• THE GREAT OLD ONES - EOD - A Tale Of Dark Legacy
    Season Of Mist
    Style : Dark/Black Metal
    Origine : France
    Sortie : 2017
    Site Web : www.thegreatoldonesband.com

    THE GREAT OLD ONES - EOD - A Tale Of Dark Legacy



    01. Searching For R Olmstead / 02. Shadow Over Innsmouth / 03. When The Stars Align / 04. The Ritual / 05. Wanderings / 06. In Screams And Flames / 07. Mare Infinitum / 08. My Love For The Stars (Cthulu Fhtagn) (Bonus track)

    Ressorties, les discordances littéraires de Lovecraft, les immondices indicibles et sacrées de R'lyeh, les monstruosités verdâtres et rampantes aux transcendances ignobles, et autres folies abominables que s'efforce, avec talent et passion, de traduire en musique THE GREAT OLD ONES, dont le troisième album, au premier abord, ne me parut pas si Lovecraftien que ça.

    Et pourtant, leur présence, rampante et dégoûtante, n'a peut être jamais été aussi marquée ; différemment, certes, mais surtout, plus frontale, moins cachée, au détriment, et c'est dommage – mais on n'y fait qu'assez peu attention – de leur sinuosité, si prenante et angoissante, qui fit, à mon sens, le charme des premiers albums du groupe. La nuance, également, me semble être moins présente (sans cependant perdre une once de subtilité), la musique, plus monolithique : quant aux mid tempi, ils me semblent moins marquants et moins marqués, au détriment de tornades d'une violence plus pure et directe, malgré quelques passages d'une lourdeur sans nom ("When The Stars Align", "Mare Infinitum"...). Autant de points qui auraient pu me sortir de l'immersion noirâtre et ésotérique, propre aux albums du groupe, tant ils le caractérisaient et en faisaient le charme dissonant et venimeux, beauté tordue, aux doux relents de grandeur intemporelle ; il n'en est rien.

    Et, au détour d'une harmonie lugubre et haineuse, sublimée d'un orgue aussi froid que solennel, la magie ritualiste opère : on est happés par les vagues furieuses de riffs – leur violence est inouïe et insensée –  consumés intérieurement par les ignescences néologismantes des noirceurs propres à l'inconnu, le plus inhumain et ravageur des trésors, lointain et fascinant, dont l'inaccessibilité si frappante amplifie la teneur destructrice, par les magies du mystère, et l'ivresse de l'étranger, leur seule inaccessibilité est l'amoindrissement de mes mots. Et les vocalises sans espoir me déchirent, et les glaciations guitaristiques me heurtent ; et les blastbeats effrénés m'agressent, et les mid-tempi me rassurent de leurs doucereuses harmonies. La perdition n'en est que plus métaphysique, entre tourments amnésiques, et ouragans de monstruosité, labyrinthes de pierres noires, aux grandeurs indicibles.

    Et l'on parle, et l'on parle - qu'importe la métaphore, elle ne rendra pas justice aux diptyques qu'inaugure, avec talent et passion, les albums de THE GREAT OLD ONES, et je ne saurais faire mieux, armé de mes mots les moins piètres, et le moins injustes, que de vous conseiller, si ce n'est vous ordonner, de vous plonger, de manière nocturne et peu éclairée, dans la musique du groupe, autant que dans l'un des bouquins de Lovecraft ; encore faut il y trouver un but...

    Chronique : Durchfall

    THE GREAT OLD ONES - EOD - A Tale Of Dark Legacy

     


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  • KOZH DALL DIVISION - Kozh Dall Division
    Autoproduction
    Style : Heavy/Thrash/Death Metal
    Origine : France
    Sortie : 2017
    Site Web : https://kozhdalldivision.bandcamp.com

    KOZH DALL DIVISION - Kozh Dall Division



    01. Vision d'Horreur (Laurent Plainchamp) / 02. Squads Of Despair (Philtor) / 03. Your Life (Crass) / 04. 13/11/2015 (ADX) / 05. Contorted (Eric Forrest) / 06. Devoted To Evil (Max Otero) / 07. A Qui La Faute (Tanguy) / 08. Amanda Part 1 & Part 2 (Fab & Ludo Loez) / 09. The Night (Arno Strobl) / 10. Once Upon A Time In Hell (Laurent Plainchamp) / 11. From Dust And Ashes (Philtor) / 12. Sanctification (Max Otero) / 13. Pourquoi ? (Laurent Plainchamp) / 14. Tormented (Eric Forrest)

