• SAXON - Thunderbolt
    Militia Guard / Silver Lining Music
    Style : Heavy Metal
    Origine : Royaume-Uni
    Sortie : 2018
    Site Web : www.saxon747.com

    SAXON - Thunderbolt



    01. Olympus Rising / 02. Thunderbolt / 03. The Secret Of Flight / 04. Nosferatu (The Vampires Waltz) / 05. They Played Rock And Roll / 06. Predator / 07. Sons Of Odin / 08. Sniper / 09. A Wizard's Tale / 10. Speed Merchants / 11. Roadie's Song / 12. Nosferatu (Raw Version)

    Fort d'une carrière d'une bonne quarantaine d'années et de pas moins de vingt-deux albums studio au compteur (ce Thunderbolt compris), SAXON a su, au fil des années et des sorties, se construire un parcours des plus exemplaire, et ce n'est pas avec cette nouvelle livraison que Biff Byford et ses acolytes vont dévier de leur trajectoire. Ce Thunderbolt s'inscrit en digne successeur du très bon Battering Ram paru en 2015, et on ne va pas s'en plaindre. Toutefois il se veut peut-être un poil moins linéaire et plus varié que son devancier, avec, comme par exemple, cette ambiance gothico-horrifique sur "Nosferatu (The Vampires Waltz)" ou ces growls sur "Predator", fruit de la collaboration avec l'impressionnant Johan Hegg d'AMON AMARTH. Avec "They Played Rock And Roll", nos Anglais rendent hommage à Lemmy et MOTÖRHEAD, nous offrant un titre dans un registre plus foncièrement Hard Rock. "Roadie's Song" sera également dans cette veine. Pour le reste, nous sommes en présence d'un album typique de SAXON, accrocheur et d'une puissance Heavy imparable ("Thunderbolt", "Predator", "Sniper", "Speed Merchants"). Avec ce Thunderbolt, SAXON nous livre un album de qualité qui tient solidement la route, fruit d'un groupe en grande forme. A soixante sept ans, on peut dire que Biff Byford a encore de beaux restes, le bougre n'a rien perdu de ses capacités vocales et nous le prouve tout au long des 48 minutes que dure cette galette. Un véritable « coup de tonnerre » (traduction de Thunderbolt) qui ne pourra qu'enflammer vos platines à grand renfort de riffs incisifs et puissants. De quoi combler, une nouvelle fois, tous les amateurs de Heavy Metal de haute volée dans la grande tradition du genre.

    Chronique : Nono666

    SAXON - Thunderbolt

     


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  • ANVIL - Pounding The Pavement
    SPV / Steamhammer
    Style : Heavy Metal
    Origine : Canada
    Sortie : 2018
    Site Web : www.anvilmetal.com

    ANVIL - Pounding The Pavement

    01.  Bitch In The Box / 02. Ego / 03. Doing What I Want / 04. Smash Your Face / 05. Pounding The Pavement / 06. Rock That Shit / 07. Let It Go / 08. Nanook Of The North / 09. Black Smoke / 10. World Of Tomorrow / 11. Warming Up / 12. Don't Tell Me (Bonus track)

    Mine de rien ANVIL sort son déjà dix-septième album. Après un très bon Anvil Is Anvil sorti en 2016, Pounding The Pavement voit la formation canadienne tenter de renouveler (enfin, tout est relatif !) quelque peu son propos (titres majoritairement plus mid tempo qu'à l'accoutumée, quelques effets électro « bizarroïdes » disséminées de ci, de là), et, disons-le, ce n'est pas forcément une réussite. Certes l'exécution est sans faille, et nous avons bien quelques bons titres ("Ego", l'instrumental "Pounding The Pavement", "Rock That Shit", "Black Smoke"), mais est-ce vraiment suffisant pour faire de ce Pounding The Pavement un album indispensable dans la discographie du groupe ? Permettez moi d'en douter au vue de ces autres morceaux clairement plus dispensables ("Bitch In The Box", "Doing What I Want", "Smash Your Face", le surprenant "Nannok Of The North", "World Of Tomorrow"). Au final, la bande à Lips nous livre là un album en demie teinte, pas forcément désagréable, mais où rien de bien mémorable ne ressort. Stylistiquement, on se situe dans la droite lignée de ce que le groupe a toujours proposé, avec plus ou moins de réussite, tout au long de ces années, et cette fois-ci, il manque malheureusement ce petit plus qui aurait pu faire toute la différence. Rien ici ne vient transcender ces compos bien trop basiques, ANVIL reste ANVIL, certes, mais l'inspiration, elle, semble bel et bien en berne... Les fans purs et durs y trouveront peut-être leur compte, pour les autres, plus exigeants, pas sûr que cette énième réalisation  du band de Toronto les fasse grimper aux rideaux.

