THE CHANT - A Healing Place
THE CHANT – A Healing Place
Lifeforce Records
Style : Atmospheric Rock
Origine : Finlande
Sortie : 2012
Site Web : www.thechant.net
01. Outlines / 02. Spectral Light / 03. Riverbed / 04. The Black Corner / 05. Ocean Speaks / 06. Distant Drums / 07. My Kin / 08. Regret
Les Finlandais de THE CHANT ont clairement passé la vitesse supérieure avec leur troisième album en l’espace de trois ans, eux qui en dix ans n’avaient pas pu sortir le moindre album. Aujourd’hui c’est donc A Healing Place qui déboule sur nos platines en pattes de velours étant donné la douceur du propos musical de ce groupe. THE CHANT, un septuor gavé (dont le guitariste du groupe de Doom Death HANGING GARDEN, Jussi HÄMÄLÄINEN) à la musique d’ANATHEMA, PORCUPINE TREE ou A PERFECT CIRCLE, s’est enfermé dans un studio pour s’enregistrer eux-mêmes et le résultat tient en 8 titres que LIFEFORCE n’a pas hésité longtemps à signer, il faut dire que ce groupe a pour lui une délicatesse d’exécution, une force de variation dans le chant avec beaucoup de recherche rythmique et mélodique dans ce domaine qui se fait assez rare dans l’Atmospheric Rock qui est maintenant tombé dans de l’autosuffisance en ne faisant que copier ce qu’ANATHEMA fait avec beaucoup de génie. Dès "Outlines", le décor est planté avec sa montée très progressive appuyée par une rythmique costaud et une intensité vocale d’Ilpo PAASELA bien épaulé par les deux guitaristes du groupe. Mais déjà le groupe montre une personnalité assez forte avec ce break ambiant dominé par un saxophone que l’on retrouvera sur la fin d’album avec "Distant Drums", et une deuxième partie de titre un peu plus glauque comme peut l’être "Regret", le titre qui referme ce troisième opus. Ensuite, THE CHANT s’accorde le renfort de quelques boucles électro qui varient encore pas mal le propos, toujours dans une douceur cotonneuse avant de s’attarder sur son côté Rock le plus direct le temps d’un "The Black Corner" évoquant plus facilement DEPECHE MODE ou PARADISE LOST à l’époque de Host. Et pourtant, A Healing Place finit par succomber à une érosion presqu’attendue de par certaines lignes vocales un peu trop lisses ("Distant Drums"), une production do it yourself franchement pas mauvaise mais manquant de relief, ce qui donne la désagréable sensation d’immobilité alors que derrière il y a un vrai travail d’arrangement ("My Kin" n’est qu’un exemple), ce qui, pour un troisième album représente un handicap certain mais comme en France THE CHANT n’est pas encore très populaire, on pourra passer facilement sur cet état de fait. Reste un très bon album, un poil trop marqué par ses influences et surtout ANATHEMA, jusqu’aux couleurs de l’artwork qui rappellent étrangement We’re Here Because We’re Here par exemple, en attendant les amateurs d’Atmospheric Rock peuvent miser sur ce cheval, A Healing Place ne devrait pas les décevoir.
Chronique par Aymerick Painless
Note : 7.5/10

