• BLACKBART - Casnewydd-Bach
    Autoproduction
    Style : Heavy Metal
    Origine : France
    Sortie : 2018
    Site Web : www.facebook.com/BlackBartgroup

    BLACKBART - Casnewydd-Bach



    01. Paix Ici Bas Towaritch / 02. Cyclone / 03. Eclipse / 04. Le Dernier Voyage / 05. The Flying Dutchman / 06. Casnewydd-Bach / 07. Headbangers Of The World / 08. Introspection / 09. Les Masques Tombent / 10. Les Sirènes / 11. Pas De Place Aux Remords / 12. Royal Fortune

    Oh sacrebleu ! Nos flibustiers lillois sont de retour avec un troisième abordage d’une grande intensité et d’une rage débordante, nos moussaillons prônant fièrement l’étendard BLACKBART sur leur mât depuis des lunes, lui, roi du code des pirates. Après avoir été lancé sur tous les océans depuis 2007, avec des joutes scéniques bouillonnantes, créant des servitudes irréversibles et certaines chez la populace, cassant les nuques à tour de bras, festoyant, s’enivrant de vin, de sexe la nuit tombant sur les cadavres de leurs ennemis, détruits par leur puissance sonore. Les matelots et artilleurs Rudd (guitare), Zozio (guitare), Babass (chant, basse) et Marco (batterie) ont déjà acquis, grâce à leur commandant écossais John Bartolomeuw Roberts, deux trésors de guerre inestimables, Blackbart en 2009, et Nous Trinquerons Avec... (2014), regorgeant de pépites, de lingots d’or, de pièces d’argent et d’orfèvrerie, de bijoux, de diamants et de parchemins pouvant servir pour la conquête future de territoires encore plus vastes et riches. Ce qui amènera aujourd’hui Le Baronnet Noir sur une autre épique bataille et précisément en son lieu de naissance, à Casnewydd-Bach, avec douze assauts (dont deux instrumentaux) meurtriers et dévastateurs pour finir par remporter une victoire pleinement méritée tant la qualité est incroyable et omniprésente. Mais pour cela BLACKBART avait tout prémédité, un artwork épouvantail signé du génial Stan W. Decker (graphiste fabuleux qui monte, incontournable sur la scène internationale par ses coups de crayon magiques et très éclectiques) glorifiant sa force, sa tyrannie, mais aussi son extrême élégance et intelligence. Un porte drapeau majestueux pour un Heavy Metal qui ne sent pas le fond de cale. Bien au contraire, des compositions qui risquent de se propager comme une poudre à canon à travers l’hexagone, et pourquoi pas le monde entier, c’est en tout cas ce que nous souhaitons à BLACKBART. Des riffs tirés au couteau, faisant allégeance au fucking talent du duo nerveux et endiablé de la paire Rudd/Zozio, se posant toujours sur des paroles et refrains rageurs ("Paix Ici Bas Tovaritch", "Cyclone", "Les Masques Tombent") qui tiennent la cadence infernale que BLACKBART nous impose. Possédant la qualité des énormes groupes français des années 80, avec aussi ce chant en français (seul "Headbangers Of The World" est en anglais) qui s’exprime plus forcément aussi fréquemment qu’avant. Variation parfois des rythmes et tempi, mais toujours avec ce coup de poing dans la gueule reçu telle l’enclume qu’est "Eclipse", avec un Babass qui sait faire parler sa basse ("The Flying Dutchman") et dont le chant est complètement rassembleur et accrocheur. Parfois aussi très rock dans l’esprit ("Les Sirènes") comme sur le saignant de ces grattes sur le terriblement groovy "The Flying Dutchman" dont l’inspiration du binôme Rudd/Zozio ne semble jamais se tarir. L'instrumental éponyme "Casnewydd-Bach" nous ramène quant à lui vers la New Wave Of British Heavy Metal et ses meilleurs armes comme notamment le IRON MAIDEN de Paul Di’Anno. Période du Metal qui semble sied à merveille à nos petits génies hors-la-loi. On peut retrouver aussi comme source d’inspiration quelques traces du Thrash Metal dont l’illustre METALLICA était friand au début de sa carrière, avec des mélodies bourrées de feeling ("Paix Ici Bas Tovaritch" ou l’infernal "Cyclone"). Mention spéciale au sublime "Le Dernier Voyage", morceau fétiche de votre serviteur, tout excité par des leads à faire tomber tout un peuple en adoration, exutoire de notre destructeur de bateaux adverses qu'est BLACKBART, qui avait ordonné à ses troupes de le balancer en mer lors de son dernier râle. Un dernier souffle que nos Lillois ne sont pas prêts de lâcher tant ils paraissent plein de dynamisme, de fougue, et d’inspiration. Avec en plus une auto-production qui peut surprendre par son extrême qualité si l’écoute est attentive, car puissante, montrant que chaque instrument tient une place prépondérante dans la musique de nos barbares sanguinaires, certes la production manque quelque peu d’équilibre, de clarté également, mais ce Casnewydd-Bach n’en souffre pas plus que ça. La furia des grandes batailles épiques en mer hostile prend fin avec "Royal Fortune", un deuxième instrumental tout aussi bon que le précédent, mettant un terme à presque 50 minutes d'une des œuvres de l’année en matière de Heavy Metal français dans la langue de Molière, et en plus devant certains groupes illustres s’il vous plait ! A l'abordage Moussaillon !

