• WARFIST - Metal To The Bone
    Godz ov War Productions
    Style : Thrash/Black Metal
    Origine : Pologne
    Sortie : 2016
    Site Web : www.facebook.com/warfisthorde

    WARFIST - Metal To The Bone



    01. Pestilent Plague / 02. Written With Blood / 03. Covent Of Sin / 04. Tribe Of Lebus / 05. Breed Of War / 06. Metal To The Bone / 07. NecroVenom / 08. Playing God / 09. Reclaim The Crown

    Tu as un T-Shirt BATHORY, une veste à patch, deux potes et plein de canettes de bière à liquider, et bien monte un groupe de Thrash Black Metal, tu bourrines une demie heure et c'est bon, à condition que tu utilises des pseudonymes improbable ! En effet, les groupes qui se disent nostalgiques d'une période des 80's sont légion et poussent comme des champignons et disparaissent aussitôt, seuls les vrais, les purs et durs survivent alors lorsque l'on voit WARFIST, originaire de Pologne, qui nous offre avec Metal To The Bone, leur deuxième album en treize années de se(r)vice, on se dit que là on n'est pas tombé sur des imposteurs.

    Musicalement, il n'y a pas tromperie sur la marchandise, rythmiques en béton armé avec riffs de guitare frénétique, un chant craché comme dans le Thrash Metal mais le tout est bien mélangé à la crasse du Black Metal, un côté Punk et immédiat est également bien présent chez ces Polonais ("Covent Of Sin"). D'ailleurs le son de guitare est rempli d'aigu comme dans le Thrash des 80's et la basse est clairement mise en retrait pour un traitement à la DARKTHRONE, tout rentre bien dans les codes du style jusqu'à l'imagerie religieuse popularisée aux débuts de SLAYER qui est également là une référence indéniable, notamment par l'amour des leads de guitare bien marqués.

    La première surprise de cet album arrive avec "Breed Of War" et ses chœurs lointains alors que le morceau se révèle être un petit condensé de Thrash où Pavulon, le batteur sur cette galette, s'en donne à cœur joie sur ses fûts. Pour le reste, pas de surprise à attendre, juste 9 titres de VENOM rencontrant DARKTHRONE, BATHORY, MOTORHEAD, SODOM et SLAYER joués par des passionnés qui ne sont pas là pour attendre une quelconque once de gloire, le genre d'album qui remet vos neurones en place sans prise de tête.

    Si vous rentrez de vacances et que belle-maman, que vous avez déjà eu la gentillesse d'emmener (dans le coffre mais emmenée quand même la vieille !) vous a gavé avec sa musique qui lui rappelle sa jeunesse, genre ABBA, Claude François et autres en hurlant que ça c'était des artistes, racontant ses premiers émois ressentis en dansant avec de beaux jeunes hommes, qu'à l'époque elle séduisait bien des garçons, si si belle-maman a peut-être été attirante à un moment donné. Elle hurle donc, pensant que vous ne saisissez pas la subtile allusion à votre penchant metallique, glissez donc cet album de WARFIST dans la platine pour nettoyer le matériel, vos esgourdes et votre tête sans oublier d'imaginer que chaque coup sur les fûts symbolise un coup de presse hydraulique sur le crâne de belle-maman ! Vous voilà détendu et prêt à reprendre une activité normale, Metal To The Bone, c'est pas moi qui le dit !

    En clair, WARFIST se pose en anti-stress naturel, un échappatoire un poil brutal mais c'est pas nous qui allons les en blâmer tout de même. Un album agréable et défoulant à défaut d'être totalement indispensable.

    Chronique : Aymerick Painless

    WARFIST - Metal To The Bone

     


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  • HAWKWIND - Into The Woods
    Cherry Red Records
    Style : Space Rock
    Origine : Royaume-Uni
    Sortie : 2017
    Site Web : www.hawkwind.com

    HAWKWIND - Into The Woods



    01. Into The Woods / 02. Cottage In The Woods / 03. The Woodpecker / 04. Have You Seen Them? / 05. Ascent / 06. Space Ship Blues / 07. The Wind / 08. Vegan Lunch / 09. Magic Scenes / 10. Darkland / 11. Wood Nymph / 12. Deep Cavern / 13. Magic Mushroom

    Nouvel album pour HAWKWIND en 2017, et en consultant leur discographie, on hallucine de constater que c'est tout de même leur 47ème année d'existence ! En effet, le premier et éponyme méfait date de 1970... soit dit en passant, une excellente année ! Lemmy n'avait pas encore intégré le groupe mais arrivera l'année suivante et jusqu'en 1975, avant de former MOTÖRHEAD. Grand respect donc pour HAWKWIND, que l'on apprécie ou non le « Space Rock » auquel on l'a souvent affublé. Et même s'il ne reste que Dave Brock du line-up originel, cette longévité est tout bonnement incroyable.

