• PARADISE LOST - Obsidian

    Nuclear Blast

    Style : Gothic Metal

    Origine : Royaume-Uni

    Sortie : 2020

    Site Web : www.paradiselost.co.uk

     

    PARADISE LOST - Obsidian

     

     

    01. Darker Thoughts / 02. Fall From Grace / 03. Ghosts / 04. The Devil Embraced / 05. Forsaken / 06. Serenity / 07. Ending Days / 08. Hope Dies Young / 09. Ravenghast

     

    Avec une certaine régularité, les anglais de PARADISE LOST reviennent semer leur Gothic Metal et semblent même avoir trouver une sorte de formule autour de laquelle ils brodent. Si The Plague Within (2015) avait marqué une rupture avec ses aînés, quelques signes avant coureur pouvaient être entendus sur Tragic Idol (2012) par exemple. L'album précédent, Medusa (2017), montrait un visage des anglais clairement tourné vers leurs côté le plus CELTIC FROST avec ces "Fearless Sky" ou "Gods Of Ancient" sans jamais tomber dans la caricature bien entendu, ces inspirations ne sont que des courants qui guident tout un album mais la patte de Gregor Mackintosh et la voix de Nick Holmes, de toute façon, forment la marque de fabrique de ce groupe.

    Il était donc prévisible que le duo de compositeur fasse un petit pas en arrière dans leur penchant Death Metal dans la recette formant leur Gothic Metal et pourtant, le premier single "Fall From Grace" renvoyait l'image d'une stagnation et avec le recul, le choix stratégique est plutôt réfléchi car avec "Ghosts" et cette ambiance Post-Punk sur l'introduction basse / batterie bien froide, les fans peuvent être surpris. Enfin "Darker Thoughts" et ses leads, ces growls réussis finira le travail de la mise en lumière de ce nouvel opus de PARADISE LOST.

    Mais vous vous doutez bien que le groupe n'aura pas dévoilé tous les atouts d'Obsidian en trois titres et dès "The Devil Embraced", on retrouve ce côté froid issu de la New Wave et leur amour pour DEPECHE MODE resurgit sur ce titre, une nouvelle fois, ce pré-refrain très mélodique nous rappelle que Nick Holmes a énormément progressé dans ce style avant que sa voix Death ne viennent casser l'harmonie paisible de ce titre, un lead typique du style de Greg Mackintosh amène au break qui nous renvoie vers Tragic Idol ou Faith Divides Us - Death Unites Us. L'inspiration est clairement au rendez-vous de ce début d'album et la suite ne va pas en rester là avec un appui massif sur le côté le plus Gothic de PARADISE LOST d'où surgissent encore quelques réminiscences Death bienvenues, un peu comme si les anglais avaient trouvé un équilibre mais surtout, c'est l'inspiration sur les leads de guitare (un petit rappel de Draconian Times sur "Forsaken" fait clairement plaisir) et des lignes de chant sont les atouts majeurs de cet album.

    Alors bien entendu, qui dit New Wave / Post-Punk dit traitement de la basse et là-dessus Steve Edmonson a toujours fait un travail remarquable, discret mais indispensable pierre de cet édifice il trouve là une place de premier choix. La froideur ressort tant dans le son de guitare que dans ce chant posé, qu'il soit mélodique, gothique ou growlé, Nick semble en avoir fini avec ce chant très Heavy qui avait pourtant sublimé les Icon ou Draconian Times mais aussi Requiem plus récemment. C'est aussi ce qui donne cette impression de stagnation, heureusement des titres comme "Ending Days" ou "Hope Dies Young" reviennent en grâce sur cet album, dans un style, qui là aussi, nous renvoie vers ce fameux Tragic Idol.

    Au final, que pourrait-on reprocher à cet album si ce n'est que tout ce qui est fait là l'a déjà été dans le passé du groupe. Mais n'est-ce pas parce que le groupe a toujours cherché à évoluer, allant d'un extrême à l'autre de son style, donnant parfois l'impression de se chercher. PARADISE LOST reprend là une recette qu'il avait mise en place sur Faith Divides Us - Death Unites Us et Tragic Idol en n'oubliant pas ce qu'il a produit entre-temps, plus qu'un pas en arrière évoqué plus haut, il s'agit bien d'une nouvelle progression basée sur les acquis du passé. Tout comme Medusa, ce nouvel album demande du temps pour être appréhender, au contraire d'un The Plague Within très immédiat. Comme souvent avec le groupe, la première moitié de l'album est gavée de hits et réunie les titres les plus directs, la deuxième, plus introspective, demande un effort aux fans, et c'est bien ce qui fait le charme de ce groupe.

