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HORD - The Book Of Eliot

Publié le par Nono666

HORD - The Book Of Eliot
Send The Wood Music
Style : Progressive Post Metal
Origine : France
Sortie : 2013
Site Web : www.facebook.com/hordband

HORD_The Book Of Eliot



01. Analepsis / 02. Confession / 03. At The Gate / 04. The Sleepless Journey / 05. Landscape With The Fall Of Icarus / 06. The Unwaverings / 07. On Collision Course / 08. Unleash The Hermod / 09. Kindermord / 10. What The Thunder Said

Formés en 2002, HORD, qui rassemble (à l’époque) les membres des groupes LYLMOSS et HOMECREEP, a exploré différents genres et semble s’être trouvé. Après un Reborn From Chaos en 2006 qui les avait fait remarquer avec un mélange de Death et de Néo Metal, ils remettent le couvert en 2010 avec un nouveau line up et une ambiance plus progressive au programme, avec un album concept apocalyptique, The Waste Land, qui en a surpris plus d’un : ils se sont « assagis », c’est un album plus mature mais qui ne renie pas le côté « couillu » de nos Français. Une réussite donc, à laquelle doit se mesurer The Book of Eliot, le nouvel opus du groupe. D’ailleurs, la transition est parfaite, avec un morceau d’introduction, "Analepsis", qui reprend la récitation de différents vers de la première partie du poème de T.S Eliot The Waste Land, intitulée « The Burial of the Dead », pour une mise en relation parfaite et rudement bien menée. Déjà, ça, c’est de la construction béton, ça prouve que la réflexion est là et que leur cheminement musical est cohérent et recherché. Même topo (si j’ose dire) sur "At The Gate", morceau qui mêle brutalité et passages atmosphériques, chant hurlé et chant clair, avec de belles influences « post » : à la fin du morceau, fin de la première partie de « The Burial of the Dead ». Superbe hommage à un poème riche et difficile d’interprétation, HORD a du trouver le langage de la musique plus approprié et on les en remercie. N’empêche, dans un poème si plein lui-même de références (Baudelaire, Dante…), ils ne rendent pas la tâche facile à l’auditeur, d’autant que leurs mélodies protéiformes, qui naviguent sans cesse entre l’atmosphérique ("The Sleepless Journey") et la force pure mais rudement bien maîtrisée ("Confession"), ne laissent pas de repos. "Landscape With The Fall Of Icarus" est un exemple de la variété de timbres de voix avec lesquels HORD joue, on passe d’un chant hurlé à une voix rauque (voire « rock ») qui rappellera immanquablement Chester Bennington (LINKIN PARK). Sans compter encore une fois une référence poétique (le poème de Williams, Landscape with the Fall of Icarus, récité à la fin du morceau, voix féminine). HORD excelle à relier tous les domaines artistiques, à truffer leurs morceaux de références poético-mythologiques, tout en ne faiblissant pas sur les mélodies efficaces, qu’elles soient envoûtantes ou survoltées. "On Collision Course" est un morceau très marqué de l’empreinte « post », avec ses mélodies planantes et ses guitares aériennes, et qui mène à deux morceaux plus « calmes » que sur le reste de l'album (« calme » c'est très relatif…)  : "Unleash The Hermod" (mythologie nordique cette fois) qui va mélanger passages avec riffs rageurs/chant guttural et refrain à la mélodie catchy en chant clair, puis "Kindermord" qui, après une intro à rallonge encore une fois très « post », va mélanger les genres pendant 7 minutes. Bizarrement, les mélodies de ce morceau me semblent trop « optimistes » pour un morceau dont le titre allemand (pourquoi donc ce recours à la langue de Goethe ?) signifie « massacre d'innocents » : il faudrait fouiller plus loin… Mais il est clair qu'un passage de ce titre (de 5:00 à la fin) m'a fait penser à du COLDPLAY. Au vu de l'ensemble de l’œuvre, inutile de dire que je n'ai pas envie de critiquer, juste de dire que nos montpelliérains sont à l'aise dans tous les genres et ont manifestement pensé cet album de bout en bout sans rien laisser au hasard, alors si bizarrerie il y a de mon point de vue, c'est sûrement un défaut de compréhension de ma part. Si cet album, à la première écoute, peut sembler trop « lisse » pour HORD, il n'en est rien. Pour apprécier totalement un album-concept, il faut le comprendre, et si l'auditeur peut être parfois désarçonné, le dernier morceau "What The Thunder Said  » (du titre de la dernière partie du poème The Waste Land, d'Eliot) vient boucler la boucle. Un coup de maître.

Chronique : Nastassja

Note : 9,5/10

 

HORD_Band
 
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