    Chronique : Papa Bordg

    BLACKBART - Casnewydd-Bach

     

     


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  • ASHES OF ARES - Well Of Souls
    SAOL
    Style : Heavy Metal
    Origine : États-Unis
    Sortie : 2018
    Site Web : www.ashesofares.com

    ASHES OF ARES - Well Of Souls



    01. Consuming The Mana / 02. The Alien / 03. Unworthy / 04. Soul Searcher / 05. Sun Dragon / 06. Transcending / 07. Let All Despair / 08. In The Darkness / 09. Spirit Of Man / 10. Time Traveler / 11. The God Of War / 12. You Know My Name (Bonus Track)

    La voix d’ICED EARTH a fait le tour de la planète, célébrant le parfait équilibre entre le feu et la glace, la puissance et l'émotion. Matthew Barlow faisant partie de ces chanteurs racés qui marquent les esprits, non seulement par des prestations hors-normes, mais aussi par une aura exceptionnelle émanant d’un être dont la force tranquille ne laisse rien transparaître. Après avoir quitté le groupe américain en 2003, on le retrouvera en 2008 au sein du combo danois PYRAMAZE pour un superbe Immortal, année où il signera également un retour inespéré au sein de ICED EARTH qui aboutira sur l'incroyable The Crucible Of Man (Something Wicked 2). Mais l’oiseau s’envolera à nouveau en 2011, pour fonder ASHES OF ARES en 2012 avec son ex camarade de jeu de chez ICED EARTH, Freddie Vidales (guitare), et Van Williams, l'emblématique batteur de feu NEVERMORE. Un premier album verra le jour assez rapidement, en 2013, malheureusement quelque peu décevant, avec un son déséquilibré, basique, trop classique, mais surtout mou et, hélas, sans grande magie. Certes quelques bons moments sont bien présents, mais trop peu pour en faire un très bon album. Fort heureusement, la voix de Matt y reste intacte et impériale. Mais 2018 est une année particulièrement prolifique pour notre rouquin diabolique, avec, cet été, une nouvelle collaboration avec le claviériste Jonah Weingarten (PYRAMAZE, STRUCTURE OF INHUMANITY) au sein de WE ARE SENTINELS. La combinaison d’arrangements orchestraux cinématographiques, de piano classique, de percussions tonitruantes, et de vocaux dynamiques et puissants procurent enfin un moment différent dans la carrière de Barlow, lui permettant de sortir d’un carcan heavy classique peu ambitieux tout en conservant et profitant de sa tessiture vocale peu commune. Puis en cette fin d’année, la sortie tant attendue du second album de ASHES OF ARES, Well Of Souls. Nous espérions tous un réel effort de composition, un regain de fougue et d’énergie, ainsi qu'une meilleure mise en son, hélas il n’en est rien, ASHES OF ARES nous déçoit à nouveau, Well Of Souls passe sans qu’on en retienne grand chose, répétitif, monotone et triste, seul quelques titres viennent nous sortir de notre léthargie. Pire, la voix, toujours fantastique, de Barlow finit par en pâtir énormément car toujours posée sur des schémas trop connus qui ne font que lasser et nous faire bailler. Cependant un moment de grâce vient illuminer ce Well Of Souls avec le sublime "Soul Teacher", Barlow y est incomparable, bien aidé par le beau touché de Vidales. Well Of Souls se veut aussi plus épique et majestueux sur le refrain du très bon "Sun Dragon" qui s’enchaîne sur un "Transcending" du même acabit, avec, en plus, un plan lent, presque tribal qui détonne. ASHES OF ARES arrive aisément à faire frémir dès qu’il ralentit sensiblement le rythme, comme sur le superbe "Spirit Of Man" où la voix suave de Barlow nous emporte avec elle. Mais le reste, sans être franchement mauvais, ne décolle pas beaucoup, sans réelle surprise, manquant d’âme et laissant un goût d’inachevé. Barlow est confronté à son instabilité trop grande ces dernières années, l’empêchant de mettre son immense talent dans les meilleures dispositions possibles. De plus, sa voix a besoin d’un binôme sachant composer des morceaux d’un niveau autre que celui de ASHES OF ARES, un génie le bordant, l’enveloppant, ce que ne peut semble-t-il pas lui offrir Freddie Vidales. Seul Jon Schaffer a ce génie, cette main droite fabuleuse, cette imagination, cette créativité, et tant qu’il s’évertuera à faire de ses groupes des répliques d'ICED EARTH mais sans son géniteur unique, Jon Schaffer, ses échecs seront cuisants. Alors que si il s’essaie à autre chose, comme avec WE ARE SENTINELS, la réussite est totale. Une déception, oui, c’est certain, mais l’espoir est là... surtout celui de le voir réintégrer la symbiose parfaite qui fut créée dans ICED EARTH, et qu'il sera peu probable de retrouver un jour ailleurs...

    Chronique : Papa Bordg

    ASHES OF ARES - Well Of Souls

     

     

     

     

     


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  • PREZIR - As Rats Devour Lions
    Godz Ov War Productions
    Style : Black Metal
    Origine : États-Unis
    Sortie : 2018
    Site Web : www.facebook.com/Prezir

    PREZIR - As Rats Devour Lions



    01. As Rats Devour Lions / 02. Ideologue Alchemy / 03. Janičari / 04. Dar al-Harb / 05. Serpents In The House Of Ra / 06. Hamatsa Death Ritual / 07. Plagiarized Infamy / 08. Oedipus Context

    Premier album des Américains de PREZIR emmenés par le batteur Brian Serynski, également actif chez PIG'S BLOOD, ce qui explique l'intérêt de Godz Ov War Productions pour ce groupe. Alors PREZIR, c'est la frange la plus directe du Black Metal, avec quelques clins d’œil appuyés au Thrash Metal dans les rythmiques, bien aidés par des arpèges de guitare sur fond de lead frénétique typé Black Metal, notamment sur le début d'album. Car par la suite, il faut admettre que le groupe refroidit considérablement l'ambiance, la batterie en mode blast hypnotique, guitares très hargneuses et chant toujours aussi imprégné de la scène Norvégienne, le groupe ne donne pas dans l'immobilisme et propose un Black plus brut encore.

