GORGOROTH - Instinctus Bestialis
GORGOROTH - Instinctus Bestialis
Soulseller Records
Style : Black Metal
Origine : Norvège
Sortie : 2015
Site Web : www.gorgoroth.info
01. Radix Malorum / 02. Dionysian Rite / 03. Ad Omnipotens Aeterne Diabolus / 04. Come Night / 05. Burn In His Light / 06. Rage / 07. Kala Brahman / 08. Awakening
GORGOROTH, c’est bien évidemment la plaine désertique du Mordor dans Le Seigneur des Anneaux de Tolkien. Ce grand plateau aride, criblé de cratères et des fosses fumantes, déchiré par de nombreuses crevasses profondes.Mais c’est aussi un groupe mythique de Black Metal, écorché, tourmenté, déchiqueté et malsain comme cet espace géographique Tolkiennien. On ne présente plus GORGOROTH ! Si ? Petit rappel alors ! Le groupe fut fondé en 1992, à Bergen en Norvège, par Hat (chant), Goat (batterie) et Infernus (guitares). Ils donnent alors dans un Black Métal agressif et malsain. GORGOROTH a connu de nombreux changements de line-up, puis King à la basse, ainsi que Gaahl au chant, ont rejoint ses rangs (avant de repartir vers d’autres aventures). Le line-up actuel est composé d’Infernus, toujours présent (malgré la bataille juridique qui l’a opposé aux anciens membres), Tormentor, Bøddel et Tomas Asklund. Certaines « stars » du Black Metal ont parfois fait également partie du groupe : Pest, encore très récemment (Obtained Enslavement...), Ares (AETERNUS...), Samoth (EMPEROR...), Daimonion (BORKNAGAR, ENSLAVED,...) ou encore Frost (1349, SATYRICON, GEHENNA, KEEP OF KALESSIN...). Bref, je ne vais pas faire ici la biographie complète de cet immense combo, ni détailler les démêlés judiciaires (entre accusation de viol et bataille juridique pour la marque « GORGOROTH ») qui se sont succédés au fil des ans, mais plutôt décrire et chroniquer leur dernier album : Instinctus Bestialis. Alors parlons-en de ce dernier album. Ma vision va être vierge car je me suis arrêtée à Under The Sign Of Hell (1997) que j’ai du écouter un million de fois, et que je ne me lasse pas d’écouter. Mes premières impressions sur ce nouvel album sont assez mitigées. La voix est caverneuse, profonde, mais il n’y a pas ce côté écorché et torturé que j’ai tant aimé chez GORGOROTH (Pest). Les riffs sont beaux, mais les ficelles sont là ! Certaines mélodies sont faciles, déjà entendues. Avec "Radix Malorum", le premier extrait de cet album, on est tout de suite dans le bain : blasts, accords lourds, mélodies cinglantes, couverture totale à la double pédale, tempi élevés... On reconnaît, sous les fioritures, la patte de GORGOROTH, avec un son plutôt bon et rond pour du « True Black ». On est loin des premiers albums « raw ». Certains titres et certains soli sonnent un peu trop « Heavy Metal » à mon goût, comme "Rage" qui commence par un solo ambiant, planant. Ce titre n’en reste pas moins mélodique et sombre, entrainant et très sympathique. La deuxième partie du morceau est très réussie. Le meilleur passage, d’après moi, de tout l’album. La voix de Instinctus Bestialis manque tout de même de caractère, d’agressivité (Pest, revient !), et le tout manque de noirceur à mon goût. C’est certain, les musiciens de GORGOROTH savent ce qu’ils font, et le font bien, tout est propre, bien exécuté, avec des changements de rythmes, une touche de Heavy Metal par ci, une pincé de Black par là. Mais les ficelles sont visibles, le son est trop…ou pas assez…, bref, il manque quelque chose ! Il manque de la violence, il manque des flammes, il manque le côté malsain, décharné, écorché de GORGOROTH… Infernus a récemment déclaré : « comme à mon habitude, j’ai composé chez moi, de nuit, en jouant de la guitare et en invoquant Satan ! ». Hé bien, je cherche encore Satan dans cet album. Il a dû se tromper de numéro… Alors pour conclure, je dirais qu’Instinctus Bestialis n’est pas si mal, mais il ne m’a pas emportée dans les cavernes insalubres des enfers. Je l’ai écouté, je l’ai chroniqué, je le range.
Chronique : Fanny