    Concernant le contenu d'Into The Woods, le déjà fan ne sera pas déconcerté tant l'ensemble reste dans l'univers bâti depuis les premières années. Des effets bizarroïdes, des passages parlés, mais aussi quelques compositions inspirées. On aura peut-être tendance à avoir une préférence pour la deuxième moitié, tant la première partie peine un peu à décoller. Le morceau-titre, "Into The Woods", dépote pourtant pas mal mais est un brin répétitif sur ses plus de six minutes. "Cottage In The Woods", plus ambiancé, interpelle un peu mais ça ne dure pas non plus sur la longueur. "Have You Seen Them", introduit par les bruitages de "The Woodpecker", est, il faut le dire... assez chiante. "Ascent" l'est aussi assez malheureusement... bref, une première partie au final pas vraiment inoubliable. Il faut attendre "Space Ship Blues" pour retrouver un regain d'intérêt assez inespéré. Ce dernier étant un très bon titre Rock aux sonorités western, mélangées aux sempiternels effets propre au groupe... mais avec un rythme plus soutenu qui fait du bien à entendre à ce moment précis. Après le prélude assez inutile de "The Wind", "Vegan Lunch" poursuit dans ce ton plus Rock, et c'est tant mieux, même si la cible n'est pas autant atteinte que sur le précédent. "Magic Scenes" est l'autre meilleur passage, dans un style plus aérien et moins direct, mais intéressant par sa qualité émotionnelle. Émotion que l'on garde sur le calme instrumental "Darkland", par contre "Wood Nymph" échouera sur ce côté, même si l'on tente de garder le même esprit. Les monologues et bruitages sans grand intérêt de "Deep Cavern" annoncent le final "Magic Mushroom", instrumental assez décapant mais hélas bien barbant sur ses plus de neuf minutes. D'où un constat résumé pour Into The Woods par une note assez moyenne, que l'on peine à dépasser, avec, malgré tout, quelques passages dignes à tendre l'oreille. Pas une œuvre indispensable donc mais respectable en soi. Pour les fans purs et durs d'HAWKWIND, les autres pourront plutôt se diriger sur d'autres périodes de la discographie des Anglais, et il y a le choix !

    Chronique : Renegade88

    HAWKWIND - Into The Woods

     


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  • THORGEN - IV
    Brennus Music
    Style : Heavy Metal
    Origine : France
    Sortie : 2017
    Site Web : http://thorgen.free.fr

    THORGEN - IV



    01. Ange ou Démon / 02. Aurélia / 03. La Bête / 04. Addiction / 05. Lien de Sang / 06. Absence / 07. Chemin des Dames 2017 / 08. Ni Dieu Ni Maître / 09. Au Nom des Morts / 10. Plus d'Espoir

    Pour qui suit un tant soit peu la scène Hard & Heavy française, le nom de THORGEN ne sera sans doute pas inconnu. Le groupe axonais (originaire de l'Aisne si vous préférez), qui, mine de rien, avoisine bientôt les vingt ans de carrière, a sorti cette année son quatrième album, fort logiquement intitulé IV (au moins, ça a le mérite d'être clair !). L'attente aura certes été longue, sept ans séparent ce nouvel opus de son prédécesseur, le déjà très bon Messager du Mal, mais dés l'écoute lancée, on est vite rassuré, et c'est un vrai plaisir de retrouver l'univers musical des Laonnois qui, album après album, semble s'affirmer de plus en plus. L'alliance du Heavy avec cet aspect celtique, qui fait une bonne partie de la personnalité du combo, est une nouvelle fois des plus réussie et parfaitement équilibrée ("Ni Dieu Ni Maître"). Solide rythmiquement ("Absence") mais également empreint d'une certaine légèreté mélodique ("Lien de Sang", "Ni Dieu, Ni Maître") qui n'en délaisse pas pour autant la puissance propre au style pratiqué par nos Picards ("Absence"), THORGEN, comme à son habitude, fait cohabiter avec habileté les différentes composantes de son identité que sont des guitares puissantes et incisives, des parties de violon fort à propos, et une voix féminine qui, au fil du temps, s'est affirmée elle aussi ("Au Nom des Morts")... autant d'atouts qui permettent à THORGEN de nous offrir, une nouvelle fois, un album efficace particulièrement réussi... Au final, nous tenons avec ce IV un disque des plus convaincant qui, au vue de sa qualité, nous fait encore plus regretter la rareté des sorties du groupe. Amateurs de bon Heavy made in France, ce quatrième album est pour vous, il ne pourra que vous plaire ! Sans doute le meilleur album de THORGEN à ce jour !

