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SOILWORK - The Living Infinite

Publié le par Nono666

SOILWORK - The Living Infinite
Nuclear Blast
Style : Melodic Death Metal
Origine : Suède
Sortie : 2013
Site Web : www.soilwork.org

SOILWORK_The Living Infinite



Disc 1 : 01. Spectrum Of Eternity / 02. Memories Confined / 03. This Momentary Bliss / 04. Tongue / 05. The Living Infinite I / 06. Let The First Wave Rise / 07. Vesta / 08. Realm Of The Wasted / 09. The Windswept Mercy / 10. Whispers And Lights

Disc 2 : 01. Entering Aeons / 02. Long Live The Misanthrope / 03. Drowning With Silence / 04. Antidotes In Passing / 05. Leech / 06. The Living Infinite II / 07. Loyal Shadow / 08. Rise Above The Sentiment / 09. Parasite Blues / 10. Owls Predict, Oracles Stand Guard

Après un grand retour en 2010 et un Panic Broadcast salué par la critique (autant que le retour dans les rangs de Peter Wichers), SOILWORK est de retour avec un double album (mais sans Peter Wichers). Deux albums en un, vingt morceaux : une belle pièce, fruit d’un travail d’équipe puisque tous les membres du groupe (qui n’est pas que suédois, mais bel et bien cosmopolite) ont participé à la composition des titres. Si effectivement ça nous donne à entendre diverses facettes du travail de SOILWORK et un mélange des styles qui nous préserve de l’ennui, on pourra tout de même remarquer que The living Infinite n’est pas un album homogène.  La première partie est toute en énergie, avec un "Spectrum Of Infinity" à l’intro trompeuse mais qui nous plonge dans un bon Death mélodique de derrière les fagots, alternant passages criés et chant clair (grand bravo à Björn Strid), rythmes rapides puis lancinants, avec des passages qui laissent bien les guitaristes se défouler et donner la mesure de leurs talents. Un premier morceau qui sonne épique, puissant, et qui est de très bon augure. On se rend compte au fil des morceaux que SOILWORK n’a pas envie de laisser tomber ce rythme effréné, et saluera la recherche des belles introductions qui jalonnent ce premier CD. "Let The First Wave Rise" est un véritable concentré de nervosité, morceau très rapide, survolté, qui donne la part belle à la guitare et à quelques envolées remarquables de technicité. Encore joliment introduit, le morceau "Vesta" est certes plus « radiophonique » mais ne détonne pas et ne « casse pas l’ambiance », idem pour "Realm Of The Wasted", très Death avec tout de même des passages très mélodiques à l’occasion de ruptures de rythmes pas forcément très bien amenées mais qui justement nous donnent l’occasion d’être surpris. J’aurais bien placé un « et là, c’est le drame », mais je vais tenter de ne pas exagérer (bien que je trouve cela très drôle, je sais aussi que si on le prend au premier degré ça devient vite ridicule). Les deux derniers morceaux, "The Mindswept Mercy" et "Whispers And Lights" détonnent, et nous offre un diptyque de ce que le Death mélodique peut faire de plus mièvre et « varièt’ », néanmoins, on ne pourra pas nier que ce sont là des graines de tubes, et que SOILWORK a le droit d’avoir envie de quelques morceaux plus calmes, pourquoi pas. Je ne suis pas certaine que cette première partie de The Living Infinite méritait de se terminer ainsi, mais quand il n’y en a plus, il y en a encore, comme on dit, alors allons-y pour le deuxième CD. Le premier morceau "Entering Aeons" se présente comme une intro de trois kilomètres (comment ça c’est pas la bonne unité de mesure ?) pour un deuxième CD qui se déroulera sur un rythme globalement moins effréné que le premier mais qui recèle lui aussi des pépites. Par exemple "Long Live The Misanthrope" qui d’entrée me fait mentir sur le côté moins effréné de la galette, mais j’avais dit « globalement » je signale, c’est peut être aussi un effet secondaire de la durée de l’album. "Drowning With Silence" est une belle illustration de la maîtrise vocale du monsieur, la trame mélodique ne casse pas trois pattes à un canard mais fonctionne, avec quelques envolées guitaristiques qui passent impeccablement, que demander de plus ? Peut-être un peu moins de facilité. Et nous en arrivons à "Antidotes In Passing", ce morceau a tout pour que je le déteste, mais la voix de Speed est ce qu’elle est : envoûtante ! Et ce morceau m’a, malgré moi, emportée. Je suis peut être trop sensible, mais malgré toute la « néo-métalité » (quand je ne trouve pas mes mots je néologise) estampillée mauvais LIMP BIZKIT à la "Behind Blue Eyes" de ce morceau, le refrain m’a remuée. "Leech" est aussi une belle performance vocale, même si ce sera moins émotionnel. C’est dans "The Living Infinite II" que l’on trouvera, à mon avis, le meilleur « résumé » pour ce double album : ce morceau allie toutes les qualités et les efforts qu’ont déployés SOILWORK, à savoir un bel alliage de mélodies évocatrices, voire planante, avec une brutalité maîtrisée. La part belle est faite au duo guitare/chant qui porte magnifiquement ce morceau. Si SOILWORK a traversé un petit passage à vide et a attaqué ce double album, projet ambitieux (quoiqu’ils n’aient apparemment aucun difficulté à beaucoup composer), sans Peter Wichers (dont l’absence s’était autrefois révélée catastrophique), cette fois l’alchimie est là, et ce n’est pas le dernier morceau, la conclusion magistrale de "Owls Predict, Oracles Stand Guard" qui viendra contredire ça (j’ai trouvé dans ce morceau une réminiscence d’un From Mars to Sirius, mais il m’arrive d’avoir beaucoup d’imagination). Autant le premier CD finissait un peu en eau de boudin, autant ce morceau vient clore d’une manière approprié The Living Infinite. Ce double album est, comme son nom l’indique, double et donc long. J’avais très mal accroché à la première écoute, il m’avait paru terne et étudié dans le seul souci d’être « radio friendly », mais The Living Infinite mérite que l’on s’y penche, et au fil des écoutes, révèle un art simple de la mélodie et de la technicité au service de l’émotion et de la puissance. La voix de Speed n’aura jamais été aussi bien utilisée.

Chronique par Nastassja

Note : 8,5/10

 

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