PARADISE LOST - The Plague Within
PARADISE LOST - The Plage Within
Century Media
Style : Gothic Metal
Origine : Royaume-Uni
Sortie : 2015
Site Web : www.paradiselost.co.uk
01. No Hope In Sight / 02. Terminal / 03. An Eternity Of Lies / 04. Punishment Through Time / 05. Beneath Broken Earth / 06. Sacrifice The Flame / 07. Victim Of The Past / 08. Flesh From Bone / 09. Cry Out / 10. Return To The Sun
On le sait maintenant, PARADISE LOST n’en fait qu’à sa tête et va là où il veut bien aller. Ceci dit avec l’apparition de VALLENFYRE et de BLOODBATH dans l’environnement proche du groupe, on pouvait en tirer deux lignes directrices pour le nouvel album. Soit les deux têtes pensantes s’en trouvaient influencées au point d’intégrer du Death Metal dans les nouvelles compositions, soit elles avaient assez de place pour exprimer ce côté-là de leur personnalité dans ces deux groupes et amèneraient PARADISE LOST vers quelque chose de plus doux, comme un léger pas en arrière par rapport à Tragic Idol ou Faith Divides Us Death Unites Us qui avaient déjà vu revenir à pas feutrés ce style que les Anglais pratiquaient à leurs débuts. Quelques indices avaient filtré, annonçant ce nouvel album comme le plus Heavy, et la promesse est tenue mais le groupe n’en a pas perdu pour autant son efficacité mélodique et cela se vérifie très rapidement avec "No Hope In Sight" aussi addictive qu’efficace, Nick growle et Greg tranche net avec ses leads classieux. "Beneath Broken Earth" se révèle comme l’un des titres les plus Doom jamais écrit par le groupe, ce titre pesant se cale parfaitement entre un "Punishment Through Time" avec ses relents d’Icon et ce "Sacrifice The Flame" absolument magistral, certainement le meilleur titre de cet album, alors que "Victim From The Past" continue d’enfoncer le clou même si, de prime abord, l’enchainement de deux titres avec des cordes pouvait surprendre, la dynamique de l’album s’en trouve parfaitement équilibrée surtout qu’ensuite arrivent "Flesh From Bone" et la vue la plus Death que le groupe ait insufflé à un de ses titres, juste imparable avant le très surprenant "Cry Out" et ce refrain inhabituel qui nous renvoie vers Paradise Lost et enfin ce "Return To The Sun" gavé de chœurs comme parfaite conclusion. Pour autant, The Plague Within n’est pas du tout un retour en arrière car si la voix Death domine ici, l’aspect Gothic Metal développé depuis trône encore en bonne place sur cet album, les anglais restent certainement le seul groupe qui réussi à faire que chaque album est différent des autres, aucune redondance même si dernièrement le groupe commençait à s’enfermer dans un Gothic Metal bien calibré avec des leads de guitare qui commençaient à se ressembler d’un album à l’autre, là, PARADISE LOST envoie tout valser et donne enfin l’occasion à Adrian ERLANDSON de rappeler qu’il est un batteur pouvant jouer du Death Metal sans claquer du blast partout, la finesse au service d’une ruguosité retrouvée avec panache et talent. Mais le groupe n’a pas que renouvelé son style, également son son avec l’abandon du talentueux Jens BOGREN au profit de Jamie Gomez Arellano, un producteur qui a le vent en poupe en ce moment, ainsi qu’une cassure dans l’artwork et ce travail de Zbigniew Bielak (ndlr c’est là où on apprécie d’être dans la presse écrite et non à la radio) qui colle parfaitement au contenu musical. Alors finalement, que peut-on reprocher à ce nouvel album des Anglais, et bien pas grand-chose si ce n’est "Terminal" et "An Eternity Of Lies" qui se fondent un peu trop dans le décor, vraiment pas mauvais du tout mais chacun des autres titres ayant leur propre personnalité, on est surpris par la forte ressemblance des 3 premiers titres. Par contre, si les premières écoutes peuvent s’avérer difficiles, sur la durée, cet album rentre dans le crâne comme jamais et cela est le signe que The Plague Within survivra sans mal à l’épreuve du temps. Une nouvelle question se pose maintenant, vers quoi vont-ils aller maintenant ? Ce groupe donne vraiment l’impression de faire de la musique comme un art et non comme un gagne-pain, et là est toute la différence avec bien d’autres.
Chronique : Aymerick Painless

