REGIMENT - On Les Aura!
REGIMENT - On Les Aura !
Antiq Label
Style : Black Metal
Origine : France
Sortie : 2015
Site Web : http://antiq.bigcartel.com
01. L'Ogre l'emporte encore à l'Est / 02. Sauvagerie Prussienne / 03. La Sape / 04. La Mort du Nègre / 05. ...En dépit des Assaults Furieux du Kronprinz... / 06. En Avant ! / 07. Des Capotes à la Popote / 08. Credo
« REGIMENT », avec un tel nom de groupe, on s’attend à entrer en guerre. « On les aura ! », mots prononcés par le général Pétain le 10 avril 1916, durant la fameuse bataille de Verdun, afin d’encourager les combattants, je cite : « Les Allemands attaqueront sans doute encore. Que chacun travaille et veille pour obtenir le même succès qu’hier... Courage, on les aura ! ». On a donc compris qu’il s’agissait là de la 1ère Guerre Mondiale ! Bon ok, AZZIARD est déjà passé par là, avec deux albums sur le thème, et a placé la barre très haut ! Alors, quoi ? C’est une mode ou quoi, la première guerre mondiale, chez les black metalleux parisiens ?
Je mets le premier morceau de REGIMENT, c’est une intro, qui me rappelle « Des Geyers Schwarze Haufen » (la horde noire de Florian Geyer), un ancien chant allemand du XVe siècle, repris par ABSURD (comme je ne suis pas spécialiste des chants anciens, je me renseigne auprès du label du groupe : Antiq Label, qui m’explique qu’il s’agit en fait de "La Marche Triomphale" composée pour l'empereur des Allemagnes, en 1870). Cela dit, cette intro est magnifique, envoûtante, angoissante et froide, avec un discours samplé, ça commence très bien ! Je sens que ça va me plaire. Avec "Sauvagerie Prussienne" (qui porte bien son nom), le premier morceau, on se prend une « sauvage » claque de rapidité et d’intensité. Je ne suis pas vraiment emballée par ce que j’entends : des rythmes, certes effrénés, des blasts qui envoient, mais le tout est un peu brouillon. J’ai du mal à m’y retrouver. C’est probablement voulu, ça donne une ambiance très violente, un vrai carnage ! Ensuite, vient "La Sape", nom qui fait référence aux tranchées de la première guerre mondiale, plus mélodieuse, plus jolie et toujours aussi violente. Les titres suivants sont un cran au dessus. Comme "La Mort du Nègre », qui fait probablement référence à l’enfer des soldats africains durant cette guerre, et qui débute de façon calme, mélancolique et mélodieuse. La guitare nous berce, puis nous entraine dans un Heavy Metal moderne et rapide. A travers ce morceau, on oscille entre Heavy et Black. C’est vraiment excellent, entrainant. Je me laisse prendre au jeu : le morceau est bien construit et original, différent des deux premiers. Il est travaillé, structuré et inspiré. Je commence à être beaucoup plus attentive à ce qui suit. Les trois autres morceaux sont dans la même veine, teintés de Heavy. J’y prends vraiment goût ! Le tout reste brutal, guerrier, par moment martial, tout en étant poétique et original. Des samples nous plongent en pleine guerre des tranchées, tout en rappelant ces vieux documentaires sur Arte, genre « La grande Guerre » qui passent à minuit et que personne ne regarde (en tous cas, pas moi). Quant à l’outro, il s’agit d’un poème de Déroulède (poète et homme politique français du XIXè siècle, fondateur de la ligue des patriotes, fortement dominé par l’idée de revanche sur l’Allemagne, pour faire court), qui n’est pas sans controverse, du coup, et dont voici un extrait : « Je crois en Dieu. La France attristée, abattue, Laisse opprimer son âme et forcer son aveu; La grande Nation dort d'un sommeil qui tue. Mais l'heure du sursaut viendra. Je crois en Dieu ». Cela dit, cette outro clôture parfaitement On les aura !. Le poème "Credo" est superbe, mélancolique et plein d’espoir à la fois.
Globalement, cet album est plutôt réussi, chargé d’Histoire et de batailles. Emprunt de colère, de révolte et de combats. Je ne pense pas me tromper en disant que ce n’est pas simplement de la musique, mais un cri, un appel à l’éveil des esprits, une ode à l’Histoire qui se répète et aux hommes qui se sont battus, ici ou là-bas et qui sont morts debout, avec honneur et fierté.
Chronique : Fanny

