Finlandais qui, au final, se laisse écouter avec grand plaisir et plaira aux plus vieux fans comme à ceux qui les découvriront avec cet album.

    Chronique : Papa Bordg

    CHILDREN OF BODOM - Hexed

     

     

     

     

     


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  • BRYMIR - Wings Of Fire
    Ranka Kustannus
    Style : Symphonic Extrême Metal
    Origine : Finlande
    Sortie : 2019
    Site Web : www.facebook.com/Brymir

    BRYMIR - Wings Of Fire



    01. Gloria In Regum / 02. Wings Of Fire / 03. Ride On, Spirit / 04. Sphere Of Halcyon / 05. And So We Age / 06. Hails From The Edge / 07. Starportal / 08. Vanquish The Night / 09. Lament Of The Ravenous / 10. Chasing The Skyline / 11. Anew (feat. Noora Louhimo)

    Formation finlandaise fondée en 2006 à Helsinki, BRYMIR nous revient avec son troisième album, Wings Of Fire. Au programme, onze morceaux d’un Metal riche et complexe au service d'une musique fougueuse, énergique et colorée, comparable à une sorte de feu d’artifice pétant de toutes parts. Un peu comme si WINTERSUN avait copulé avec DIMMU BORGIR. Mélodique, épique, raffiné et brutal semblent être les adjectifs pouvant qualifier au mieux la musique de BRYMIR. La production, plutôt puissante et massive, a toutefois tendance à mettre un peu trop l'aspect symphonique au premier plan, ce qui a pour effet de noyer quelque peu les autres instruments qui n’arrivent pas forcément à s’extirper du pouvoir de cette cacophonie organisée, donnant un rendu manquant parfois de clarté et de profondeur. Un petit bémol qui ne permet pas à la grandiloquence des compositions de BRYMIR d'atteindre totalement son paroxysme sur un album qui, de surcroît, ne s’apprivoise pas si facilement, s’imposant d’abord dans sa globalité avant d'y découvrir, au fil des écoutes, de nombreux plans, détails et atmosphères, prolongeant ainsi le plaisir d'écoute face à l'épreuve du temps. Le morceau-titre "Wings Of Fire" gronde tel un orage sonore prêt à nous secouer dans tous les sens. Étourdis, nous reprenons nos sens à mi-parcours sur un redoux musical avec de magnifiques parties mélodiques sur des chœurs scandant un refrain majestueux. Les influences Black symphonique à la DIMMU BORGIR sont assez marquées sur un "Sphere Of Halcyon" au demeurant excellent. Ce nouvel album dispose aussi de somptueuses parties de guitares leads, atteignant un très haut niveau sur "And So We Age", un très beau titre à l’introduction planante pulsée par les toms de batterie. BRYMIR arrive à conjuguer avec une facilité déconcertante, et sur chaque composition de ce Wings Of Fire, extrême finesse et grande brutalité, introduisant également quelques sonorités très modernes ("Hails From The Edge" et son passage indus surprenant), ce qui tranche carrément avec le très sombre "Starportal", la musique y est d’une telle force que l’on peut sans mal s’imaginer voir défiler devant nos yeux une armée de guerriers futuristes aux pouvoirs démesurés, prêts à en découdre. Puis intervient cette cassure extraordinaire, faisant voler tout en éclat, l’apothéose de cette lutte effrénée, de ce duel fratricide, le calme ne s’installant qu’un court instant, la machine repartant sur un riff puissant et très inspiré. Écouter BRYMIR n’est pas de tout repos, parfois même éreintant. On est comme happé dans un tourbillon sonore, et dès que l’on reprend notre souffle, lors d'un rare moment d'accalmie, Wings Of Fire nous ré-avale, ne nous recrachant que pour de trop brèves respirations. Heureusement, la fin de "Vanquish The Night", aux étranges bruits mécaniques, avec ses notes électro-acoustiques, apaise les ardeurs de nos Finlandais, ce qui nous permet de sortir un peu la tête de l’eau, l’apaisement perdurant sur le monumental "Lament Of The Ravenous", moment de répit qui se poursuit jusqu’au début acoustique d'un "Chasing The Skyline" au refrain hyper accrocheur. Ce moment acoustique revenant agréablement pour mieux faire éclater la noirceur du titre. Wings Of Fire prend fin sur le somptueux "Anew" qui voit la participation de Noora Louhimo (BATTLE BEAST). Au final, nous tenons là un album phénoménal dont on ne sort pas indemne, encore sonné d'avoir été transporté dans ce monde parallèle qu'est l'univers musical de BRYMIR.