    Né de la rencontre entre Laurent Plainchamp (ex-KRISTENDOM, ARTSONIC, NO RETURN), Vince Desca et Chris, le bassiste de GRAZED, KOZH DALL DIVISION est un projet studio dont le but est avant tout de se faire plaisir et prendre du bon temps entre potes. Pour cela, nos trois gaillards se sont mis en tête de réunir la crème du Metal français pour les suppléer dans leur entreprise, initiative alléchante s'il en est, vous en conviendrez ! On retrouve donc sur ce premier essai des chanteurs tels que Max Otero (MERCYLESS), Arno Strobl (CARNIVAL IN COAL), Fab et Ludo Loez (SUP / SUPURATION), Crass (CRUSHER), Philtor (ex-NO RETURN), Tanguy (T.H.I.N.K., ex-NO RETURN), Eric Forrest (E-FORCE, ex-VOIVOD), ainsi que le groupe ADX.

    Animé avant tout par la passion, le trio laisse parler sa créativité, parcourant ici une palette stylistique assez variée et, gros point fort, réussit à s'adapter à la personnalité musicale de chacun des invités présents. Le propos se veut plutôt extrême, naviguant principalement entre Death et Thrash, et l'ensemble se révèle particulièrement solide, nous assénant baffe sur baffe. En effet, comment ne pas se laisser convaincre, par exemple, par un "Squads Of Despair", titre marquant le retour de Philtor, première voix de NO RETURN, après 23 ans de silence. Le bougre n'a rien perdu de sa puissance vocale d'antan, nous gratifiant à nouveau de son timbre guttural pour notre plus grand plaisir. Et ce n'est pas les "Your Life", "Devoted To Evil", "From Dust And Ashes" ou "Sanctification" qui viendront calmer les choses, que nenni ! On reste dans cette ambiance agressive qui parcourt l'album de bout en bout. Seul le heavy "13/11/2015", date tragique à jamais incrustée dans les mémoires, interprété par ADX, fait planer une certaine émotion sur ce disque ô combien virulent. Mais les hostilités reprennent de plus belle avec le dévastateur "Contorted" emmené par Eric Forrest, suivi d'un "Devoted To Evil" éructé par un Max Otero littéralement possédé avant que Tanguy nous entraine avec "A Qui La Faute" dans un registre plus Crust/Hardcore. On citera également l'infectieux et froid "Amanda Part 1 & Part 2" qui ne pouvait être qu'interprété par les frères Loez tant plane sur ce titre l'ombre SUP / SUPURATION... sans oublier l'imparable "The Night" qui voit intervenir un Arno Strobl absolument impérial.

    Pas la peine de tergiverser et de s'étendre plus longtemps sur cette première réalisation de KOZH DALL DIVISION, vous l'aurez compris, la qualité est là, bien présente tout au long de cet album qui se révèle, au final, être une vraie réussite. KOZH DALL DIVISION vous colle une grosse mandale à travers les gencives, et il ne fait aucun doute que vous allez en redemander... On attend donc déjà le second volet avec la plus grande impatience...

    Chronique : Nono666

    KOZH DALL DIVISION - Kozh Dall Division

     


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  • PRIDE OF LIONS - Fearless
    Frontiers Music Srl
    Style : AOR
    Origine : Etats-Unis
    Sortie : 2017
    Site Web : www.aprideoflions.com

    PRIDE OF LIONS - Fearless



    01. All I See Is You! / 02. The Tell / 03. In Caricature / 04. Silent Music / 05. Fearless / 06. Everlasting Love / 07. Freedom Of The Night / 08. The Light In Your Eyes / 9. Rising Up / 10. The Silence Says It All / 11. Faster Than A Prayer / 12. Unmasking The Mystery

