SUICIDAL ANGELS - Division Of Blood
SUICIDAL ANGELS - Division Of Blood
NoiseArt Records
Style : Thrash Metal
Origine : Grèce
Sortie : 2016
Site Web : www.suicidalangels.com
01. Capital Of War / 02. Division Of Blood / 03. Eternally To Suffer / 04. Image Of The Serpent / 05. Set The Cities On Fire / 06. Frontgate / 07. Bullet In The Chamber / 08. Cold Blood Murder / 09. Of Thy Shall Bring The Light
Il est appréciable de voir un groupe évoluer, parfois régresser, parfois se bonifier, par ses expérimentations diverses, ne gageant que par les métamorphoses de son et de composition, et autres palinodies acrobatiques, là où d'autres se contentent d'annihiler les gangrènes de leurs anciens albums. Et puis il y a le Thrasheux basique, qui n'en a rien à foutre, et qui sort un album sans ambages de temps en temps, comme, par exemple, dans le hasard le plus complet, SUICIDAL ANGELS, qui, en plus de refaire à une fréquence tout de même appréciable (6 albums en 9 ans, sans compter le live et la compilation, le premier, après une suite interminable de démos, étant sorti en 2007), nous sort un album dont je ne suis probablement pas le seul à avoir confondu la pochette avec celle de Bloodbath (2012), tant les deux sont similaires (avoir une mascotte récurrente n'est probablement pas une excuse à valider, surtout quand on réutilise le même ton de couleur, une marrée humaine en second plan, et un joli ange suicidaire au premier, même si, CERTES, la nouvelle venue est un peu moins sanglante, un peu moins couverte de cadavres, et se trouve être plus militaire, ce que l'on retrouve dans, au choix, les uniformes, qui sont bien évidemment des plus champêtres, ou les tanks, qui se trouvent cette fois avoir un aspect extrêmement sympathique). Et, alors, ébahissement à la vésanie, surprise que l'on croirait hallucination, embuscade fièrement menée, le constat est le même à un niveau plus sonore. J'ai bien essayé de vous y faire croire pendant quelques secondes, hein, mais bon, comment ne pas reprocher aux Grecs une verve aussi dissimulée ? La réponse est bien évidemment, en écoutant la cuvée 2016, qui, là encore, est un bain de sang (référence de type grossière) de pur Thrash, une fornication vaguement malsaine entre (ô, originalité incroyable) SODOM, SLAYER et KREATOR, en arrachant aux entrailles de ces monstres sacrés leurs riffs les plus efficaces (et les plus rapides, certes, les néophytes s'en rendront compte dès "Capital Of War", qui ouvre l'album sur une nuée de notes arrachées aux cordes déjà bien abîmées par une discographie dont le sujet de cette chronique est, vous l'aurez compris, un clone), buvant leur sang (dans lequel, comme chacun se doit de savoir, se trouve un goût prononcé pour les thèmes incisifs et violents, le nom de l'album en dit long, tout autant que les paroles pyromanes du même "Capital Of Blood"), recueillant (délicatement, il s'agirait de ne pas l'abîmer) leur crâne (le but étant de le faire bouger dans tous les sens, de manière plus ou moins gracieuse, selon le taux d'alcoolémie), cette recette étant conseillée par tous les meilleurs psychopathes de notre jolie galaxie, notamment réputée pour son efficacité hors-norme (qui n'a jamais eu des envies fougueuses et furieuses de pogos, ou encore de brûler des villes (deuxième référence grossière, j'étale ici mes talents de traducteur) en se faisant la discographie de SUICIDAL ANGELS ?), d'autant plus qu'elle est, aussi médisant sois-je, bien mieux appliquée sur cet album que sur son aîné le moins âgé, chaque passage lourd (on pense cette fois à "Frontgate", qui, si ça peut vous rassurer, sait aussi faire dans l'effréné), porté sur les guitares agressives de Panos et Nick (derrière lesquelles est cachée la basse de ce cher Angel), étant sublimé afin de devenir une pure Mosh Part, qui ferait presque (s'il vous plaît, les plus de 40 ans, pas d'émeutes, j'ai dit presque) jalouser les principales influences du groupe (qui, au cas où vous n'auriez pas compris le Thrash Moderne, en reprend l'héritage, en rajoutant ce qu'il faut de modernité, notamment au niveau du mixage, qui, ceci se devant d'être dit, est très réussi sur cet album), presque autant que les passages rapides (qui, comme le veut la tradition, sont fouettés de manière violente et efficace au possible par un batteur qui déteste ses fûts de tout son cœur). Et, après cet hymne aux anciens, réelle tempête sanglante et agressive, ouragan de haine sincère et maîtrisée, ou, si vous préférez (personnellement, j'ai un petit faible pour la première périphrase, ce qui explique sa place si dominante), un déferlement de blast beats (je pourrais citer n'importe quel morceau de l'album, mais je tenais à ce que le nom "Image Of The Serpent" apparaisse dans ma chronique) enragés et de mélodies morbides (j'ai, cerveau monopolisé par la musique oblige, oublié de mentionner les solos, qui sont tous plus excellents les uns que les autres), auquel on colle bien évidemment le sempiternel 7,5, l'album se clôt sur une douceur presque apaisante, laissant présager une suite aussi prévisible que jouissive.
Chronique : Durchfall
