ELECTRIC WIZARD - Time To Die
ELECTRIC WIZARD – Time To Die
Spinefarm Records
Style : Stoner Doom Metal
Origine : Royaume-Uni
Sortie : 2014
Site Web : www.electricfuckinwizard.com
01. Incense For The Damned / 02. Time To Die / 03. I Am Nothing / 04. Destroy Those Who Love God / 05. Funeral Of Your Mind / 06. We Love The Dead / 07. Sadio Witch / 08. Lucifer’s Slaves / 09. Saturn Dethroned
Véritable influence de bon nombre de groupes de Doom et de Stoner, ELECTRIC WIZARD est devenu le groupe dont il ne faut aimer que les premiers opus mais également un groupe submergé par ses propres démons. Ce Time To Die est rescapé de nombreux mois extrêmement difficiles comme ses têtes pensantes aiment à le dire à droite et à gauche. En cause l’aspect particulièrement fumeux de ce nouvel album et il est vrai qu’à l’écoute de "Sadio Witch" dont le sens du clip est aussi compréhensible que les parties de chant, permet d’alimenter le débat mais les Anglais s’en moquent et avec raison d’ailleurs, nul n’a à leur dire comment leur musique doit sonner et surtout, petits impatients de la génération internet où tout le monde a un avis dont tout le monde se fout royalement ! Avant d’émettre un quelconque avis, écoutez ce Time To Die dont le seul premier riff d’"Incense For The Damned", aussi classique que bien trouvé, suffit à faire vibrer la corde sensible de tout amateur du style. La production mettant la batterie en fond sonore, le chant perdu dans les méandres fumeux des guitares et avec une basse écrasant le tout, si nous n’avons pas droit ici à une œuvre prémâchée elle est au moins sincère et résonne comme un cri du cœur, de l’âme et du reste du corps de ce Jus OBORN ou de cette Liz BUCKINGHAM qui se dresse comme l’égérie incarnée de ce que le groupe exprime musicalement, envoutant et sulfureux ! La chanson titre est un véritable prolongement d’"Incense For The Damned", comme une longue agonie bien retranscrite par le chant habité de Jus d’où surgissent quelques moments graves bien amenés par des guitares un peu plus sombres et macabres. Avec un début assez direct, les Anglais nous emmènent petit à petit sur un terrain moins évident et moins immédiatement mémorisable et ce "I Am Nothing" parfaitement prolongé de l’intermède "Destroy Those Who Love God" marquant comme la fin du premier chapitre de cet album. Le deuxième chapitre commence fort logiquement comme le premier par un riff plus Stoner et plus facilement mémorisable dans sa structure sur un "Funeral Of Your Mind" qui développe tout de même un environnement très brumeux, le bong a bien tourné et cela transpire sur ce titre au son extrêmement bien gras, mais attention ne vous fiez pas à la première écoute, le titre est bardé d’effet de guitare derrière le brouillard, comme un prolongement de l’intermède le précédant, avec une sorte de menace sur le refrain, une grisaille qui gagne le riffing et l’ambiance générale jusqu’au chant se faisant encore plus brumeux (si c’est possible !), ce titre est certainement celui qui déstabilisera le plus car il n’est pas vraiment habité d’une structure déterminée mais résonne plus comme une longue divagation d’un groupe se laissant aller avec talent pour ce cas là. C’est avec "Sadio Witch", premier single, que le groupe renoue avec les titres efficaces et entêtants, en effet malgré les défauts que l’on peut relever à la première écoute et qui deviennent des atouts au fil des écoutes, ce titre est d’une redoutable efficacité, riff entêtant et particulièrement Doom, l’esprit de BLACK SABBATH est ici bien ancré. Et cela se poursuit sur la fin d’album, une fin un peu plus légère, moins grave dirons nous mais toujours pesante par le son extrêmement gras de l’ensemble. Avec une production qui peut faire débat, ELECTRIC WIZARD a réussi à se sortir du carcan dont certains auraient aimé le voir prisonnier, plaisir égoïste qui est en fait à mettre au crédit du groupe qui, tout en gardant les fondamentaux de leur style, ont réussi à insuffler une nouvelle dynamique à leur musique. Si ce disque était sorti il y a dix ans, cela se serait apparenté à un suicide commercial, mais dans le contexte actuel et si ce virage se confirme sur les sorties futures du groupe (s’il y en a ???), chose qui n’est pas moins certaine, voilà une entité qui aura réussi à se renouveler intelligemment. Ensuite, difficile de crier au génie à l’écoute de ce Time To Die car finalement rien ici n’est surprenant, mais on se surprend à de nombreuses reprises à avoir en tête ces refrains, ces riffs, signe que l’œuvre, avec le temps, a agit, également signe que cet opus pourrait bien survivre au poids des années.
Chronique : Aymerick Painless

