DREAM THEATER - The Astonishing
DREAM THEATER - The Astonishing
Roadrunner Records
Style : Progressive Metal
Origine : Etats-Unis
Sortie : 2016
Site Web : www.dreamtheater.net
Act I : 01. Descent Of The Nomacs / 02. Dystopian Overture / 03. The Gift Of Music / 04. The Answer / 05. A Better Life / 06. Lord Nafaryus / 07. A Savior In The Square / 08. When Your Time Has Come / 09. Act Of Faythe / 10. Three Days / 11. The Hovering Sojourn / 12. Brother, Can You Hear Me? / 13. A Life Left Behind / 14. Ravenskill / 15. Chosen / 16. A Tempting Offer / 17. Digital Discord / 18. The X Aspect / 19. A New Beginning / 20. The Road To Revolution
Act II : 01. 2285 Entr’acte / 02. Moment Of Betrayal / 03. Heaven’s Cove / 04. Begin Again / 05. The Path That Divides / 06. Machine Chatter / 07. The Walking Shadow / 08. My Last Farewell / 09. Losing Faythe / 10. Whispers In The Wind / 11. Hymn Of A Thousand Voices / 12. Our New World / 13. Power Down / 14. Astonishing
DREAM THEATER sort son treizième album studio, The Astonishing, un concept album double narrant l'histoire de huit personnages dans un monde futuriste en 2285, divisé en deux clans, où l'art n'existe plus, remplacé par des machines à bruit nommées Nomacs. Gabriel, le héros principal, redonne espoir aux gens en leur montrant les émotions que la musique peut véhiculer. Constitué de 34 titres pour une durée de plus de 2h15, The Astonishing dévoile malgré tout une musique un peu plus épurée qu'à l'accoutumée, restant néanmoins complexe, grandiose, épique et stupéfiante. Presque trois ans après son album éponyme, certes excellent mais très classique, le groupe, et principalement la paire John Petrucci / Jordan Rudess, principaux artisans et compositeurs de l'œuvre, arrivent à nous surprendre, nous régalant de leur collossal travail où rien n'a été laissé au hasard (intermèdes, bruitages robotiques et électroniques, soprano, chœurs, chorale et orchestre philharmonique). Un vrai film en musique. The Astonishing Act 1 est lancé par "Descent Of The Nomacs", intro spectaculaire plongeant l'auditeur dans une sorte de remake de Terminator, bientôt suivi par "Dystopian Overture", un instrumental court avec un début des plus diabolique et puissant. Les morceaux de ce premier chapitre sont plutôt courts, privilégiant le concept, l'histoire au service de l'émotion plutôt que la surenchère musicale. Qui a dit que DREAM THEATER n'était qu'un groupe technique et sans âme ? Surement pas moi ! D'autres moments sont, malgré tout, plus démonstratifs, sans toutefois chasser les sentiments, toujours au service des mots et de leur impact, à l'image de l'incroyable et swinguant "Three Days" aux relents des années folles, avec cuivres, trompettes et folie maitrisée, ou le subtil "Lord Nafaryus" d'une grande théatralité, tout comme "A Savior In The Square", pièce digne des plus grands péplums. James LaBrie chante divinement bien (le tendre et délicieux "Act Of Faythe") et tire son épingle du jeu avec sensibilité ("The Answer", "Back To Life", "When Your Time Has Come" dont le solo de guitare, sobre, est tout bonnement magique). L'hymne fédérateur "Brother, Can You Hear Me?" nous exorte au combat, à ne pas se résigner, à se battre jusqu'au bout. "The X Aspect" délivre, quant à lui, une bien belle mélodie de cornemuse, très agréable et interloquante. John Petrucci est monstrueux sur "A New Beginning", inventif et technique, au feeling proche d'un David Gilmour. La section rythmique, discrète jusqu'a présent, groove mortellement. Cet Act 1 se termine sur "The Road To Revolution", excellent morceau servant de tremplin pour accéder à l'extase de la deuxième partie. Ce second volet commence, tout comme le premier, par un instrumental ("2285 Entr'acte"). Act 2 se veut plus rapide, technique et axé Progressive Metal comme le démontre le heavy "Moment Of Betrayal" où Mike Mangini se montre particulièrement à son avantage, enchaînant des passages de double sulfureux, ou encore le nerveux et puissant "The Path Divides" doté d'un gros riff et d'un refrain marquant. "Machine Chatter", qui suit avec ses bruitages robotiques, fait penser à R2D2 de Star Wars. LaBrie hurle sa haine sur "The Walking Shadow", morceau court mais foutrement percutant, se terminant par des pas hatifs et un groove rythmique digne d'un certain QUEENSRYCHE. Mais ce deuxième chapitre se veut également plus doux avec ses passages acoustiques nous faisant frissonner ("Losing Faythe", "Begin Again", "Whispers In The Wind"). Les violons et les sonorités Country au début de "Hymn Of The Thousand Voices" surprennent, soutenu par des chœurs absolument divins et jouissifs secondant un James LaBrie impérial. Superbe titre ! Nous terminerons en apothéose par "Astonishing", morceau attachant, signant la fin des débats, l'armistice est déclarée, clôturant de fort belle manière cette oeuvre des plus dantesque, rappellant les plus grands créateurs du genre que sont THE WHO, RUSH, QUEENSRYCHE, et bien sûr l'immense PINK FLOYD. Chef d'œuvre dans tous les sens du terme, DREAM THEATER rentre, avec The Astonishing, au panthéon des œuvres conceptuelles gargantuesques du monde musical.
Chronique : Papa Bordg
