• NEPHREN-KA - La Grande Guerre De L'Epice
    Dolorem Records
    Style : Brutal Death Metal
    Origine : France
    Sortie : 2017
    Site Web : www.facebook.com/nephrenkaband

    NEPHREN-KA - La Grande Guerre De L'Epice



    01. Watch And Learn / 02. Plan To Master The Universe / 03. The Demise Of Ix / 04. Proditoris Gloriosa Finis / 05. Idar Fen Adijica / 06. New Melange For The Real God / 07. The Great Spice War / 08. Fenring's Test / 09. From High Hopes To The Failure Complete / 10. Mirror Mirror (Candlemass cover)

    Après deux premiers albums plutôt remarqués, les français de NEPHREN-KA continuent de s'attaquer à un monument de la littérature de science-fiction avec l'univers de Dune de l'américain Franck Herbert, un challenge qui mène le groupe à s'exprimer sur La Grande Guerre de L'Epice, bataille issue de cette œuvre, pour la conquête de l'Epice, un stimulant très puissant, très rare.

    Voilà pour le décor, et si cela se passe dans plus de 8000 ans, le parallèle avec ce que nous vivons en ce moment est tout trouvé, que ce soit au niveau mondial ou personnel, la culture de la gagne et l'esprit guerrier qui anime l'humanité nous amène à avoir des comportements et faire des choses assez troublantes ! Musicalement, avec NEPHREN-KA, ce qui est troublant, c'est plutôt la production petite et assez brouillonne étant donné le style, mais ceci n'a rien d'irrévocable. Certes, la batterie est sèche et ne prend que peu d'ampleur, le chant est typé Brutal Death Metal, le tout est bien chargé de basse, enfin l'héritage de HATE ETERNAL ou ORIGIN est bien respecté mais le son de guitare, beaucoup moins sec et tirant plus sur un IMMOLATION, pourra surprendre pour finalement y trouver un charme certain, c'est cet esprit qui tire vers le Black Metal que les français ont voulu conserver et sur ce point, on pourrait les rapprocher de NILE par exemple.

    Une fois que l'on a dit ça, pas grand chose ne devrait surprendre les amateurs du style mais de très bons moments comme ce "New Melange For The Real God" qui fait preuve d'une noirceur assez brutale, une ambiance particulière se dégage de ces leads de guitare moins rythmique que ce que le début d'album pouvait nous proposer jusque là. Même le chant y est particulier sur sa partie centrale, on se rapproche là d'un MORBID ANGEL, une façon de rappeler que NEPHREN-KA ce n'est pas seulement un fervent défenseur de la deuxième vague du Death Metal, mais aussi de la première avec DEICIDE ou IMMOLATION. Autre titre marquant, ce "The Great Spice War" d'une brutalité maitrisée qui fait preuve d'une structure moins typée Brutal Death Metal et qui, comme tous les autres titres d'ailleurs, mélange l'expression en français et en anglais, une nouveauté dans la musique du groupe pour un résultat plus que convaincant. Tout comme pour le Black Metal, l'identité du français semble tenir à cœur de plus en plus de nos artistes Metalleux de l'extrême, on sait que ce n'est plus une barrière pour s'exporter, alors les groupes n'hésitent plus et lorsque c'est bien fait comme pour NEPHREN-KA, on ne peut qu'encourager l'initiative.

    Après huit titres d'une intensité sans faille, "From High Hopes To The Failure Complete" offre la seule plage de repos avec cette introduction ambiante qui va très vite laisser place à une structure Brutal Death Metal bien classique, comme pour finir en brutalité basique avant ce qui constitue la surprise, cette reprise du "Mirror Mirror" de CANDLEMASS. On n'imagine pas forcément que les Suédois fassent partie de l'univers de NEPHREN-KA mais la transformation du titre par le quatuor va leur donner raison si ce n'est la partie centrale avec les solos qui sont là exempt de l'âme qui habite le reste du morceau, dommage !

    Ce troisième album de NEPHREN-KA permet au groupe de passer un palier, une progression nette avec le deuxième album, une affirmation de l'identité du groupe pour un Brutal Death Metal qui s'appuie sur un concept et une musicalité solide, le groupe ne fait pas que dans la rythmique et cela donne à La Grande Guerre De L'Epice une noirceur qui colle parfaitement à l'artwork de cet album.