    Oui d'accord, PRIDE OF LIONS a toujours œuvré dans un registre Hard très soft, de l'AOR comme on dit, mais on aurait aimé quand même davantage de vélocité à ce lion qui ne doit pas être trop essoufflé. En effet, hormis deux titres bien énervés ("Fearless" et "Rising up"), le reste est bien calme, sans, malgré tout, être aussi mièvre que l'album Risk Everything signé PETERIK/SCHERER sorti en 2015 (exception faite toutefois des soporifiques ballades "Faster Than A Prayer", "Unmasking The Mystery" ou encore "Everlasting Love"). Ceci dit, au bout de multiples écoutes, il faut quand même reconnaître que Fearless est un bon album qui ne décevra pas les fans purs et durs du genre. Alors oui, on aimerait parfois entendre plus la guitare de Jim PETERIK que la voix parfois (trop ?) démonstrative de Toby HITCHCOCK... les meilleurs moments de l'album que sont "Silent Music", "The Silence Says It All", "The Tell" ou encore l'ouvrant "All I See Is You" seraient encore plus en valeur. Mais tant pis, ce nouveau PRIDE OF LIONS s'apprécie bien dans l'ensemble et, en ce sens, l'essai est transformé sans problème. Juste un album de plus pourrait-on dire tant il est dans la lignée des précédents, mais garder une inspiration telle même au bout de tout ce temps, ce ne peut être que respectable. A écouter et à ranger à la suite des autres, mais à ressortir sans doute encore dans bien des années.

    Chronique : Renegade88

    PRIDE OF LIONS - Fearless

     


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  • PHIL CAMPBELL AND THE BASTARD SONS - Phil Campbell And The Bastard Sons
    Motörhead Music
    Style : Hard Rock
    Origine : Royaume-Uni
    Sortie : 2016
    Site Web : www.philcampbell.net

    PHIL CAMPBELL AND THE BASTARD SONS - Phil Campbell And The Bastard Sons



    01. Big Mouth / 02. Spiders / 03. Take Aim / 04. No Turning Back / 05. Life In Space

    Après l'annonce (un peu surprenante) de voir Mikkey DEE rejoindre SCORPIONS, voici en ce PHIL CAMPBELL AND THE BASTARD SONS l'autre conséquence de la fin de MOTÖRHEAD. Comme son nom l'indique, le groupe se compose du guitariste accompagné de ses fils ... mais aussi d'un chanteur nommé Neil STARR. Après quelques recherches, on découvre que ce dernier fit partie d'un groupe de Rock alternatif répondant au nom d'ATTACK ! ATTACK !. De nationalité galloise, on comprend mieux le pourquoi l'origine de cette association qui n'est, certes, sûrement pas la seule raison. Ce premier EP de cinq titres, dont on ne sait pas s'il aura une suite, se situe dans un gros Hard Rock plutôt direct à tendance assez moderne de par la voix de Neil STARR. Ce dernier rappelle d'ailleurs d'autres frontmen de sa génération, mais qui à défaut d'être original, s'avère bien efficace. Pas grand chose à voir avec MOTÖRHEAD, à part sur "No Turning Back" où le riff est plus vrai que nature, en hommage à Lemmy. Une mise en bouche pas inintéressante donc, avec ces quatre morceaux « Rock'n'roll tatouages et cambouis » plus une ballade folk assez plaisante. A suivre et à re(découvrir) bientôt en live dans nos campagnes françaises...

    Chronique : Renegade88

    PHIL CAMPBELL AND THE BASTARD SONS - Phil Campbell And The Bastard Sons

     


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  • SANCTUARY - Inception
    Century Media Records
    Style : Heavy Metal
    Origine : Etats-Unis
    Sortie : 2017
    Site Web : www.facebook.com/sanctuaryfans

    SANCTUARY - Inception



    01. Dream Of The Incubus / 02. Die For My Sins / 03. Soldiers Of Steel / 04. Death Rider/Third War / 05. White Rabbit (Jefferson Airplane Cover) / 06. Ascension To Destiny / 07. Battle Angels / 08. I Am Insane / 09. Veil Of Disguise