    Chronique : Nono666

    ANVIL - Pounding The Pavement

     


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  • WATAIN - Trident Wolf Eclipse
    Century Media Records
    Style :  Black Metal
    Origine : Suède
    Sortie : 2018
    Site Web : www.templeofwatain.com

    WATAIN - Trident Wolf Eclipse



    01. Nuclear Alchemy / 02. Sacred Damnation / 03. Teufelsreich / 04. Furor Diabolicus / 05. A Throne Below / 06. Ultra (Pandemoniac) / 07. Towards The Sanctuary / 08. The Fire Of Power / 09. Antikrists Mirakel

    Dois-je encore présenter WATAIN ? Ça fait maintenant  20 ans que le groupe nous sert un Black Metal froid et sans compromis, dans la pure tradition suédoise. Voici donc leur sixième véritable album, Triden Wolf Eclipse. La cover est sobre, graphique, sombre et illustre parfaitement le groupe avec son symbole fétiche, le trident qui trône au dessus des montagnes (montagnes qui ne sont pas sans rappeler EMPEROR ou d’autres albums mythiques du siècle dernier…). Le retour aux sources est donc indéniable ! Et effectivement, à l’écoute, nous avons un album brut, charnel et violent, plutôt old school. Les ambiances sont malsaines et oppressantes. Les riffs sont incisifs. On commence donc l’écoute avec "Nuclear Alchemy" qui attaque nos tympans sans compromis et taille dans le vif du sujet. "Teufelsreich" est le troisième morceau de l’album. Assez lent et moins brutal, il ne me laisse pas indifférente, certainement à cause de ses sonorités à la DISSECTION, groupe que j’affectionne particulièrement. Les arrangements sont recherchés, purs et tout s’écoule comme une rivière d’eau glacée, à la fois enivrante et mortelle. "Towards The Sanctuary" est l’un des titres les plus efficaces de l’album. Très noir et véritablement malsain, les riffs s’enchainent avec violence et grasse à la fois. La mélodie est malgré tout présente, notamment  en milieu de morceau. "The Fire Of Power" est un peu plus posé mais tout en intensité. Ce morceau est véritablement marquant, pour ne pas dire magique. Très bien construit, avec une force presque indécente et malsaine. L’album se termine avec "Antikrists Mirakel", un genre d'outro ambiant et démoniaque, avec plein de « ö » et de « å » dans les textes ! Grace à « Google traduction » je découvre un texte bien au dessus des autres, très poétique et subtile, qui me parle beaucoup plus que les Lucifer et autres maîtres des ténèbres.  Il est posé, sans fioritures, sur une musique étrange et glaciale. C’est pas vraiment beau, mais on revient toujours à cette éternelle question : « est-ce que l’art doit être beau ? » En tous cas, j’adhère complètement à ce texte exposé ici, avec ses sonorités nordiques, qui clôture parfaitement cet album. Le son est globalement assez raw et volontairement peu produit. On est en plein dans l’instinctif, l’animal, le global, l’archétype même  de l’inconscience et de la brutalité. Quant aux textes et à la thématique, tout reste très traditionnel ici : Lucifer, les ténèbres et tout un univers glaçant et démoniaque... vu, revu et périmé ! Les puristes seront heureux, et diront que l’on demeure dans un thème traditionnel, que le Black Metal se trahit s’il sort de ces sentiers battus et que pour rester purs et « trve » il faut continuer dans cette veine ! Dans  ce cas, on est bien dans la plus pure tradition du Black Metal, sombre et sataniste. Personnellement, j’en attends autre chose, comme un peu plus de surprise... Musicalement, Trident Wolf Eclipse est une très bonne réussite. Violent, instinctif et strident (pour ne pas faire de mauvais jeu de mots avec Trident...). Le son est agressif, mais « déjà vu ». Tout cela est bien conforme à ce qu’on attend d’un album de Black, les puristes seront satisfaits, et ça reste très plaisant à écouter.

    Chronique : Fanny

    WATAIN - Trident Wolf Eclipse

     


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  • APPICE - Sinister
    SPV/Steamhammer
    Style : Hard Rock
    Origine : Etats-Unis
    Sortie : 2017
    Site Web : www.appicebrothers.com

    APPICE - Sinister



    01. Sinister / 02. Monsters And Heroes / 03. Killing Floor / 04. Danger / 05. Drum Wars / 06. Riot / 07. Suddenly / 08. In The Night / 09. Future Past / 10. You Got Me Running / 11. Bros In Drums / 12. War Cry / 13. Sabbath Mash

    Les deux frères batteurs Carmine et Vinny APPICE (que l'on ne présente plus) auront attendu 2017 pour sortir un album en commun et l'appeler Sinister. J'en vois déjà qui rigolent en pensant à ce titre qui n'aurait rien d'un hasard. Car, en effet, disons-le tout de suite, on pense souvent à un naufrage sinistre à l'écoute de l'album. De bons moments aussi certes, mais vraiment gâchés par un ensemble faisant penser à une parodie du meilleur du Hard Rock... un genre de SPINAL TAP en quelque sorte.