    Chronique : Aymerick Painless

    NEPHREN-KA - La Grande Guerre De L'Epice

     


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  • ANNIHILATOR - For The Demented
    Neverland Music / Silver Lining Music
    Style : Thrash Metal
    Origine : Canada
    Sortie : 2017
    Site Web : www.annihilatormetal.com

    ANNIHILATOR - For The Demented



    01. Twisted Lobotomy / 02. One To Kill / 03. For The Demented / 04. Pieces Of You / 05. The Demon You Know / 06. Phantom Asylum / 07. Altering The Altar / 08. The Way / 09. Dark / 10. Not All There

    Acteur aussi réputé que maudit de la scène Thrash Metal, Jeff Waters avait cru avoir mis sur les bons rails son ANNIHILATOR avec Joe Comeau au chant au début des années 2000 et un certain Randy Black à la batterie, redonnant à son groupe le sens du mot Thrash, puis, la malédiction étant toujours active sur les Canadiens, le gratteux et chanteur occasionnel recrute Dave Padden, un guitariste-chanteur au talent incroyable qui permet à la tête pensante qu'est Jeff de laisser divaguer son esprit créatif sur All For You et Schizo Deluxe notamment. Une nouvelle fois, Jeff Waters est obligé de remonter un line-up complet autour de lui en 2015 et il finit par s'acoquiner avec un guitariste de 30 ans, un bassiste de 28 et un batteur de 24 ans, inutile de retenir les noms, à la vitesse où ça va(lse). Avec ce nouveau groupe, Jeff Waters sort cette année For The Demented, le seizième album d'une carrière bien remplie avec les succès que l'on connait et les années de vache maigre dont l'homme se souvient que trop bien pour refaire les mêmes erreurs (Remains - 1997).

    La qualité de guitariste de Jeff Waters n'est plus à démontrer, ses qualités de chanteur elles, se sont développées avec les années et c'est bien lui qui opère sur ce nouvel opus qui enquille après un Suicide Society (2015) plutôt bien accueilli. D'ailleurs, le début d'album est fait pour rassurer les fans, "Twisted Lobotomy" et "One To Kill" sont du ANNIHILATOR pur jus et si le deuxième titre est d'une efficacité aussi équivalente à son classicisme, le premier montre déjà un léger défaut dans son break central un peu long et qui finit par montrer quelques signes de faiblesse, bref ! On passe facilement cela à Jeff Waters. Avec "For The Demented", le Canadien opte pour un chant mélodique qui n'est pas forcément son point fort, on obtient là un titre sympathique mais qui ne tire pas l'album vers le haut... du coup pourquoi donner ce titre à l'album ?

    Mais ce n'est pas la dernière surprise du groupe sur ce For The Demented, car derrière voici "Pieces Of You", une sorte de Power Ballad où l'esprit de "The Unforgiven" vient trainer en arrière plan, et c'est un petit peu ce que l'on peut reprocher à ANNIHILATOR, sa tendance à trop se rapprocher de San Francisco, car si le clin d’œil aux Four Horsemen est plutôt sympathique, avec "The Demon You Know", on a carrément l'impression d'entendre MEGADETH, chant à la Dave Mustaine, c'est à dire grogné sur fond de basse / batterie avec un refrain parfaitement Mustainien, une tendance que l'on pouvait aussi percevoir sur "Twisted Lobotomy", c'est rapide mais il manque ce supplément d'âme comme le MEGADETH récent. Et c'est avec "Phantom Asylum" que la surprise, la bonne, va arriver, Jeff Waters y ajoute d'autres effets à sa guitare qui colore un peu ce titre à l'ambiance particulière, on a parfois l'impression d'une bande son d'un western avant d'être propulsé dans quelque chose de plus récent, comme si les saloons ré-ouvraient en 2017, voyez le tableau ! Et ça ne se calme pas avec "Altering The Altar", heureusement les solos de Jeff Waters sont reconnaissables entre mille et nous rappellent que c'est bien ANNIHILATOR qui nous prend à contre-pieds.

    Normalement, vous me l'accorderez, là-dessus, Jeff Waters aurait du revenir à quelque chose de plus traditionnel, de plus habituel, de plus attendu, mais c'est "The Way" qui déboule, un titre direct à l'esprit presque Punk, à tel point que l'on croirait entendre une reprise... soit, tant qu'à surprendre autant y aller à fond ! Mais ce n'est franchement pas une mauvaise chose, le reste est tellement propre qu'un peu de saleté soulage presque, on connait le goût du guitariste pour les solos bien propres avec des fins bien brutes alors là ça bave, ça suinte, ça change ! Et comme pour bien marquer la cassure, "Dark", un interlude comme ANNIHILATOR sait en produire, assure la jonction avec un "Not All There" revenant à des bases plus Thrash Metal et plus conventionnelles pour le groupe, mais avec un chant plus posé, là aussi comme celui vers lequel Dave Mustaine a pu s'orienter, un refrain avec beaucoup de réverb', une cassure Funk, des refrains bien Heavy Thrash, le melting-pot final débouche sur un passage aérien où la voix de Jeff Waters est noyée dans les effets comme pour la rendre plus douce, une chose est sure, l'homme n'a pas joué la carte de la facilité.