    Après un retour aux affaires amorcé en 2014 avec un The Year The Sun Died d'excellente tenue, SANCTUARY nous convie cette fois, avec Inception, à un retour dans le passé, à une époque où le combo de Seattle n'en était alors qu'à ses premiers balbutiements. En effet, plus que de véritable nouvel album, Inception est en fait un recueil de démos datant de 1986, soit la période pré-Refuge Denied, exhumées du passé par le guitariste Lenny Rutledge. Au programme, rien de vraiment inconnu des fans puisque hormis "Dream Of The Incubus", autrefois connu sous le simple nom de "Incubus", et "I Am Insane", tous les autres titres apparaissaient déjà sur le premier opus du groupe paru en 1988. Certes les versions présentées ici sont souvent un peu plus longues que celles gravées sur Refuge Denied, mais elles ont surtout l'avantage de nous être proposées dans des versions restaurées, remixées et remasterisées, un travail exécuté par l'incontournable Chris "Zeuss" Harris, déjà en charge de la prod' de The Year The Sun Died, qui booste ainsi un peu le son de l'ensemble, le rendant plus actuel. Et de nous rappeler combien, il y a plus de trente ans, le potentiel de SANCTUARY était déjà énorme. Il n'y a qu'à écouter ces fantastiques "Battle Angels" et autres "Soldiers Of Steel" pour en être immédiatement convaincu. Et que dire des capacités vocales du jeune Warrel Dane, tout bonnement hallucinant, qui préfiguraient déjà de l'immense chanteur qu'il allait devenir par la suite... Inception est donc, et ce malgré le fait qu'il ne propose rien de bien neuf, un album fort agréable et vraiment digne d’intérêt, une manière quelque peu ludique d'attendre la prochaine réalisation du combo ricain attendue pour fin 2017/début 2018.

    Chronique : Nono666

    SANCTUARY - Inception

     


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  • IMMOLATION - Atonement
    Nuclear Blast
    Style : Death Metal
    Origine : États-Unis
    Sortie : 2017
    Site Web : www.everlastingfire.com

    IMMOLATION - Atonement



    01. The Distorting Light / 02. When The Jackals Come / 03. Fostering The Divide / 04. Rise The Heretics / 05. Thrown To The Fire / 06. Destructive Currents / 07. Lower / 08. Atonement / 09. Above All / 10. The Power Of Gods / 11. Epiphany

    Depuis sa signature chez Nuclear Blast, IMMOLATION a publié deux albums somptueux et terrifiants : Majestic And Decay (2010), d'une richesse et d'une noirceur infinie, et le conceptuel Kingdom Of Conspiracy, d'une rapidité accrue et d'une brutalité titanesque mettant tous les death metalleux aux supplices. Après quatre longues années, les new-yorkais reviennent, plus affamés que jamais, avec leur dixième offrande, Atonement. La production, signée Paul Orofino, est parfaite, mettant tous les instruments en valeur et favorisant la force de frappe imposante des Américains. Quelle puissance démoniaque ! Celle-ci également caractérisée par cette illustration magnifique de Par Olofsson où un ange menaçant trône au dessus d'une ville qu'il vient de mettre à feu et à sang sans l'ombre d'un remord. La grande réussite de ce nouveau massacre en règle est sans aucun doute son atmosphère pesante, lugubre et sinistre. Les growls profonds et majestueux de Ross Dolan participant amplement à cette ambiance des plus maléfique. IMMOLATION fait preuve d'un talent musical indéniable, tant au niveau composition que technique, pouvant embraser passages brutaux, atmosphériques ou plus lourds, lents et lancinants ("When The Jackals Come"). La prestation du batteur Steve Shalaty est tout bonnement hallucinante (l'oppressant "Fostering The Divide", "Destructive Currents"), témoignant de toute la diversité stylistique dont il dispose. Les leads et harmonies guitaristiques de Robert Vigna sont à couper le souffle, procurant même quelques effets de surprise notables (le lourd et surpuissant "Throw To The Fire" doté d'une intro à la distorsion et aux leads exceptionnels). Sans compter le solo époustouflant du sauvage et ravageur "Rise The Heretics" et sa fin électro-acoustique qui peut évoquer un groupe comme OPETH. On retrouve cette patte électro-acoustique sur l'intro de l'ambitieux "Lower" aux riffs mélodieux, aériens et peu conventionnels. IMMOLATION dispense à tous les étages sa classe monstrueuse, variant les plaisirs malsains à sa guise et avec une facilité laissant pantois comme l'atteste le morceau titre "Atonement", tour à tour furieux et plus posé. Seul un ou deux titres semblent un poil moins marquants, c'est notamment le cas de "Above All" au riff quelque peu redondant, proche de celui de "Destructive Currents", et "The Power Of Gods" souffrant d'un trop grand classicisme. Mise à part ça, Atonement est un bijou à l'état brut dont la flamme sombre, envoutante, et presque arrogante, décimera à coup sûr plus d'une platine sur sa route, réchauffant de son aura diabolique le monde plongé dans les méandres hivernales. L'ange de la mort ravageant de son feu immortel le monde.

