POWER FUEL - Tribute To Slayer
POWER FUEL - Tribute To Slayer
Great Dane Records
Style : Slayerian Thrash Metal
Origine : France
Sortie : 2015
Site Web : www.powerfuel1.bandcamp.com
01. South Of Heaven / 02. The Antichrist / 03. Seasons In The Abyss / 04. Hate Worldwide / 05. Spirit In Black / 06. World Painted Blood / 07. Behind The Crooked Cross / 08. Expendable Youth / 09. Angel Of Death / 10. Raining Blood
On avait déjà pu remarquer à l’occasion de quelques concerts que Laurent HAUET, guitariste des Saint Quentinois de POWER FUEL, était un fan absolu de SLAYER, allant jusqu’à adopter la même attitude et la même silhouette que Kerry KING, alors voir débouler cet album Tribute To Slayer n’est pas si surprenant finalement. Précisons que le groupe a publié deux albums dont le dernier, Unleash The Bastards en 2013, et qu’il officie habituellement dans un Thrash/Death Metal assez vindicatif. Dans ce genre d’exercice, la sélection des morceaux est une étape importante et pour POWER FUEL, si on retrouve bien évidement des extraits des classiques South Of Heaven, Seasons In The Abyss, Reign In Blood et Show No Mercy, aucun extrait de Hell Awaits, ce qui est déjà une petite surprise mais aussi, la présence de deux extraits du récent World Painted Blood dont la chanson titre. Voilà une sélection qui n’est pas si évidente puisque pas de "Dead Skin Mask", "Spill The Blood", "Mandatory Suicide", "Hell Awaits", "Die By The Sword" ou "War Ensemble" (les coquins nous prévoiraient ils un deuxième volume ?), un premier point positif. Deuxième point, la production, et sur ce point, géré en autonomie par Laurent HAUET, la production en impose même si la double grosse caisse sonne très lointaine mais on y reviendra. Les guitares sont tranchantes, la basse bien présente et la voix bien intégrée au reste… bref une petite réussite. Viennent ensuite les sujets un peu plus irritants et par quoi commencer, parle-t-on d’abord de cet artwork ? Bon d’accord c’est dans la lignée de l’album précédent du groupe, mais reconnaissons tout de même que ce "dessin" est assez… spécial ! Bref, passons au line-up. En condition studio, le groupe passe du quatuor au duo puisque Laurent HAUET s’occupe des guitares, de la basse, des claviers et de la programmation de la batterie… hein quoi ? Programmation de la batterie, non là les gars, c’est pas sérieux… voilà l’explication de ce son de batterie si net et sans vie et on soupçonnerait même que les guitares n’aient pas été enregistrées à l’ancienne, voilà une erreur de taille pour rendre hommage au groupe qui prône la sueur, la violence, la testostérone à tout va, il faut que ça suinte de partout, question de facilité certainement pour Laurent HAUET mais c’est dommage ! Enfin finissons avec la prestation vocale de Ben Laurence, qui physiquement renvoie plus vers le frontman d’IMPALED NAZARENE que vers Tom ARAYA, car vocalement si le bonhomme ne singe pas le chant de SLAYER, il en suit tout de même le placement vocal original. Et cela fonctionne plutôt bien sur les anciens titres à l’image d’un "Seasons In The Abyss" dont les quelques points mélodiques dans le chant de Tom ARAYA est plutôt bien retranscrit ici en voix plus gutturale. Là où les difficultés se font sentir, ce sont sur les deux titres plus récents que sont "World Painted Blood" et "Hate Worlwide", autrement dit lorsque SLAYER était sauvage, la voix Death de Ben colle très bien, mais lorsque le chant se fait plus subtil, le chanteur laisse transparaitre un petit accent franchouillard qui peut altérer la magie pour les fans des Américains ("World Painted Blood") alors que sur le deuxième titre, c’est une voix rappelant le Max CAVALERA de Beneath The Remains manquant un peu de souffle et disparaissant parfois dans la masse que Ben propose. Bon au-delà de l’utilité d’un tel album, il y a l’aspect exécution qui n’est pas dégueulasse et rend plutôt hommage à SLAYER (même si l’aide informatique n’est pas à négliger ici), enregistrer pourquoi pas mais proposer quelques reprises ici et là au fur et à mesure des sorties d’albums, EP, splits, aurait peut-être été plus judicieux pour POWER FUEL dont le lien avec SLAYER sera pour longtemps assimilé à de la copie alors que le groupe n’est pas du tout dans cette veine, il y a ce que l’on aimerait faire et l’image que ça renvoie et là ce n’est pas vraiment une image positive, même si pour le coup il y a plus de chance que l’on parle du groupe avec cet album que pour un album original, serait-ce que le groupe cherche ?
Chronique : Aymerick Painless

