KORN - The Serenity Of Suffering
KORN - The Serenity Of Suffering
Roadrunner Records
Style : Néo Metal
Origine : Etats-Unis
Sortie : 2016
Site Web : www.korn.com
01. Insane / 02. Rotting In Vain / 03. Black Is The Soul / 04. The Hating / 05. A Different World (feat. Corey Taylor) / 06. Take Me / 07. Everything Falls Apart / 08. Die Yet Another Night / 09. When You're Not There / 10. Next In Line / 11. Please Come For Me
Ah, KORN ! Que d'émotions passées avec les Américains, et ce depuis 1994 et l'album éponyme, qui reste cher au cœur de votre serviteur tant il fut écouté sans aucune lassitude possible. Jonathan Davis et les siens ont su créer un style bien à eux qui fut décliné à travers des œuvres riches et différentes tout en gardant la patte qui caractérise tant le groupe. Avec ce son grave et lourd, cette basse très marquée et clinquante, avec de réelles envolées lyriques distillées par un chanteur à l'organe vocal éclectique qui sait se faire sensible mais aussi méchant. Mais depuis les chefs-d'œuvre passés que furent Follow The Leader (1998), Issues (1999) et Take A Look In The Mirror (2003), KORN semblait, au fil des ans, enchaîner les albums sans grande inspiration, en y perdant carrément son âme. Allant jusqu'à l'infâme et grotesque The Path Of Totality délivrant une musique à base de dubstep qui n'était, en fait, qu'un leurre pour masquer la frustration d'un groupe qui n'arrivait plus à se renouveler depuis des lustres. Mais le ciel s'éclaircira de nouveau en 2013 avec The Paradigm Shift, album qui marquera le retour providentiel de Head, et surtout renouera enfin avec l'inspiration !
Alors, autant le dire tout de suite, si l'attente était grande avant la découverte de ce nouvel opus, The Serenity Of Suffering est une vraie réussite, KORN y distille une partition solide, puissante, frissonnante, porté par un Jonathan Davis exceptionnel, émouvant et caméléon. Certes, la formation de Bakersfield ne révolutionne pas sa musique mais a au moins le mérite de faire du grand KORN, en enchaînant les tubes potentiels ! Le premier titre "Insane" le confirme d'ailleurs de fort belle manière, la bête est en pleine possession de ses moyens. Mais dès que résonne les première notes de "Rotting In Vain", avec son riff lourdingue, sa basse qui tape, la chair de poule nous gagne, et quelle accélération terrible, avec un Ray Luzier tout bonnement redoutable. Jonathan Davis y semble en transe, son chant passant par toutes les phases de la possession, tantôt ange, clown démoniaque ou aliéné mental. Et ce n'est que le début ! Le chanteur enfonçant le clou avec le magique "Black Is The Soul", tour à tour doux et méchant. Il nous dérouille à nouveau les oreilles avec son chant d'écorché vif sur "The Hating", les guitares se font nerveuses et distordues, puis envoûtantes, pour finir par un déluge de violence totalement endiablé. Arrive ensuite "A Different World" qui voit la participation étincelante de Corey Taylor (SLIPKNOT, STONE SOUR), où KORN insuffle quelques sons pouvant faire penser à un autre géant américain : TOOL. Un diamant brut, ce titre ! Le monde va de nouveau respirer et vivre KORN comme à la grande époque, c'est une certitude. Une vague de vrais sentiments s'insère dans notre esprit à l'écoute de "Take Me" où le groupe se veut toujours aussi puissant, swinguant, mais aussi planant, avec un groove de folie (vous comprendrez mieux en écoutant cet excellent morceau). Cette folie groovante se retrouve également sur le tubesque "Everything Falls Apart" au chant fou et complètement débridé. A partir de ce moment, The Serenity Of Suffering se veut moins direct, différent, plus sinueux, mais finalement, après plusieurs écoutes, tout aussi intéressant et fabuleux. Des tueries comme "Die Yet Another Night", "When You're Not There" (la section basse/batterie y est terrible) ou "Please Come For Me" disposent tous de refrains fantastiques et fédérateurs. KORN signe, avec ce douzième opus, un nouveau monument qui risque de déferler sur le monde métallique comme un véritable tsunami, KORN is back, vous voila prévenus !
Chronique : Papa Bordg