    Chronique : Papa Bordg

    IMMOLATION - Atonement

     


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  • ENTROPIA INVICTUS - Human Pantocrator [Opus Humani]
    M&O Music
    Style : Symphonic Black/Death Metal
    Origine : France
    Sortie : 2017
    Site Web : www.entropia-invictus.com

    ENTROPIA INVICTUS - Human Pantocrator [Opus Humani]



    01. I Will Overcome / 02. Euphoria’s End / 03. The Builder, The Destroyer / 04. In The Attic / 05. Cosmogenic Pandemonium / 06. Kurzweil’s Dream / 07. Singularity / 08. Tree Of Creation / 09. Reflection / 10. Imperfect God / 11. Among Us

    Human Pantocrator [Opus Humani] est déjà le troisième album du groupe ENTROPIA INVICTUS, qui l’aurait cru. C’est que l’offre est tellement énorme que l’on a même du mal à suivre l’actualité du Metal Hexagonal, alors lorsqu’en plus les groupes s’amusent à changer de patronyme, cela devient vraiment compliqué. En effet, les deux premiers albums, dont le dernier Black Drop In Clear Water publié en 2012, sont sortis sous le nom d’ENTROPIA. Les Français annoncent la couleur dès le titre d’ouverture, "I Will Overcome", les claviers sont omniprésents et grandiloquents, les guitares frénétiques, la batterie se met en mode blast, DIMMU BORGIR est clairement en ligne de mire, mais pas uniquement car cet album, comme la suite va le confirmer, fait également énormément penser à une approche comme celle de SEPTIC FLESH.

    "Euphoria’s End" enfonce le clou, le parallèle avec les Norvégiens est là bien plus prononcé mais un gros défaut apparait sur la partie parlée. En effet, si les growls peuvent cacher ce fait, sur la partie parlée, l’accent franchouillard est très audible et casse un peu l’effet, dommage, d’autant plus que cela se renouvelle sur "Among Us" qui clôt cet album. D’ailleurs, la production sur la voix n’est pas des plus abouties (un titre comme "Cosmogenic Pandemonium" demandait des pistes vocales plus imposantes que celles-ci qui évoquent CREMATORY), voici une piste de progression intéressante pour le groupe, sans que cela soit rédhibitoire sur ce Human Pantocrator [Opus Humani].  Toutefois, si l’ambition est là, les capacités à construire des structures tout à fait opérationnelles, l’ambiance de cet album manque cruellement de personnalité, les orchestrations sont plutôt gentillettes et évoquent le Symphonic Black Metal qui a découlé du succès de CRADLE OF FILTH et DIMMU BORGIR à la fin des années 90, et surtout les guitares ne sont pas des plus inspirées ("Imperfect God"). Principalement porté par les claviers et des chœurs nourris, cet album a bien quelques sursauts comme "In The Attic" ou "Singluarity", mais cela est assez maigre finalement pour un groupe qui n’en est pas à son coup d’essai.

    Human Pantocrator [Opus Humani] s’écoute avec beaucoup de respect, nous n’avons pas là un album qui serait rapidement retiré du lecteur, mais il passe sans faire de bruit, sans laisser de traces, et c’est là son plus gros défaut. Si le groupe persiste dans cette grandiloquence, pourquoi ne pas l’appliquer également sur les voix avec des lignes de chant doublées ou triplées et surtout un rendu plus gros pour appuyer efficacement la musique. Avec ce troisième album, on risque fort de redécouvrir ce groupe à l’occasion du prochain album.