     

    Chronique : Aymerick Painless (Simony)

    PARADISE LOST - Obsidian

     

     

     


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  • DIRTY DOGZ - Wheels On Fire

    Autoproduction

    Style : Hard Rock

    Origine : France

    Sortie : 2020

    Site Web : www.facebook.com/dirtydogzband

     

    DIRTY DOGZ - Wheels On Fire

     

    01. New Bitch / 02. Fuckin' Misery / 03. Follow Us / 04. Pussy Wet / 05. Not Born To Lose / 06. Girls In The Night / 07. Go Back / 08. Come On Baby / 09. Rock N' Roll / 10. Wheels On Fire / 11. My Bloody Soul (Bonus Track)

     

    Après avoir fait leurs armes au sein de BLOODY ROSIE, tribute band au gang des frères Young, les Havrais ont décidés de passer à la vitesse supérieure en proposant leurs propres compositions. Pour se faire, ils forment le groupe DIRTY DOGZ dont l'influence, vous vous en doutez, est à rechercher du côté de la scène australienne avec des groupes comme AC/DC (tiens, comme c'est bizarre !!!), ROSE TATTOO, THE ANGELS ou AIRBOURNE... En gros, du Hard Rock simple et direct qui envoie bien comme il faut ! Et ce premier album de DIRTY DOGZ en est la preuve flagrante, un pur joyau Rock'N'Roll qui fait la part-belle à un Hard Rock fédérateur qui file une patate d'enfer ! Certes le groupe n'invente rien, on reste dans le basique, mais comment résister à des titres tels que "New Bitch", "Not Born To Lose" ou "Come On Baby" percutants en diable et qui font preuve d'une énergie redoutable... Aucun titre faible, aucun temps mort, ce Wheels On Fire est un pur concentré d’efficacité, le tout parfaitement exécuté et doté d'un son puissant qui donne un côté bien pêchu à l'ensemble. Chant éraillé, riffs incendiaires, rythmique en béton armé et refrains qui ne demandent qu'à être repris en chœur sont autant d'éléments qui confèrent à faire de ce premier album une belle réussite. Voilà qui est particulièrement prometteur quant à l'avenir de cette jeune formation... Alors si comme moi vous aimez les choses simples qui vous re-booste en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, ruez vous sur ce Wheels On Fire, vous ne serez pas déçus !

     

    Chronique : Nono666

    DIRTY DOGZ - Wheels On Fire

     

     

     

     


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  • BENIGHTED - Obscene Repressed

    Season Of Mist

    Style : Brutal Death Metal

    Origine : France

    Sortie : 2020

    Site Web : www.facebook.com/brutalbenighted

     

    BENIGHTED - "Obscene Repressed

     

    01. Obscene Repressed / 02. Nails / 03. Brutus / 04. The Starving Beast / 05. Smoke Through The Skull / 06. Implore The Negative / 07. Muzzle / 08. Casual Piece Of Meat / 09. Scarecrow / 10. Mom, I Love You The Wrong Way / 11. Undivided Dismemberment / 12. Bound To Facial Plague

     

    Si je vous parle de l'année 1998, quels événements vous viennent en tête ? La victoire des Bleus face au Brésil peut-être ou bien le passage aux 35 heures... STOP!!! On rembobine... silence... action !

    C'est en mai 1998 dans la jolie ville de Saint-Etienne que Julien Truchan (chant) devint l'heureux papa du petit BENIGHTED, joli bébé métissé par le Black et le Death. Aujourd'hui l'enfant a bien grandi, 9 albums studio, membre actif de la scène underground française, tournée mondiale (dont plusieurs festivals bien connus des metalheads). L'avènement d'un album des Stéphanois est toujours un plaisir inconditionnel, malgré un genre musical stéréotypé, le groupe est enclin à proposer du matériel novateur et des thématiques nourries par l'expérience professionnelle de Julien (il est également infirmier psychiatrique). 

