• MARDUK - Viktoria
    Century Media Records
    Style : Black Metal
    Origine : Suède
    Sortie : 2018
    Site Web : www.marduk.nu

    MARDUK - Viktoria



    01. Werwolf / 02. June 44 / 03. Equestrian Bloodlust / 04. Tiger I / 05. Narva / 06. The Last Fallen / 07. Viktoria / 08. The Devil’s Song / 09. Silent Night

    On ne présente plus MARDUK, la légende du Black Metal suédois qui officie depuis 1990. Quatorze albums plus tard et des tas de EP, splits, lives et compiles, revoici le combo, toujours aussi fringant, l’inspiration en moins. MARDUK maitrise le Black Metal ravageur et guerrier depuis presque trente ans, et nous sert des thématiques deuxième guerre mondiale depuis 1999 me semble-t-il et le fameux Panzer Division Marduk. Bref,  ils savent ce qu’ils font.

    Viktoria est un album ravageur, guerrier et brutal, du MARDUK quoi ! Pas de surprise avec cet opus qui attaque nos oreilles comme un missile mais  ne laissera pas une empreinte indélébile. Pourtant, certains titres ou passages sont dignes d’intérêt. "June 44" commence par un blast dévastateur et un riff plutôt sympa qu’on aime écouter et réécouter  ; ou encore "Equestrian Bloodlust". "Narva" (leçon de géographie  : Narva est une ville d’Estonie, point de passage obligé entre la ville de Leningrad (aujourd'hui Saint-Pétersbourg) et l'Estonie. La bataille de Narva a eu pour enjeu la conquête des pays baltes en 44) est plutôt bien fichue. Tempo très élevé, qui ne laisse pas de répit, la guerre fait rage. Petit break en mid tempo, plus posé et mélodieux en milieu de morceau: on apprécie  ! On retient le riff qui est bien trouvé. "The Devil's Song" est notable également et commence par 47 secondes, soit près d’une minute, avec le même riff (deux accords) qui revient encore 20 secondes après. Heureusement, un superbe passage vient relever le niveau, vers 1min 34. Un riff qui vaut vraiment le détour, mélodique et brutal, superbement trouvé. Les blasts sont ici de mise. "Tiger I" (leçon d’histoire  : Tiger I diminutif de Panzerkampfwagen VI Tiger Ausführung E - Sonderkraftfahrzeug 181, ce qui aurait probablement été un peu trop long, était un char d'assaut lourd allemand en service de 1942 à 1945) n’est pas si mal. Tempo lent, martial, effets vocaux, en alternance avec des parties blastées.

    Tout le monde aura compris la thématique de cet album, avec des titres comme "June 44", "Viktoria", "Narva", "Tiger I" ou encore "Werwolf" (leçon d’histoire  :  La Werwolf (loup-garou en allemand) était un corps franc formé de volontaires nazis pour résister derrière les lignes de front, particulièrement celles du front de l'Est, contre les Alliés envahissant l'Allemagne). Donc on parle bien de la seconde guerre mondiale, et plus précisément de la fin du conflit ("Viktoria") dans cet album.

    Donc voilà le quatorzième album de MARDUK, et la trentième production ! Autant dire que ce groupe suédois incontournable sait ce qu’il fait. Et c’est là que le bat blesse. Blasés les MARDUK  ? En tous cas, ils possèdent les ficelles d’un album de Black Metal réussi, mais l’originalité n’y est pas. Les riffs sont sans surprise, voire déjà entendus dans des précédents albums. Cela dit, la thématique guerrière et les morceaux agressifs et violents restent agréables. A écouter pour les amateurs du groupe ou de Black Metal qui envoie.

    Chronique : Fanny

    MARDUK - Viktoria

     

     

     


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  • TRUCHŁO STRZGI - Pora Umierać
    Godz Ov War Productions
    Style : Punk/Black Metal
    Origine : Pologne
    Sortie : 2018
    Site Web : https://godzovwarproductions.bandcamp.com/album/pora-umiera

    TRUCHŁO STRZGI - Pora Umierać



    01. Apokaliptyczny młot (Obliteracja poprzez życie) / 02. Sadystyczny masowy mord / 03. Tu gdzie czarna zorza Płonie  / 04. Świat pędzi ku przestrodze (Pradawne demony) / 05. Śmierć i płomień / 06. Busola do nikąd / 07. Jestem (Żyję, gniję, umieram) / 08. Stary kult śmierci (Ozłocone truchło)