    Chronique : Aymerick Painless

    ENTROPIA INVICTUS - Human Pantocrator [Opus Humani]

     


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  • SPIRIT - Ni Dieux, Ni Maitres
    Emanes Metal Records
    Style : Heavy Metal
    Origine : France
    Sortie : 2016
    Site Web : www.spirit.believeband.com

    SPIRIT - Ni Dieux Ni Maitres



    01. Compos Mentis / 02. Ni Dieu Ni Maître / 03. Triades Criminelles / 04. Prophète / 05. Nuova Malizia / 06. Apprenti Sorcier / 07. Exécution / 08. Rouge Sang / 09. D Day / 10. L’éternel / 11. Novembre Noir (feat. Bill - GanG)

    Dans un bar de Laigneville (60), un vendredi soir, deux spectateurs sont là, le reste du parterre est composé de l’organisation et des autres groupes, pourtant cette soirée là ne sera pas du tout à oublier grâce à des gars descendu du Nord pour l’occasion, les membres de SPIRIT. Le groupe vient de publier Effacer Qui Je Suis, leur premier album qui vient concrétiser une existence qui ne compte plus les années, et une chose transparait alors, la passion. L’humilité des gaillards est tout à leur honneur mais alors qu’ils distillent un Heavy Metal sacrément costaud, on ne les sent pas encore sûr d’eux, Thierry Tripenne est encore au chant à cette époque et le bougre se débrouille très bien, et pourtant c’est l’arrivée d’Arnaud Ducrocq derrière le micro qui va libérer le groupe, SPIRIT gagne en confiance et Hommes Ou Diables résonne en 2013 de manière nationale. Les quelques fois où j’ai pu voir le groupe sur scène n’ont fait que confirmer le potentiel décelé ce soir là au Black Pearl, et soyons clair de suite, Ni Dieux Ni Maîtres enfonce le clou et voit le groupe approfondir ses arrangements, notamment vocaux, avec ces leads de guitare mélodiques qui évoquent forcément JUDAS PRIEST. Pourtant, attention, pas de copinage ici, moi qui suis réfractaire au chant en Français et au Heavy Metal, ai toujours gardé un œil sur la musique du groupe, et sur cet album, la participation d’Aurélien Pauchet à la deuxième guitare amène un souffle et une approche un peu plus moderne extrêmement bénéfique à SPIRIT.

    Musicalement, tout d’abord, le Heavy Metal du groupe peut se faire assez Speed ("Novembre Noir", tu la sens l’influence de METALLICA ?) par moment ou bien plus sombre avec un titre comme "Prophète" qui traite d’un des sujets de prédilection du groupe, la religion. Sur ce troisième album, les français y abordent une palette complète du Heavy Metal, la modernité du riffing d’un "Exécution" tranche avec le côté old-school assumée d’un "Rouge Sang" qui lorgne largement vers JUDAS PRIEST. Et c’est cette capacité du groupe à faire cohabiter ces deux approches qui fait clairement de cet album une réussite, de même que les solos et leads de guitare de Thierry qui, pour le coup, ne nous sert pas du tout des resucées de KK Downing ou Glenn Tipton, il règne une certaine mélancolie dans son jeu et cela ajouté à une lourdeur de plus en plus présente dans la musique du groupe, on obtient onze titres costauds qui nous rappellent parfois l’agressivité d’un ADX.

    Vocalement, comme évoqué plus haut, Arnaud Ducrocq, a amené une touche unique, le gaillard possède un coffre, une voix qui éclabousse une nouvelle fois les compositions. Les paroles traitent tour à tour de religion, de la guerre ("D Day"), la colonisation, des sujets pas nouveaux et qui sont traités de façon très directs ici, pas d’image, pas besoin de creuser pour comprendre de quoi on nous parle là et si en anglais, on ne fait pas vraiment attention à cet aspect, en français le moindre écart s’entend de suite, heureusement rien d’insurmontable ici, certes les paroles sont facilement compréhensibles mais elles ne sont pas niaises, ce qui est un gros point. Toutefois, la production sur le chant est un peu étonnante, avec un rendu assez brut alors que la production des guitares a fait l’objet d’attention particulière comme la guitare qui passe de l’oreille droite à l’oreille gauche sur l’introduction d’"Apprenti Sorcier" pour citer un exemple, pas dans les effets, on y distingue de la réverb, du delay, bien entendu, des chœurs, c’est plus ici la prise de son qui donne l’impression que le chant a été enregistré dans une toute petite pièce confinée, cela manque d’espace tout simplement sur "Ni Dieux Ni Maître" ou "Triades Criminelles", un effet bien moins audible sur le reste.