    Chronique : Papa Bordg

    BRYMIR - Wings Of Fire

     

     

     

     


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  • AARON BUCHANAN AND THE CULT CLASSICS – The Man With Stars on His Knees
    Listenable Records
    Style : Rock
    Origine : Royaume-Uni
    Sortie : 2019
    Site Web : www.facebook.com/TheCultClassics

    AARON BUCHANAN AND THE CULT CLASSICS – The Man With Stars on His Knees



    01. Show Me What You're Made Of / 02. All The Things You've Made And Done / 03. Dancin' Down Below / 04. The Devil That Needs You / 05. Journey Out Of Here / 06. The Man With Stars On His Knees / 07. A God Is No Friend / 08. Left For Dead / 09. Mind Of A Mute / 10. Morals?


    ATTENTION  !!! Pour une meilleure appréciation de cette chronique, il est recommandé de prendre un léger accent du sud ; merci de votre compréhension...

    Bonjour à tous, et bienvenu dans la cuisine de Ben.
    Aujourd’hui je vais vous proposer la recette du poulet Buchanan accompagné de ses petits légumes Cultes et Classiques, un plat So British.

    Pour cela, il suffit de prendre une bonne volaille élevée au Rock et vous la saupoudrez d’une première couche de Muse (pour le côté électro de l’intro "Show Me What You're Made Of"). Ensuite préparez une marinade à base de Slash & Miles Kennedy. Laissez reposer votre poulet dans celle-ci pendant 2/3 chansons ("All The Things You've Said And Done", "Dancin' Down Below" et bien d’autres). Une fois la viande bien imprégnée de ce jus, faites la dorer 30 Seconds (To Mars) à la poêle ("Journey Out Of Here"). Dernière étape de cette recette, emballez votre plat dans du papier d’alu et faites le cuire à feu fort jusqu’à ce qu’elle Queen. C’est très important, on doit vraiment reconnaitre la tessiture de chant du plat que je vous ai proposé la semaine dernière, mon fameux Freddie Mercury de poulet. Ôtez le du feu, accompagnez le des petits légumes classiques (guitare, basse et batterie), mélangez les à la marinade pour une meilleure dégustation. La guitare prendra le goût.

    Voilà  !! Vous m’en direz des nouvelles  !!
    A bientôt pour une prochaine recette  !!

    Chronique : Ben

    AARON BUCHANAN AND THE CULT CLASSICS – The Man With Stars on His Knees

     

     

     


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  • DARKWATER - Human
    Ulterium Records
    Style : Melodic Progressive Metal
    Origine : Suède
    Sortie : 2019
    Site Web : www.facebook.com/darkwaterofficial

     

    DARKWATER - Human



    01. A New Beginning / 02. In Front Of You / 03. Alive (Part I) / 04. Alive (Part II) / 05. Reflection Of A Mind / 06. Insomnia / 07. The Journey / 08. Burdens / 09. Turning Pages / 10. Light Of Dawn

    Formé en 2003, DARKWATER nous arrive de Suède, un pays qui nous a offert tant de groupes exceptionnels, et ce dans tous les genres possibles. Déjà auteur de trois albums d'un excellent niveau, le premier, Drown, en 2006, le second, Calling The Earth To Witness, en 2007, et enfin Where Stories End en 2010, puis plus rien jusqu'à ce Human qui débarque en ce premier trimestre 2019. Neuf ans à patienter, autant dire une éternité pour une scène Metal en perpétuelle évolution. Mais fort heureusement DARKWATER ne s’est jamais vraiment complètement éteint, la flamme perdurant, le groupe nous revient enfin aujourd’hui avec une nouvelle offrande musicale qui devrait ravir même les plus exigeants d’entre vous.

    Doté d'une mise en son claire et limpide réalisée par l'incontournable Jacob Hansen (EVERGREY, VOLBEAT, EPICA, PRIMAL FEAR), cette quatrième réalisation, puissante et pleine de vigueur, est une œuvre d'une grande richesse, complexe mais qui pourtant peut paraître si simple. Une complexité parée d’un ornement de sentiments faisant de ce Human un disque singulier. Pas facile d’accès mais tellement vrai, on se laisse guider avec une facilité déconcertante, comme happer par ces dix titres coulant pour nous comme un fleuve en pleine nature, une météo toujours différente tuant le temps et l’ennui, avec l’envie, quoi qu’il arrive, d’y retourner au plus vite, avec tranquillité et sérénité.