    Car, oui, si Jeff Waters n'a pas oublié les années difficiles et a bien retenu les erreurs (d'un point de vue commercial bien entendu), il n'a surtout pas oublié que c'est lorsqu'il a été le plus sincère qu'ANNIHILATOR a été le plus remis sur les rails du succès (somme tout assez relatif, ce n'est pas MEGADETH, c'est sur!) donc ce For The Demented applique la règle du donnant/donnant, il donne à ses fans, amateurs de Thrash Metal ce qu'ils attendent avec "Twisted Lobotomy", "One To Kill", "The Demon You Know" ou "For The Demented" et il attend que ces mêmes fans acceptent des titres comme "Pieces Of You", "The Way" ou même cet excellent "Phantom Asylum" qui pourrait presque justifier à lui seul que vous vous penchiez sur cet opus qui n'est pas parfait, c'est certain, mais qui rappelle que Jeff Waters est un homme libre, un compositeur Thrash imparable, un guitariste très affuté, un chanteur en nette progression et qui s'est encore entouré d'un trio parfaitement à la hauteur.

    Reste à savoir combien de temps ce line-up va tenir, une question qui n'a que peu d'importance tant Jeff est un loup solitaire aimant être bien entouré, et des jeunes loups voulant faire leurs armes avec ce mec là, il en existera toujours, possible que le groupe vive là sa période la plus longue qualitativement parlant, et la personnalité attachante qu'est ce mentor me fait dire que c'est plutôt mérité, pourvu que le public suive !

    Chronique : Aymerick Painless

    ANNIHILATOR - For The Demented

     


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  • THE TEXAS CHAINSAW DUST LOVERS - Film Noir
    Besta Records
    Style : Stoner Rock'n'Roll
    Origine : France
    Sortie : 2017
    Site Web : https://texaschainsawdustlovers.bandcamp.com

    THE TEXAS CHAINSAW DUST LOVERS - Film Noir



    01. Thank You For The Song / 02. Camouflage / 03. Let It Bleed / 04. My Rock'n'Roll Died / 05. The Minute / 06. Come To The River / 07. Martyr With A Plan / 08. California S/ Marne / 09. Fandango / 10. End Title : Film Noir

    Fondé en 2011, THE TEXAS CHAINSAW DUST LOVERS (TCDL) travaille son univers qui va du Rockabilly au Stoner et au Sludge avec deux EPs et un premier album, Me And The Devil, sorti en 2016. Le quatuor ne se pose pas vraiment de limites et le résultat pourra être rafraîchissant ou déstabilisant selon votre humeur du moment. Car même si le groupe a décidé de durcir un peu le ton en mettant en avant une facette directe plus prononcée, des titres comme "Let It Bleed" et son ambiance Rockabilly sur le début du morceau donne une saveur particulière aux propos du groupe.

    Mais revenons un peu en arrière, car pour en arriver à cette troisième plage du disque, THE TEXAS CHAINSAW DUST LOVERS ouvre les hostilités avec un titre des plus calmes, très intimiste, une ambiance un peu bluesy qui fleure bon le saloon perdu sur une route oubliée des États-Unis avant de balancer un "Camouflage" sur lequel l'aspect Stoner est bien plus marqué. Et puis, le groupe ne s'arrête pas là, l'esprit Post-Punk de "My Rock'n'Roll Died" renferme également un appel du pied vers le public de PEARL JAM, grands admirateurs de Sir Neil Young, et qui avait réussi à insuffler cet esprit Rock US à son Grunge Rock, nos chers français ont capté cette attitude sur ce morceau avant de revenir vers un Rock US à la Lenny Kravitz sur "The Minute" où TCDL ajoute cette atmosphère Desert Rock où le Fuzz des guitares secoue les sacs de sable comme pour faire diversion avant la deuxième partie du morceau qui nous rappelle les QUEENS OF THE STONE AGE.

    Alors, toutefois, THE TEXAS CHAINSAW DUST LOVERS n'est pas qu'une suite d'influences habilement assemblées, c'est cet esprit US et plus particulièrement le Mississippi et ce Rock communicatif teinté de Blues et de Folk Country US. Le groupe utilise un second degré dans ses titres de chansons qui tranche un peu avec la cover et le titre de l'album qui pourrait laisser penser qu'il s'agit là d'un album de Post-Rock mais qui annonce des "Come To The River" aux allures de jam sessions, le titre "California Sur Marne" où le groupe énumère des villes françaises lors du pont de ce morceau ou "Fandango" qui tourne au Flamenco de bûcheron comme on pouvait s'y attendre, les lignes de chant immédiates en font un morceau qui rentre vite dans le crâne.