    La faute déjà au recrutement d'un chanteur inconnu en la personne de Jim CREAN (pourtant en lisant sa biographie, il chante et enregistre depuis plus de 35 ans avec des groupes... oui, mais lesquels ?). Il est noté également qu'il a remporté le prix du meilleur chanteur original à plusieurs reprises (ça, pour être original, il l'est !). Enfin, quatre albums solo sont à son actif (curiosité inexplicable et paradoxale de découvrir ce que ça donne, "Insatiable" est en attente d'écoute malgré tout... "Can't Find My Way", en avant première, avec Mike TRAMP, étant lui plutôt appréciable). Dernier point contradictoire, Jim CREAN interprète le titre le plus mélodique et réussi ("In The Night") avec des interventions du guitariste Ron "Bubblefoot" THAL pour le moins lumineuses (lequel on n'attendait pas à pareil fête d'ailleurs).

    Pour les autres morceaux de notre star, l'ouvrant "Sinister" est assez catastrophique avec un refrain bien horrible. "Danger" passe mieux la rampe au niveau de l'inspiration... mais cette voix donne vraiment envie de pleurer de rire ici. "Sabbath Mash", comme son nom l'indique, compile des titres de BLACK SABBATH ("War Pigs" et "Paranoïd" plus, en intro, "Iron Man"), et c'est un massacre...

    Concernant les autres chanteurs, Robin MAC AULEY s'en sort pas mal sur la reprise du "Riot" de BLUE MURDER somme toute anecdotique. Scotty BRUCE (qui c'est ?) apparait sur le réussi "Future Past". Chas WEST (BONHAM, LYNCH MOB, RESURRECTION KINGS) est égal à lui même (très bon) sur le Zeppelinien "Killing Floor" pour le riff. Paul SHORTINO (ROUGH CUTT, QUIET RIOT, KING KOBRA) assure sur le pas génial "Monster And Heroes" (hommage pourtant à Ronnie James DIO). Il apparait aussi sur les pas terribles "War Cry" et "Suddenly"... décidément, pas de chance Paulo... Constatons une surprise, tout de même, le chant de Carmine APPICE sur l'inspiré "You Got Me Running"... et il s'en sort plus que bien le bougre.

    Pour les guitaristes, pêle-mêle, les Joel HOEKSTRA, Craig GOLDY ou Mick SWEDA assurent le taf mais sont trop souvent desservis par des compositions trop moyennes.

    On va dire qu'une bonne moitié de ce APPICE est bien dispensable à côté d'autres passages intéressants (le quasi instrumental "Drum Wars" par exemple). Dommage donc pour ces deux légendes qui ont, malgré tout, des carrières respectives bien honorables...

    Chronique : Renegade88

    APPICE - Sinister

     


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  • DOOMSTER REICH - Drug Magick
    Aesthetic Death / Old Temple
    Style : Psychedelic Doom Metal
    Origine : Pologne
    Sortie : 2017
    Site Web : www.facebook.com/doomsterreich

    DOOMSTER REICH - Drug Magick



    01. Gimme Skelter / 02. Rites Of Drug Magick / 03. Round The Bend Satan / 04. Meet The Dead / 05. Chemical Funeral / 06. Black Earth, Red Sun

    Lorsque les mots « Doom » et « Psychedelic 60's et 70's » sont accolés pour désigner la musique d'un groupe, on imagine immédiatement le mouvement Occult Rock emmené par des BLOOD CEREMONY ou CASTLE. Pour le cas des Polonais de DOOMSTER REICH, cela va un peu plus loin, mais en guise d'introduction et pour libérer les moins intéressés, il faut imaginer BLACK SABBATH s’accoquinant avec HAWKWIND et le côté d'un SHEAVY pour la facette contemporaine.

    Reste-t-il encore des gens intéressés par cette mixture, très bien, alors bienvenue dans le monde psychédélique de DOOMSTER REICH où la simplicité et le minimalisme lié au Doom sont omniprésents, où les solos ou leads provenant du Stoner, voire même déviant du Desert Rock par le côté sensation d'improvisation ou de jam-session, où le chant est posé sans chercher la moindre efficacité lyrique, une certaine monotonie s'en dégageant à la longue d'ailleurs, et puis enfin, il y a ces structures qui n'en sont pas vraiment, inutile de vous préciser que le côté radio edit est totalement exclu de cette galette et c'est tant mieux car les Polonais finissent par tisser un univers plutôt personnel à la croisée des groupes précités, même si parfois l'hommage est un peu trop appuyé comme sur "Round The Bend Satan".