    Toutefois Human ne peut se limiter à l’interprétation d’un titre plus qu’un autre, ou de mettre un morceau en avant plus qu'un autre, car fonctionnant comme un tout compact et homogène, un peu comme une sorte d'histoire musicale ayant une naissance, une vie, et un dénouement. Une pluie de météorites amenant un équilibre entre joie, bonheur, tristesse et malheur. Le genre de monstre sacré qui nous transporte dans notre propre vie, comme un film défilant devant nos propres yeux, accrochant nostalgie et larmes. Plus qu’un album, bien plus que cela. Ce Human, à la construction technique et artistique sans faille, est beau à en pleurer, mais surtout il interroge sur une foule de choses spirituelles, sur un parcours, une vie... Une envie nous gagne, celle de se cacher au fond d'une grotte, Human en main, vivre avec lui, par lui, pour lui, comme une femme qu’on aimerait tant et que, par peur de la perdre, on finirait par cacher aux yeux du monde et de ses bassesses. En un mot : BOULEVERSANT ! DARKWATER est de retour... et quel retour !!!

    Chronique : Papa Bordg

    DARKWATER - Human

     

     

     

     


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  • A PALE HORSE NAMED DEATH - When The World Becomes Undone
    Long Branch Records
    Style : Alternative Doom/Gothic Metal
    Origine : États-Unis
    Sortie : 2019
    Site Web : www.apalehorsenameddeath.com

    A PALE HORSE NAMED DEATH - When The World Becomes Undone



    01. As It Begins / 02. When The World Becomes Undone / 03. Love The Ones You Hate / 04. Fell In My Hole / 05. Succumbing To The Event Horizon / 06. Vultures / 07. End Of Days / 08. The Woods / 09. We All Break Down / 10. Lay With The Wicked / 11. Splinters / 12. Dreams Of The End / 13. Closure

    Avec les albums de A PALE HORSE NAMED DEATH, il y a toujours eu un temps d'assimilation assez long chez moi car derrière le côté « Pop » assumé, se cachent des choses bien plus vicieuses qui fait que ces albums gardent une cohérence dans le temps, d'où cette chronique un peu sur le tard...

    On ne va pas revenir sur la composition de ce groupe si ce n'est pour préciser que c'est Joe William Taylor (ex-DORO, CYCLE OF PAIN) qui tient la deuxième guitare sur cet album, aux côtés des indéboulonnables Johnny Kelly à la batterie (ex-TYPE O NEGATIVE) et Sal Abruscato (ex-LIFE OF AGONY, ex-TYPE O NEGATIVE), groupe sur lequel les fans de TYPE O NEGATIVE gardent un œil attentif, et pour cause. Mais attention car les américains existent bien au-delà de l'ombre de Peter Steele, et ce troisième opus, When The World Becomes Undone, le confirme très largement sans pour autant marquer de rupture nette. Cela commence en douceur avec une plage d'introduction très calme "As It Begins" avant le morceau-titre et sa ligne vocale qui renvoie clairement vers le côté Folk mélancolique US d'un David Galas (tout comme le chant de l'excellent "We All Break Down"), déjà perceptible auparavant mais qui ressort là nettement par le phrasé imputé au chant tout en feeling. Le premier clin d’œil à TYPE O NEGATIVE ne tarde pas à pointer le bout de son nez avec cette ligne de basse introduisant "Love The Ones You Hate" rappelant étrangement le bassiste disparu, mais autour de cela, A PALE HORSE NAMED DEATH garde cet équilibre entre douceur dans le chant, avec une couleur mélancolique très forte et lourdeur, même si, sur cet album, elle est bien plus suggérée qu'auparavant.

    Après une nouvelle pause ambiancée avec "Succumbing To The Event Horizon", déboule le très ALICE IN CHAINS, "Vultures", guitares sonnant comme des alarmes alors que le chant sature peu à peu, la mise en son est ultra soignée et colle parfaitement avec les paroles car oui c'est aussi pour ça qu'un album de ce groupe ne peut pas être jugé en une écoute, tous les détails ont leur importance avec ces gars là. L'imagerie du cheval décharné colle parfaitement à l'ambiance de ce groupe, c'est poisseux mais esthétiquement beau par moment. Mais ce "Vultures" renferme un autre clin d’œil appuyé à TYPE O NEGATIVE avec ce break typique qui précède un autre moment d'Alternative Metal tout en lourdeur, le son de ce groupe a beau renvoyer vers d'illustres influences, étant donné que Sal et Johnny ont participé aux deux plus grandes, à savoir TYPE O NEGATIVE et LIFE OF AGONY, difficile d'en être autrement de toute façon, on reconnaît immédiatement le son de cette mort lancinante, presque belle à voir. Car A PALE HORSE NAMED DEATH c'est ça, une belle femme très sexy marchant vers vous sous une lumière verte (autre ultime clin d’œil) hypnotisante mais qui se révèle être bien décharnée et poisseuse lorsqu'elle vous a dépassé et continue son chemin, ne laissant derrière elle que cette odeur de mort et de putréfaction nauséabonde. Les deux souvenirs opposés provoquent alors cette sensation de mal-être dans votre fort intérieur, un mal parfaitement retranscrit dans les paroles, celles de "We All Break Down" ajoutent un petit côté second degré que l'on reconnaît bien là : « See the children play - on a sunny day - they all look so beautiful. I can't say the same... See the old man pray - for a better day. He looks sad and lonely, I can say the same. »