    Véritablement, TCDL semble avoir trouvé une recette qui mêle LAST BARÖNS (ou 9MW), QUEENS OF THE STONE AGE, l'esprit que Tarantino a insufflé à la bande originale de Pulp Fiction ("End Title : Film Noir"), ce Surf Rock noir, tout en gardant une personnalité suffisament forte pour ne pas se faire dévorer par ces influences.

    Chronique : Aymerick Painless

    THE TEXAS CHAINSAW DUST LOVERS - Film Noir

     

     


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  • PERSECUTORY - Towards The Ultimate Extinction
    Godz Ov War Productions
    Style : Black/Thrash Metal
    Origine : Turquie
    Sortie : 2017
    Site Web : www.facebook.com/persecutory666

    PERSECUTORY - Towards The Ultimate Extinction



    01. Pillars Of Dismay / 02. Towards The Ultimate Extinction / 03. Till Relentless Salvation Comes / 04. Along The Infernal Hallways / 05. Awakening The Depraved Era / 06. Hegemony Of The Ruinous Impurity / 07. Maelstroms Of Antireligious Chaos (re-recorded version)

    Lorsque l'on reçoit un album avec sur la couverture des bestioles difformes surmontées du logo du groupe rassemblant cartouchières et pentagramme, on sait que l'on se dirige vers une bonne branlée. Avec les Turcs de PERSECUTORY et leur premier album,  Towards The Ultimate Extinction, c'est exactement ça, l'uppercut en mode rafale où les mosh parts répondent aux blasts pour ne vous laisser aucun moment pour reprendre son souffle dans les cordes.

    Le groupe se forme en 2014 et publie l'année suivante Perversion Feeds Our Force, un EP sorti chez Hell's Hammer Music, dont on retrouve d'ailleurs la trace sur ce premier album avec le titre "Maelstroms Of Antireligious Chaos" qui clôt cette galette une nouvelle fois très soignée, on y reviendra plus tard. J'ai déjà eu l'occasion de saluer le travail des Polonais de Godz Ov War Productions mais ce premier album de PERSECUTORY en est une nouvelle preuve, bref, c'est accessoire mais c'est dit !

    Au niveau du contenu, nous avons là une base Black Metal bien violente, pas celui issue de la première vague mais auquel le groupe insuffle cet esprit BATHORY des débuts et ses gros relents de Thrash Metal guerrier et bien cradingue. Cela donne des titres comme "Pillars Of Dismay" ou "Till Relentless Salvation Comes" qui trouvent une réponse dynamique avec "Along The Infernal Hallways" que l'on pourrait rapprocher de ce que sort Daemon Worship où le soupçon mélodique du Black Metal sert une noirceur encore plus profonde que sur les parties riffées. Et puis il y a la chanson titre de cet album, 11 minutes d'un Black Metal aussi violent que rampant passant par des rythmes différents mais une ambiance commune, nous sommes là dans le prolongement plus brut d'un SVARTIDAUðI. Vocalement également, le groupe varie les intentions avec cette voix hurlée majoritairement utilisée par PERSECUTORY, des voix plus cérémoniales, tout cela au service d'une immersion totale dans l'ambiance noire, glauque et particulièrement prenante de ce premier album aux allures de sans faute.

    Sans faute car la production y est également très soignée, le travail sur la batterie pourrait être encore plus précis pour saisir toutes les subtilités mais cela serait certainement au détriment de l'ambiance cradingue, on est là donc plus dans un choix des auteurs plus que dans une limite technique. Mais, aussi, sans faute car après un début d'album particulièrement réussi, le groupe ne s'arrête pas en chemin et clôt les débats avec "Hegemony Of The Ruinous Impurity" et "Maelstroms Of Antireligious Chaos" dont la violence vous plaque au sol et on comprend pourquoi le groupe a réutilisé cette boucherie issue du premier EP pour clore ce Towards The Ultimate Extinction.

    Il y a bien entendu cette impression de déjà entendu que l'on a à chaque fois qu'un groupe de ce style se manifeste mais ce premier album renferme une noirceur, un talent d'écriture, une intelligence dans la mise en scène de sa musique car beaucoup de groupes auraient plutôt utilisé la chanson titre à la fin alors que PERSECUTORY progresse dans la violence et vous y amène avec lui, ne vous laissant que peu d'échappatoire, donc oui ce style d'album est monnaie courante mais combien ont ce rendu et cette âme ?