    Alors, sans vous promettre des boucheries à tous les étages, SPIRIT nous envoie là onze titres de haute classe qui confirment le groupe dans le haut du panier avec HÜRLEMENT, BLASPHEME ou même ADX. Fier représentant du French Heavy Metal comme il était dans le vent dans les années 80 mais avec un regard résolument moderne, le groupe s’adresse bien entendu aux amateurs de Heavy Metal, mais pas uniquement, j’en suis la preuve.

    Chronique : Aymerick Painless

    SPIRIT - Ni Dieux Ni Maitres

     


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  • PRYAPISME - Diabolicus Felinae Pandemonium
    Apathia Records
    Style : Experimental/Avantgarde Metal
    Origine : France
    Sortie : 2017
    Site Web : www.pryapisme.net

    PRYAPISME - Diabolicus Felinae Pandemonium



    01. Un Max de Croco / 02. La Boetie Stochastic Process / 03. 100 % Babines, Pur Molossoïde ! / 04. A La Zheuleuleu / 05. Tau Ceti Central / 06. Tête de Museau dans le Boudoir (Intermezzo) / 07. Myxomatosis Against Architektür Vol IV / 08. Carambolage Fillette Contre Individu Dragon Non-Décortiqué / 09. C++ / 10. Totipotence d’un Erg

    Originaire de Clermont-Ferrand, cette bande de joyeux lurons qu'est PRYAPISME pratique une musique indéfinissable, loufoque, barrée et complètement hallucinogène qui se vit mais ne s'explique guère, précisons que cette musique n'est qu'instrumentale, mis à part quelques chœurs. Après un premier rapport psychiatrique s'intitulant Rococo Holocaust (2010) se terminant par "Cohérence Croquette", une trentaine de secondes de miaulements d'un chat sous fond musical, ceci après avoir subit un assaut de quarante cinq minutes de bizarreries en tous genres, PRYAPISME remet ça avec les aventures de chats carrément schizophrènes copulant avec une Nintendo aux envies zoophiles dans Hyperblast Super Collider (2013) dont l'artwork peut faire penser à un chat ninja sorti tout droit d'un manga cosmique, comique et satirique. Les folles aventures de ces musiciens hors-normes continuent en 2017 avec leur troisième OMNI (Objet Musical Non Identifié), Diabolicus Felinae Pandemonium. "Un Max de Croco" inaugure ce voyage d'une richesse de sons fabuleux, on passe par le Jazz, des sonorités orientales, piano et contrebasse, alternant avec des passages furieusement Black Metal. Après avoir visité l'orient, les riffs nerveux et la rythmique basse/batterie hyper groovy de "La Boetie Stochastic Process" se posent sur l'Asie pour un passage digne d'un polar noir des années 30, avec samples de dialogues à l'appui. Le groove s'intensifie pour devenir presque hallucinant, avec un saxo déchaîné comme jamais. Les jouissances féminines et les miaulements des chats terminant cet opulent jeu vidéo musical. PRYAPISME peut tout jouer et tout raconter sans l'ombre d'un mot comme sur ce pont atmosphérique incroyable de "100% Babines, Pur Molossoïde", sombre et puissant tel la mâchoire d'un molosse. Décidément, nos amis auvergnats ont une grande admiration pour le monde animal. Et chiens et chats applaudissent et louent leur talent instrumental qui est indéniable et monumental, comme sur ce solo de basse qui tue et cette lead laissant rêveur sur "A La Zheuleuleu". On reste toujours aussi désabusé sur le méchant et sautillant "Myxomatosis Against Architektür Vol IV" qui nous laisse les yeux rouges vifs. Merde, nous voilà désormais transformé en lapin humain atteint de priapisme aigu. On passe du lapin sauteur à la basse cour sur "C++" où le coq règne en maître sur ses poules sur fond de riffs lourds et tapageurs, parfois proche de l'esprit 70's, percussions et délire animalier nous ramenant au "Love Is All" composé par Roger Glover. Diabolicus Felinae Pandemonium se termine par une longue tirade de presque 14 minutes d'un autre monde, riffing tranchant, chœurs grandioses et musique proche du génie canadien DEVIN TOWNSEND. Le gong sonnant et résonnant les ambiances des monastères tibétains. Peu de temps après, le groupe s'embarque dans un Reggae, suivi d'un long solo de piano classique, le tout avec une cohérence effarante. Mais bon sang, pourquoi ne pas mettre des mots sur autant de classe et de génie instrumental. C'est ce que j'attends la prochaine fois de PRYAPISME afin de répandre un peu plus leur folie créatrice dans ce monde de dégénérés et d'ignorants notables. Écoutez absolument cette étoile française, vous en sortirez lessivé mais changé à jamais.