    Le dernier méfait de BENIGHTED est un concept-album centré sur le jeune Michael atteint d'une malformation physique (une gigantesque fente palatine : autrefois appelée "bec-de-lièvre") et de toute la complexité psychologique liée aux sentiments de honte, rejet, maltraitance physique... Le malaise interne du garçonnet se fait immédiatement ressentir dés les premières secondes du titre ouverture "Obscene Repressed", le calme avant la tempête en quelque sorte. Un cri qui sort de nulle part, le son extrêmement massif des guitares syncopés, batterie surexcitée, le chant basculant d'un style à un autre avec une habileté déconcertante. Bienvenue dans l'univers torturé de Michael. "Nails" et "Brutus" dégoulinent d'agressivité, les guitares sont tellement écorchées vives qu'elles propagent un  mal-être profond. Spectateur ou acteur ? Je ne sais plus... tant l'écoute m'a déjà profondément affecté.  

    BENIGHTED s'offre les services de Grimo (Sebastian Grihm) chanteur du groupe allemand CYTOTOXIN (Brutal Deathcore) sur "The Starving Beast". L'alternance des 2 chanteurs est totalement démentielle. "Smoke Through The Skull" est dans la même veine : rythme effréné, variation de style dans le jeu de guitare…de la pure violence contrôlée et totalement assumée. Après toute cette bestialité déconcertante, Jamey Jasta (HATEBREED) collabore avec Julien sur "Implore The Negative" une légère accalmie assez surprenante  s'installe et nous fait la surprise d'être constituée de riffs très mélodieux et d'un jeu de batterie "groovy" de la part de Kevin Paradis. "Muzzle" est débordant de testostérone et d'intervention aussi surprenante  qu'agréable, cette interlude jazzy du guitariste Emmanuel Dalle ne m'a pas laissé de marbre. L'angoisse est à son paroxysme sur "Casual Piece Of Meat", les hurlements assourdissants du chanteur sont d'une violence absolue. 

    "Scarecrow" pourrait être aisément  la bande originale d'un film d'horreur de part son ambiance malsaine à souhait. Kasten Jäger de DISBELIEF (Death Metal) s'ajoute aux invités de marque pour l'excellent "Mom, I Love You The Wrong Way", subtil association de mid-tempo et de cacophonie. Les musiciens délivrent une véritable démonstration de technicité sans faille, laissant complètement l'auditeur descendre doucement mais sûrement dans les abysses de la folie, ce n'est certainement pas le titre "Undivided Dismemberment" qui dérogera à cette règle. "Bound To Facial Plague" est la dose létale nécessaire pour endiguer ce déclin émotionnel. Le jeu de Kevin, rigoureusement soigné et travaillé, amplifie fortement l'image que l'on peut se faire de la démence de Michael.

    Ndlr : L'album Obscene Repressed est également disponible en version Deluxe Edition comprenant 2 titres bonus : "The Rope" et ses  criailleries acérées relativement Black Metal suivi de "Get This", reprise de SLIPKNOT, ultime déferlante de pure boucherie dans le bon sens du terme bien évidemment. Pour ma part, cette édition est indispensable pour s'immerger dans le contexte de l'album.

    20 ans de carrière et BENIGHTED est toujours aussi efficace et productif. Tel le bon vin, il se bonifie avec le temps apportant à chaque cuvée une note et une saveur différente.   

     

    "Des gens qui n'ont jamais de moments de folie. Quelle horreur que leur vie !" Charles BUKOWSKI.