    A vrai dire, l'album va même perdre en impact avec des titres qui se ressemblent beaucoup, tant dans les structures que dans le propos et on ne retrouvera pas sur la fin d'album (les 6 derniers titres en fait !) la dynamique qu'il y avait sur les 2 premiers morceaux, et notamment le point culminant qu'est "Ideologue Alchemy". Il faut dire que le groupe recycle là des idées issues de leur premier EP paru en autoproduction l'an passé, à l'image de "Serpents In The House Of Ra" ou "Dar al-Harb".

    Toutefois, on notera le riff nerveux qui introduit "Janičari" qui laisse ensuite place à un Black Metal plus linéaire mais qui manque quand même un peu de noirceur. Cela se retrouve notamment dans ces leads qui peuvent parfois faire un peu scolaire ou paraître un peu simpliste, renforcé par cette guitare rythmique qui suit le phrasé des leads, n'aidant pas ces mélodies à s'extraire et à se sublimer dans cette avalanche sonore. Car les Américains ne ralentissent jamais réellement le rythme de leur Black Metal, augmentant encore l'impression d'entendre certaines parties inspirées du Thrash Metal. De même, on regrettera que le chant suive parfois ces leads, donnant un côté gentillet à l'ensemble ("Serpents In The House Of Ra", "Hamatsa Death Ritual") alors qu'une mise en relief aurait été bien plus percutante.

    Ce premier opus contient donc quelques facilités qui, avec la masse d'albums qui sortent, fait de ce As Rats Devour Lions, un premier album intéressant mais pas des plus transcendants. Ceci dit, si le titre "Ideologue Alchemy", l'introduction de "Janičari" ou la très directe chanson titre vous donnent envie d'aller plus loin avec PREZIR, ce premier opus remplit toutefois largement la mission de vous faire taper du pied, de vous faire hurler en levant les mains au ciel avec les yeux révulsés. 

    Chronique : Aymerick Painless

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  • WARREL DANE - Shadow Work
    Century Media Records
    Style : Metal
    Origine : États-Unis
    Sortie : 2018
    Site Web : www.facebook.com/warreldanefans

    WARREL DANE - Shadow Work



    01. Ethereal Blessing / 02. Madame Satan / 03. Disconnection System / 04. As Fast As The Others / 05. Shadow Work / 06. The Hanging Garden (The Cure cover) / 07. Rain / 08. Mother Is The Word For God

    Décidément depuis quelque temps la mort règne en despote teigneux sur notre paysage musical, décimant tout sur son passage, beaucoup trop à mon goût, nous arrachant nos héros musiciens, nous abandonnant abasourdis par tant de vide laissé, si triste de ne plus pouvoir profiter de leur si grand talent. Warrel Dane est un de ceux-là, parti bien trop tôt, un triste jour de décembre 2017, victime d’un arrêt cardiaque alors qu’il venait à peine de débuter l’enregistrement de ce Shadow Work, à São Paulo, au Brésil, second effort solo faisant suite au déjà fort concluant, mais plus Rock, Praise To The War Machine sorti en 2008.

    Il fut l’aura, la voix exceptionnelle de feu NEVERMORE et du monstrueux SANCTUARY qu’il reforma en 2010 pour notre plus grand plaisir, avec à la clé le superbe The Year The Sun Died. Une voix stratosphérique, un songwriter de grand talent qui marquera pour l’éternité le monde du Metal. Shadow Work, vous l'aurez compris, fut donc enregistré au Brésil, avec le rajout des vocaux bruts issus des démos de pré-production effectué auparavant, un album qui sort donc à titre posthume, composé de huit titres (onze étaient prévus) pour un peu plus de 40 minutes de sons bien plus agressifs qu’il y a dix ans et son premier album solo. Warrel Dane nous entrainant ici dans un univers assez proche de NEVERMORE, de sa théâtralité futuriste, sombre et morbide.

    Un line-up méconnu mais hyper talentueux épaule le chanteur, dont la qualité fantastique des vocaux ne souffre aucunement d’absence de production finale, tant Warrel Dane y est brillantissime, versatile, voire surprenant comme avec les growls caverneux du terrible "Madame Satan", permettant aussi au génie du guitariste Thiago Oliveira de se révéler à la face du monde, tout comme l’ensemble du groupe, avec l’aura chamanique de Dane, trônant sournoisement dés l’into du disque sous les percussions et orchestrations de l’inquiétant "Ethereal Blessing". Une véritable communion musicale, fruit d’un travail collectif de composition intense et hors-norme, mais dominé malgré tout par la guitare fulminante de Thiago Oliveira qui sidère dès les harmoniques et le riff acéré de "Madame Satan". Que dire de son jeu sur l’infernal et alambiqué "Disconnection System" où Warrel Dane passe de la rage à la subtilité vocale dans un état de grâce permanent, nous susurrant ensuite des mots paraissant presque langoureux, avec une émotion palpable sur le progressif et épique "As Fast As The Others". L’éponyme "Shadow Work" résumant parfaitement toutes les qualités de ce bain de jouvence sonore, violent, alternant guitares incisives, percutantes et mélodiques, avec un refrain détonnant sous le joug de l’éclectisme des vocaux de Dane, un caméléon, un polymorphe renversant. Avec "The Hanging Garden" le chanteur nous gratifie d’une mémorable cover de THE CURE, méconnaissable tant il se la réapproprie. Shadow Work se pose ensuite sur la pluie mélancolique et plus douce du superbe "Rain", où le chant de Warrel Dane passe par tous les états. Ce bijou prenant fin sur les violons de l’épique et grandiose "Mother Is The Word For God".