    Chronique : Nono666

    THORGEN - IV

     

    THORGEN - IV

     


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  • LYING FIGURES - The Abstract Escape
    Rain Without End Records
    Style : Melodic Doom/Death Metal
    Origine : France
    Sortie : 2017
    Site Web : www.lyingfiguresband.com

    LYING FIGURES - The Abstract Escape



    01. Hospital Of 1000 Deaths / 02. Tormented Souls / 03. Monologue Of A Sick Brain / 04. The Mirror / 05. There Was A Hole Here, It's Gone Now / 06. My Special Place / 07. Remove The Black / 08. Zero

    Nous avions quitté les Nancéens de LYING FIGURES sur un EP prometteur en 2014. Inévitablement, de l’eau a coulé sous les ponts en trois ans (concerts, changement de bassiste, départ provisoire des deux guitaristes pour l’étranger, etc.) et c’est aujourd’hui une formation plus mature que nous (re)découvrons. Si des progrès ont été réalisés dans le domaine de la composition, l’interprétation a elle aussi franchi un palier à la grâce de parties de batterie plus assurées et un chant clair bien mieux exploité, tandis que le growl se taille toujours la part du lion. La personnalité de cette musique est également mieux définie. Si l’affiliation avec le Doom était loin d’être évidente par le passé, elle est ici pleinement assumée, en particulier sur la première moitié du disque, très immersive. Le Doom – est-il besoin de le rappeler ? – n’est pas uniquement une question de lenteur, c’est avant tout une « attitude musicale » en quelque sorte et LYING FIGURES embrasse désormais cette approche de façon plus évidente (le superbe "The Mirror"). Pour autant, la patte mélodique du groupe reste facilement reconnaissable pour qui connait ses précédentes réalisations. Le tout a été mis en boîte et traité aux Studios de la Forge par Pierre « Gorgor » Schaffner (le batteur de PHAZM), un homme qui semble mener habilement sa barque ces temps-ci. Gorgor a indéniablement donné un son d’envergure professionnelle à LYING FIGURES, même si celui-ci reste relativement générique. La deuxième partie de The Abstract Escape laisse place à davantage de variations d’ambiances et de rythmes. L’effet est double. La première impression est d’être tiré de force, et un peu à contrecœur, de l’atmosphère inquiétante et de la pesanteur dégagée par les quatre premières pistes. Mais cette démarche permet aussi d’éviter une certaine monotonie : mélodies moins sombres ("There Was A Hole Here, It’s Gone Now"), expérimentations sur le chant, retour partiel à un style plus remuant (mid-tempo et blast-beats de rigueur sur "My Special Place" et "Remove The Black"). A ce propos, une version vinyle de l’album serait d’ailleurs la bienvenue, en cela qu’elle rendrait hommage à ces disques dont les deux faces prenaient chacune une orientation distincte. The Abstract Escape se clôt sur un "Zero" plus atmosphérique, qui aurait peut-être mérité un développement plus ambitieux, en dépit d’une durée déjà conséquente. Dire que tout est parfait serait bien entendu exagéré, mais c’est tout de même une grande satisfaction de voir une formation que l’on suit depuis ses débuts accoucher d’un premier essai aussi réussi. Rendez-vous dans trois ans, et avec de belles opportunités d’apprécier LYING FIGURES sur scène d’ici-là, si possible !

    Chronique : Morbid S.

    LYING FIGURES - The Abstract Escape

     


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  • EZOO - Feeding The Beast
    earMUSIC
    Style : Hard Rock
    Origine : Italie
    Sortie : 2017
    Site Web : www.facebook.com/dario.mollo

    EZOO - Feeding The Beast



    01. You Are Your Wallet / 02. The Flight Of The Sapini / 03. C'est La Vie / 04. Guys From God / 05. Feeding The Beast / 06. Eyes Of The World (Rainbow Cover) / 07. Colder Than Cool / 08. Too High To Be Falling / 09. Motorbike / 10. Since You Been Gone (Russ Balard Cover) / 11. Don't Look Back / 12. Coda

    Les années 2016 et 2017 nous auront gâté au niveau des sorties, nous, les fans de Graham Bonnet et Dario Mollo. En effet, à peine remis des très bons, voire excellents, The Book (GRAHAM BONNET BAND) et Rock The Cradle (DARIO MOLLO'S CROSSBONES), voici, cette fois, les deux protagonistes réunis au sein d'EZOO, un projet amorcé en 2004 sous le nom d'ELECTRIC ZOO, n'ayant pas vu d'album venir à la suite mais seulement quelques dates live. Ceci est donc maintenant réparé, à notre grande surprise car on n'attendait pas de sitôt de la nouveauté de la part du chanteur ou du guitariste.