     

    Chronique : Bulga Juco

    BENIGHTED - "Obscene Repressed

     

     

     

     

     


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  • IHSAHN - Telemark

    Candlelight Records

    Style : Extrême Progressive Metal

    Origine : Norvège

    Sortie : 2020

    Site Web : www.facebook.com/ihsahnmusic

     

    IHSAHN - Telemark

     

    01. Stridig / 02. Nord / 03. Telemark / 04. Rock And Roll Is Dead (Lenny Kravitz cover) / 05. Wrathchild (Iron Maiden cover)

     

    Figure emblématique du Black metal, Ihsahn (de son vrai nom Vegard Sverre Tveitan) est un multi-instrumentiste et chanteur aux multiples facettes. Que ce soit avec EMPEROR (je me délecte toujours à l'écoute de l'album In The Nightside Eclipse sorti en 1994), considéré comme les pionniers du Black Metal Symphonique, ou bien avec PECCATUM (Metal Avant-gardiste), groupe composé de son épouse Ihriel ainsi que du frère de celle-ci. En 2006, le norvégien sort son premier effort The Adversary, (PECCATUM splitte également cette année là), délivrant un subtil mélange de metal progressif, de Black Metal et de Folk.

    Véritable bourreau de travail, Ihsahn tient un cahier des charges très strict, il sort généralement un album tous les deux ans en plus de continuer à travailler de concert avec sa femme sur d'autres projets. Il trouve également le temps, en 2014, de réamorcer la bombe EMPEROR pour divers concerts et festivals.

    Après un dernier album (Àmr en 2018) en demi-teinte (l'électro n'est pas au gout de tout le monde), Telemark saura-t-il ravir le cœur des puristes du norvégien ? L'EP est composé de cinq titres, les deux derniers étant des reprises de LENNY KRAVITZ ("Rock And Roll Is Dead") et de IRON MAIDEN ("Wrathchild"). Les deux titres ne sont pas dénués de nouveautés par rapport aux originaux, notamment sur les couplets interprétés par la voix caverneuse habituelle du chanteur ainsi que le fameux saxophone alto ponctuellement présent dans les compos du groupe depuis l'album After (interprété par Jørgen Munkeby du groupe SHINING) mais ces morceaux ne constituent pas la réelle trame de cette nouvelle mixture. Le titre fait référence à la comté norvégienne qui a vu grandir Ihsahn et en ce qui concerne les trois titres originaux, ils sont interprétés dans sa langue natale, c'est une première dans sa carrière.

    "Stridig" ouvre l'EP avec une intro assez sombre et énigmatique, la tension monte progressivement jusqu'aux premiers riffs lourds laissant apparaître le chant d'Ishahn, jouissivement bourru et affolant. Une pincée folklorique, des cuivres, quelques breaks diaboliquement maîtrisés, le tout mené tambour battant par une rythmique brutalement progressive, propose une entrée en matière riche et prometteuse. "Nord" se veut tout aussi alambiqué et largement influencé par le Black Metal nordique. Beaucoup plus mélodique que le titre précédent, épousant parfaitement la ligne de chant, les voix claires apportent une fraîcheur, sans pour autant dénaturer la filiation du genre. Les divers solos adroitement mis en place reflètent une énième fois un grand savoir faire dans le travail de composition est de grand, s'en est presque addictif avec le temps. Le titre éponyme "Telemark", dernière pièce originale de l'EP, lourde et gracieuse, avec son intro assez longue laissant place au saxophone et au travail de guitare fortement influencé par le violon. Les cris d'Ihsahn retentissent, les gros riffs nerveux et la batterie puissante changent littéralement le tempo du morceau, nous sommes complètement immerger par l'atmosphère exaltante qui se dégage à ce moment du morceau. Enluminé par le folklore nordique et furieusement efficace, j'ai presque le sentiment d'avoir foulé le sol norvégien aux cotés d'Ihsahn.

    IHSAHN captive par sa créativité et l'art de surprendre. Malgré des choix artistiques pas toujours compris du public, il reste néanmoins un compositeur talentueux n'ayant pas peur de se réinventer. Les reprises mise à part (je préfère indubitablement ses œuvres originales), Telemark est un voyage expérimental qui n'est pas rapiat en bonnes surprises. YES IHSAHN !