    Comme vous le savez le Punk et le Black ont cette consanguinité revendiquée par bons nombres de têtes de proue du mouvement Black Metal dont DARKTHRONE, ou même VENOM si on veut remonter aux origines. Alors voir des groupes comme TRUCHŁO STRZGI se former n'a rien de bien surprenant même si le plus souvent, ces groupes restent cantonnés à vivoter dans un underground destiné aux purs et durs d'un style particulier. Toutefois, nos Polonais montrent avec ce premier album Pora Umierać que ce courant n'est pas fait que de chansons à boire et qu'un univers sombre et crade peut y être développé avec beaucoup de cohérence.

    Alors c'est vrai qu'avec l'introduction de "Apokaliptyczny młot (Obliteracja poprzez życie)" où l'on entend quelqu'un s'essayer au chant de façon maladroite ponctué d'un grand éclat de rire, on peut craindre pour le sérieux de la démarche, mais aussitôt le petit discours de présentation, le propos se fait Black Metal primitif à la POSSESSED ou VENOM sans l'ambiance sulfureuse, ici c'est juste crade. C'est avec "Sadystyczny Masowy Mord" que l'on entre dans un environnement plus sombre, même si les oh-oh-oh très Punk pour le coup rappellent ce à quoi nous avons affaire. Régulièrement, TRUCHŁO STRZGI nous surprend, notamment avec ce troisième titre "Tu Gdzie Czarna Zorza Płonie" qui renvoie plus vers l'esprit Rock'n'roll d'un SATYRICON, seule la voix clamée en chœur nous renvoie vers le Punk mais un "Śmierć i płomień" est introduit par un riff typé Black avant des couplets à la DARKTHRONE, le tout dans une urgence totale, une énergie dévastatrice et surtout communicative. Il faut saluer la production qui permet de distinguer facilement ce qu'il se passe sur la galette car très souvent, les groupes du style cachent leurs approximations derrière une production très crade et peu précise, c'est également le cas dans le Black Metal me direz-vous, et je suis tout à fait d'accord sur ce constat, mais là les Polonais se basent sur des riffs percutants, des lignes de chant directes et sans fioritures pour insuffler l'esprit Punk à ce Black Metal qui reste tout de même loin des ambiances les plus noires du style.

    Un mot sur l'artwork qui est parfaitement soigné, certes les paroles en polonais ne vont pas parler à tout le monde mais il règne dans ce livret cette même ambiance que sur le disque, le tout parfaitement réfléchi, une imagerie glauque et sombre, dessinée pour la rendre moins réelle, faisant travailler votre imagination, voilà qui peut être encore plus brutal qu'une photo glauque ! Et puis le groupe ne dispose pas de site internet et encore moins de Facebook, à l'heure où tous les groupes de Black Metal en ont et y sont très actifs (et ce n'est pas un jugement, chacun fait ce qu'il veut) voilà TRUCHŁO STRZGI, plus Black que les groupes de Black Metal. Voilà le genre d'album que vous mettez dans votre platine, vous sortez la vaisselle offerte par la belle-mère à votre mariage, tout ce que vous voulez voir disparaître (oui on accepte les gens également !) et vous détruisez tout, c'est pas compliqué, armé d'une masse, d'une tronçonneuse, ce que vous préférez, mais ce Pora Umierać est un défouloir qui fait du bien par où ça passe. Un album qui me fait penser à ce que j'ai vu en live des Belges de BLACK BLEEDING.

    Chronique : Aymerick Painless

    TRUCHŁO STRZGI - Pora Umierać

     

     


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  • MOONREICH - Fugue
    Les Acteurs De L'Ombre Productions
    Style : Black Metal
    Origine : France
    Sortie : 2018
    Site Web : www.facebook.com/Moonreich

    MOONREICH - Fugue


     
    01. Fugue part.I - Every Time She Passes Away / 02. Fugue part.II - Every Time The Earth Slips Away / 03. With Open Throat For Way Too Long / 04. Heart Symbolism / 05. Rarefaction / 06. Carry That Drought 'cause I Have No Arms Anymore / 07. The Things Behind The Moon

    Les Parisiens de MOONREICH officient depuis 10 ans maintenant. Ils sortent ici leur quatrième album. Sept titres plutôt longs (certains dépassent les 10 minutes). Un vrai travail de composition, des parties batteries recherchées et des guitares aigües travaillées et mélodiques.
     