    Cette musique a un côté addictif qui résulte notamment des mélodies aux apparences Pop mais d'une noirceur infinie qui renvoie donc, comme expliqué plus haut, à la Dark Folk US, il y a du Neil Young, celui-là même qui a donné les titres les plus sombres à PEARL JAM par exemple, avec un faux côté bluesy également, bref une musique profondément ancrée dans la culture américaine si riche. Ce côté addictif tient également dans le fait que cet album, comme les deux précédents d'ailleurs, ne renferme aucun moment faible ! Intelligemment construit, cet album alterne les moments calmes avec les passages lourds et heavy, toujours avec ce chant mélancolique mais également mélodique, un équilibre parfaitement trouvé qui me fait dire que le groupe n'arrivera jamais à renouveler cela la prochaine fois, et cela fait déjà deux fois que les Américains me donnent tort, et j'en suis très heureux, je n'ose me prononcer pour la suite. Mais il semble que Sal Abruscato soit un être noir incapable de sortir un titre d'une mièvrerie qui ferait tourner la mayonnaise, car même lorsque l'on a la sensation qu'un titre penche un peu plus d'un côté, un élément, même parfois très bien caché mais essentiel, ramène l'équilibre à vos oreilles et cette fin d'album joue parfaitement avec ces codes. Guitares lourdes avec chant lancinant à la mélodie bien entrainante mais avec cet esprit psychédélique de part la répétition du chant (la fin de "Lay With The Wicked", de même que ce placement de mots en léger décalage avec le temps qui, sans, en ferait une ligne de chant pop) ou musique plus aérée avec une noirceur se dégageant de l'ambiance générale et en cela l'ultime "Dreams Of The End" file des frissons.

    Si l'effet de surprise n'est plus présent, A PALE HORSE NAMED DEATH réussit à nous surprendre par sa capacité à proposer une recette renouvelée mais à la saveur au moins aussi bonne, et dire que le groupe sera en tournée européenne sans mettre les pieds en France et que les circonstances font que je ne peux me rendre à une date à l'étranger... Mais que faut-il donc pour que ce groupe foule notre sol, que faut-il donc ?

    Chronique : Aymerick Painless

    A PALE HORSE NAMED DEATH - When The World Becomes Undone

     

     

     

     


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  • QUEENSRŸCHE - The Verdict
    Century Media Records
    Style : Progressive Metal
    Origine : Etats-Unis
    Sortie : 2019
    Site Web : www.queensrycheofficial.com

    QUEENSRŸCHE - The Verdict



    01. Blood Of The Levant / 02. Man The Machine / 03. Light-years / 04. Inside Out / 05. Propaganda Fashion / 06. Dark Reverie / 07. Bent / 08. Inner Unrest / 09. Launder The Conscience / 10. Portrait

    QUEENSRŸCHE est incontestablement l’un des groupes les plus novateurs qui soit dans l’ère « moderne » du Heavy Metal. Des musiciens exceptionnels, ayant accouchés d’œuvres marquantes, intemporelles et inoubliables. Une période faste, éblouissante d’une décennie (1984-1994) mettant toute une génération d'accord devant les folies extravagantes de l’avant-gardiste Rage For Order (1986), le concept faramineux qu’est Operation: Mindcrime (1988), ou bien avec le tubesque et varié Empire (1990). Malheureusement cette alchimie sensationnelle sera rompue avec le départ de Chris De Garmo (guitare) en 1998, formant le duo créatif et artistique avec Geoff Tate de ce qui fit de QUEENSRŸCHE un groupe unique. Cependant le RŸCHE n’était pas complètement mort, laissé au seul pouvoir de Tate et de ses envies musicales de moins en moins marquées du sceau métallique qui fit sa splendeur jadis. L’espoir était pourtant toujours là, latent, tapis dans l’ombre, avec le poumon des Américains, son cœur, son groove son autre force majeure : Scott Rockenfield et Eddie Jackson. Geoff Tate parti en 2012, laissant seul un American Soldier (2009) surnager parmi quelques albums peu convaincants, voire médiocres. Évidemment non sans heurts, ni procédures juridiques. Malgré tout, le groupe rebondira très vite en embauchant Todd La Torre, ex-chanteur des floridiens de CRIMSON GLORY et multi-instrumentiste. Un excellent batteur de base, ayant aussi un organe vocal magnifique, assez similaire à l’emblématique Geoff Tate. S’en suivra très rapidement, en 2013, l’éponyme Queensrÿche, ravivant la flamme que le groupe avait perdu depuis trop longtemps. Très proche de son passé historique, avec des morceaux heavy aux relents progressifs d’excellente facture, relançant avec panache la carrière des natifs de Seattle. En 2015, sortie de Condition Hüman, deuxième acte avec Todd La Torre au chant. Dans la même lignée que son prédécesseur, la surprise en moins. Deux bons albums mais dont l’étincelle magique des grandes années n’était pas toujours perceptible.