    Chronique : Papa Bordg

    PRYAPISME - Diabolicus Felinae Pandemonium

     

     


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  • KREATOR - Gods Of Violence
    Nuclear Blast
    Style : Thrash Metal
    Origine : Allemagne
    Sortie : 2017
    Site Web : www.kreator-terrorzone.de

    KREATOR - Gods Of Violence



    01.  Apocalypticon / 02. World War Now / 03. Satan Is Real / 04. Totalitarian Terror / 05. Gods Of Violence / 06. Army Of Storms / 07. Hail To The Hordes / 08. Lion With Eagle Wings / 09. Fallen Brother / 10. Side By Side / 11. Death Becomes My Light

    2016 aura été une année particulièrement prolifique en matière de Thrash, avec notamment les sorties des nouveaux MEGADETH, ANTHRAX, DEATH ANGEL, FLOTSAM AND JETSAM, CRISIX, SUICIDAL ANGELS, SODOM, DESTRUCTION, TESTAMENT et bien sûr METALLICA... L'année 2017 semble, elle aussi, bien partie pour suivre le même chemin, avec les nouveaux SEPULTURA, KREATOR, OVERKILL et bien d'autres qui s'annoncent comme HAVOK, WARBRINGER, TANKARD... Mais penchons nous aujourd'hui sur ce Gods Of Violence des maitres du Thrash teuton que sont KREATOR. Et là, disons le tout net, nous tenons là la première grosse baffe Thrash de l'année. Certes le propos se fait désormais un peu plus mélodique que sur les premiers méfaits du combo teuton (Pleasure To Kill - 1986, Terrible Certainty - 1987, Extreme Aggression - 1989) mais force est de reconnaitre qu'à l'image de déflagrations telles que "World War Now", l'inquiétant "Satan Is Real" ou "Totalitarism Terror" qui envoient le bois bien comme il faut, on n'a pas vraiment à s'en faire, ça ramone toujours sévère... Si l'on reste effectivement dans la droite lignée de ce que la bande à Mille Petrozza proposait sur Phantom Antichrist, on notera toutefois sur ce quatorzième album une influence Heavy Metal beaucoup plus marquée qu'à l'accoutumée, c'est notamment le cas de morceaux tels que "Hail To The Hordes", "Fallen Brother", "Side By Side" ou ce "Death Becomes My Light" aux relents Maideniens mettant clairement cet aspect au premier plan. La furie des albums du passé laisse désormais place à un côté beaucoup plus mélodique, mais que les fans se rassurent, KREATOR n'en délaisse pas pour autant son penchant incisif et dévastateur, se montrant hargneux et rageur quand il le faut ("World War Now", le rapide "Totalitarian Terror", "Army Of Storms"), il use simplement de plus de parcimonie dans son propos, et plutôt que de céder à la facilité en proposant toujours plus ou moins le même album, préfère élargir son spectre musical. Ce Gods Of Violence nous prouve qu'avec une bonne dose de savoir-faire et d'inspiration, même si l'on pratique un style old school qui prend sa source au cœur des 80's, il est toujours possible de se renouveler. Ce nouvel opus particulièrement solide et efficace, parfait équilibre entre purs moments Thrash et passages plus mélodiques, en est une nouvelle fois la preuve flagrante. Rien à jeter, que du bon... du très bon KREATOR !!!

    Chronique : Nono666

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