OBSCURA - Akroasis
OBSCURA - Akroasis
Relapse Records
Style : Technical Death Metal
Origine : Allemagne
Sortie : 2016
Site Web : www.realmofobscura.com
01. Sermon Of The Seven Suns / 02. The Monist / 03. Akroasis / 04. Ten Sepiroth / 05. Ode To The Sun / 06. Fractal Dimension / 07. Perpetual Infinity / 08. Weltseele / 09. The Origin Of Primal Expression
OBSCURA a connu ces dernières années de sérieux mouvements de line up, laissant l'emblématique leader Steffen KUMMERER (chant & guitare) seul aux commandes de son monstre tentaculaire, les autres ayant décidé de quitter le navire pour causes de divergences musicales. OBSCURA se compose donc aujourd'hui, outre Steffen KUMMERER, de Rafael TRUJILLO (guitare), Linus KLAUSENITZER (basse - ex-FALL OF SERENITY) et Sebastian LANSER (batterie - PANZERBALLETT, ex-EDENBRIDGE). Akroasis est le quatrième album des Allemands munichois, toujours conceptuel, abordant la thématique philosophique de l'existence. Depuis l'intouchable et pharaonique Cosmogenesis (2009), le Death technique progressif du combo me fait saliver d'impatience à chaque nouvelle sortie. Autant vous annoncer la couleur tout de suite, ce nouvel effort obscure est d'une compléxité inouie, un vrai travail d'orfevrerie, mais sans jamais être dépourvu de mélodies inclassables et incroyables qui font tout bonnement rêver. Steffen KUMMERER réalise ici un travail titanesque, que ce soit au chant ou à la guitare. Il growle ("The Monist"), susurre, crie ("Akroasis"), scande, utilise le vocoder façon CYNIC ("Sermon Of The Seven Suns", "Perpetual Infinity"). Les solos et rythmiques qu'il distille sont fabuleux ("Perpetual Infinity"), les harmonies sont à tomber ("Weltseele"), les arpèges originaux ("The Origin Of Primal Expression") et sombres ("The Momist"). De plus, la basse aère l'ensemble et lui donne une dimension quasi poétique, tels les vers d'un Verlaine ou d'un Rimbaud. Et tout ceci, croyez moi, est concentré dans le long et progressif "Weltseele" au magnifique début acoustique, relayé par une basse incroyable de sensualité, et ce malgré sa compléxité. Violon, orchestre et quelques consonnances arabisantes parsèment également ce Akroasis. Nous sortons ébahi et subjugué d'une telle démonstration de créativité ! Cependant, malgré un tel genie et le fait que nous ayons affaire à un groupe original à la personnalité affirmée, OBSCURA laisse quelques fois filtrer de petits indices quant à ses influences : CYNIC n'est plus à citer, "Ode To The Sun" et son début pachydermique font, quant à eux, penser à nos Français de GOJIRA, impressionnant avec ses percussions dignes d'une armée prête à en découdre avec l'ennemi, avec ses chœurs de fin concluant ce superbe titre de façon magistrale. On pourrait aussi parler de "Fractal Dimension", morceau puissant assez extrême, avec un riffing proche d'un MESHUGGAH, ayant, presque sur sa fin, un monstrueux passage acoustique, ultra technique mais aussi d'une grande vibration. OBSCURA termine ce Akroasis par un instrumental court des plus palpitant où Steffen KUMMERER montre, même au plus septique, toute l'étendue du genie qui l'habite. Faire l'impasse sur ce disque serait une grave erreur, de la folie même, tant il recèle de trésors cachés qui ne demandent qu'à se révéler au fil des écoutes. Un album absolument dantesque.
Chronique : Papa Bordg