    Repoussé dans l'attente d'un hypothétique retour de Scott Rockenfield parti se consacrer à sa famille, voici enfin The Verdict, le groupe se lançant alors dans un effort collectif pour donner naissance à ces dix titres qui composent ce seizième album studio. Un travail de groupe, toujours accompagné par le producteur Chris « Zeuss » Harris (SANCTUARY, ICED EARTH, ROB ZOMBIE, HATEBREED) qui a su concocter un son puissant et bien équilibré à The Verdict. Quant à la batterie, elle fut l’affaire de Todd La Torre, qui d’ailleurs montre toute l’étendue et la variété de sa frappe (soulignons l’excellence de son travail, écoutez donc son jeu subtil et percutant sur "Bent"). The Verdict interpelle car il semble être le meilleur des trois derniers opus, de très belles choses s’en détachent, avec d’autres moins réussies et plus conventionnelles. Tout d’abord parlons de ce qui retient positivement l’attention, comme le sublime "Light-years" à l'intro étrange et menaçante, un refrain qui accroche l’oreille, soutenu par une section rythmique époustouflante. Les leads délivrés par la paire Wilton/Lundgren sont un pur régal. Le moderne et dynamique "Inside Out" est lui aussi très beau, variant les tempi et les sonorités avec un malin plaisir pour en faire un titre essentiel de The Verdict. La batterie de Todd sonne terriblement bien, très organique. Les ambiances arabisantes y sont un habillage de toute beauté. On retrouve ensuite "Dark Reverie", un titre poignant et terriblement addictif. Du très grand QUEENSRŸCHE, lent, au refrain grandiose, digne des grands morceaux mythiques du groupe. Todd La Torre y montre toute sa présence vocale, aussi bien dans son côté puissant qu'émotionnellement parlant. Quelques claviers discrets viennent embellir le titre. Ce sont ces montées d’adrénaline avec ces chœurs majestueux qui faisaient de QUEENSRŸCHE un must à la grande époque. Cette haute voltige dans les frissons que l’on retrouve également sur "Bent", avec des sonorités plus heavy et agressives, toujours en variant le rythme et les atmosphères. La Torre y est extraordinaire, en tant que chanteur, mais également en tant que batteur. QUEENSRŸCHE se fait nettement plus épique, progressif et sombre sur "Inner Unrest", avec des riffs simples, mais très prenants et d’une efficacité redoutable. La batterie donnant une note grandiloquente à la musique. "Launder The Conscience" surprend agréablement avec une deuxième partie de morceau au break inattendu, laissant place à de lumineuses et délicates notes de piano. Une tournure bercée de lumière, contrastant avec l’obscurité qui la précède, un léger passage Power Prog l’animant. En outre "Propaganda Fashion" est plus fade, sans grand intérêt. Le début de The Verdict est certes très « classique », mais surtout très bon, avec les énergiques "Blood Of The Levant" et "Man The Machine", replongeant le fan que je suis dans la période bénie d’Operation: Mindcrime. La fin lorgnant plus sur la période très progressive de Promised Land n’est pas un dénouement heureux, "Portrait" ne décollant pas vraiment, manquant quelque peu d’âme et de saveur. The Verdict est certainement le meilleur opus de QUEENSRŸCHE depuis Promised Land (1994), de très beaux moments sont dispatchés de ci de là, mais il manque encore cette petite étincelle qui aurait pu faire de ce disque un nouveau bijou. Étincelle que l’on retrouve justement sur "Light-years", le meilleur morceau de l’opus avec "Dark Reverie". Mention spéciale à Todd La Torre, impeccable et hyper talentueux à tous points de vue, qui est investi comme jamais.

    Chronique : Papa Bordg

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