     

    Chronique : Bulga Juco

    IHSAHN - Telemark

     

     

     


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  • CHRONUS - Idols

    Listenable Records

    Style : Hard Rock

    Origine : Suède

    Sortie : 2020

    Site Web : www.facebook.com/chronusband

     

    CHRONUS - Idols

     

    01. Mountains Of Madness / 02. Heavy Is The Crown / 03. Shepherd / 04. My Heart Is Longing For You / 05. Ghosts / 06. Sun / 07. Pharos / 08. Black Water / 09. Memories / 10. Idols

     

    Originaire d'Helsingborg, en Suède, CHRONUS se forme en 2015, et sort son premier album éponyme en 2017. A sa tête Sebastian « The Baron » Axelsson. Rapidement je pense « Baron... ok, c’est sûrement un groupe qui surfe sur la vague GHOST avec, en figure de proue, un leader emblématique », donc crainte du copier/coller... mais comme vous le savez je suis plus intelligent que ça... Si, si, VOUS LE SAVEZ !! ... Alors je creuse un peu. Première écoute de leur nouvel album, Idols, avec le titre "Mountains Of Madness". Eh bien, grosse surprise... Vous aimez surement Ozzy Osbourne, leader charismatique de BLACK SABBATH et de son propre groupe ? Et vous connaissez peut-être également Torkjell Rod/Toschie, chanteur dAUDREY HORNE ? Shake, Shake, Shake - et boom !!! On obtient la voix de ce bon vieux Baron. On est sur du Heavy Rock bien entraînant, avec des refrains et des débuts de morceaux entêtants dès la première écoute ("My Heart Is Longing For You", "Memories" et "Shepherd" entre autres). Un très bon album, pas une grande invention de style en soit, du déjà vu... mais ça marche fort et bien.

     

    Chronique : Ben

    CHRONUS - Idols

     

     

     


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  • WOLFHEART - Wolves Of Karelia

    Napalm Records

    Style : Winter Metal

    Origine : Finlande

    Sortie : 2020

    Site Web : www.facebook.com/WolfheartRealm

     

    WOLFHEART - Wolves Of Karelia

     

    01. Hail Of Steel / 02. Horizon On Fire / 03. Reaper / 04. The Hammer / 05. Eye Of The Storm / 06. Born From Fire / 07. Arrows Of Chaos / 08. Ashes

     

    Hyvää huomenta* les metalheads ! (*bonjour en finnois)

     

    Début 2013, Tuomas Saukkonen (multi-instrumentiste, compositeur, chanteur, producteur) annonçait la dissolution de tous ses groupes : BEFORE THE DAWN, BLACK SUN AEON, DAWN OF SOLACE, THE FINAL HARVEST (au  poste de batteur) et ROUTASIELU afin de se concentrer sur un projet unique WOLFHEART. Comme à son habitude, Saukkonen enregistre l'intégralité des instruments et s'entoure de musiciens de sessions pour les prestations scéniques. Depuis Shadow World (2015), WOLFHEART devient réellement un groupe à part entière avec l'arrivée de Lauri Silvonen au poste de bassiste (BLOODRED HOURGLASS) et du batteur Joonas Kauppinen (ex-BEFORE THE DAWN). Après le très bon Constellations Of The Black Light sorti en 2018, le loup de Lahti et sa meute sortent de leur tanière afin de nous proposer Wolves Of Karelia.

    Catégorisant leur musique de Winter Metal, c'est avec cette ambiance glaciale  que le titre "Hail Of Steel" introduit le nouvel album. Après une bonne minute instrumentale, on se languit de cette montée en puissance nous emmenant progressivement sur un chemin sans retour. La batterie entre en jeu et la voix de Tuomas débarque, semant confusion et décimation sur son passage. La section rythmique démontre une agressivité et une maîtrise mûrement réfléchies, c'est sur un mélodieux et mélancolique solo guitare que s'achève notre premier voyage au Pays des mille lacs.

    C'est dans cette dynamique alliant judicieusement violence et douceur que "Horizon On Fire" pointe le bout de son nez, avec une déferlante de technicité rappelant fortement certains groupes de Brutal Death, le tout saupoudré d'une couche de clavier atmosphérique. Efficacité et simplicité font également partie de l'univers du groupe, c'est le cas sur "Reaper", on va droit à l'essentiel avec des riffs plus épurés un tant soit peu folk. Le chaos resurgit avec "The Hammer", on retrouve l'essence même de la bestialité avec ses riffs percutants d'une précision irréprochable ponctués par le solo monstrueux de la nouvelle recrue Vagelis Karzis (ex-ROTTING CHRIST). Après ce bombardement, "Eye Of The Storm", morceau instrumental faisant la part belle à la guitare acoustique et au piano dépeint allègrement l'horreur d'un champ de bataille.