    Ce Shadow Work est un monument précieux qu’il nous faut tous adopter au plus vite, faisant naître en nous envie, bonheur et plaisir, mais aussi et surtout une immense tristesse de voir un tel artiste s’arrêter si brusquement en route, ayant encore tant à nous offrir... une grande frustration également à l’idée de ce qu’aurait pu donner cet album avec un enregistrement optimal du chant, et de sa complète réalisation (il manque hélas trois morceaux, par conséquent un peu court). R.I.P. Warrel, et encore merci pour tout !

    Chronique : Papa Bordg

    WARREL DANE - Shadow Work

     

     

     


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  • DALKHU - Lamentation And Ardent Fire
    Godz Ov War Productions
    Style : Black Metal
    Origine : Slovénie
    Sortie : 2018
    Site Web : www.facebook.com/DalkhuOfficial

    DALKHU - Lamentation And Ardent Fire



    01. Profanity Galore / 02. I Am... / 03. Rime / 04. A Race Without Hope / 05. Gaps Of Existence / 06. The Dead Sleep With Their Eyes Open / 07. Night

    La scène Slovène est encore très obscure et inconnue chez nous mais, un peu à l'image de la Pologne et de beaucoup de pays de l'est européen, le Death et le Black Metal sont majoritairement représentés. Il doit y avoir des raisons logiques à cela, de même qu'une logique doit exister pour qu'un groupe qui publie son troisième album déjà ne me dise rien, ne serait-ce qu'au niveau du nom, d'autant plus que l'album précédent, Descend... Into Nothingness, datant de 2015 est paru chez Satanath Records, label que je connais pourtant, mais bref, si nous connaissions tout sur tout, ce serait tellement ennuyeux, n'est-ce pas ?

    Du coup, petite séance de présentation de ces Slovènes de DALKHU qui, avec Lamentation And Ardent Fire, nous propose là son troisième opus. Ce groupe est avant tout l’œuvre d'un homme, J.G., seul membre originel encore au line-up actuel et qui s'est entouré de deux nouveaux compères depuis le précédent album, à savoir Kalki à la batterie, qui avait déjà sévi en 2013 et 2014 au sein du groupe, et le nouveau chanteur, Lucerus. Le Black Metal des Slovènes est assez direct avec quelques leads qui transpercent les riffs rythmiques pouvant même parfois bastonner façon Thrash Black Metal ("I Am...") mais aussi se faire proche du Black Metal de la deuxième vague ("Rime") ou s'approcher d'un Black plus actuel, très oppressant et basé sur des leads lumineux ou encore le Black à capuche qui intègre un côté Post-Metal qui est ici très très disparate et peut surtout s'entendre par l'aspect structurel des morceaux. Le nom de DOMGARD me vient de suite en tête à l'écoute de cet album, même si le groupe y applique une recette assez personnelle, mais dans le fond le discours n'est pas si loin.

    Aux tempos très variés, cet album dévoile un groupe très inspiré avec une mention spéciale pour "Rime" et son introduction bien dissonante, "Gaps Of Existence" dans une tradition toujours aussi efficace, et surtout le groupe n'oublie pas de montrer qu'ils savent jouer avec ce "The Dead Sleep With Their Eyes Open" nourrit au DISSECTION dans le biberon, c'est certain, et relevé de voix claires sublimes et parfaitement à propos. Question originalité, on pourra toujours trouver quelque chose à redire, mais dans l'inspiration, la mise en son, l'univers général, DALKHU dévoile un album d'une maîtrise qui montre une nouvelle fois le nez que possède Godz Ov War Productions pour sortir de l'ombre des groupes aux capacités qui ne demandent qu'à exploser.

    Alors certes, la batterie sonne un peu synthétique, les guitares peuvent parfois manquer un peu de relief, notamment sur les parties les plus brutes mais le travail vocal est à souligner, très différent de son prédécesseur et bien mieux ingurgité par les instruments, et fait la force de ce troisième album, idem pour les guitares très soignées dans les arrangements, avec quelques relents Heavy par moment assez bien vu, la basse est assez discrète dans l'attaque mais pas dans sa représentation sonore et intégration de tous ces éléments plutôt réussie même si elle n'est pas optimale, on constate une nouvelle fois que Magnus Andersson, en Suède, possède une recette pour donner aux groupes un son suffisamment différents d'un album à l'autre pour ne pas lasser l'auditeur féru de son travail. Voilà un album recommandé pour cette fin d'année, ceux qui connaissaient déjà le groupe retrouveront ces leads de guitare qui servent de ligne conductrice au morceau, ces passages plus Heavy à la DISSECTION, le tout avec une production plus aboutie et donc ce chant, bien mieux intégré.

