WARFATHER - The Grey Eminence
WARFATHER - The Grey Eminence
Greyhaze Records
Style : Death Metal
Origine : Etats-Unis
Sortie : 2016
Site Web : www.facebook.com/WarFather

01. Orders Of The Horde / 02. Headless Mean Can No Longer Speak / 03. Judgement, The Hammer / 04. For Glory Or Infamy / 05. The Dawning Inquisition / 06. Heedless Servant / 07. Carnage Of The Pious / 08. Grey Eminence / 09. Fair And Final Warning
Alalah, WARFATHER, ce premier album abscons, mystérieux et primaire, servi par une production à l'ancienne, ces quelques discrètes, mais exquises impérities, ces growls caverneux comme on les connaît depuis le début des années 90... Vous vous en rappelez ? Oui ? Eh bien, oubliez. WARFATHER, édition 2016, c'est The Grey Eminence. Rien à voir, évidemment. Les riffs rubigineux ont ici passé l'arme à gauche pour laisser place à un Death Metal beaucoup plus moderne, et ce, dès les premières secondes de "Orders Of The Horde", chargées d'un mid tempo inquisiteur et révélateur d'une production pachydermique (bon, il serait temps que les chroniqueurs Metal arrêtent de s'en mettre plein la gueule 2 minutes pour faire accepter à l'académie Française cet adjectif fort pratique) des plus actuelle, qui, au delà de s'étendre telle une muraille face au premier album, ouvre au combo international (eh oui, ici, on a le droit à une fusion pour le moins originale entre les Pays-Bas, le Brésil et les USA) un nouvel univers, moins traditionnel, bien que toujours dans les grandes lignes du style, rien de déroutant ici, certes, mais cette fois plus zététique. En effet, là où le bien nommé Orchestrating The Apocalypse nous servait d'épaisses couches de riffs gras et primitifs, on a ici un sens de la composition beaucoup plus développé et précis ("Carnage Of Pious", pièce de 6 minutes, qui se révèle être le petit bijou de l'album), qui, si il fait perdre au groupe une partie du mysticisme ambiancé qui faisait son charme (et c'est regrettable, mais on ne peut tout avoir dans la vie, j'imagine), apporte une efficacité indéniable et destructrice au groupe ("For Glory Or Infamy", qui a le don d'imiter à la perfection la douceur d'un tank), les morceaux étant cette fois ci beaucoup plus taillés pour le live, entre les gros mid-tempos groovy qui, sans jamais en faire trop, donnent une bouffée de lourdeur à la musique du groupe, et les mélodies jamais surprenantes, mais toujours délicieusement macabres, dont le groupe a le secret, le tout étant bien évidemment poussé à son paroxysme, sous la forme de solos, usant et abusant du fameux combo (qui, si il est sur-utilisé, n'est jamais redondant aux oreilles de tout fan de Death ou de Thrash, en tout cas à ma connaissance) frette aiguë + Harmonique Artificielle + Tremolo Bar des familles, même si toutefois habilement manié, et accompagné d'une once de Shred, discret mais plaisant, la quintessence de la formule étant à mon sens placée sur un "Heedless Servant" sachant également faire dans la lourdeur la plus mastodontesque. Chaque détail qu'a perdu le groupe étant remplacé par un autre, il serait inutile de vous faire une nomenclature exhaustive de chacun d'eux (même si il m'est tout bonnement IMPOSSIBLE de ne pas vous toucher un mot sur les grognements caverneux, métamorphosés et screams puissants et inhumains, ou encore sur le son des guitares, qui est passé d'une mare boueuse de saturation à une mare sanglante de sonorités aiguisées) ; il est à noter cependant que, si globalement, le changement fait perdre au groupe une partie de ses atmosphères boueuses, la musique est paradoxalement beaucoup plus intenses, ceci étant là encore dû à un mixage plus démesuré, mais également à des structures plus maîtrisées, et à un tas d'autres éléments, qui ne rendent la musique du groupe que plus titanesque et sur-puissante, machine de destruction sonore, prête à arpenter (et annihiler) un bon nombre de salles de concert (en France, pourquoi pas ?). En résumé, on est passé d'un Death Old School classique, mais toujours appréciable, à un Death Moderne, classique, mais toujours appréciable. Que dire de plus, à part que c'est toujours appréciable ?
Chronique : Durchfall