    La guerre n'est pas finie, "Born From Fire" tel un phénix renaissant de ses cendres nous replonge dans un Death Melo envoûtant qui nous tient en haleine du début jusqu'à la fin. Il est intéressant de constater que le combo intègre subtilement des sonorités Black Metal sur "Arrows Of Chaos", distillé par un son massif et puissant. La dernier sang arrive sur "Ashes" abordant une nouvelle fois avec brio un Death metal scandinave très coloré spécifiquement par l'incorporation d'instruments acoustiques.

    Tuomas Saukkonen fait partie des ces génies musicaux (je citerai pour ma part Devin Townsend et Ihsahn) qui, à chaque nouvelle œuvre, nous transcendent tant par leurs travaux que par leur savoir faire. Racontant la bravoure d'une nation pendant leur affrontement contre la Russie en 1939, les finlandais de WOLFHEART proposent un excellent album résultant d'un travail rigoureux et très soigné.

     

    Chronique : Bulga Juco

    WOLFHEART - Wolves Of Karelia

     

     

     

     


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  • KING WITCH – Body Of Light

    Listenable Records

    Style : Doom Metal

    Origine : Royaume-Uni

    Sortie : 2020

    Site Web : www.facebook.com/kingwitch

     

    KING WITCH - Body Of Light

     

    01. Body Of Light / 02. Of Rock And Stone / 03. Call Of The Hunter / 04. Return To Dust / 05. Order From Chaos / 06. Solstice I – She Burns / 07. Witches Mark / 08. Solstice II / 09. Beyond The Black Gate

     

    Pas trop la  pêche en ce moment avec ce confinement ? Tu veux un peu de lumière dans ta vie ? Et bien ne compte pas sur moi... car on va causer Doom aujourd’hui.

    KING WITCH est un groupe écossais formé début 2015 dans une caverne des vieilles rues d’Edimbourg. A sa tête, Laura Donnelly, une nouvelle prêtresse démoniaque. Un peu comme Jinx Dawson (COVEN), Alia O’Brien (BLOOD CEREMONY), j’en passe et des meilleures. Le chant de Laura me fait plus penser à la voix de Chantal Brown alias «  Oya  » de VODUN, groupe de Stoner londonien que je vous recommande chaudement d’ailleurs.

    Bref, revenons à nos têtes de boucs... Body Of Light est le deuxième album du groupe. Si vous aimez le Doom, ne vous fiez pas au titre éponyme de cet album : c’est un envol avant de redescendre dans les tréfonds les plus obscures de la terre. Attardez-vous plutôt sur... bah, tout le reste en fait... cet album est une vrai bonne découverte. Mention particulière à "Beyond The Black Gate" et "Return To Dust". Donc le point en moins, c’est que pour le premier titre... ouais, je suis vilain !

     

    Chronique : Ben

    KING WITCH - Body Of Light

     

     

     


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  • TESTAMENT - Titans Of Creation

    Nuclear Blast

    Style : Thrash Metal

    Origine : Etats-Unis

    Sortie : 2020

    Site Web : www.testamentlegions.com

     

    TESTAMENT - Titans Of Creation

     

    01. Children Of The Next Level / 02. WWII / 03. Dream Deceiver / 04. Night Of The Witch / 05. City Of Angels / 06. Ishtars Gate / 07. Symptoms / 08. False Prophet / 09. The Healers / 10. Code Of Hammurabi / 11. Curse Of Osiris / 12. Catacombs

     

    Depuis leur signature en 2008 avec le label Nuclear Blast, les Américains de TESTAMENT nous délivrent un nouvel opus tous les quatre ans. Malgré une tournée avortée par la crise sanitaire actuelle et Chuck Billy testé positif au Coronavirus, un "nouveau testament" est de bon augure pour nous redonner foi en notre bon vieux Thrash Old School.