    Alors, oui, tout cela peut ressembler à ELECTRIC WIZARD, d'autant plus que les guitares sont bien graves, que la voix bénéficie des effets assez semblables, allant même jusqu'à l'imagerie sexy associé à l'occultisme de nos chers Anglais. Mais il regne un esprit Rock'n'roll qui renvoie vers SHEAVY, NEBULA ou SLEEP, pas le Rock'n'roll qui donne envie de danser, plutôt le nonchalant, avec cette arrière pensée malsaine, et d'ailleurs l'ouverture d'album qu'est "Gimme Skelter" en est un parfait exemple, allant même jusqu'à cette petite accélération en milieu de morceau qui se poursuit en mode jam-session sur sa fin où les versions alternatives du riff tournant ratissent large, peut-être un peu trop, une progression un peu plus courte (d'au moins 1mn30) aurait fait gagner en impact ce morceau très dynamique et qui a le mérite de planter le décor ! Un décor qui se poursuit jusqu'au très Sabbathien "Round The Bend Satan" et son « all right now ! » comme Ozzy Osbourne en son temps et ce pont qui suit en guise de clin d’œil tournant à l'appel du pied peu discret, un peu comme le tonton Roland qui sort une blague déjà entendue et qui te lâche des clins d’œil en rafale signifiant « t'as compris, hein, t'as compris ? », on est presque gêné quand même ! Ce morceau aussi renferme une structure faite de succession de riffs où les cassures rythmiques vous cueillent à froid pour un effet semblable aux creux dans les montagnes russes, sans l'envie de vomir, juste cette impression de vertige qui vous domine et à laquelle vous finissez par être accro.

    Cependant, cet album atteint parfois, en de très rares occasions, ses limites avec ces solos sans queue ni tête et même sans vraiment d'intérêt pour le morceau, une dissonance gratuite dirons-nous sur un "Meet The Dead" qui a pourtant quelques atouts comme des riffs bien plombés mais c'est celui qui possède le chant le plus psychédélique ou enfumé et ces errances solistes manquant d'intérêt. Et avec un "Chemical Funeral" de bonne facture mais pas marquant, se noyant dans la moyenne des titres du style, on obtient un tiers d'album un ton en dessous et c'est bien dommage car avec "Black Earth, Red Sun", on retrouve le DOOMSTER REICH incisif martelant une rythmique minimaliste mais tellement désespérée, une sorte de j'ai plus rien à perdre et je lâche mon dernier souffle de vie. Avec cette production crade, ce grain de guitare bien gras, cet enregistrement en condition live, ce Drug Magick est bourré de petites imperfections sans dommage pour l'écoute et l'appréciation du feeling, un esprit domine cette galette et les Polonais finissent par tirer leur épingle du jeu, être le groupe sympathique que l'on va se caler dans les esgourdes entre deux classiques de Doom Metal, une parfaite combinaison qui n'a cependant pas totalement respecté, à mon sens, le postulat de départ avec l'esprit psychédélique d'HAWKWIND, il pourrait être poussé plus loin que ces dissonances et ces errances pour y apporter une véritable dimension psychédélique suggérée. Mais, l'intégration de Pawel aux claviers pour assumer ce rôle étant encore extrêmement frais, on attendra la suite pour se faire un avis définitif sur cet aspect. En attendant, cet album est bien plus qu'un simple outsider, disons que c'est la bonne surprise de ce début d'année (même s'il est sorti fin 2017), et comme Aesthetic Death est plutôt du genre à signer de bonnes choses, on aurait pu s'en douter.

    Chronique : Aymerick Painless

    DOOMSTER REICH - Drug Magick

     


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  • STONEBIRDS - Time
    Autoproduction
    Style : Stoner/Doom/Desert Rock
    Origine : France
    Sortie : 2017
    Site Web : www.stonebirds.fr

    STONEBIRDS - Time

    01. I / 02. Sacrifice / 03. Blackened Sky / 04. Only Time / 05. Shutter Part I / 06. Shutter Part II / 07. Animals / 08. II

    STONEBIRDS, c'était dans mon esprit un groupe de Stoner tout ce qu'il y a de plus respectable, même si les influences n'étaient encore pas trop assimilées et se ressentaient encore beaucoup trop. C'était en 2011, à la période du premier album, Slow Fly, et on pouvait sentir que le groupe avait les capacités d'aller plus loin, ce qu'il a réalisé en 2015 avec le deuxième album Into The Fog... And The Filthy Air en proposant une musique plus ambiante, plus posée, peut-être plus psychédélique, voire progressive. Alors si je n'avais pas prêté attention, à l'époque, à cette sortie, c'est que j'étais un peu passé à travers, mais avec Time, le troisième album du groupe, on ressent une attraction avec cet artwork, et les quelques extraits écoutés m'ont mis sur la piste, de nouveau, de ce groupe Français ayant réussi à dépasser son style de départ.

    Tout d'abord, je connaissais le groupe en quatuor, il opère désormais en trio, une formule payante dans sa version studio, pour le live, il faudra attendre la possibilité de le constater. Mais, ce qui frappe c'est que le groupe fonctionne en trio dans le son, une basse, une guitare, un batterie dans l'approche générale, pas de multiplication des pistes de guitare pour grossir le son, si ce n'est sur "II", et cela donne un esprit non minimaliste mais proche du Desert Rock. Time s'ouvre donc sur une introduction "I" qui déboule sur "Sacrifice" et son mélange de Stoner, de Doom et d'Alternative Metal qui me ramène directement aux meilleures heures de DEFTONES par exemple (White Poney) ou THE PSYKE PROJECT, ce mélange de Doom Metal et de Post-Hardcore plus moderne. Alors si ces éléments peuvent effrayer, au premier abord, les amateurs du genre Doom, dans le propos, on reste sur quelque chose de rampant et bien gras. C'est aussi là le point de différence avec son aîné, le côté plus sombre de ce Time car si Into The Fog... And The Filthy Air explorait le côté lumineux du genre, ce nouvel album renvoie une certaine contemplation d'un esprit sombre, et cela se vérifie dans les artworks, le premier avec sa pochette blanche, son visage féminin, ses traits épurés mais jolis, alors que le deuxième se fait sur fond noir, un vieil homme barbu et une imagerie plus mystique.