    Chronique : Aymerick Painless

    DALKHU - Lamentation And Ardent Fire

     

     

     


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  • FREEHOWLING - A Frightful Piece Of Hate
    Autoproduction
    Style : Groove/Hardcore Metal
    Origine : France
    Sortie : 2018
    Site Web : www.facebook.com/freehowlingcrew

    FREEHOWLING - A Frightful Piece Of Hate



    01. Children Of Society / 02. Crushed World / 03. Deathline / 04. Master Of Thought / 05. La Ligue des Justiciers / 06. Extremist Terrorist / 07. Freedom / 08. I'll Never (bonus track)

    A Frightful Piece Of Hate est le premier EP de FREEHOWLING, un groupe français qui est actif depuis 2015 autour de Samuel et Guillaume Nicolas, les guitaristes de ce combo oeuvrant à quatre. Un rapide tour d'horizon nous indique que la musique du groupe est traversée par le reggae (bon OK il y a un sample de Bob Marley sur "Master Of Thought"), de Rock Psychédélique ou de Darkjazz, là j'ai pas trouvé, ce qui ne veut pas dire que ces styles n'influencent pas l'écriture, soit ! Non, en fait, le groupe pratique un bon gros Groove Metal dans la trajectoire du MACHINE HEAD le plus récent, même si l'ambiance générale nous attire inlassablement vers une sorte de Hardcore très métallisé, et les paroles de ce premier EP, autour de la dérive de l'Homme, amènent un sous-entendu social, mais lorsque déboule "Master Of Thought", on comprend que ce n'est pas que dans la thématique que FREEHOWLING s'est acoquiné avec le Hardcore. Musicalement également, on se rapproche d'un HATEBREED avec une production très chargée en basse fréquence à la BIOHAZARD mais aussi à la CROWBAR dont certaines réminiscences peuvent être décelées ("Master Of Thought" toujours). Des parties de jump clairement taillées pour le live se font entendre régulièrement, le groupe a eu l'intelligence de les intégrer pleinement dans la structure des morceaux pour éviter que ça ne débarque comme un cheveu sur la soupe et alors on imagine l'introduction d'un "La Ligue des Justiciers" sur les planches, la fosse ne devrait pas tarder à bouillir car c'est surtout ça cet EP, l'efficacité et le headbanging !

    Côté production, on reconnait bien les codes du Hardcore Metal, la caisse claire est sèche comme une femme prise de sécheresse vaginale continue, et il paraît qu'il existe des bonnes crèmes, très efficaces maintenant... pour la sécheresse bien entendu pas pour la caisse claire. Bref, la guitare est chargée en basse, la basse est bien ronde (ce "La Ligue des Justiciers" est taillé pour Nicolas Guerrault, le bassiste), la voix clamée ne se fait pas sans un petit écho qui donne l'impression que le groupe joue en bas de la barre d'immeubles de Brooklyn, alors que la voix saturée est légèrement sous-mixée. Les éléments les plus extrêmes (quelques riffs typés Death Metal) nous renvoient plus vers SLIPKNOT que DEICIDE, ils sont toujours emprunts d'un groove qui colle bien à la peau du groupe. Et d'ailleurs, si la musique du groupe se veut aussi directe, elle n'en reste pas moins bien mise en œuvre par ce quatuor qui ne surprend pas par son discours musical dans la trajectoire d'un MACHINE HEAD, SOULFLY, SLIPKNOT ou HATEBREED mais dont les parties de chant qui évitent l'écueil du chant clair à la DAGOBA (parce que musicalement, on est pas loin non plus) amènent un plus de brutalité qui donne un côté malsain à cette violence.

    L'entrée en matière est des plus honnêtes pour ces Français dont le potentiel scénique devrait très vite s'affirmer, que les amateurs de Groove écrasant se penchent sur cet EP disponible en digital mais aussi en format physique où le CD contient un très court "I'll Never" pas très représentatif du reste du EP en bonus track !

    Chronique : Aymerick Painless

    FREEHOWLING - A Frightful Piece Of Hate

     

     


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  • ETERNAL ROT - Cadaverine
    Godz Ov War Productions
    Style : Putrid Doom/Death Metal
    Origine : Royaume-Uni/Pologne
    Sortie : 2018
    Site Web : https://eternalrot.bandcamp.com

    ETERNAL ROT - Cadaverine



    01. Undying Desolation / 02. In Their Decaying Eyes / 03. Putrid Hallucination / 04. Slough Of Despond

    Créé en 2012, ce projet à deux têtes a connu quelques moments d'assoupissement du fait de l'éloignement de Mayer, chanteur, guitariste, bassiste et batterie électronique, et Grindak, au chant principal, partagés entre le Royaume-Uni et la Pologne. Après la Promo Tape de 2013, le duo disparaît donc des radars jusqu'à revenir par le biais de Godz Ov War Productions qui prend sous son aile une bonne partie de la scène Extrême polonaise prometteuse.

    Cadaverine est donc le premier album de ce groupe même si les 4 titres pour 29 minutes d'un Death très lancinant aux couleurs Doom Death Metal à la HOODED MENACE sont habituellement considérés comme un EP, mais peu importe. Le son crade qui émerge de cette galette annonce clairement les choses, ça va suinter, à l'image de l'artwork très Death Metal old-school, simple, déjà très répandu, mais toujours aussi efficace lorsqu'il s'agit d'un premier album pour situer le propos du groupe. Le chant se fait très caverneux, difficilement possible de distinguer ce qui est growlé là et on comprend assez vite que comme dans le Funeral Doom Death Metal, ce n'est qu'un ornement supplémentaire à la procession cadavérique qui est offerte là et comme une longue agonie, les titres "Undying Desolation" et "In Their Decaying Eyes" sont assez similaires jusque dans le riff de guitare volontairement proche, comme une mort lente que l'on croit s'abréger et qui va durer encore bien longtemps. Toutefois, et c'est là où il est facile de comprendre que c'était bien la volonté d'ETERNAL ROT, ce deuxième titre évolue rapidement vers quelque chose d'un peu plus dynamique avec une guitare lead en fond qui dessine une sinusoïdale bien aiguisée. Le travail d'écriture est bien plus pointu qu'il n'y parait de premier abord, avec des couches de guitare rythmique très importantes pour l'ambiance générale et l'impact, car si le propos est très sale, la production est assez distincte et claire, notamment sur cette caisse claire qui retentit dans le crâne comme l’angélus de 7 heures du matin un lendemain de cuite terrible !