    Comme pour son prédécesseur, Brotherhood Of The Snake (2016), Titans Of Creation est produit par Eric Peterson (guitare) et Chuck Billy (chant) et une nouvelle fois mixé et masterisé par Andy Sneap (HELL, JUDAS PRIEST en live depuis 2018). Avec un son puissant et nerveux comme sur le dernier album, "Children Of The Next Level" ouvre les hostilités avec une efficacité sans pareil. Du bon Thrash qui fait plaisir aux esgourdes. Le travail des guitares est bougrement efficace, la rythmique est en béton armé : Steve DiGiorgio (basse Fretless) et le génialissime batteur Gene "The Atomic Clock" Hoglan étaient déjà partenaire de rythme dans DEATH. Chuck ne déroge pas à la règle avec un chant toujours aussi puissant malgré l'approche de la soixantaine. Quelle ne fût pas ma surprise sur "WWIII" de subodorer cette teinte Black Metal pour un résultat des plus probant. "Dream Deceiver" et ses solis de guitare très heavy harmonisés par un refrain accrocheur et fédérateur... un petit pogo dans le salon ça vous tente ? Pour ce qui est des claques, "Night Of The Witch" n'est pas avare, une jolie castagne thrashy agrémentée par les backings vocaux saturés de Peterson. La tension redescend sur "City Of Angels", moins d'astiquage de manche pour laisser la place à DiGiorgio avec un solo de basse dont il a le secret. Le bassiste nous démontre une énième fois son groove incomparable sur "Ishtar's Gate" suivi de près par son comparse Hoglan toujours aussi irréprochable dans sa technicité derrière les futs. Les aficionados du genre seront ravis des morceaux "Symptoms" et "False Prophet" délivrant justement ce côté Old School et enragé de la Bay Area. "The Healers" fait partie de ces morceaux où la batterie est tellement explosive que tu dis "WHAT THE F...!!!!". Gene y est démentiel, une agressivité et une précision de fer... BLAST BEAT !!!!!! Le petit effet wah-wah sur la basse pour l'ouverture de "Code Of Hammurabi" nous envoie directement sur un titre  percutant, toujours accentué par le chant rigoureusement travaillé de Billy. Après moultes suées et approchant gentiment de la fin de l'écoute, on n'imagine pas une seconde se reprendre un scud en pleine face, et pourtant "Curse Of Osiris" nous tartine d'une bestialité magistrale. Comme disait John Coffey dans La Ligne Verte : « Je suis fatigué patron », place au calme avec l'outro musicale "Catacombs" qui nous apporte cette petite douceur dans cette course effrénée contre les dieux de l'Olympe.

    Avec un line-up fort en expérience, TESTAMENT réussit un essai presque parfait. Pas simple de se réinventer dans un mouvement qui a vu émerger tant de groupes légendaires, Titans Of Creation mérite haut la main sa place dans le panthéon du Thrash.

     

    Chronique : Bulga Juco

    TESTAMENT - Titans Of Creation

     

     

     

     


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  • TREPALIUM - From The Ground

    Klonosphere / Season Of Mist

    Style : Groove Metal

    Origine : France

    Sortie : 2020

    Site Web : www.facebook.com/TREPALIUMBAND

     

    TREPALIUM - From The Ground

     

    01. From The Ground / 02. Twins Brawl / 03. Secretly Depressed / 04. Aimless Path (Part I) / 05. …To The Sun / 06. Feelin' Cold / 07. Everything Is Supposed To Be Ok

     

    Première sortie depuis l'arrivée de Renato Di Folco derrière le micro, From The Ground, revêt donc une importance toute particulière pour les fans de TREPALIUM, d'autant plus si on ajoute qu'il s'agit de la première sortie du groupe depuis 2014 ! Une chose n'a pas changé, c'est Thibaut Chaumont qui a assuré l'enregistrement, le mix et le mastering de ces 7 nouveaux morceaux, au Deviant Lab Studio.

