MONO / THE OCEAN - Transcendental
MONO / THE OCEAN - Transcendental
Pelagic Records
Style : Instrumental Post-Rock
Origine : Japon / Allemagne
Sortie : 2015
Site Web : www.monoofjapan.com / www.theoceancollective.com
01. MONO : Death In Reverse / 02. THE OCEAN : The Quiet Observer
Il y a comme ça des trajectoires parallèles qui finissent, à la grâce d’un évènement ponctuel, par devenir tangentes. Si THE OCEAN fait clairement partie du paysage musical vu de ma fenêtre, ce n’est pas le cas de MONO, un groupe Japonais qui naviguent depuis plus de 15 ans et a déjà proposé 9 albums. Le groupe est instrumental uniquement et, à l’écoute de ce "Death In Reverse" qui ouvre ce split EP, on comprend de suite le rapprochement avec les Allemands de THE OCEAN, rebaptisé THE OCEAN COLLECTIVE pour l’occasion. C’est que le groupe qui propose là ses premiers enregistrements depuis le départ de Luc HESS et Jona NIDO (COILGUNS) et une chose est sure, c’est que ce n’est pas un enregistrement des plus banals puisque comme MONO, le titre est totalement instrumental (si on excepte les deux phrases parlées sur la fin du morceau). Pour le titre des Japonais, la douceur et le spleen sont les deux ambiances qui rapidement vous enveloppent là où THE OCEAN se montre un tout petit peu plus menaçant, et la phase progressive des Japonais l’emporte, très largement ponctuée par cette partie au piano accompagné de claviers. Cette partie est certes très simpliste mais elle contient une partie répétitive qui sert de rampe de lancement au "The Quiet Observer" et là on retrouve de suite la patte de THE OCEAN qui ne fait jamais les choses par hasard, OK le groupe s’est acoquiné le temps d’un split avec un autre groupe mais on y découvre également un travail collectif entre les deux groupes, ou alors le hasard fait vraiment bien les choses. THE OCEAN et son talentueux compositeur, Robin STAPS, en donne une version plus chargée et plus orchestrée respectant parfaitement le spleen et la mélancolie de la fin de "Death In Reverse" mais qui reprend un visage plus commun après 2 minutes 30, et si la voix Loic ROSSETTI manque, on remarque le fabuleux travail de deux invités spéciaux expliquant la modification du patronyme avec Dalai Theofilopoulou au violon et Irakli Mamrikishvili au piano. Le plus surprenant est que la face la plus Post-Hardcore du groupe est totalement absente ici et ne manque absolument pas, sans dire non plus que dans le cadre d’un album cela ne manquerait pas non plus, les 12 minutes succédant aux 10 minutes du premier titre de MONO s’enquillent sans problème, on en aurait même repris un peu tant l’ambiance y est excellente, la production chaude et très organique nous caresse les oreilles, le groupe se permettant même d’inclure un solo de guitare en son milieu, les Allemands se lâchent et font mouche. Orné d’un artwork où on y retrouve des codes de la culture Japonaise et la démonstration d’un rapprochement intelligent de deux groupes, l’un moins Rock, MONO, qui développe une idée plus délicate et mélancolique de sa personnalité, l’autre plus habitué à envoyer la sauce, THE OCEAN, et qui se retrouvent sur un terrain à mi-chemin. Voilà une parenthèse bien rafraichissante et la démonstration du talent de ces deux groupes que les amateurs de Post-Rock peuvent se permettre d’écouter sans inquiétude, la qualité est une nouvelle fois de mise même si on constate que ce sont les Japonais qui se sont mis au niveau des exigences des Allemands en matière d’ambiance musicale et de qualité d’enregistrement et de production !
Chronique : Aymerick Painless