    Alors le résultat est-il à la hauteur ? On peut dire que oui, mais attention car comme le dit le titre, il faut certes « nourrir la bête » mais surtout « l'apprivoiser » ! Car aux premières écoutes, on est plutôt décontenancer par les compositions, pas très évidentes, et la voix, assez en avant et poussive par moment. Ce qui était beaucoup moins le cas sur The Book... pourtant la production est bonne par ailleurs. Les instruments ressortant tous parfaitement, comme sur Rock The Cradle... en outre, seul le bassiste (Dario Patti) est le même, le batteur est ici Roberto Gualdi en remplacement d'Ezio Secomandi, et bien sûr Graham Bonnet à la place de Carl Sentance. Tout ça pour un Hard Rock traditionnel dans la lignée des productions précédentes, où le guitariste italien nous régale encore de riffs et solos efficaces, faisant de lui l'un des musiciens les plus sous-estimés et méconnus de la planète.

    Deux reprises, encore, pourrait-on dire, que sont les sempiternelles "Eyes Of The World" et "Since You Been Gone" de RAINBOW. Surtout qu'elles apparaissaient déjà sur The Book, et, en plus, fidèles aux originales ! Car ici, la première est un peu massacrée par Mister Bonnet, bien à la peine, ne pouvant plus être dans la même mesure (ce qui est bien légitime malgré tout après tant d'années). De plus, aucun clavier n'y figure, ce qui était quand même une force du morceau. Du coup, la reprise après le solo de guitare est supprimée, ce qui est bien décevant. Néanmoins, la batterie ressortant bien, on arrive malgré tout à apprécier cette énième (mais différente) reprise. La seconde est moins surprenante, se rapprochant plus de la version originelle, le chant étant toutefois un peu plus bas, forcément. On trouve également deux instrumentaux, le court "The Flight Of The Sapini" et "Coda"... bons, mais qui n'apportent rien de plus au talent du guitariste. On préférera le riff efficace de "You Are Your Wallet", ce qui est une habitude dans les albums de Dario Mollo ("Red" pour ce qui est du plus proche). "C'est La Vie" fait également partie des futurs classiques où, faut-il encore le souligner, les guitares brillent de mille feux. "Guys From God", bien que percutante, demeure un brin lassante au bout du compte. "Feeding The Beast" s'avère être "LE" morceau de l'album où les facettes sont multiples et voit, cette fois, un Graham Bonnet qui n'a rien perdu de sa superbe... tout simplement miraculeux ! Enfin, la partie finale acoustique n'aurait sans doute pas été reniée par un certain Tony Iommi... "Colder Than Cool", plus traditionnelle dans sa construction, vaut surtout par son riff et un peu moins par son refrain trop conventionnel. "Too High To Be Falling" est assez lourde à digérer au niveau des couplets, mais le refrain allège quand même le tout. Pas le meilleur morceau, c'est sûr. "Motorbike" est plutôt sympa mais Graham Bonnet s'écorche tellement la voix par endroits que nos oreilles s'en plaignent ! Enfin, "Don't Look Back" est dans la pure tradition des RAINBOW, MSG et ALCATRAZZ... bien sûr, on s'y replonge avec plaisir.

    Et de se dire, qu'encore une fois, Feeding The Beast est une réussite, certes bien difficile à se laisser dompter... car, il faut l'avouer, si seulement quelques écoutes avaient été accomplies, la moitié des étoiles auraient sans doute été enlevées ! EZOO demeure quand même un poil en dessous du dernier DARIO MOLLO'S CROSSBONES et peut-être un demi du GRAHAM BONNET BAND. Ceci dit, une note autour des huit étoiles semble donc appropriée... De plus, on est tellement heureux de voir encore de telles collaborations en vie... Alors, fonçons et profitons de ce réel privilège !