    Musicalement, vous l'aurez compris, les amateurs du premier album ont peut-être quitté le navire depuis bien longtemps, mais la musique de STONEBIRDS sonne bien plus personnelle ici et peut être moins rattachable à une période, la nécessité de se laisser aller dans l'écoute de l'album, la nécessité de prendre du temps pour l'appréhender fait que l'on s'en lassera bien moins vite, d'autant plus que les arrangements sont plutôt efficaces, sur un titre comme "Blackened Sky" et ses chœurs aérés ou ses voix plus gutturales pour amener du relief, rien n'est laissé au hasard. Ensuite, on constate que la voix a un traitement à base d'effets, un choix judicieux car on se rappelle justement le chant du premier album qui, en version plus brute, manquait d'accroche. On est là dans quelque chose d'assez standard avec ces passages aériens où la réverb' est reine mais le résultat est là, comme si le groupe s'était cherché pendant un moment avant d'arriver à ce style à la croisée des chemins de différents autres et lorsqu'il décide de doubler les passages avec une voix plus rocailleuse, cela permet de casser un peu l'effet de base et de ne pas tomber dans un côté lisse.

    La basse de Sylvain Collas prend également une ampleur très intéressante dans cette mixture ("Only Time", "Shutter Part 2") pouvant supporter l'architecture d'un morceau comme prendre le lead et se placer devant les autres, la formule trio permet également cela, et, là aussi, c'est une grande réussite car le jeu de Sylvain est assez fluide mais pas trop, l'attaque peut aussi se faire puissante, là aussi pour insuffler du relief dans une musique qui a tout pour être plate. Alors c'est vrai que certains schémas ont tendance à revenir d'un morceau à l'autre, comme les chœurs aérés de "Only Time" revenant sur "Shutter Part 1", mais il y a ici suffisamment de différences entre un "Sacrifice" et "Shutter Part 2" et "Only Time" pour penser que cela fait partie d'un concept général. STONEBIRDS confirme donc ce qu'il avait laisser supposer avec la sortie du deuxième album, le Stoner (qui ressurgit sur un très bon "Animals") n'est plus la seule expression du groupe, le trio y mêle du Doom, du Progressif, du Psyche, du Desert Rock, de l'Alternatif pour créer un spectre sombre, une entité que je n'avais pas décelé à l'époque, se créant un univers musical et graphique identifiable au milieu de la masse de groupes, un changement d'orientation bénéfique qui a débouché sur ce Time qui est de loin le meilleur album du groupe, un groupe à surveiller de prêt car désormais les bases sont solides pour aller plus loin. Content de retrouver ce groupe !

    Chronique : Aymerick Painless

    STONEBIRDS - Time

     


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  • HOODED MENACE - Ossuarium Silhouettes Unhallowed
    Season Of Mist
    Style : Doom/Death Metal
    Origine : Finlande
    Sortie : 2018
    Site Web : www.facebook.com/HoodedMenace

    HOODED MENACE - Ossuarium Silhouettes Unhallowed



    01. Sempiternal Grotesqueries / 02. In Eerie Deliverance / 03. Cathedral Of Labyrinthine Darkness / 04. Cascade Of Ashes / 05. Charnel Reflections / 06. Black Moss

    HOODED MENACE était jusque là le jouet de Lasse Pyykkö, guitariste, bassiste, chanteur en studio, celui là même qui se cache derrière le groupe de Death Metal, CLAWS. Avec Darkness Drips Forth, le Finlandais avait commencé à ouvrir la voie à une collaboration plus générale et non plus cantonnée au batteur, avec le fidèle Pekka Koskelo, et le résultat s'en trouvait foncièrement différent de ce que propose le groupe habituellement, à savoir un Doom Death Metal assez rythmé, bien cradingue, sur lequel se plaquent des leads imparables avec des lignes mélodiques entêtantes, le parallèle avec PARADISE LOST est tout trouvé.

    Alors, pas que le précédent album sorti en 2015 était mauvais, il était juste différent, comme si Lasse se sentait prisonnier d'un style l'enfermant comme dans un carcan dont il voulait s'échapper, et en ce sens Darkness Drips Forth est plutôt une réussite, de quoi remettre les bases saines et bien à plat pour mieux repartir de l'avant, regagner les abîmes faussement lumineuses comme HOODED MENACE aime nous les dépeindre. Mais avec Ossuarium Silhouettes Unhallowed, cinquième et nouvel album du groupe, les Finlandais reviennent à ce côté mélodique qui matche de nouveau sans problème. L'introduction de "Sempiternal Grotesqueries" résonne comme un classique du Doom Death Metal, ligne mélodique pure avec une mélancolie propre à la musique Métal Finlandaise, et que penser alors de cette figure sur la fin de "In Eerie Deliverance", là aussi on pense à PARADISE LOST et cette touche légèrement New Wave / Dark Wave plutôt dansante, une danse macabre c'est certain !