    Pour ma part, j'avais laissé le groupe en 2012 avec leur dernier album en date, H.N.P., et autant être clair de suite, musicalement, le groupe a peu évolué. On retrouve cette habitude de faire appel au piano façon saloon ("From The Ground", "Aimless Path (Part I)") et ce sera tout de ce côté là pour ce nouvel opus. En effet, pas de trompette, de trombone et autres instruments auxquels le groupe a pu faire appel auparavant, les Français restent sur une formation Rock standard. Il faut dire que le Metal atypique composé par Harun Demiraslan est de suite reconnaissable et n'a pas forcément besoin d'autres instruments pour faire parler la poudre. Toutefois, dans cette apparence des plus brutes, TREPALIUM n'a jamais autant ressemblé à PANTERA, pas forcément une mauvaise chose mais lorsque l'on se rappelle de ce que le groupe pouvait proposer pour ratisser plus large tout en étant des plus inventifs et créatifs, on peut regretter ce léger pas de côté. D'autant plus que la voix de Renato, si elle n'est franchement pas mauvaise, est elle aussi bien plus standard que son prédécesseur, Cédric Kéké Punda.

    Il faut également ajouter que le groupe a décidé, volontairement ou pas, de réduire la durée de ses morceaux pour atteindre la plupart du temps les 3 minutes à peine, avec un compositeur identique et une patte identique, imaginez ce que donne le style en plus direct que ce qu'il proposait auparavant. On peut avoir l'impression, à la première écoute, que les morceaux sont tronqués ou non finis, mais c'est parce que notre esprit est habitué à un schéma plus long avec la musique du groupe, parce qu'une fois passé cet étonnement, il faut avouer que finalement cette caractéristique de From The Ground est plutôt salutaire. Certes, la durée dépasse à peine les 21 minutes mais la qualité étant toujours plus importante que la quantité, nous ne retiendrons pas cela à la charge du groupe qui s'en tire plutôt très bien ici. 

    Vous l'aurez compris, toujours cette facilité à faire sonner sa guitare de façon jazzy avec son Power Metal à la PANTERA, toujours cette capacité à utiliser le piano et des sonorités non conventionnelles dans le Metal, une production toujours aussi pointue, TREPALIUM ne surprendra personne si ce n'est par l'aspect étonnement simplifié de sa musique, mais n'est-ce pas là le plus étonnant finalement ? La facilité n'aurait-elle pas été de remplir avec des trompettes, xylophones et autres instruments pour rassurer des fans qui demandent à être surpris. Car, oui, avec ce groupe, il ne faut pas attendre quoique ce soit pour ne pas être déçu, ce sont eux qui mènent la danse, et là encore c'est le cas, même si avec From The Ground, bien plus de monde se retrouve invité à la danse.

     

    Chronique : Aymerick Painless (Simony)

    TREPALIUM - From The Ground

     

     

     


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  • ANVIL - Legal At Last

    AFM Records

    Style : Hard & Heavy

    Origine : Canada

    Sortie : 2020

    Site Web : www.anvilmetal.com

     

    ANVIL - Legal At Last

     

    01. Legal At Last / 02. Nabbed In Nebraska / 03. Chemtrails / 04. Gasoline / 05. I'm Alive / 06. Talking To The Wall / 07. Glass House / 08. Plastic In Paradise / 09. Bottom Line / 10. Food For The Vulture / 11. Said And Done / 12. No Time

     

    Quoi de plus similaire à un album d'ANVIL qu'un autre album d'ANVIL ? Et ce n'est pas ce Legal At Last, dix-huitième réalisation du combo canadien, qui nous fera dire le contraire, proposant un Hard & Heavy certes basique mais néanmoins solide, notamment dans son exécution, mais qui sent parfois un peu le réchauffé. ANVIL utilise une recette mille fois éprouvée, aucune surprise, d'emblée on se retrouve en terrain connu, avec un morceau-titre puissant à l'efficacité indéniable, bientôt suivi d'un "Nabbed In Nebraska" fédérateur qui devrait faire son petit effet en live, et il en sera de même tout au long de ce cru 2020, alternant morceaux speed ("Chemtrails", "Food For The Vulture" à la fin bluesy surprenante, "No Time"), plus lourds ("Gasoline", "Plastic In Paradise", "Said And Done") ou plus foncièrement Hard Rock ("I'm Alive", "Bottom Line"), rien de révolutionnaire avec ce Legal At Last, vous l'aurez sans doute compris, juste un bon album, simple et direct, garanti sans OGM. De quoi combler les fans du band canadien... Et rien que ça, ce n'est déjà pas si mal !

     

    Chronique : Nono666

    ANVIL - Legal At Last

     

     

     

     


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