    Le premier morceau "Every Time She Passes Away", après quelques secondes d’une intro malsaine et calme, entre dans le vif du sujet avec des riffs et un blast très rapides. Je suis dubitative sur ce premier titre, qui ne m’emballe pas plus que ça et semble décousu (j’ai bien écrit « semble »). La voix est très agressive, déchirée, torturée, le tout posé sur des guitares acérées et violentes. Mais je ne trouve pas ce premier morceau cohérent... trop fou pour moi. Le deuxième morceau "Every Time The Earth Slips Away" dure une dizaine de minutes ! je suis perplexe sur certains passages, mais globalement, ce titre long est très réussi, sans être ennuyeux tant il reste intense. Les parties guitares sont très recherchées et vraiment belles. Et l’intensité prime du début à la fin ! Franchement, nous voici en présence d’un bel hymne de Black Metal. "With Open Throat For Way Too Long" est moins mélodique, plus brutal. Blast, couverture à la double pédale et riff agressifs. La mélodie est moins présente et on retrouve un peu ce fouillis du début d’album. La voix est très (trop ?) présente et laisse peu de place au reste. Pourtant, nous avons des parties batterie et guitare très complexes. Le reste de l’album est du même acabit que le début : parties rapides et violentes, et passages très intense. L’intensité prime tout au long de cet album. Les voix  torturées et violentes sont présentes partout. Les titres sont complexes, les structures réfléchies. Chaque instrument fait preuve d’un niveau certain : double pédale maitrisée et dense, blasts rapides, arpèges et riffs lourds, recherchés. La cover est dans les tons gris, un graphisme épuré et crayonné. Un cœur, symbole de vie, d’émotions aussi, rappelant les anciennes planches anatomiques, se métamorphosant en serpent, avec cet œil central qui vous juge. Une multiplicité de symboles qui peut laisser courir votre imagination et votre interprétation.
     
    Avec Fugue, MOONREICH nous présente un album d’un grande intensité, avec des compositions originales, novatrices, des sons graves et des riffs recherchés. La simplicité n’a pas sa place ici, et la complexité règne, permettant de proposer à l’auditeur une musique riche, et pas un énième album de « trve » Black Metal déjà maintes fois entendu. Alors jetez une oreille attentive si vous êtes en attente de son nouveau, de violence écorchée, loin d’un Black Metal triste et dépressif. Pourtant, cet album, bien que très réussi, n’est pas parvenu à me parler. J’ai trouvé les compositions fouillis et j’avoue m’être un peu perdue.

    Chronique : Fanny

    MOONREICH - Fugue

     

     


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  • DRAWN AND QUARTERED - The One Who Lurks
    Krucyator Productions
    Style : Death Metal
    Origine : États-Unis
    Sortie : 2018
    Site Web : www.facebook.com/drawnandquartered

    DRAWN AND QUARTERED - The One Who Lurks



    01. Nefarious Rites / 02. Ravage The Cadaver / 03. Horned Shadows Rise / 04. Deliverance To The Worms / 05. Temples Of Arcane Devotion / 06. Carnal Transmigration / 07. The One Who Lurks / 08. Portals Of Communion

    Connaissez vous le point commun entre Nicolas de Salcède, Robert François Damiens et Jean Châtel ? Certes, ils ont tous les trois porté atteinte au Régime en place à leur époque en tentant d'assassiner le monarque, mais ils ont également échoué dans leur tentative, ce qui ne changea pas le verdict judiciaire, l'écartèlement ! Une ironie quand on pense que les mecs ont loupé leur coup et qu'ils subissent tout de même une des pires façons de mourir ! Ceci dit, voilà un nom qui serait parfait pour un groupe chantant la mort, non ? Et bien c'est déjà fait puisque DRAWN AND QUARTERED opère depuis déjà 1993, soit 25 ans ! Une carrière énorme qui les mène aujourd'hui chez un label bien de chez nous, Krucyator Productions, les petits gars ont traversé l'Atlantique pour confier leur Death Metal, que les amateurs d'IMMOLATION devraient très vite adopter, à un label dynamique.