    Chronique : Renegade88

    EZOO - Feeding The Beast

     


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  • LOATHFINDER - The Great Tired Ones
    Godz Ov War Productions
    Style : Blackened Doom Metal
    Origine : Pologne
    Sortie : 2017
    Site Web : https://loathfinder.bandcamp.com

    LOATHFINDER - The Great Tired Ones



    01. Genetic Gloom / 02. Feast On My Entrails / 03. Scents Of Regression / 04. The Great Tired Ones

    De ce qui semble être un quatuor, voici le premier EP, The Great Tired Ones, quatre titres qui oscillent tranquillement entre la lourdeur et l'écrasante lenteur du Doom Metal, une ambiance crade et dérangée typée Black Metal avec quelques bribes de racines Death Metal assez tenaces. C'est que le groupe aime conserver une part de mystère autour de son incarnation humaine plus que sur ses influences que l'on situe très bien entre les débuts de MY DYING BRIDE, ENTOMBED et DEINONYCHUS ou BETHLEHEM, autant dire que le spectre est assez large.

    On sait que le groupe est assez jeune et que la composition et l'enregistrement de cet EP est assez récent, ce qui peut expliquer quelques facilités d'écriture, voire quelques longueurs (sur "Genetic Gloom" notamment), le riff principal n'est pas des plus original et exceptionnel, pourtant les Polonais le font tourner assez longuement. Autre point compliqué, le chant ! Pourtant celui-ci n'est pas mauvais, loin de là, mais s'il apporte réellement quelque chose sur "Feast On My Entrails", sur le très MY DYING BRIDE "Scents Of Regression", celui-ci se contente de suivre la guitare pour un effet pompeux. Toutefois, sur le reste du EP, la prestation au chant ne se révèle pas comme un défaut, une voix caverneuse et profonde vient habiter les abîmes de ce style tissé ici.

    Cependant, cet EP n'étant qu'un premier jet, on se doit de remarquer ce qui fonctionne. La production, déjà, bien massive, la basse, bien en avant, tout comme la voix caverneuse, le grain des guitares est assez épais, ce qui donne aux lignes de lead un aspect sale qui colle parfaitement à l'esprit dégagé de ce Blackened Doom Metal. L'artwork, également, est à souligner. Pour un EP, la pochette signée Robert A. Von Ritter est magnifique, ce même artiste Polonais qui avait fait la cover du dernier OUTRE, autre excellent groupe par  ailleurs. Et puis, hormis les deux titres tout à fait acceptable que sont "Genetic Gloom" et "Scents Of Regression", il y a ce "Feast On My Entrails" très percutant et surtout cette ultime piste éponyme qui montre une maitrise parfaite de la lourdeur, de la saleté purulente et de la structure intelligente. Alors on pense parfois à BATUSHKA, mais aussi à BATILUS, BELUS ou FANGE, vous l'aurez compris, ça rampe dans une lourdeur ambiante qui ne trouve que peu de moments de répits.

    The Great Tired Ones est donc une entrée en matière largement conseillée pour ceux qui s'intéresseraient à des groupes comme THE GREAT OLD ONES, MOURNING DAWN, FANGE, BATILUS, FUNERARIUM et toute cette scène issue d'un Black Metal rampant. Même s'il faudra attendre une confirmation sur un format plus long, on sent à travers ces quatre titres et ces vingt huit minutes des capacités qui font que LOATHFINDER va très vite nous révéler quelques mystères qui trainent autour de cette formation.

    Chronique : Aymerick Painless

    LOATHFINDER - The Great Tired Ones

     


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  • DRAGUNOV - Korolev
    Blue Wave Recordings
    Style : Instrumental Post-Metal
    Origine : France
    Sortie : 2017
    Site Web : www.facebook.com/dragunovduo

    DRAGUNOV - Korolev



    01. 46°34'N 141°17'E / 02. Kosmonavt / 03. Semïorka / 04. Karsny Marsh / 05. Belka I Strelka / 06. 24IV67

    Sébastien, batteur des extraordinaires ABYSSE, avait formé un duo au sein duquel il évoluait à la guitare, un duo toujours instrumental mais où il y développait une ambiance bien différente. Le duo publie en mai 2015 la démo 637 mais faute de temps je remets aux calendes grecques la découverte de celle-ci, alors à la sortie du premier album, il était grand temps de rattraper ce retard inexcusable.