    Chronique : Aymerick Painless

    PERSECUTORY - Towards The Ultimate Extinction

     


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  • BLACK COUNTRY COMMUNION - BCCIX
    Mascot Label Group
    Style : Hard Rock
    Origine : Etats-Unis
    Sortie : 2017
    Site Web : www.bccommunion.com

    BLACK COUNTRY COMMUNION - BCCIV



    01. Collide / 02. Over My Head / 03. The Last Song For My Resting Place / 04. Sway / 05. The Cove / 06. The Crow / 07. Wanderlust / 08. Love Remains / 09. Awake / 10. When The Morning Comes / 11. With You I Go (Bonus Track)


    Il faut avouer que le fait de voir sortir un quatrième volume de BLACK COUNTRY COMMUNION n'est pas du plus grand enthousiasme. En effet, ce super-groupe, dont on ne citera pas encore une fois les membres, n'a jamais vraiment réussi à conquérir tout le monde. Faute, il est vrai, pour beaucoup, à un manque d'accroche, de mélodies, d'inspiration. Les précédents albums étant dans un registre assez brut de décoffrage, dans l'esprit, hélas, de la plupart des albums de Glenn HUGHES. Et de se rappeler surtout de l'excellent premier extrait du premier album, avec un "One Last Soul" d'anthologie, sachant allier puissance et mélodie. Pour le reste... ben c'est un peu le blackout.

    Mais ce quatrième épisode nous réconcilie en partie avec ce manque, car il est le plus mélodique et possède de très bons moments dont on regrette qu'ils ne soient pas plus nombreux. En tête, le fameux "Wanderlust", tout en finesse et bien agréable, comparé aux rythmes pachydermiques habituels. Les notes simples de piano et les arrangements sont des plus réussis, et Dieu que Glenn HUGHES est excellent quand il pose sa voix. Un peu dommage que le morceau s'étire sur plus de huit minutes, et que « The voice » redevient braillard par endroits. Mais globalement, que voilà enfin une composition inspirée ! Autre bonne surprise, le titre d'inspiration celtique "The Last Song For My Resting Place" interprété avec brio par Joe BONAMASSA. Ces deux morceaux apportent à eux seuls ce qu'il manquait aux précédents volumes, une diversité les faisant sortir du carcan trop lourd de feu LED ZEPPELIN. Pour le reste, il est vrai que l'on est en terrain connu, c'est pour cela que la réconciliation n'est que partielle. Cependant, il faut reconnaître en ce BLACK COUNTRY COMMUNION version 2017 un supplément d'âme général.

    Bien sûr, des lourdeurs ci-et-là plus des passages un peu longuets empêchent ce BCCIV d'obtenir une meilleure appréciation. On pensera d'ailleurs plus à 7 étoiles, mais bon cet attrait est tellement inespéré que le demi-point en plus n'est pas immérité. Sûrement pas indispensable encore dans quelques années, mais à l'instant T des qualités bien encourageantes pour la suite... si elle existe... Allez, en attendant, on va se remettre "Wanderlust" !

    Chronique : Renegade88

    BLACK COUNTRY COMMUNION - BCCIV

     


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  • W.I.L.D. - Purgatorius
    Overpowered Records
    Style : Death/Thrash Metal
    Origine : France
    Sortie : 2017
    Site Web : www.wild-official-band.com

    W.I.L.D. - Purgatorius



    01. A Beginning That Isn't One / 02. Drugs By Way Of Food / 03. Purgatorius / 04. Washout / 05. The Cave / 06. Trapped / 07. The Blind Man (Still Sees The Shadows Dancing) / 08. A Painful Past / 09. Holy Grail / 10. A Ray Of Hope / 11. An End That Isn't One

    Combo lillois actif depuis déjà pas mal d'années, W.I.L.D. (acronyme pour Wake Initiated Lucid Dream), autrefois connu sous le nom de WILD KARNIVOR, nous revient avec son album le plus solide à ce jour. Pratiquant un Death/Thrash direct et agressif, les nordistes nous proposent avec Purgatorius, un quatrième opus d'un niveau relativement élevé. S'appuyant sur un impressionnant travail d'écriture, W.I.L.D. nous balance là dix compos percutantes et violentes... du 100% « in your face », boosté encore un peu plus par la production à décorner les bœufs de Daniel Bergstrand (MESHUGGAH, STRAPPING YOUNG LAD, IN FLAMES,...) dotant l'ensemble d'un son massif et d'une puissance phénoménale. Que ce soit avec des titres plutôt rapides ("Drugs By Way Of Food", "The Cave", "Washout") ou plus mid tempo ("A Ray Of Hope"), les ch'tis envoient méchamment, nous assénant sans relâche baffe sur baffe ("Drugs By Way Of Food", "Holy Grail"). A aucun moment le groupe ne faiblit, délivrant avec ce Purgatorius un disque ravageur, sans concession et d'une intensité rare... Du costaud de chez costaud qui ne pourra que combler tout amateur de choses tout autant brutales que subtiles. Tabassage en règle garanti !