    Alors pour situer un peu le sujet, vous rappelez-vous de l'excellent Onward To Golgotha d'INCANTATION ? Et bien ce The One Who Lurks me rappelle cette sensation indescriptible ressentie à l'écoute de ce monument du Death Metal. Attention, je ne dis pas que l'on est dans la même intensité et la même qualité car DRAWN AND QUARTERED existent par eux-mêmes et non à travers un pseudo revival d'INCANTATION. Les riffs sont massifs, la batterie traine les pieds comme il faut pour écraser le crâne de l'auditeur et les leads de guitares agissent comme des incisions à vif lors d'un écartèlement, fait pour faciliter la rupture des tissus ! Ainsi le titre d'ouverture, "Nefarious Rites", dégage une dynamique un peu moins brutale que ce qui suit ensuite, le très bon "Ravage The Cadaver" nous envoie une salve de lacérations qui reprend de plus belle sur un "Horned Shadows Rise" où le traitement des voix présente un axe particulièrement intéressant, noyé dans l'ensemble, on y retrouve une certaine ambiance Black Metal old-school franchement intéressante alors que la batterie se met en mode blast assez modéré mais maitrisé avec quelques coups de caisse claire qui agissent comme des coups de fouet. Ce début d'album offre une montée en intensité qui ne baisse pas de régime avec l'expéditif "Deliverance To The Worms". Ensuite, l'enchainement "Temples Of Arcane Devotion" et "Carnal Transmigration" n'offre pas plus que ce à quoi nous avons assisté auparavant, mais ça a le mérite d'enfoncer le clou si c'était nécessaire. Le production chargée en basse et assez compressée réalisée par Loic F. (AUTOKRATOR) demande plusieurs écoutes pour saisir la subtilité de ce qui se passe réellement, on est là encore dans la plus pure tradition du Death Metal à la IMMOLATION et surtout INCANTATION, les leads surgissent comme de réelles fulgurances et c'est certainement la raison pour laquelle les deux titres qui en sont le moins pourvus sont ceux qui marquent moins l'esprit, même après plusieurs écoutes. Avec la chanson titre, DRAWN AND QUARTERED reprend un schéma de Death Metal rampant alterné à du Death Metal Américain avec ce lead de guitare récurrent servant de rampe de lancement à cette fin de titre écrasante où la basse se fait encore plus présente que d'habitude, le groupe agissant en trio (en quatuor en condition live avec l'addition de Beau Galloway, GRAVENLOCH, à la guitare), cela s'explique assez facilement.

    DRAWN AND QUARTERED ne se cache pas derrière le poids des années, 25 ans de Death Metal mais 25 ans à développer son style avec, certes de fortes accointances avec d'autres ayant réussi à avoir une portée plus grande, mais qui sont plus ou moins de la même époque. Ce nouvel album, The One Who Lurks, s'inscrit dans la même logique que ses précédents albums, une ode crasseuse au Death Metal 90's, équilibré, dynamique mais écrasant à souhait, oubliez le pseudo groove moderne, ces titres sentent le vieux et ça fait du bien lorsque c'est bien fait comme ici.

    Chronique : Aymerick Painless

    DRAWN AND QUARTERED - The One Who Lurks

     

     

     


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  • SADRAEN - Orphan Lord
    M&O Music
    Style : Progressive Death Metal
    Origine : France
    Sortie : 2018
    Site Web : www.sadraen.com

    SADRAEN - Orphan Lord



    01. Hideous Soul / 02. The Stoic Gathering / 03. Fourth Wall / 04. Torn / 05. Synæsthesia / 06. Orphan Lord / 07. Sarcoma / 08. Human Hatcher / 09. Terse Æon / 10. To Whatever End

    Prévu fin 2017, ce premier album des Amiénois de SADRAEN, Orphan Lord, se voit aujourd'hui mis sur le devant de la scène par M&O Music qui l'a finalement publié en mars de cette année. Le groupe se compose sur les cendres fumantes de SHIVA qui fut la première incarnation de ce nouveau groupe déjà auteur d'un premier EP Sophomore en 2014.