    Au sein de DRAGUNOV, Sébastien est à la guitare, laissant la batterie à son compère, et quel duo mes amis. Avec cette introduction "46°34'N 141°17'E", le ton est donné de suite, les coordonnées de la Russie en guise d'introduction, il faut dire que le nom du groupe et le titre des chansons de cet album pouvaient laisser présager cela. Ensuite, il y a l'ambiance glaciale de cet album, sur le fond le nom de KYPCK arrive forcément en tête, mais on est là dans un propos plus Post-Metal à la PELICAN ou CULT OF LUNA, bien qu'ici ce soit moins planant, plus martial, à la TRIPTYKON (j'invente rien, le groupe cite lui-même ces influences) mais ce "Kosmonavt" m'évoque le groupe Belge OLDD WVRMS alors qu'un "Semïorka" s'oriente plus vers un Post-Metal plus calibré. "Karsny Marsh" et son introduction très martiale, son ambiance 80's sur la partie percussion avant qu'un riff qui aurait très bien collé à l'esprit d'ABYSSE ne débarque et noircisse encore cet horizon. Encore une fois, nul besoin de chant ici, la guitare et la batterie s'expriment clairement et nous transportent dans des tourments qui ne semblent pas très sains, il y a là un côté rampant très dérangeant et les voix parlées au début de "Kosmonavt" et "Belka I Strelka" ajoutent encore à cela. Le duo prend le temps de développer l'univers de ce Post-Metal aux racines Doom bien ancrées et on pense également à un GOJIRA dans l'approche de ce même "Belka I Strelka", un titre aux multiples facettes rythmiques avec ces breaks qui évoquent clairement TRIPTYKON. Bref, DRAGUNOV impose là une personnalité forte avec comme base des influences très solides mais parfaitement digérées.

    Côté production, c'est la fête, la batterie bénéficie d'un son claquant mais naturel, les multiples pistes de guitares cohabitent parfaitement au milieu de tout cela, et la dernière piste "24IV67", plus axée ambiante, nous permet de redescendre après la forte intensité proposée par "Belka I Strelka". Ce premier opus, assez court finalement, montre une quantité de possibilités et de capacités pour ce duo qui ne semble pas s'imposer de limites.

    Chronique : Aymerick Painless

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  • INEXORABLE - Sea Of Dead Consciousness
    Godz Ov War Productions
    Style : Old School Death Metal
    Origine : Allemagne
    Sortie : 2017
    Site Web : www.in-morte-sumus.de

    INEXORABLE - Sea Of Dead Consciousness



    01. I / 02. II / 03. III / 04. IV / 05. De Mysteriis Dom Sathanas (Mayhem Cover) / 06. I Feel Nothing (Immolation Cover) / 07. Black Magic Mushrooms (Mysticum Cover)

    L'existence d'INEXORABLE, groupe Allemand pratiquant un Death Metal des plus putride et cradingue, n'avait jusque là pas vraiment été porté à notre connaissance. Un rapide point d'histoire pour signaler que le duo a publié trois EPs en 2008, 2013 et 2015 et que c'est ce dernier, Sea Of Dead Consciousness, qui fait l'objet d'une réédition en CD chez Godz Ov War Productions.

    Par rapport à la première version cassette d'Unholy Prophecies, on retrouve les trois titres du groupe, simplement numérotés, accompagnés d'un titre bonus sobrement nommé "IV". Ensuite, on retrouve également les trois reprises aussi diverses que variées de MAYHEM, IMMOLATION et MYSTICUM. Au niveau de l'artwork, le design de la cassette a été réaménagé pour en faire une version CD très réussie, et sur ce point il faut avouer que régulièrement Godz Ov War savent mettre en valeur leurs sorties par ce biais. Lorsque l'on est attaché au format physique comme moi, c'est réellement un plus de découvrir l'ambiance qui se dégage de ce livret avec des paroles mais aussi des photos énigmatiques et parfaitement sombres mais qui colle surtout parfaitement avec la musique. Je n'en démords toujours pas, lorsque l'on tient entre ses mains ces petits feuillets on est plongé dans l'ambiance du groupe et on comprend beaucoup mieux l'intention qui est donnée, voilà un point d'une importance grande à mes yeux.

    Par contre, niveau production, pas de retouche sur cette version CD, c'est toujours le même son cradingue et même très proche d'une démo qui pourra rebuter les moins habitués d'entre vous et là il faut convenir que c'est presque trop inaudible pour appréhender cet EP sans souffrir. Mais tout de même pour resituer, INEXORABLE c'est l'approche Death Metal d'IMMOLATION, un Death Metal old-school mais assez technique, dissonant et biscornu avec le son crade et la folie créatrice, notamment au niveau des vocaux ("II", "IV") d'un MAYHEM

    Le groupe existant depuis 2001, on finit par se dire que cette production très pauvre est peut-être la signature volontaire du groupe et qu'il faut y voir là une intention et une volonté plus qu'une contrainte quelconque, d'ailleurs cela se confirme sur la reprise du titre "De Mysteriis Dom Sathanas" où la mise en son fonctionne parfaitement. Au passage, signalons la qualité de cette reprise du classique de MAYHEM (ça fait toujours un peu bizarre d'écrire qu'un titre de MAYHEM est un classique, on est en contradiction totale avec l'esprit Black mais passons !) de même pour celle de l'obscur "Black Magic Mushrooms" et son Industrial Black Metal parfaitement retranscrit ici, un peu trop peut-être justement. Sur les trois reprises s'est quand même contenté de rejouer les morceaux ne se les appropriant qu'à travers une production minimaliste, dommage !