    Chronique : Nono666

    W.I.L.D. - Purgatorius

     


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  • SAVAGE ANNIHILATION - Quand s’abaisse la croix du Blasphème
    XenoKorp
    Style : Brutal Death Metal
    Origine : France
    Sortie : 2017
    Site Web : http://savageannihilation.com

    SAVAGE ANNIHILATION - Quand s’abaisse la croix du Blasphème


     
    01. Dévorante Dégénérescence Anthropophage / 02. Par-Delà les Dunes de Cadavres / 03. Quand s'abaisse la Croix du Blasphème / 04. Organe Après Organe / 05. Hyrreit / 06. Le Tombeau de l'Atrocité

    SAVAGE ANNIHILATION nous vient du Loiret (encore un   !!!) et officie dans le Death Metal de haut vol depuis 2002. Après une démo sortie en 2004, un split et un premier album, voici Quand s'abaisse la Croix du Blasphème, le deuxième album du groupe.
     
    L’opus sanguinolent et dévastateur commence par "Dévorante Dégénérescence Anthropophage", tout un programme ! Les riffs sont lourds et appuyés, la batterie très tempérée, avec une double grosse caisse extrêmement présente. Le morceau laisse la part belle aux mélodies et aux riffs entrainants ! Ça balance, ça envoie  et ça donne envie d’headbanguer dans sa salle de bain (ou ailleurs). Ça donne aussi envie d’aller voir SAVAGE ANNIHILATION en concert... et ça tombe bien car, surveiller vos agendas, il y a pas mal de dates de prévues en France. "Par-Delà les Dunes de Cadavres" (hummm ça sent bon le sang caillé et les chairs putrides) est le deuxième morceau de l’album. Musicalement, je dirais qu’il est plus « poétique » (tout est relatif), avec une atmosphère solennelle et un joli break au milieu. "Organe après Organe" est sans aucun doute mon morceau préféré de l’album ! De très beaux blasts, de très beaux breaks batterie et des guitares totalement déjantées et puissantes. Tout y est riche et varié, complexe et technique, mais on ne se perd pas dans un labyrinthe incompréhensible, comme ça peut être le cas parfois dans certains albums de Death (en tous cas pour moi). Cela-dit, "Hyrreit" est également très intense et très bien fichue, avec une intro plutôt sympathique et une entrée en matière plus que guerrière et brutale. Ça défonce et ça va vite (mais que mange le batteur au petit déj ?). "Le Tombeau de l’Atrocité" clôture magistralement cet album, avec une outro lyrique et symphonique complètement décalée du reste de l’album.

    Tout cet album est en intensité et en brutalité. Les rythmiques sont travaillées,  les blasts ultra rapides, et les guitares révèlent un niveau technique certain. Les soli sont hyper complexes, mais on respire car le groupe n’oublie pas les breaks plus posés et les riffs entrainants. La prod est excellente, le Vamacara Studio a fait un super boulot ! Le son des guitares est pus que parfait et va vous faire dresser les poils sur les bras.
     
    Quand à l’univers du groupe, les titres parlent d’eux même, pas la peine de vous faire un dessin : c’est sanglant, c’est putride, ça sent bon la torture et la déchéance, l’enfer ignoble et les entrailles qui pourrissent. SAVAGE ANNIHILATION ne se prend pas au sérieux, dans la pure tradition du Death Metal, avec une cover dans les tons orangés et grisâtres, des cadavres et de la torture : un vrai film d’horreur. Et, détail à signaler, et pas des moindres, les textes sont en français ! Je n’écoute pas beaucoup de Death Metal, mais c’est le seul groupe que je connaisse avec des textes en français... et là, je dis bravo ! J’adhère complètement à cette démarche, celle de s’exprimer dans sa langue maternelle, qui colle si bien au concept extrême et torturé.
     
    Alors voici un album de Brutal Death Metal extrêmement réussi, original et chanté en français. A se procurer instantanément !

