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REMOTE - Resilient

Publié le par Nono666

REMOTE - Resilient
Autoproduction
Style : Post-Hardcore/Noisecore
Origine : France
Sortie : 2016
Site Web : http://remotenoise.bandcamp.com

REMOTE - Resilient



01. Fading Away / 02. Messed Up Paradigm / 03. Landscrap / 04. Citizen Nausea / 05. The Clearest Horizon / 06. Milgram Park / 07. Introspective Red / 08. Unlearning Process / 09. Astral Urge / 10. Light Lapse / 11. Nootropics Of Cancer / 12. Key To Parasite

Et de sa noirceur jaillit sa valétudinaire beauté, à l'image de celle qui le représente, fresque métallique et sombrement marmonéenne, à l'agonie que dépeint, de ses cris schizophréniques et de ses guitares lancinantes, le groupe parisien REMOTE, sur un second album aux aspects de cantique au chaos, derrière sa façade aussi Post-Hardcore que post-apocalyptique. Plus abouti et mature que son prédécesseur Starving Blazes and Hollow Shades (2012), Resilient est une œuvre musicale complète et aboutie, une marée de sentiments adoubés par le son, dont la portée presque religieuse, s'abreuvant jusqu'à l'ivresse du noble art de la dissonance, porte l'âme aux portes de ce qu'elle refuse d'être. C'est donc par le despotique et braillard chant de AL, personnification crédible d'un désespoir que l'on ose croire réel, que sera porté l'ensemble des instrumentaux, bataille hybride entre des instruments à la malsaine expressivité, par lesquels passe la nausée maladive que porte REMOTE à l'être, dans sa composition la plus totale, et, par conséquent, la plus repoussante (il est bien évidemment temps, après avoir bien étalé ma vision des choses, que cette chronique ne peut se permettre d'être qu'une interprétation personnelle d'une musique fort abstraite, et, par conséquent, n'a aucune valeur objective), un sentiment facilement audible, à l'écoute des riffs plaintifs qu'exprime une guitare qui pourrait, d'un œil extérieur, paraître futile, mais qui, par la forme d'une alchimie, s'accapare une lourdeur et une aura presque Lovecraftienne (le terme me paraît être le plus juste), et ce sans jamais mettre de côté une basse capitale, qui tapisse et étouffe, de son son saturé et imposant, l'entièreté des passages de cet album, n'hésitant jamais à se passer de la guitare, pour se perdre corps et âme dans le rythme martial d'une batterie impériale et fougueuse, dont le rythme sec et rugueux donne à la globalité son sens et son sarcasme le plus viscéral. Et c'est en tant que géniteurs d'une atmosphère aussi prenante et totalitaire qu'est celle qui couvre l'album, que l'ensemble des mélodies semble être doté d'une aura intouchable et sacrée, pour devenir une globalité aussi décomposable que monolithique, cohérente sur toute sa longueur, nous plongeant ainsi dans ses ténébreuses entrailles, rendant sa violence réellement déchirante, et ses ambiances oppressantes presque douloureuses, mais ô combien jouissives (chaque morceau est une réelle agression, qui nous prend aux tripes pour ne nous relâcher qu'en sa fin, à savoir au bout d'environ 2 minutes et demi, pour la plupart), qui s'exprime par des touches de Noisecore disséminées ici et là, entachant la musique de leur brutalité primaire, afin de lui rendre son instinct le plus mystérieux, sorte de paradoxe musical fascinant et consternant à la fois. REMOTE nous sert une réelle implosion, dont je ne puis parler aussi bien qu'elle même, dont on attend, lorsque "Key To Parasite" s'engouffre dans le silence le plus théâtral qui suit l'album, une concrétisation live des plus saignantes, ainsi qu'une suite à une œuvre qui prendra avec le temps en ampleur. Et ce n'est que le début...

‪Chronique : ‎Durchfall‬

REMOTE - Resilient

 

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