SHINING - Redefining Darkness
SHINING - Redefining Darkness
Spinefarm Records
Style : Black Metal
Origine : Suède
Sortie : 2012
Site Web : www.shiningasylum.com
01. Du, Mitt Konstverk / 02. The Ghastly Silence / 03. Han Som Hatar Människan / 04. Hail Darkness Hail / 05. Der Stora Grå / 06. For The God Below
Ce huitième album de SHINING, porté par son leader complètement déglingué mais néanmoins charismatique Niklas Kvarforth, réserve pas mal de surprises, album qu’il a composé en étroite collaboration avec le bassiste Christian Larsson. Ca commence tout en violence avec "Du, Mitt Konstverk", morceau très agressif avec quelques pointes mélodiques qui m’a immédiatement fait dire que décidément, j’aime SHINING ! Pas de surprise, mais c’est toujours bon de se dire que des groupes restent fidèles à eux-mêmes (ce qui comporte tout de même le risque de ne pas se renouveler). Entrée en matière tout en noirceur, gros riffs et cris de colère de Kvarforth : très bon ! Vient ensuite "The Gastly Silence" dont l’intro fait immédiatement penser à John Murphy et son incroyable bande son composée pour le film 28 semaines plus tard. Atmosphérique, chant clair, saxophone… je n’ai pas été désagréablement surprise mais malgré tout j’ai été quelque peu gênée par un je-ne-sais-quoi de trop lisse, même si j’ai grandement apprécié la référence (que j’espère voulue, sinon…). Tout le reste de l’album oscillera entre ces deux premières impressions, entre guitare acoustique, douceur et chant clair, et riffs énergiques, chant guttural et noirceur. Le véritable problème avec cet album c'est le dosage. Plus de douceur que d’énergie (du désespoir, c’est SHINING tout de même), et même sur certains passages, des relents de Rock old school qui m’ont déplu, car je ne m’attendais pas à entendre un album de SHINING tirant vers les canons radiophoniques. "Hail Darkness Hail" est un patchwork de différentes influences (j’ai même pensé à Rodrigo y Gabriela à un moment donné, tout en me posant la question « Mais qu’est-ce que ça fait là ça ? »). L’avant-dernière piste, "Der Stora Grå", n’est rien d’autre qu’une intro au piano. Un morceau, une intro, je ne savais pas en fait, ce n’est qu’une intro mais sans la suite : trois minutes de piano, bon… Mais la fin de l’album donne carrément une impression de fin bâclée, ça part dans tous les sens, on passe d’une intro à la guitare acoustique à un passage plutôt mal étudié, sans transition ou presque, dans le registre des gros riffs et du chant guttural, et ensuite, retour au chant clair, solo « old school », et la fin du morceau n’est pas une fin, juste le morceau qui s’éteint à la va-vite. Beaucoup de contrastes, de changements de rythmes, on est surpris, ce qui montre une certaine recherche ou plus simplement les changements brusques d’humeur de monsieur le leader Kvarforth qui a indéniablement une araignée au plafond (diagnostic de troubles bipolaires et de schizophrénie, comme si personne ne s’en doutait !), sauf que Redefining Darkness, à mon sens, abandonne quelque peu le côté Doom, je trouve cet album moins sombre et moins lugubre, alors que SHINING excellait naguère à poser ce genre d’atmosphère oppressante avec des mélodies inoubliables, là aussi avec de la guitare acoustique et des passages atmosphériques, mais en plus travaillé. Autre fait étrange : je ne comprends pas un mot de suédois, mais le chant en anglais m’a fait presque penser à de la variété (je ne suis pas fan de Robbie Williams…) et a moins de puissance évocatrice que lorsque Niklas Kvarforth chante en suédois. Ce dernier point est peut être un caprice de ma part, mais l’impression est là... Alors que je m’attendais à écrire une chronique dithyrambique sur ce groupe qui me fait habituellement frémir, Redefining Darkness me laisse une impression d’inachevé, de patchwork plutôt brouillon... je vais me remettre de cette petite déception en réécoutant l’album V-Halmstad qui n’est certes plus de première fraîcheur mais qui, à mon sens, renferme bien plus l’essence de SHINING que ce Redefining Darkness.
Chronique par Nastassja
Note : 6/10