    Chronique : Fanny

    SAVAGE ANNIHILATION - Quand s’abaisse la croix du Blasphème

     


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  • SEEDS OF MARY - The Blackbird And The Dying Sun
    Klonosphère
    Style : Grunge
    Origine : France
    Sortie : 2017
    Site Web : www.facebook.com/SeedsOfMary

    SEEDS OF MARY - The Blackbird And The Dying Sun



    01. I Am Not Afraid / 02. Here Comes The Night / 03. Lord Of The Flies / 04. What Have We Done? / 05. Like A Dog / 06. The Blackbird / 07. The Dying Sun / 08. Sovereign Mind / 09. Sense Of Sacrifice / 10. Oceanic Feeling / 11. Vice & Virtue / 12. Back To The Woods

    "I Am Not Afraid" : le chant déboule dans les oreilles, une nouvelle fois la référence à Layne Staley (ALICE IN CHAINS) refait surface, ce qui semble être très répandu en ce moment sur la scène française mais voilà cela s'éstompe assez vite puisque musicalement derrière, si on est un sur un Grunge gentillet dans la lignée d'ALICE IN CHAINS ou SOUNDGARDEN, nos français de SEEDS OF MARY vont s'en éloigner au fur et à mesure. D'ailleurs même ce titre d'introduction du troisième album du groupe ne singe pas tant que ça le groupe de Seattle. Et avec "Here Comes The Night", on est carrément loin, un esprit Rock que l'on pourrait rapprocher d'HEADCHARGER fait surface et voilà que le groupe a su rectifier le tir après deux albums très influencés, et de façon totalement assumée, par ALICE IN CHAINS.

    Bref, fin de discussion sur ce sujet car avec "Lord Of The Flies", SEEDS OF MARY nous balance un Rock subtile, plus posé et plus intimiste, cela prend des proportions très intéressantes sur "What Have We Done?" qui permet aussi de relever le travail d'arrangement réalisé pour cet opus The Blackbird And The Dying Sun où le duo de vocaliste se partage parfaitement le travail et où de rares solos sont disséminés ci et là. Mais c'est avec la suite "The Blackbird" / "The Dying Sun" que le groupe montre le plus l'étendue de son avancée, loin d'être fuite en avant, cette évolution renferme des parties ambiantes marquant comme une pause au milieu de cet album assez dense et très chargé, 12 titres pour pratiquement une heure de musique, on est là dans la tranche haute de la durée acceptable pour un album sans risquer le flottement ou le remplissage.

    Ce milieu d'album laisse à penser que le groupe s'est autorisé à mettre en parenthèse le penchant live de leurs titres pour aller jusqu'au bout des morceaux, les pousser aussi loin que possible quitte à s'arranger avec des versions alternatives pour les concerts et le résultat est plus que probant car sur "The Blackbird", difficile de reconnaitre le groupe qu'il y a un an seulement sortait un album bien plus inspiré par ALICE IN CHAINS même si le riff avant le dernier refrain nous rappelle "Them Bones" de qui vous savez et que la phrase : "My rusty cage pounds" trouve une résonance certaine dans mon crâne bercé avec SOUNDGARDEN, même lorsque l'on essaie de gommer des choses, notre vraie nature finie toujours par refaire surface.

    Enregistré au Secret Place Studio comme son prédécesseur en compagnie de David Thiers, cet album renferme une musique un tant soit peu plus Heavy même si la production assez Rock ne permet pas de s'en rendre compte au premier abord, voilà un élément qui devrait se vérifier en live puisque le groupe se compose de deux guitaristes. D'ailleurs le choix de cette production manquant un peu de relief peut s'apparenter à un choix du groupe, lui qui se nourrit des années 90, voilà une façon de produire qui semble en adéquation avec ce qu'ils recherchent, et pour le coup, difficile de leur en tenir rigueur, on adhère ou pas, mais la démarche est ici artistique et plutôt réussie, si vous cherchez des guitares bien grasses, ce n'est pas sur ce The Blackbird And The Dying Sun que vous trouverez votre dose, par contre pour un album avec une vraie personnalité, des morceaux intenses sans occulter un côté Rock direct, il n'y a pas à dire SEEDS OF MARY a réussi à s'affirmer avec ce troisième album.

    Chronique : Aymerick Painless

    SEEDS OF MARY - The Blackbird And The Dying Sun

     


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  • ECHOLOT - Volva
    Czar Of Crickets Productions
    Style : Psychedelic Stoner
    Origine : Suisse
    Sortie : 2017
    Site Web : http://echolot.space

    ECHOLOT - Volva



    01. II / 02. III / 03. IV / 04. V

    Formé en Suisse, le trio ECHOLOT a publié l'an passé un premier album sobrement intitulé I, composé d'un long titre découpé en deux parties. En 2017, revoilà le groupe avec Volva qui s'intègre comme la suite logique puisque composé des morceaux "II", "III", "IV" et "V", ce qui pourrait laisser croire que les Suisses forment un groupe instrumental. Mais il n'en est rien, car si le chant est assez peu présent, il est pourtant bien là, et plutôt varié même, allant du chant Stoner Psyché par excellence jusqu'au chant plus solennel comme sur la fin de "II" ou le début de "V".