    Avec un chant typé Deathcore, le groupe se démarque cependant de ce courant avec un Death Metal certes groovy mais à tendance progressive également, et là un nom vient en tête, GOJIRA, et des titres comme "The Stoic Gathering", "Sarcoma", ou "Fourth Wall" pour les guitares, mais aussi "Torn" pour l'approche du chant sur le refrain, ne laissent pas de place au doute. Toutefois, il est réducteur de laisser entendre que SADRAEN n'est qu'une copie de GOJIRA car l'ambiance est beaucoup moins pesante que chez nos Landais, c'est plus posé, plus mélodique également et la structure des morceaux se veut plus directe également. Le quatuor débute l'album avec quatre titres très différents, quatre facettes du groupe qui montre une capacité d'écriture extrêmement réfléchie avec une mise en son ultra-soignée, presque un brin surproduite si on veut chipoter, notamment sur le traitement de la batterie extrêmement propre. Après la respiration qu'est "Synæsthesia", la chanson titre relance la machine sur un mid tempo assez mélodique sur lequel le chant caverneux d'Antoine Mietka laisse peser une chape de plomb au dessus de ce titre qu'il aurait été trop facile de laisser s'aérer, c'est également là que la capacité d'arrangement et d'écriture du groupe s'exprime le mieux, par leur facilité à ne pas aller vers le trop facile justement. Cette chanson titre se mue progressivement en un titre bien groovy qui va faire remuer des nuques en rythme en condition live, le tout sans jamais réellement surprendre l'auditeur, seulement par le fait que le tout est plutôt bien écrit et bien exécuté.

    La fin d'album se fait sur le même rythme, notamment avec le titre "Human Hatcher" qui se traine comme il faut, un très bon titre que le groupe avait déjà bien avant l'enregistrement de cet album visiblement, signe que leur accointance à jouer ce style musical n'est pas nouveau. Par contre, un titre comme "Terse Æon" se fait plus banal, la voix claire sensée illuminer le morceau tombe un peu à plat par sa ligne trop facile, alors que sur "The Stoic Gathering" cette voix était plus pertinente tout comme sur l'ultime "To Whatever End", également très proche de l'univers de GOJIRA sur sa première moitié avant de prendre des allures de Groove Metal sur un break central qui casse avantageusement cette ambiance qui reprend de plus belle ensuite.

    Si Orphan Lord n'offre pas de réelle surprise, on peut toutefois très vite se laisser prendre au jeu si on a des affinités avec GOJIRA, le MACHINE HEAD le plus récent également pour le groove apporté à l'ensemble, un bon début pour ces Amiénois qui tournent dans toute la France durant le mois d'août.

    Chronique : Aymerick Painless

    SADRAEN - Orphan Lord

     


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  • SILENCE OF THE ABYSS - Silence Of The Abyss
    Autoproduction
    Style : Progressive Death Metal
    Origine : France
    Sortie : 2018
    Site Web : www.silenceabyss.com

    SILENCE OF THE ABYSS - Silence Of The Abyss



    01. Pathfinders / 02. Sinister Dawn / 03. Off Trail / 04. Stalking / 05. Last Breath / 06. Only Crows / 07. Aura

    Formé en 2017, SILENCE OF THE ABYSS est emmené par Julien Colin au chant, David Santucci à la guitare, la basse et au chant, et Diane Gianelli à la batterie et au chant, car oui les trois membres du groupe partagent le chant avec une présence continue de Julien en tant que lead. Silence Of The Abyss est le premier EP des Corses, et c'est un concept EP qui nous est proposé là, un concept qui développe selon différents points de vue, et à une période historique précise, l’équilibre de l’humain et ses comportements face à la nature.

    Musicalement, c'est une étiquette Progressive Death Metal qui est généralement accolée à la musique du groupe, vous vous ferez une opinion mais il y a du Métal alternatif également dans l'équation, le traitement des chœurs sur "Stalking" et "Only Crows" sont des indices qui ne trompent pas, de même que certaines parties de guitare allant de "Pathfinders" à "Only Crows", de même que certaines parties de chant de Julien sur ce même "Only Crows" notamment. Car oui, lorsqu'il s'agit d'envoyer du plus brutal c'est Diane qui appuie là où ça fait mal, les growls de la batteuse fonctionnent très bien mais le groupe ne tombe jamais vraiment dans la recette pure et dure du Death Metal mais une affiliation à GOJIRA est clairement là, et même recherchée, sinon comment expliquer cet "Off Trail" et "Stalking" dont les parties de guitare frisent le mimétisme avec nos Landais. Mais on leur pardonne bien vite cette petite facilité car le trio développe sur sept titres, dont trois interludes, un univers assez personnel mis en valeur par une production très profonde, le traitement de la batterie n'est pas anodin, on sent que Diane Gianelli tient une place importante dans le groupe, et si on peut trouver la caisse claire drôlement nette, elle insuffle une sacrée dynamique à l'ensemble.

