PERSEFONE - Aathma
PERSEFONE - Aathma
ViciSolum Productions
Style : Progressive/Melodic Death Metal
Origine : Andorre
Sortie : 2017
Site Web : www.persefone.com
01. An Infinitesimal Spark / 02. One Of Many… / 03. Prison Skin / 04. Spirals Within Thy Being / 05. Cosmic Walkers / 06. No Faced Mindless / 07. Living Waves (feat. Paul Masvidal) / 08. Vacuum / 09. Stillness Is Timeless / 10. Aathma (I. Universal Oneness / II. Spiritual Bliss / II. One With The Light / IV. …Many Of One)
Comment une principauté aussi petite que Andorre a t'elle pu engendrer un groupe aussi énorme que PERSEFONE ? Il semblerait que la cour des miracles musicale existe encore tant ce combo est stratosphérique, et ceci surtout depuis 2013 avec la sortie de ce joyau qu'est Spiritual Migration. Celui-ci étant la parfaite symbiose entre Black et Death, avec cette touche exquise et ô combien raffinée de Metal progressif. Depuis sa création en 2001, le talent indéniable des Andorrans, tant au point de vue technique que par leurs compositions grandioses, n'a cessé de se bonifier, et l'arrivée de cette cinquième galette, Aathma, est un pur et intense moment de bonheur qui, après une seule écoute, semble déjà perdurer dans les mémoires. Pour cette nouvelle pépite, le sextet à quelque peu évolué, avec l'arrivée en 2015 du batteur Sergi Verdeguer et l'intégration du guitariste Filipe Baldaia, tous deux issus de la formation Death progressive NAMI. Mais on le sait tous, un grand opus ne peut rarement exister sans une grande production, ce que Jens Bogrén (OPETH, KATATONIA, DEVIN TOWNSEND) a su faire avec Aathma, lui insufflant puissance, clarté et limpidité, tout en optimisant le son des parties les plus complexes et travaillées. PERSEFONE fait d'Aathma une œuvre riche, à plusieurs facettes, semant tour à tour tempête, colère, rage, mais aussi amour, calme et douceur, le tout servi avec une grande beauté et une foule d'émotions ! Et c'est bien ce qui semble être la force principale d'Aathma, dont le concept aborde la thématique de l'homme et de l'existence et de sa place dans l'univers. Nous parlions de douceur, celle-ci, délectable, que l'on retrouve dès l'ouverture originale de l'opus par deux instrumentaux, ou presque, car le premier "An Infinitesimal Spark" laisse entrevoir quelques paroles vocodées par Paul Masvidal de CYNIC. Pièces instrumentales que l'on pourra également retrouver sur les planants et atmosphériques "Cosmics Walkers" et "Vacuum". Le premier titre chanté, "Prison Skin", est d'une beauté à tomber, sorte d'alchimie parfaite entre brutalité, finesse et raffinement. Petite intro au piano, sublime, pour un déferlement de notes fortes et puissantes, ponctuées par la suite par un canon de voix court et intense. Le pont atmosphérique est cosmique, laissant les voix claires s'épancher, Sergi Verdeguer y déployant ensuite tout son potentiel à travers des roulements de toms intempestifs et des plus jouissifs. Les Catalans sont vraiment bourrés de talent, nous le prouvant de nouveau avec le furieux et complexe Thrash djent "Spirals Within Thy Being". Filipe Baldaia y claquant un solo mémorable, laissant les mâchoires ouvertes, cassées, brisées en deux par tant de génie. Quel voyage intense et génial dans les tréfonds des astres dont "Cosmics Walkers" fait partie intégrante, sa rythmique presque jazzy, virevoltant au gré de la voie lactée et de ses notes acoustiques si belles et précieuses. Quel monde merveilleux que cet Aathma, celui-ci se posant de nouveau sur plus de véhémence avec le débridé "Living Waves", laissant la poésie vocale de Paul Masvidal s'exprimer de nouveau, celui-ci étant en totale contradiction avec les growls incendiaires de Marc Martins. Mais "Stillness Is Timeless" fait encore monter d'un cran la pression et la violence du propos, l'étau se refermant sur son Death Metal hybride où la bête se fend d'une intro guitaristique bluffante digne des plus grands. Le refrain en voix claire est démentiel, emmené de façon supersonique à l'instar d'un SOILWORK. Le passage progressif est à tomber. Une partition absolument phénoménale se concluant par vingt minutes de pure féerie avec l'éponyme "Aathma" (un solo de guitare y est joué par Oystein Landversk de LEPROUS) composé de quatre actes, sublimé sur la fin par le chant féminin de Merethe Soltvedt (ANGELFLARE) presque irréel tant il émeut. PERSEFONE met au monde un pur chef d'œuvre, son meilleur atout, son meilleur album, malgré la qualité déjà exceptionnelle de ses précédentes réalisations, qui n'est pas sans rappeler l'originalité et la furia imaginative d'un THE FACELESS, évidemment en plus progressif et moins Death Metal. PERSEFONE nous livre là un album grandiose qui devrait, sans trop de mal, marquer l'année 2017 de son sceau.
Chronique : Papa Bordg
