KATATONIA - The Fall Of Hearts
KATATONIA - The Fall Of Hearts
Peaceville Records
Style : Melancolic Metal
Origine : Suède
Sortie : 2016
Site Web : www.katatonia.com
01. Takeover / 02. Serein / 03. Old Heart Falls / 04. Decima / 05. Sanction / 06. Residual / 07. Serac / 08. Last Song Before The Fade / 09. Shifts / 10. The Night Subscriber / 11. Pale Flag / 12. Passer
Groupe au magnétisme exceptionnel, KATATONIA nous a souvent émerveillé avec des albums fantastiques à la beauté rare et touchante. Comment ne pas s'extasier devant des bijoux tels que The Great Cold Distance (2006) et surtout Night Is The New Day (2009) dont la noirceur étincelante nous va droit au coeur. Mais malheureusement la flamme s'était depuis un peu ternie, ne proposant plus cette large palette d'émotions diffusée autrefois avec autant de personnalité, de charisme et de classe. Les Suédois semblant se répéter quelque peu sur Dead End Kings (2012) et recyclant leurs idées acoustiques sur le dispensable Dethroned And Uncrowned (2013). De plus, le départ de deux des membres du groupe n'était pas là pour rassurer les fans quant à l'avenir de KATATONIA et à la qualité de son nouveau bébé, The Fall Of Hearts. Alors parlons un peu de ce nouveau line-up, le guitariste Roger Öjersson ne plaçant finalement que quelques soli sur l'oeuvre, et Daniel Moilanen, le nouveau batteur, prenant part, quant à lui, au processus d'écriture et à l'enregistrement de ce nouvel album, celui-ci faisant même parler la double pédale en réponse à quelques riffs bien appuyés ("Serac", "The Night Subscriber", "Passer"). Avec ce The Fall Of Hearts, KATATONIA nous livre un disque plus complexe, voire progressif, distillant à merveille ténèbres et lumière. L'univers mélodique et mélancolique du groupe reste identique mais la musique se veut moins simpliste, plus recherchée et alambiquée. Ce onzième effort se révèle beaucoup plus varié, disposant de nombreux moments de pure intensité émotive, pimenté par des arrangements typiquement Metal ("Residual", "Serac", "Passer") qui permettent d'élever considérablement les débats. Les rythmes sont plus enlevés, les mélodies transcendent notre esprit, le possédant comme jamais ("Takeover", "Old Heart Falls", "Decima" ou "Last Song Before The Fade" aux relents jazzy). KATATONIA flirte également par instants avec des sonorités Prog 70's qui ne sont pas sans rappeler OPETH ("Serein", "Decima", "Sanction" ou "Serac"). La musique est d'une richesse inouïe, parfaitement pensée et totalement maitrisée. Les ambiances y sont absolument imprégnantes, envoutantes et sombres, parfois presque symphoniques ("The Night Subscriber"), donnant encore plus d'attractivité, de beauté et de cachet à ce formidable ouvrage. Soulignons également ce beau moment calme acoustique qu'est "Pale Flag". Voilà, ce bijou se savoure avec le temps et les écoutes successives tant il est subtil et travaillé, mais ceci sans perdre l' essentiel : la flamme. KATATONIA réussit donc un coup de force, que dis-je, un coup de maitre que l'on n'osait plus espérer. Il redevient un groupe essentiel dans l'essaim de l'élite Metal. Les surprises ne sont pas toujours bonnes mais celle-ci, si elle est inattendue après un Dethroned And Uncrowned plutôt moyen, est purement jouissive. Grands, ils étaient, grands, ils sont redevenus !
Chronique : Papa Bordg