    Puisque l'on en est aux présentations avec ce premier EP, SILENCE OF THE ABYSS cherche clairement à ce que l'on se souvienne de son nom et ces sept titres sont efficaces, bien produits, une entrée en matière des plus convaincantes même si le style pourra être affiné pour éviter quelques influences un peu trop présentes.

    Chronique : Aymerick Painless

    SILENCE OF THE ABYSS - Silence Of The Abyss

     

     


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  • LYKHAEON - Ominous Eradication Of Anguished Souls
    Godz Ov War Productions
    Style : Black Metal
    Origine : Suisse
    Sortie : 2018
    Site Web : www.facebook.com/lykhaeon

    LYKHAEON - Ominous Eradication Of Anguished Souls



    01. Chthonios I / 02. Chthonios II

    Emmené par la tête pensante de DAKHMA, LYKHAEON est originaire de Suisse et opère en trio, Kerberos, alias K., en tant que chanteur bassiste, épaulé d'un guitariste et d'un batteur désignés sous les pseudonymes de S. et Infermità (aussi appelé I.). Ominous Eradication Of Anguished Souls est un EP 2 titres, ou plus précisément 1 titre découpé en 2 plages, qui fait suite à un premier album, Tanz Der Entleibten, paru en autoproduction en 2015. Tout comme pour DAKHMA, Godz Ov War Productions a eu vent de la musique orientée Black Metal du trio et nous propose là un EP de présentation assez costaud.

    Au niveau de la production, on se retrouve dans l'habituelle grotte où la majorité des groupes de Black Metal enregistrent, grosse réverb' sur le chant, guitare en léger retrait et particulièrement incisive, oscillant entre riffs frénétiques et arpèges plus ambiants appuyés par des claviers en nappe. La batterie, elle, est au fond de la grotte, très en retrait, elle n'en reste pas moins intéressante pour autant, avec un jeu suffisamment varié. Le chant douloureux par moment peut faire penser à DEINONYCHUS et d'ailleurs dans le résultat final, on est pas à des années lumières non plus, même si les Suisses sont bien plus Black Metal que ne l'est DEINONYCHUS.

    La construction des deux titres laisse plutôt penser à un seul et même titre découpé en deux plages car sur la première plage et les six premières de la deuxième, LYKHAEON nous assène une descente particulièrement crade, froide et malsaine où les blasts répondent à des parties plus ambiantes pour ensuite se finir sur des voix qui s'entremêlent, qui tournoient dans les effets, le tout sur un glas indiquant une fin, celle des âmes tourmentées si l'on en croit le titre de cet EP. S'appuyant sur un thème unique tout au long des vingt premières minutes, décliné de plusieurs façons musicalement, le trio ne tourne cependant pas en rond et réussit à nous garder avec lui dans cet instant particulièrement troublant qu'est cet Ominous Eradication Of Anguished Souls, les plus impatients trouveront certainement la fin un peu longue et je ne peux pas leur donner complètement tort, cette longue outro paraît un peu démesurée par rapport à la longueur du EP.

    Toujours est il qu'après trois années de silence discographique, LYKHAEON nous renvoie une musique mieux produite, un son de batterie bien mieux intégré, un chant mieux produit également même si plus commun, le tout dans une dissonance ne venant plus des guitares mais plutôt de l'ambiance générale, une évolution qui mène le trio vers quelque chose de plus répandu aujourd'hui mais aussi quelque chose de plus intense, plus en accord avec l'imagerie développée par le groupe.

    Chronique : Aymerick Painless

    LYKHAEON - Ominous Eradication Of Anguished Souls

     


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  • GHOST - Prequelle
    Loma Vista Recordings
    Style : Pop(e) Metal
    Origine : Suède
    Sortie : 2018
    Site Web : www.ghost-official.com

    GHOST - Prequelle



    01. Ashes / 02. Rats / 03. Faith / 04. See The Light / 05. Miasma / 06. Dance Macabre / 07. Pro Memoria / 08. Witch Image / 09. Helvetesfonster / 10. Life Eternal

    Le pape est mort, vive le… Cardinal ?! - Nombreuses sont les interrogations suite à « l'enlèvement » de Papa Emeritus III survenu en début d'année lors du Pope Star Tour. Nous nous attendions logiquement à l'intronisation d'un Papa Emeritus IV, quelle surprise d'apprendre que c'est un certain Cardinal Copia qui aura la lourde tâche d'assurer le poste de leader des Nameless ghouls (line up complétement changé pour l'album).