    "Putrid Hallucination" commence comme "In Their Decaying Eyes" s'est terminé avec cette rythmique pachydermique, le groupe tape à la masse sur les crânes qui dépassent de la terre avec une guitare lead lointaine qui fait office de leurre pour vous attirer, un chant de sirène particulièrement bien pensé et bien produit, suffisamment lointain pour garder l'aspect cradingue mais suffisamment présent pour qu'il reste en tête. Et le final qu'est "Slough Of Despond" n'est qu'une longue agonie hypnotique imparable qui paraît amener un peu de lumière dans ces ténèbres caverneuses, comme une libération finale toujours aussi morbide.

    Alors ce Cadaverine n'est pas la surprise de l'année, mais ce premier opus a l'avantage de présenter avantageusement ce duo au public et de proposer quatre titres de grande qualité, bien réfléchis, et bien produit, pas de façon excessive, il reste encore de la marge de manœuvre mais l'idée est là et bien là. Au rythme où ce label publie les sorties de bon goût, il va vous falloir organiser des envois réguliers, surtout qu'il fait également son marché sur la scène Américaine, comme quoi l'ouverture sur le monde ça a du bon !

    Chronique : Aymerick Painless

    ETERNAL ROT - Cadaverine

     

     


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  • FRACTAL CYPHER - Prelude To An Impending Outcome
    Autoproduction
    Style : Progressive Metal
    Origine : Canada
    Sortie : 2018
    Site Web : www.facebook.com/fractalcypher

    FRACTAL CYPHER - Prelude To An Impending Outcome



    01. Coming Back To Life (10:14) / 02. The Grandeur Of It All (6:53) / 03. From The Above And To The Stars (8:05) / 04. Red Lady (9:31)

    Ah ces Canadiens... des musiciens hors-normes d’un talent musical considérable dont la mine d’or artistique ne peut être dissociée du Hard Rock et du Metal, que ce soit dans les anciennes générations, toujours aussi glorieuses, tels que RUSH, TRIUMPH ou l'univers fou d’un VOIVOD, ou bien empruntant le génie encore plus déjanté distillé par DEVIN TOWNSEND, sans oublier plus récemment le Power mélodique de BOREALIS, ou encore tout ceux qu’il faudrait mentionner et dont on ne peux parler ici tant la liste serait longue...

    Alors l’accueil d’un tout jeune loup québécois nous fait déjà frémir l’oreille d’excitation. FRACTAL CYPHER, c'est son nom, fut fondé en 2014 à Montréal, là où la vie et la nature semblent encore garder tout son sens et son éternelle beauté. En 2016, FRACTAL CYPHER a sorti sa première œuvre, The Human Paradox, qui, bien qu'étant auto-produite, laissait transparaître un résultat bluffant, magnifique et explosif tant sur le plan technique qu'artistique, ou dans les vibrations que sa musique transmet, un Metal progressif aventureux qui mélange tout un tas d’influences, mais gardant toujours la base lourde et mélodique du froid canadien. Il nous tardait donc de nouveau goûter aux merveilles de cette jeune formation des plus prometteuse. C’est désormais chose faite avec ce Prelude To An Impending Outcome, un EP qui risque de beaucoup faire parler très prochainement, tant le génie déployé y est immense.

    Le line-up reste inchangé par rapport au premier album, avec Simon Lavoie (chant), Tommy Fradette (basse), Steven Cope (batterie), Vincent Bruneau (guitare) et Ludovick Daoust (claviers), des musiciens tous monstrueusement doués. Seulement quatre pistes certes, mais des titres longs, dépassant parfois les dix minutes ("Coming Back To Life"), pour presque trente cinq minutes de sons ahurissants.

    La production signée Chris Donaldson (CRYPTOPSY, BEYOND CREATION, THE AGONIST) est simplement parfaite, puissante et d’une clarté absolue, où chaque instrument profite d’un son optimal. Un Prog Metal dynamite à travers des chansons aux sonorités très différentes, avec des paroles intimes, inspirées d'expériences riches et personnelles. Les influences décelées sont très éclectiques, allant de la ballade, en passant par le Blues, le djent ou le Jazz, avec pour toile de fond la puissance rythmique du groupe et son Metal progressif hyper mélodique et supra touchant.

    Le magnifique clip de "From The Above And To The Stars" proposé en avant première, nous avait déjà mis en appétit, dévoilant un morceau, sans doute le plus lourd du disque, où de multiples riffs de guitare très denses développent une ambiance djent très marquée tout du long. Épique et grandiose, méchamment violent, et parfois proche de la démesure d’un THE FACELESS. On est pris dans un véritable tourment de sons, un ouragan, une déflagration du monde actuel, volant en éclat, parsemant ici et là les foudres hystériques des 70's comme sur l’intro de clavier de "The Grandeur Of It All", simplement sublime, accompagnant l’esprit très Hard Rock qui s'y niche. Énergie, simplicité apparente, groove nerveux se juxtaposant à des moments de pures émotions. Celles-là même que l’on retrouve à fleur de peau sur le superbe "Coming Back To Life" qui pourrait rappeler DREAM THEATER à son apogée. Piano, voix chaude et douce sur des notes volant au gré du vent. Mais des atmosphères démesurées sont aussi présentes, déconcertantes et totalement folles ("Red Lady", "From The Above And To The Stars"), consommant des changements de rythme, de ton, de structures, à profusion, d’une fluidité à couper le souffle au sein même d'un même morceau, comme l’omniprésence des guitares sur le jazzy "Red Lady".

