SELTAR - Aŕe Teike
SELTAR - Aŕe Teike
Autoproduction
Style : Atmospheric Black Metal
Origine : Etats-Unis
Sortie : 2015
Site Web : https://seltar.bandcamp.com
01. I / 02. II / 03. III
Il est fort compliqué de juger un album profondément ancré dans les émotions, le ressenti de l'instant, et la contemplation ; à n'en point douter, l'inanité ou non d'un son est en ce cas de figure profondément subjective, l'expression musicale d'une ignée liberté étant souvent contrainte par le contexte dans lequel est enfermé l'auditeur. Cependant, le cas n'est que plus épineux lorsque l'on aborde le Metal, qui plus est extrême, le genre étant dénué d'ultime parangon, et assez abstrait pour être ouvert à différents niveaux d'interprétation et d'appréciation.
C'est ainsi dans la connaissance de mon impuissance face à ce que je décris en ce premier paragraphe, que je me lance dans la description du second rituel de SELTAR, Aŕe Teike, afin de livrer de manière plus ou moins intéressante (à vous de juger), mon avis sur cette véritable déclaration d'amour du groupe Américain aux noms complexes, cette dernière étant composée de "II", "I" et "III", dans un ordre beaucoup plus académique, et, de manière plus sonore, d'un mélange de mélodies toutes plus tubesques les unes que les autres, le groupe nous baladant tranquillement dans ses méandres tantôt épiques, tantôt mélancoliques, parfois inquiétants, souvent couverts de blasts (et je ne puis passer à côté de l'occasion pour vous indiquer que le son de batterie, qui est si je ne m'abuse une boîte à rythme, n'est pas top à mes oreilles, qui le trouvent synthétique et manquant de puissance, bien que cela ne gâche rien aux compositions globales) toujours inspirés, nous plongeant dans l'univers glacial et nocturne du groupe. Les amateurs du simplisme et de l'atmosphère intrigante de DARKTHRONE, avec lequel il partage également sa difficulté d'accès, ses ambiances solitaires et les éléments qui seront par la suite cités, seront servis, entre les riffs entêtants et répétitifs (l'album s'achevant sur l'un des meilleurs d'entre eux), et la production assez étouffée, notamment au niveau du chant.
Si l'on peut regretter le manque d'évolution par rapport au premier essai du groupe (les similarités sont trouvables du propos à l'intro), il est indéniable que SELTAR propose ici un torrent d'émotions mixé à une expérience musicale complète qui, si elle ne marquera sans doute pas éternellement les esprits, permet de se plonger dans un monde dont l'auditeur deviendra le second architecte.
Chronique : Durchfall