    Lors d'une récente déclaration, Tobias FORGE (leader et compositeur du groupe) a déclaré que la pape actuel, Papa Nihil alias Papa Emeritus Zero, étant trop vieux, prend sous son aile le Cardinal Copia afin d'en faire son digne successeur.

    Plusieurs mois après ce retournement de situation, Prequelle est révélé au public. Ce quatrième album de GHOST est certainement le plus sombre au vu de l'univers dépeint dans les lyrics. Les thèmes abordés traitent de la peste, de l'apocalypse, ainsi que plusieurs évènements préjudiciables à l'humanité.

    La production est de très grande qualité et Tobias  délivre un travail de composition et d'interprétation tout à fait remarquable. Quelle stupéfaction de découvrir deux titres "OVNI" entièrement musicaux, une première pour le combo suédois. Il s'agit des titres "Miasma" et "Helvetesfonster",  de surcroît très progressifs, laissant libre cours au piano avec brio, mais également un saxophone sur "Miasma". On rêve, on voyage, on en oublie même que notre « futur pape » n'officie pas derrière son micro tellement ses/ces morceaux sont transcendants.

    Il n'en est pas moins intéressant de voir l'évolution du chant de FORGE sur cet opus, c'est parfaitement maitrisé et varié au fur et à mesure de l'écoute. GHOST est une usine à tubes : des mélodies catchy et très 80's ("Dance Macabre", "Witch Image") allant jusqu'aux riffs heavy ("Rats"), des refrains fédérateurs ("See The Light", "Faith") sans oublier cette douceur propre à certains anciens morceaux ("He Is" par exemple) sur les titres "Life Eternal" ou encore "Pro Memoria". Il manquerait juste cette touche "Doom" commune à Opus Eponymous et Infestissumam qui faisait le charme des débuts du groupe.

    Pour conclure, GHOST propose une œuvre conceptuelle à la limite d'un Rock Opéra où chaque élément est à sa place et continue de nous épater tant dans l'écriture que dans la qualité des titres proposés.

    Chronique : Bulga Juco

    GHOST - Prequelle

     


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  • IMMORTAL - Northern Chaos Gods
    Nuclear Blast
    Style : Black Metal
    Origine : Norvège
    Sortie : 2018
    Site Web : www.immortalofficial.com

    IMMORTAL - Northern Chaos Gods



    01. Northern Chaos Gods / 02. Into Battle Ride / 03. Gates To Blashyrkh / 04. Grim And Dark / 05. Called To Ice / 06. Where Mountains Rise / 07. Blacker Of Worlds / 08. Mighty Ravendark

    Si en 2015 le départ d'Abbath pouvait apparaître comme un coup dur pour IMMORTAL, force est de constater à l'écoute de ce Northern Chaos Gods que c'est tout l'inverse qui s'est produit. Recentré autour de Demonaz et Horgh, la basse est ici tenue par Peter Tagtgren (HYPOCRISY, PAIN) qui s'est également chargé de la production, le duo s'en est visiblement trouvé reboosté, retrouvant une inspiration qui lui faisait quelque peu défaut sur un All Shall Fall bien peu marquant sorti en 2009.

    Demonaz, tel le gardien des portes de Blashyrkh, se pose désormais en garant de l'identité IMMORTAL, qui renoue, sur ce neuvième album, avec son glorieux passé, nous ramenant à la grande époque de Battles In The North et autre Blizzard Beasts. Une sorte de retour aux sources qui voit le IMMORTAL version 2018 proposer un Black Metal sans concession, froid et haineux. Dès "Northern Chaos Gods" qui ouvre l'album, on se retrouve propulsé en plein blizzard, au cœur de forêts norvégiennes enneigées, les éléments se déchaînent, apportant une force épique à l'ensemble ("Grim And Dark"). Et ce n'est pas "Into Battle Ride" ou "Gates To Blashyrkh" qui vont calmer les choses. Le tempo est rapide et les vocaux redoutablement vindicatifs de Demonaz, éructés avec toute la haine et la puissance propre au style, vont finir d'apporter cette froideur typiquement Immortalienne avec en point d'orgue ce fantastique "Mighty Ravendark", morceau de bravoure de plus de neuf minutes, qui se révèle être la quintessence du style IMMORTAL.