    Difficile de se remettre d’un tel fracas sonore, FRACTAL CYPHER réalisant là ce que peu ont fait ou su faire. Une musique d’une technicité incroyable, d’une complexité peu commune, tout en la rendant très humaine, émotive, et donc très accessible. Les refrains y participant grandement, ceux-ci étant souvent proche du Power Metal. Rien ne semble avoir été laissé au hasard car même l’artwork, réalisé par Silent Q Design, illustre parfaitement le Prog Metal à la thématique morose et existentielle de FRACTAL CYPHER. Bien qu'encore jeune, ce groupe est déjà immense, et ce n’est qu’un début...

    Chronique : Papa Bordg

    FRACTAL CYPHER - Prelude To An Impending Outcome

     

     

     


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  • HEIR APPARENT - The View From Below
    No Remorse Records
    Style : Progressive Power Metal
    Origine : États-Unis
    Sortie : 2018
    Site Web : www.heirapparent.com

    HEIR APPARENT - The View From Below



    01. Man In The Sky / 02. The Door / 03. Here We Aren't / 04. Synthetic Lies / 05. Savior / 06. Further And Farther / 07. The Road To Palestine / 08. Insomnia

    Presque trente ans d’abstinence, de néant, de doutes, certainement de résiliations, le monde vous oubliant, continuant à tourner, retourné sans cesse sur lui-même à la recherche perpétuelle du plaisir, de l’extase, s’enivrant de vins, d’orgies en tout genres, mais égoïstement aussi d’autres fonds sonores magnifiques faisant oublier qui vous étiez ou qui vous auriez pu être. HEIR APPARENT fait partie des oubliés, des négligés du Metal, ayant marqué sa terre, son territoire, son monde, mais hélas sur une trop courte période, provoquée ou non, malchance ou pas, seuls les protagonistes, de talentueux musiciens, pourraient le dire. Il fut cependant la relève exceptionnelle du Heavy Metal chiadé américain avec notamment le révolutionnaire QUEENSRŸCHE et le créatif CRIMSON GLORY. Mais beaucoup d’irréductibles, fans du grandiose, de l’inoubliable, n’avaient pu se résoudre à rayer définitivement de leurs mémoires un testament, certes mince, constitué de deux albums quasi parfaits : Graceful Inheritance (1986) et One Small Voice (1989) dont le souvenir reste encore aujourd'hui très vivace, surtout quand celui-ci emprunte le chemin magique d’un chef d’œuvre tel que le rayonnant et bouillonnant Graceful Inheritance. Alors ressurgir sans crier gare vingt neuf ans plus tard relève du vrai miracle, un pari fou presque inconcevable, et pourtant cette troisième onde de choc qu'est The View From Below risque bien de secouer la planète Metal avec folie, plaisir et nostalgie, mais sans doute une nostalgie qui perdurera pour les générations futures tant ce The View From Below est en tous points fabuleux.

    Huit voyages simplement incroyables, quarante cinq minutes de musique amenant émotion, larmes, dépendance, force, proposant à l’auditeur de tout plaquer, de partir sac à dos en main à la recherche du monde et de sa nature, écouteurs tournant en boucle ce son piégeant nos oreilles à l’âme de ce bijou. Un voyage aussi bien vécu matériellement que spirituellement, touchant alors astres et lumière céleste, comme un homme se réfugiant dans le ciel pour mieux se cacher du feu des armes humaines ! "Man In The Sky" dévore l’espace, doucement mais sûrement, sous la frappe sèche et vampirisante de Ray Schwartz soutenant les guitares spatiales, vivaces et gorgées d’émotions de Terry Gorle, une voix incroyable, à peine imaginable, même dans les rêves les plus fous, venant se poser sur un refrain inusable. On a d’ores et déjà compris qu’il se passait quelque chose d’important, de grand, d’immense... un moment fort qui marquera l’année 2018, mais aussi les générations qui suivront tant l’œuvre est forte en tous points. Will Shaw poussant la porte du génie sur un phénoménal "The Door", son timbre étant totalement indescriptible, comment un être humain peut-il chanté ainsi ? Est-ce possible? Il semblerait que les desseins de Dieu soient impénétrables... The View From Below se pose désormais sur une magnifique ballade "Here We Aren’t" où HEIR APPARENT nous apprend ce qu’est d’aimer. Le voyage se poursuivant au bord d’une plage, le vent dans les cheveux, le regard lointain vers l’horizon, les souvenirs nous tiraillant de toute part à l’écoute d’un tel frisson. Une fois de plus nous sortons terrassés par tant de beaux et vibrants sentiments. L’atmosphère se veut ensuite bien plus glauque, étrange et surprenante avec "Synthetic Lies" qui se veut être un savant mélange de noirceur, de sensualité et de violence, HEIR APPARENT fusionnant ici toutes ses différentes facettes pour en faire un instant unique et mémorable. Ce qui se ressent encore plus sur le très court et énergique "Savior", avec un riff très proche de la période du monumental Operation Mindcrime de QUEENSRŸCHE. Puis on se retrouve soudainement projeté dans l’espace, perdu dans son immensité, l’écho de la guitare de Terry Gorle nous enveloppant comme dans une sorte de bulle hermétique circulant au gré d’une caresse se nommant "Further And Farther", d’en haut la terre parait si bleue, si belle, on ne fait que sourire tant on est bien, bercé par la magnifique basse de Derek Peace. De petits moments magiques qui font que notre vie ne sera jamais celle des autres. Après le silence de l’au-delà, notre bulle nous ramène sur la terre ferme, au proche-orient, sur le chemin de la terre promise avec "The Road To Palestine", un titre d’une grande richesse musicale, mais aussi un appel poignant à la paix et à la réconciliation. Beaucoup de mid tempi composent ce formidable The View From Below, HEIR APPARENT prenant le temps de développer ses atmosphères et d’y glisser une poudre magique, habitant totalement son auditoire. "Insomnia" se clôt, la messe est dite. Qui peut se targuer, trois décennies plus tard, d’avoir enfanté une œuvre aussi parfaite ? On en connait peu ! Un exploit que HEIR APPARENT vient pourtant de réaliser sous nos yeux ébahis, avec une production limpide, fluide et puissante de l'attitré Tom Hall (QUEENSRŸCHE). Des musiciens tous à leur apogée, sans oublier de mentionner le clavier discret mais très efficace de Op Sakiya, déterminant pour les couleurs portées à ce The View From Below, un chanteur hors-norme et des compositions qui allient technique et émotions diverses et sidérantes. Aucun faux pas, que du grandiose, de l'envoûtant ! Un retour miraculeux pour HEIR APPARENT dont certains grands groupes mythiques des années 80 feraient bien de s’inspirer.