    On pense que "Cathedral Of Labyrinthine Darkness" va nous ramener vers l'album précédent, mais de nouveau un lead de guitare très éthéré se fait entendre alors que le mur gras continue de sonner derrière, comme une menace rampante, toujours vivace même lorsqu'elle se fait moins sentir au premier abord, ce morceau nous plonge alors dans une léthargie glaciale. Et ce n'est pas un hasard si cela sonne si froid, le traitement insufflé à la batterie est également froid, les cymbales sonnent sèchement, implacable, de même que cette caisse claire d'où ne se dégage qu'un sentiment moribond alors que les guitares et la basse vous font remonter cette noirceur des abîmes, comme si la Terre possédait un cœur gelé et que HOODED MENACE vous le remontait à travers les veines, et lorsque la noirceur commence un peu trop à prendre le dessus, un sursaut faussement lumineux vous ramène à la vie, un électrochoc Doom Death Metal en quelque sorte.

    Et Lasse de s'amuser à vous plonger la tête dans la crasse poisseuse, vous la ressortir à l'air presque respirable pour vous replonger dans cette crasse encore plus poisseuse, ce jeu de changement d'ambiance incessant entre riffs Doom Death Metal et leads mélodiques à grand coups de cassure comme respiration salvatrice pour mieux replonger, ce petit jeu sadique s'avère totalement pertinent, on y retrouve ce sens de l'arrangement fin, de la composition à deux guitares. La véritable nouveauté est donc le chanteur, Harri Kuokkanen, batteur, chanteur, des géniaux HORSE LATITUDES, dont la voix Death ne surprendra pas les fans de la première heure d'HOODED MENACE, et ce batteur, Otso Ukkonen, qui, là également, ne fera pas injure à ses prédécesseurs, son rôle principal étant de faire le moins vivant possible, ce qu'il arrive à faire sans problème, tout en étant percutant, comme des coups de pics à glace.

    Une nouvelle fois, sans grande originalité mais avec un sens de la composition dans un style Doom Death Metal immédiat, HOODED MENACE réussit à faire de ces 40 minutes une décadence maitrisée, une production de plus en plus pertinente en évitant soigneusement de sonner trop lisse, un artwork une nouvelle fois réussi, signé Adam Burke (PILGRIM, PERDITION TEMPLE, MARE COGNITUM). Ceux qui ont découvert le groupe à leurs débuts regretteront peut-être cet abandon d'un style plus rentre dedans, des parties plus foncièrement Death que Doom en rythmique qui donnait une certaine originalité aux Finlandais et un goût de naïveté aux premiers opus. Les Finlandais ont assombri leur propos et avec un Ossuarium Silhouettes Unhallowed comme plaidoirie, difficile de leur en tenir rigueur, mais surtout, Lasse a réussi à s'entourer de musiciens qui partagent sa vision du Doom Death car lorsque l'on voit le pedigrée des gaillards, cela installe une légitimité intuitive. Enfin, pour les amateurs sachez que la version digipack contient la reprise du "Sorrows Of The Moon" de CELTIC FROST en bonus avec une production bien différente du reste de l'album, une cover qui leur va plutôt bien et qui nous ramène justement vers les débuts du groupe et qui n'est pas présente sur la version LP.

    Chronique : Aymerick Painless

    HOODED MENACE - Ossuarium Silhouettes Unhallowed

     


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  • QUATRO, SCOTT & POWELL - Quatro, Scott & Powell
    Rhino
    Style : Rock
    Origine : Royaume-Uni
    Sortie : 2017
    Site Web : www.facebook.com/quatro.scott.powell

    QUATRO, SCOTT & POWELL - Quatro, Scott & Powell



    01. Slow Down / 02. Long Way From Home / 03. Tobacco Road / 04. If Only / 05. Bright Lights Big City / 06. Pain (Band Version) / 07. Just Like A Woman / 08. Mend A Broken Heart / 09. The Price Of Love / 10. Broken Pieces Suite / 11. I Walk On Gilded Splinters / 12. Late Nights Early Flights / 13. Little Sister / 14. Fever / 15. Tossin' and Turnin' / 16. Pain (Orchestral)

    Ce QUATRO, SCOTT & POWELL, paru fin 2017, réunit trois grands noms des glorieuses années 70, et prend l'air d'un super-groupe de dinosaures (dans le sens gentil et taquin du terme, entendons-nous bien). Il se compose d'Andy SCOTT de THE SWEET (ah ce "Ballroom Blitz" !), de Don POWELL (SLADE ... "Cum' On Feel The Noize" et ses innombrables reprises déjà) et bien sûr de Suzi QUATRO ("Can The Can"). L'intérêt est tout de même relativement limité au premier abord quand on sait que la très grande majorité de l'album est composé de reprises. Mais c'est une fausse impression car au final, on y trouve son compte au fil des écoutes. L'ensemble s'écoute sans déplaisir, et de se dire que les trois acolytes vieillissent plutôt pas trop mal. Pas vraiment d'ennui... de "Slow Down", la reprise de Larry WILLIAMS, et ses cuivres endiablés, à "Little Sister" composé par Mort SHUMAN himself (interprété pour la première fois en 1961 par un certain Elvis PRESLEY). On y retrouve un mélange d'intonations Rock, Bluesy, Jazz qui forcent le respect car accomplis par des musiciens chevronnés.