    Au final, cet EP ne s'adresse pas à la majorité du public, même celui estampillé Black ou Death, il faut une culture et un background très underground pour en comprendre l'essence même, mais peut-être que ce Sea Of Dead Consciousness peut en être la porte d'entrée, le groupe possédant un esprit personnel et très marqué, cela en fait une expérience... chahutée !

    Chronique : Aymerick Painless

    INEXORABLE - Sea Of Dead Consciousness

     


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  • KINGDOM - Sepulchral Psalms From The Abyss Of Torment
    Godz Ov War Productions
    Style : Death Metal
    Origine : Pologne
    Sortie : 2016
    Site Web : www.facebook.com/kingdomtempleofdeath

    KINGDOM - Sepulchral Psalms From The Abyss Of Torment



    01. Sepulchral Psalms / 02. Monolith Of Death / 03. Forsaken Tribe / 04. Kaplica Ducha Zniłego / 05. Abyss Of Torment / 06. Black Rain Upon The Mountain Of Doom / 07. Whispering The Incantation Of Eternal Life / 08. Cromlech (DARKTHRONE cover)

    Płock est une charmante petite ville Polonaise qui se trouve au cœur du pays et qui fait également partie de la voïvodie de Mazovie, en plus d'avoir la particularité d'être jumelée avec Auxerre. Et là, je sens que j'ai capté votre intérêt, non ? Mais ce n'est pas grave car la description Wikipedia n'est pas mon argument principal puisque dans cette même ville, en 2003, un trio se forme sous le nom de KINGDOM, non éculé, je vous l'accorde, et qui pratique un Death Metal qui se veut abyssal.

    Le troisième album, Sepulchral Psalms From The Abyss Of Torment, a vu le jour en septembre dernier via Godz Ov War Productions qui révèle à la lumière européenne, voire plus, l'underground de l'Europe de l'Est et plus particulièrement de la Pologne. Une petite séance de rattrapage s'imposant au vue de la qualité de cet album. Le Death Metal y est effectivement abyssal, crade, sombre, old-school à souhait, avec des leads tout aussi sombres et qui éclairent d'une lumière noire cet album qui ravira le amateurs de boucherie régulière !

    Le groupe sait planter le décor avec cette introduction "Sepulchral Psalms" enchainé à un "Monolith Of Death" furieux, qui saisit à la gorge, comme dans les meilleurs moments de BEHEMOTH ou HATE. Mais attention, car le groupe développe là une ambiance et une imagerie presque Black Metal, la voix cradingue de LWN y est certainement pour quelque chose mais il y a dans ces riffs bien plus que l'intention d'être brutal, il y a aussi la volonté d'insérer dans le crâne de l'auditeur une musique sournoisement rampante, cradingue et particulièrement dérangeante. A ce petit jeu là, le titre "Abyss Of Torment" est assez savoureux de noirceur, le groupe y montre plusieurs facettes avec une mise en avant de la basse dans ce son si claquant avant cette avalanche de furie qu'est "Black Rain Upon The Mountain Of Doom" et ses solos qui nous renvoient vers les grandes heures de SLAYER.

    KINGDOM sait gérer les temps immédiats et les temps plus sinueux d'un album, et si l'efficacité est toujours de mise, la compréhension du propos demande un temps plus ou moins long d'assimilation. Jusqu'ici le nom de ce groupe était plutôt resté aux frontières de la Pologne, mais les amateurs de Death Metal aimant l’uppercut direct tomberont vite dans le chaos initié par ce Sepulchral Psalms From The Abyss Of Torment relevé par la reprise du "Cromlech" de DARKTHRONE qui ne gâche rien à la fête. Si vous cherchez des titres brise-nuques, concentrez vous sur "Monolith Of Death" ou "Black Rain Upon The Mountain Of Doom", mais ne laissez pas de côté des titres comme "Abyss Of Torment" ou "Whispering The Incantation Of Eternal Life" qui montrent la capacité du groupe à proposer des structures fluides mais moins immédiates.