    Se relever de la perte d'un chanteur aussi emblématique qu'Abbath n'était pas gagné d'avance, notre duo a su relever le défi et trouver les ressources nécessaires pour revenir au sommet de son art, plus inspiré et rageur que jamais ! Avec ce nouvel opus les Norvégiens frappent un grand coup, faisant de ce Northern Chaos Gods une vraie réussite ! Une tuerie comme le groupe n'en avait plus proposé depuis un bon moment ! Que les Dieux du Nord déchaînent le chaos à tout jamais !!!

    Chronique : Nono666

    IMMORTAL - Northern Chaos Gods

     

     

     


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  • KINGDOM - Putrescent Remains Of The Dead Ground
    Godz Ov War Productions
    Style : Death Metal
    Origine : Pologne
    Sortie : 2018
    Site Web : www.facebook.com/kingdomtempleofdeath

    KINGDOM - Putrescent Remains Of The Dead Ground



    01. Walls Of Askalon / 02. Putrescent Remains / 03. Grobowiec ludzkości / 04. Niemy krzyk zagłady / 05. Black Light To The Rotten Wombs Of Disgrace / 06. Martwa ziemia / 07. Karma Slayer / 08. Blashyrkh (Immortal cover)

    Dans l'underground Death Metal, les Polonais de KINGDOM ne sont pas vraiment des bleus débarquant de nulle part. Auteurs de quatre albums avec une tendance à la régularité accrue, les trois Polonais, tous issus d'autres groupes de la scène nationale, sont de retour avec Putrescent Remains Of The Dead Ground, une ode au Death Metal old-school situé entre le MORBID ANGEL le plus clinique et le Death Metal à Polonaise avec VADER en porte étendard.

    Situant l'action maintenant car si Sepulchral Psalms From The Abyss Of Torment publié en 2016 confirmait des capacités du groupe à maintenir le niveau de qualité tout en étant plus présent, il y avait des pistes intéressantes que l'on retrouve ici. La construction de l'album tout d'abord, l'efficacité est de mise avec l'entrée en matière "Walls Of Askalon", on est là dans la frange CANNIBAL CORPSE / DEICIDE du Death Metal, frénétique, rapide et sombre, ça vous explose au visage. Viennent ensuite des titres plus rampants, moins directs comme ces "Putrescent Remains" ou "Grobowiec Ludzkości" où la nature Black Metal du groupe ressurgit de façon très naturelle, le tout très bien porté par la voix de LWN qui tire particulièrement sur ce style, alors lorsqu'en plus on applique sur cette voix une reverb' bien froide et un léger delay, impossible de ne pas faire pencher la musique du groupe vers le Black Metal, style que le trio apprécie particulièrement.

    Tout comme l'album précédent, c'est le même Mateu-Sz qui a pris en charge l'enregistrement, le mixage et le mastering de cette galette pour un résultat massif mais terriblement emprunt de nostalgie fin 80's, début 90's. Tout comme l'album précédent et les autres aussi d'ailleurs, le groupe alterne l'expression en anglais et en polonais, de façon plus prononcée ici avec trois titres dans leur langue maternelle dont ce "Grobowiec Ludzkości" au riff principal entêtant, certainement aussi, le titre le plus arrangé. Tout comme l'album précédent, on remarque quelques lignes de chant bien crades signées SBCH (comme sur l'album précédent) sur des "Putrescent Remains" et surtout sur "Martwa Ziemia" pour le même résultat, une folie dégénérative et vraiment intéressante dans le rendu. Enfin, tout comme sur les albums précédents, KINGDOM finit sur une reprise et après ANGELCORPSE ou DARKTHRONE, c'est le classique "Blashyrkh" d'IMMORTAL qui est envoyé.

    Alliant un Death Metal assez brutal, à l'image des "Walls Of Askalon" ou l'expéditif "Karma Slayer", à un Death metal plus mid-tempo sur "Grobowiec Ludzkości" ou l'instrumental "Niemy krzyk zagłady" particulièrement réussi également, à un esprit Black Metal dans le fond, KINGDOM confirme assez largement ses capacités à gagner les territoires européens et le tout avec une régularité constante dans la qualité de ce qu'ils proposent. Les amateurs de Sepulchral Psalms From The Abyss Of Torment ne seront pas dépaysés à l'écoute de ce Putrescent Remains Of The Dead Ground tout aussi recommandé.

    Chronique : Aymerick Painless

    KINGDOM - Putrescent Remains Of The Dead Ground

     

     


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