    "Tobacco Road" est réellement différente de celle proposée par David Lee ROTH, certes plus lente mais avec peut-être plus d'âme, et du coup pas inintéressante du tout (les passages orgue/guitare sont excellents et le riff principal bien retranscrit). "If Only", une des ballades signée Suzy QUATRO, est à retenir, de même que la reprise Blues de Jimmy REED "Bright Lights Big City". On sera un peu plus timoré sur le "Just Like A Woman" de Bob DYLAN ou la version de "The Price Of Love" (bien meilleure par WAYSTED sur leur non moins excellent album Back From The Dead)... la voix de Fin collant à merveille pour ce genre de titre. Mais tout cela reste, bien entendu, une affaire de goût. Concernant les nouvelles compositions, on préfèrera la ballade "Pain", assez réussie, au plus poussif "Long Way From Home" sans être néanmoins non dénué de qualités. Le jazzy "Mend Of A Broken Heart", interprété et composé par Andy SCOTT, passe bien la rampe avec ses arrangements saxo/orgue, à écouter au coin du feu avec un bon whisky par exemple... A noter aussi l'énorme curiosité de Suzy QUATRO "Broken Pieces Suite" et ses chants de Noël, continuant sur un riff bien Hard avec une deuxième partie assez riche... pas si loin du "School's Out" d'ALICE COOPER. Enfin, "Late Nights Early Flights" (QUATRO/SCOTT), aux allures de classique, reste bien en tête et s'avère être encore une réussite. N'oublions pas l'ultra rabaché "Fever" qui reste malgré tout ici encore bien appréciable.


    Bref, en résumé, ce QUATRO SCOTT & POWELL s'avère être une bonne surprise et mériterait une distribution du coup bien moins restreinte. Note maximale volontiers s'il s'agissait uniquement de compositions originales. La prochaine fois ...

    Chronique : Renegade88

    QUATRO, SCOTT & POWELL - Quatro, Scott & Powell

     


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  • SOL INVICTUS - Blood Is Thicker Than Water
    The Ritual Productions
    Style : Black Metal
    Origine : France / Uruguay
    Sortie : 2017
    Site Web : www.facebook.com/solinvictusbm

    SOL INVICTUS - Blood Is Thicker Than Water



    01. The Sea Was Red / 02. Time To Awake / 03. Libertad O Muerte / 04. La Mort Avant Le Courage / 05. An Ocean

    Rencontre entre la France et l'Uruguay, SOL INVICTUS réunit, au cœur de ce projet longue distance, Fy d'AKSAYA (batterie) et L.W. Alexander d'OPUS DIABOLI (vocaux, guitare, basse) qui nous exécutent là un Black Metal sans concession qui frappe là où ça fait mal, le duo s'inscrit dans une ligne guerrière se voulant plus proche de ce que peut proposer L.W. Alexander au sein d'OPUS DIABOLI que du style pratiqué par AKSAYA qui, lui, donne dans un registre beaucoup plus moderne. Percutant, brutal et agressif, "The Sea Was Red", qui ouvre ce Blood Is Thicker Than Water, nous entraine d'emblée dans l'univers destructeur du combo. Et il en sera de même tout au long des cinq titres que comporte ce premier essai ! A aucun moment le groupe ne relâche ses efforts pour cracher sa haine à travers un True Black qui nous assaille et nous prend à la gorge. Fort d'une intensité indéfectible, SOL INVICTUS nous balance un Black radical et cru qui parlera sans aucun doute aux amateurs de combos tels que GORGOROTH, GRAVELAND ou DARK FUNERAL.

    Chronique : Nono666

    SOL INVICTUS - Blood Is Thicker Than Water

     


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  • BUCIUM - Miorița
    Audiosoma
    Style : Progressive Folk Rock
    Origine : Roumanie
    Sortie : 2017
    Site Web : www.bucium.com.ro

    BUCIUM - Miorița



    01. Miorița  / 02. Codrule, Măria Ta / 03. Frunză Verde de Trei Flori / 04. Frunză Verde, Foi Mărunte / 05. Mândra Mea, Nu Mă Certa / 06. Mirel Tinerelu’ / 07. Voinicel Înstelat / 08. Rai / 09. Când De-Acasa Am Plecat / 10. Cântecel De Asfințit / 11. Zorile / 12. La Marginea Codrului / 13. Sus, la Cheia Raiului
     