    On notera également la participation de SBCH (ex-chanteur de CENTURION) qui semble avoir fait partie de KINGDOM sous le nom de Sobiech, qui amène des vocaux cradingues sur la reprise de DARKTHRONE et sur "Black Rain Upon The Mountain Of Doom" pour un résultat réellement probant, une piste à creuser pour quelques apparitions ?

    La production de ce troisième album est à souligner, signée par un certain Mateu-Sz en Pologne, la batterie occupe la place d'artilleur et la voix semble avoir eu un traitement propre au Black Metal, pas réellement mise en avant, elle se confond dans cet ensemble mais marque bien l'esprit, une représentation sonore de l'âme de cette musique. 

    Alors, à la machine à café, lorsque vous évoquerez la ville de Płock en Pologne, parlez plutôt de KINGDOM, un groupe de Death Metal au style percutant plutôt que la géographie et l'histoire de cette ville, avec démonstration sonore en hurlant : paie moi un café ! Vous imposerez ainsi votre culture et votre autorité, ce qui ne fait jamais de mal.

    Chronique : Aymerick Painless

    KINGDOM - Sepulchral Psalms From The Abyss Of Torment

     


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  • CHEAP TRICK - We're All Alright !
    Universal Records
    Style : Hard Rock
    Origine : Etats-Unis
    Sortie : 2017
    Site Web : www.cheaptrick.com

    CHEAP TRICK - We're All Alright !



    01. You Got It Going On / 02. Long Time Coming / 03. Nowhere / 04. Radio Lover / 05. Lolita / 06. Brand New Name On An Old Tattoo / 07. Floating Down / 08. She's Alright / 09. Listen To Me / 10. The Rest Of My Life / 11. Blackberry Way (The Move Cover) (Deluxe Edition Bonus Track) / 12. Like A Fly (Deluxe Edition Bonus Track) / 13. If You Still Want My Love (Deluxe Edition Bonus Track)

    CHEAP TRICK est et restera un groupe hors-norme, fantasque à souhait et ne se prenant jamais au sérieux, à l'image du guitariste Rick Nielsen. Ils se paient même le luxe de sortir ici, 40 ans tout pile après leur premier album, un We're All Alright ! d'une incroyable débauche d'énergie. Le précédent, Bang, Zoom, Crazy... Hello (paru en 2016, et oui, l'année dernière !), lorgnait déjà dans cette direction plus brute et sans concession. Mais là, on enfonce le clou, très peu de moments de répit, et point non plus de véritable ballade... celles et ceux qui attendaient un nouveau "The Flame" en sont du coup encore pour leurs frais. L'incroyable Robin Zander éructe comme jamais et n'a rien perdu de sa superbe voix, Tom Petersson fait résonner sa basse à merveille et Daxx Nielsen (fils de) est bien intégré... même si on regrette toujours l'absence de Bun E. Carlos. La pochette, en noir et blanc, rappelle celle de leur album éponyme, mais n'y voyons pas un signe de boucle bouclée... prions-le ! Mais à l'écoute de ce nouvel opus, on se dit que ce n'est pas possible, tant CHEAP TRICK n'a jamais semblé autant en forme, d'où vraiment cette impression de seconde jeunesse. Au bout d'une telle carrière, c'est même un cas de médecine tant on se demande comment tout cela est possible ! Sans compter leurs prestations scéniques, jamais avares du temps passé sur scène, et avec une setlist variant d'un concert à un autre. Oui, CHEAP TRICK, encore une fois, est un groupe à part, la poignée de fans en France lui rendront hommage et se rueront sur ce must tandis que les autres resteront honteusement indifférents. Rien à jeter sur ce We're All Alright ! au titre diablement positif, même les bonus de la version deluxe sont dignes d'intérêt. D'ailleurs sur la reprise très Beatlesienne de "Blackberry Way" du groupe THE MOVE (composée en 1968 par Roy Wood), Robin Zander fait penser plus que jamais à Paul Mac Cartney... d'où la confirmation que CHEAP TRICK soit parfois identifié comme un croisement entre le Hard Rock et les BEATLES.

    Un album brut de pomme donc, et même s'il est beaucoup moins commercial que ses prédécesseurs, il contient quand même des passages plus fins comme le fabuleux "Floating Down", le poignant "The Rest Of My Life" ou l'addictif single "Lolita". Une note maximale d'un fan inconditionnel, aussi en guise de révérence à leur féconde discographie... mais franchement pas usurpée au final. Il ne reste maintenant qu'une chose à ajouter, merci CHEAP TRICK car grâce à vous : "We're all alright !".

    Chronique : Renegade88

    CHEAP TRICK - We're All Alright !

     


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