    Varié, comme la musique d'ailleurs, et il ne faut pas bien longtemps pour le constater, la première plage montre déjà la voie avec un côté Space Rock bien présent mais une fin plus rampante et Doom dans l'esprit alors que s’intégrait au milieu une partie Stoner un peu plus directe et les 12 minutes de ce premier morceau sont franchement une réussite. Avec une approche plus Space Rock, le chant sur "III" montre un visage un peu moins sombre d'ECHOLOT mais toujours aussi efficace, un aspect planant qui ne perd jamais de vue l'énergie Rock, et sur ce point le travail de Jonathan Schmidi est à souligner car là où beaucoup de groupes se la jouent feutré, ECHOLOT continue de marteler un rythme soutenu et surtout très marqué, c'est à dire que ce batteur possède une vraie frappe, même si dans le mix un peu plus de présence ne serait pas un luxe.

    Avec "IV", c'est toutefois, cette apparence Psychedic Stoner Rock, que le trio exploite mais on est loin de l'esprit Desert que l'on retrouve beaucoup dans ce style et même si la construction des morceaux semblent être issues de jam sessions, on retrouve une structure progressive cohérente et très loin de se perdre dans des méandres obscurs incompréhensibles. Il faut voir comment ce morceau "IV" part d'un Space Rock très aérien pour arriver à un Stoner Doom Metal plus rampant, puis un peu plus lumineux lorsque le chant, une nouvelle fois très soigné, déboule au milieu de ce titre qui pourrait bien être la pièce maitresse de ce deuxième opus, avant de repartir vers le Space Rock du début et toujours ce chant posé de façon délicate, un travail d'arrangement sur la structure pointu et qui fait mouche.

    Au final, ce Volva avec une production très vivante, un son de batterie sans fioritures et très live, un travail de production sur le chant extrêmement bénéfique, des variations de rythme bien vues, une facilité à écrire des riffs accrocheurs avec une ambiance prenante, ECHOLOT pourra parler aux amateurs de Stoner psychédélique comme de Stoner plus direct, voire même d'une certaine frange du public Doom Metal, clairement un des groupes les plus intéressant dans le style depuis longtemps car n'abusant jamais des codes du style, en clair ECHOLOT impose sa personnalité !

    Chronique : Aymerick Painless

    ECHOLOT - Volva

     


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  • BORN AGAIN - Strike With Power
    Massacre Records
    Style : Hard 'n Heavy
    Origine : France
    Sortie : 2017
    Site Web : www.bornagainmetalband.com

    BORN AGAIN - Strike With Power



    01. New Generation / 02. Strike With Power / 03. Preachers Of The Night / 04. Betrayal / 05. We Feed The Fire / 06. Angel In Black / 07. Deal With The Devil / 08. Wings Of Hate / 09. No Class (Motörhead Cover) / 10. Dawn Of The Gods

    Récemment débarqué sur la scène Metal française, BORN AGAIN, qui s'est formé en 2016 du côté de Besançon, n'en est pas moins constitué de vieux briscards, jugez plutôt : Thierry Marquez (chant) et Christophe "Pich" Pichot (batterie), tous deux ex-membres de BROKEN EDGE, et Chris Savourey (ex-NORTHWIND, ex-HEAVENLY, ex-KARELIA, et accessoirement ex-BROKEN EDGE lui aussi), autant dire que ces gars-là ont déjà pas mal bourlingués depuis bien des années.

    Pour ce premier album, Strike With Power, les français nous livrent une sorte de Hard n' Heavy qui, pour synthétiser un peu, pourrait être décrit comme un mix entre MOTÖRHEAD et BLACK SABBATH, d'ailleurs le nom du groupe ne serait-il pas un petit clin d’œil à l'album Born Again des derniers ? Sur des bases relativement classiques empruntées aux 70's et 80's, BORN AGAIN nous balance dix titres taillés dans un Hard Rock gras et burné que n'auraient sans doute pas renié les groupes précités, mélangeant de ci de là quelques touches légèrement thrashy ("New Generation"), se faisant parfois groovy ("Preachers Of The Night") ou plus pesant ("We Feed The Fire"), avec toujours une constante : l'efficacité. Après, il faut bien reconnaitre qu'à part la voix de Thierry Marquez, plutôt rugueuse et vraiment parfaite pour le genre pratiqué, il n'y a rien de bien original sur ce Strike With Power, et si tout est parfaitement exécuté, BORN AGAIN n'est visiblement pas là pour révolutionner le genre Metal. Non, à l'écoute de ce premier album on sent davantage une envie de se faire plaisir, et de faire plaisir à l'auditeur qui, à n'en point douter, devrait passer un bon moment s'il est amateur de choses simples mais néanmoins puissantes, entre Heavy thrashisant et Rock'n'Roll Motörheadien.

    Chronique : Nono666

    BORN AGAIN - Strike With Power

     


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