    Chronique : Papa Bordg

    HEIR APPARENT - The View From Below

     

     

     

     


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  • CHROME DIVISION - One Last Ride
    Nuclear Blast
    Style : Doomsday Rock'n'Roll
    Origine : Norvège
    Sortie : 2018
    Site Web : www.facebook.com/chromedivision

    CHROME DIVISION - One Last Ride



    01. Return From The Wastelands / 02. So Fragile / 03. Walk Away In Shame / 04. Back In Town / 05. You Are Dead To Me / 06. The Call / 07. I’m On Fire Tonight / 08. Staying Until The End / 09. This One Is Wild / 10. One Last Ride / 11. We Drink / 12. Towards The Unkown / 13. Esta Noche A Quemar (Bonus Track)

    CHROME DIVISION tire sa révérence avec cette nouvelle secousse sismique qu'est One Last Ride, bien tristes que nous sommes de l’apprendre tant Shagrath (DIMMU BORGIR) et ses frères d’arme nous avaient botté le fion à chaque nouvelle livraison de leur son fait d’un alliage de Heavy, de Hard-Rock et de Punk, aux inspirations certes marquées mais ayant une personnalité très forte et affirmée. Frais et solide, à la fois neuf et revival, la fusion parfaite entre l’énergie folle et dévastatrice du premier GUNS N’ ROSES et l’éternel MOTÖRHEAD. Fait important pour ce cinquième et dernier biberon alcoolisé, Eddie Guz (THE CARBURETORS), le chanteur des deux premiers albums, réintègre sa voix rocailleuse et rock n’ roll à la potion dynamitée des Norvégiens. Il avait été remercié en 2009 par manque d’investissement au sein du groupe, remplacé par Shady Blue pour les deux skeuds suivants. On notera également sur trois titres ("So Fragile", "This One Is Wild" et "Walk Away In Shame") la présence de la voix féminine de Miss Selia, apportant une plus value notable à un One Last Ride déjà monumental. CHROME DIVISION est puissant, sacrément secoué et burné, mais n’a de cesse de développer des mélodies totalement géniales, en grande partie dû à un travail monstrueux de la paire Shagrath/Karlsen, mettant leurs grattes inspirées en avant, que ce soit par des riffs lourds, rapides et incisifs ("Back In Town", "You Are Dead To Me", "One Last Ride") qu’avec des leads ou harmonies de haute voltige ("The Call", "One Last Ride"). Nous parlions précédemment de MOTÖRHEAD, le terrible refrain de "We Drink" nous rappelle furieusement la tête de moteur, déployant une nostalgie certaine faite d’une grande tristesse. Quelques notes Blues Rock introduites sur "Walk Away In Shame" au duo sensuel avec Miss Selia, nous montre aussi que CHROME DIVISION sait faire respirer son art avec feeling, par de courts breaks atmosphériques du meilleur effet, et ce dès qu’il le peut. Une des nombreuses forces de ce vibrant One Last Ride exerçant une réelle possession à qui s’y frotte. Même si la trame de beaucoup des titres de ce cinquième album reste assez identique, elle fait, malgré tout, mouche à chaque fois. De plus CHROME DIVISION sait soigner ses entrées et sorties d’albums, "Return From The Wasterlands", et sa narration et son acoustique qui claque, fait corps avec le grandiloquent "Towards To The Unknown" qui s’achève telle une folle équipée sur une Harley rutilante. On notera un dernier tremblement sonore avec un "Esta Noche va a Quemar" entierement chanté en espagnol. Au final, nous tenons là un fucking ultime opus, heavy, puissant, crasseux, mélodique mais surtout très inspiré. CHROME DIVISION peut être fier de cette dernière œuvre !

    Chronique : Papa Bordg

    CHROME DIVISION - One Last Ride

     

     

     

     


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