SEPULTURA - Machine Messiah
SEPULTURA - Machine Messiah
Nuclear Blast
Style : Groove/Thrash Metal
Origine : Brésil
Sortie : 2017
Site Web : www.sepultura.com.br
01. Machine Messiah / 02. I Am The Enemy / 03. Phantom Self / 04. Alethea / 05. Iceberg Dances / 06. Sworn Oath / 07. Resistant Parasites / 08. Silent Violence / 09. Vandals Nest / 10. Cyber God
On pouvait penser qu'après des albums éternels comme Arise (1991), Chaos A.D. (1993) et Roots (1996), et les départs conjugués des frangins Cavalera que SEPULTURA n'y survivrait pas, restant à tout jamais un mythe écorné et rouillé par le temps. En fait, il n'en fut rien. N'en déplaise à certains, SEPULTURA n'est pas mort, il est tout simplement différent. Et si, au fil des années et des sorties, le groupe a su conserver une certaine trajectoire, il n'a jamais cessé de se renouveler, proposant à chaque sortie des albums plutôt costauds, c'était notamment le cas de Kairos (2011) et The Mediator Between Head And Hands Must Be The Heart (2013) qui, s'ils faisaient toujours autant polémique, n'en étaient pas moins des disques relativement solides. Il est donc évident que l'attente quant à ce quatorzième album était à son maximum, et effectivement Machine Messiah surprend encore musicalement, proposant un travail de grande qualité et d'un éclectisme redoutable. Comment ne pas rester bouche bée avec cette magistrale entrée en matière qu'est "Machine Messiah" où Green s'exprime tour à tour en voix claire, narrée ou vociférant avec hargne et habileté sur des leads aériens et hyper mélodiques, avec l'apport de grattes ébouriffantes, d'ailleurs ces parties de guitare sont l'un des atouts de ce palpitant Machine Messiah ("Phantom Self, "Alathea", "Sworn Oath", "Cyber God"), le second étant sans conteste sa grande diversité. Dès "I Am The Enemy", on retrouve un SEPULTURA énervé, capable de décoincer le coccyx des plus belliqueux, suivi du terrifiant "Phantom Self" qui rappelle les joutes du temps jadis (tout comme "Resistant Parasites" à l'intro de basse dévastatrice) avec son refrain impérial et ses orchestrations orientales. Au passage, SEPULTURA semble largement s'imposer face à l'insipide CAVALERA CONSPIRACY, voire même face à SOULFLY qui, depuis quelques années, semble de plus en plus tourner en rond. Mais là n'est pas le débat ! Les riffs sont, comme avec l'imparable Kairos, superbes et tranchants, aiguisés comme la lame du sabre d'un samourai (l'instrumental "Iceberg Dances" et ses quelques parties acoustiques hispanisantes). "Sworn Oath" enfonce inexorablement le clou avec son riff assassin sur fond symphonique, et un Eloy Casagrande tout bonnement phénoménal, martyrisant sa double et ses futs telle une pieuvre tentaculaire. Sans oublier ce "Cyber God" vampirisant la fin d'album jusqu'à plus soif. Voilà, ça fait beaucoup pour ne pas admettre l'évidence, non ? Nier la qualité exceptionnelle de ce nouvel album serait une hérésie. Car oui, ce Machine Messiah est grand, SEPULTURA étant incontestablement redevenu, en cette année 2017, un véritable monstre du Metal. Réjouissons nous, les Brésiliens nous livrent là leur plus beau diamant depuis fort longtemps !
Chronique : Papa Bordg

