CHECKMATE - Immanence
CHECKMATE - Immanence
Klonosphere
Style : Thrashcore
Origine : France
Sortie : 2013
Site Web : www.facebook.com/checkmateofficial
01. Days Slip By / 02. Fake Golden Kingdom / 03. Invictus / 04. I.M.A / 05. Moving Backwards... / 06. ...Despite The Years / 07. Blank Page / 08. Fragments / 09. A Maze / 10. By Any Means Necessary
Les parisiens de CHECKMATE suivent le processus logique, donc après une démo en 2008, suivie d'un EP en 2009, ils accouchent enfin de leur premier album, Immanence, et les lycéens qui sortent à peine la tête du bac philo se rappelleront de quoi il s'agit, moi je ne m'en souvenais pas (c'est le contraire de la transcendance, ou « ce qui a son principe en soi-même », et ça rend pas le truc plus clair… Une minute de silence pour mes pauvres neurones). Je suis complètement passée à côté du concept (et j'ai honte, évidemment), mais il est difficile de faire abstraction des sensations déclenchées par l'écoute de cet album. Impossible de l'écouter d'une oreille distraite : CHECKMATE, ça sonne comme une explosion, ou non, plutôt comme un cube en vitraux noirs et gris vernis qui explose et dissémine ses milliers de fragments sur un sol de béton brut. Ces fragments craqueront sous les pas, miroiteront sous des lumières crues d'un éclat chaud/froid, et parfois blesseront les promeneurs imprudents. Cette description en mode « synesthésie » (des fois j'utilise des mots de quatre syllabes, oui, carrément) d'Immanence prouve une chose : il est possible d'être puissants et subtiles à la fois, de faire dans la brutalité tout en instillant des mélodies évocatrices. Du morceau d'ouverture ("Days Slips By") jusqu'à la fin de l'album ("By Any Means Necessary"), CHECKMATE nous fait vibrer, pas besoin de se potasser Spinoza, Nietzsche ou Sartre, car Immanence va creuser en chaque individu pour découvrir les conflits intérieurs, ce qui nous anime, les sales histoires qui traînent entre nous et notre conscience, nos actes… Avec un artwork magnifique et un livret qui mérite d'être lu pour bien déceler la cohérence entre les paroles et la musique de CHECKMATE, c'est avec un réel plaisir qu'on se laissera tirer par les tripes. Les riffs sont puissants, la rythmique appuyée, parfois déstructurée ("I.M.A" et ses nombreux changements), et le chant aussi performant en chant hurlé que clair ("Invictus" dont les paroles proviennent du poème éponyme de William Ernest Henley. Qui ne sera pas sensible à ce mélange des arts, comme a pu déjà le faire HORD avec The Book Of Eliot basé sur l’œuvre de T.S Eliot ?). On repérera ça et là l'influence de GOJIRA, comme par exemple sur la fin du morceau "Invictus" avec le contre chant à la guitare, ou sur le morceau "Fragments". En fait, on pourrait résumer le conflit immanence/transcendance avec « ce qui dépend de nous »/« ce qui ne dépend pas de nous », donc s'il dépend de nous d'écouter avec attention cet opus, les balancements de têtes et frissons qui en découlent sont involontaires ("Despite The Years"). Quitte à dire n'importe quoi, je vais achever sur un jeu de mots d'intello : Immanence est un album transcendant. Ironique non ?
Chronique : Nastassja
Note : 8/10