    Né en 2000 à Bucarest, en Roumanie, BUCIUM s'apparente à une énigme. Une activité très disparate, très locale également, le groupe publie une démo, Miorița, en 2002 et un premier album, Voievozii, en 2008 avant de disparaître des radars. De nombreux changements de line-up s'effectuent également au sein du groupe qui se stabilise autour d'un bassiste, un batteur, une violoniste, un violoniste-guitariste et un claviériste-guitariste-chanteur, le tout aidé en fonction du besoin des différents titres de multitudes d'instrumentistes. Le groupe œuvre dans un Folk Metal que l'on qualifierait plutôt de Folk Progressive Rock avec cette coloration qui lorgne assez régulièrement vers Steven Wilson (PORCUPINE TREE) dont la douceur trouve son équilibre dans cette voix posée et suave mais virile d'un Andi Dumetrescu pouvant évoquer Fernando Ribeiro (MOONSPELL) ou Till Lindemann (RAMMSTEIN).

    En 2017, les Roumains reviennent avec un deuxième album, Miorița, sur lequel on va retrouver des titres issus de cette première démo, le tout formant une histoire sur l'ensemble des 13 titres composant cette œuvre qui disons le d'entrée, nécessite une immersion totale. Cet album est donc une réédition de la première démo améliorée avec des titres supplémentaires, une réédition d'une compilation proposée à l'origine en 2010. Le packaging de l'album tout d'abord, il faut le signaler, est hors du commun, tout comme l'album live publié l'an passé, le groupe a choisi un format spécial d'une pochette carton avec un carton imprimé recto verso par titre à l'intérieur, un soin apporté à ce "coffret" carré d'une vingtaine de centimètres qui attire forcément l’œil, mais c'est surtout le contenu qui va attirer l'oreille car on y retrouve la délicatesse d'un Folk Rock loin des clichés festifs mais pas foncièrement sombre pour autant, on est là sur des sonorités que l'on retrouve dans le Viking Metal, le tout jumelé à un Rock Progressif très cristallin assez loin des propos saturés et distordus dont on a l'habitude de parler ici, c'est clair !

    Et pourtant, la magie opère et l'écoute de cet album, Miorița, se révèle assez vite dans sa globalité depuis le premier titre éponyme qui nous renvoie vers l'ANATHEMA actuel, très Floydien dans l'esprit et une musique Folk bien prononcée, l'esprit Progressif se montre sans délai, chaque instrument se pose là avec délicatesse et en prenant le temps de s'intégrer à l'ensemble sans violence. D'ailleurs ce premier morceau est instrumental comme pour laisser digérer le style du groupe à l'auditeur et ce sont donc les cordes qui se chargent de donner le côté mélodieux presque chanté que les oreilles peuvent retenir, même si quelques chœurs se font entendre sur la fin, des chœurs là aussi plutôt nordiques dans l'esprit avant une noirceur sublime sur "Codrule, Măria Ta" où la voix très posée fait peser une ombre sur ce début d'album, bien accompagnée par un violoncelle parfaitement utilisé pour l'ambiance. Et voilà ensuite le moment Wilsonien absolument entêtant sur "Frunză Verde Foi Mărunte". Les morceaux reposent sur une musique posée, très cotonneuse, assez mélancolique et des lignes de chant magnifiquement posées et interprétées, chaque ligne reste en tête et on se laisse alors emmener dans ce voyage initiatique qui laisse entrevoir des sentiments que les albums de Métal "standards" ne peuvent pas nous faire ressentir, je pense là à certains album de PENDRAGON ou MARILLION, la frange anglaise du Neo Prog, mais ceux qui connaissent mieux que moi ce mouvement pourraient être plus précis à ce sujet.

    C'est avec "Voinicel Înstelat" que les Roumains introduisent leur visage le plus Métal avec ces guitares et cette batterie plus martelée, un court passage qui permet d'éviter la monotonie et qui introduit aussi parfaitement l'autre point d'orgue de cet album, le titre "Rai" où la voix d'Andi fait encore des merveilles lorsqu'il chante le titre de ce morceau à l'infini. BUCIUM nous offre simplement un album beau, comme une respiration au milieu des autres plus brutaux que l'on a pour habitude de vous proposer, un album où ils mêlent les histoires traditionnelles roumaines à une musique utilisant des codes traditionnels mais bien ancrés dans l'ère actuelle et d'ailleurs les roumains sont clairs à ce sujet, ils ne défendent pas un retour aux sources dont ils chantent des instants mais que l'on s'en nourrissent pour ne pas s'éloigner des bases, un rapprochement avec la nature et pour cela je vous conseille l'écoute au casque au milieu des bois d'un titre comme "Cântecel De Asfințit", pas forcément le titre le plus calme de cet album, justement pour bien prendre conscience de la nature vivante de ce qui nous entoure.

    Extrêmement produit, cet album montre un groupe sûr de son identité, Miorița regorge de petits détails, parfois infimes comme des doublements de voix par un Andi parlant pratiquement pour un côté plus posé encore, des arrangements très fins qui laisse une redécouverte à chaque écoute, un petit bijou de Folk Progressive Rock qui vous plante là par surprise, une belle découverte !

    Chronique : Aymerick Painless

    BUCIUM - Miorița

     


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