BLOODBATH - Grand Morbid Funeral
BLOODBATH – Grand Morbid Funeral
Peaceville Records
Style : Death Metal
Origine : Suède
Sortie : 2014
Site Web : www.bloodbath.biz
01. Let The Stillborn Come To Me / 02. Total Death Exhumed / 03. Anne / 04. Church Of Vasistas / 05. Famine Of God’s Word / 06. Mental Abortion / 07. Beyond Cremation / 08. His Infernal Necropsy / 09. Unite In Pain / 10. My Torturer / 11. Grand Morbid Funeral
Il y a des albums où essayer de broder autour est un véritable défi et puis il y a les groupes soucieux des petits chroniqueurs de webzine comme BLOODBATH dont l’actualité récente n’a eu de cesse de remuer la planète Metal où chacun pense détenir la vérité. Il y a quelques semaines, la nouvelle tombe, le nouveau chanteur de BLOODBATH est Nick HOLMES, connu pour son activité au sein de PARADISE LOST, sans aucune note à proposer, la bombe tombe comme ça sans argument pour contrecarrer les langues de pute sévissant lâchement derrière l’écran. L’anglais a du connaitre quelques jours difficiles jusqu’au moment où "Unite In Pain" est balancé le 24 septembre, une semaine après l’annonce du nouveau chanteur, de quoi attiser la curiosité et surtout laisser retomber l’odeur putride dégagée par l’haleine des mauvaises gueules. Le constat est positif, ceux qui craignait que Nick ne fasse pas le poids acquiescent majoritairement le choix judicieux des Suédois car Nick ne tente absolument pas d’imiter Mickael AKERFELDT (OPETH) mais propose plutôt une version cradingue du chant Death Metal, celui qui a nourri les GRAVE, ENTOMBED, DISMEMBER et tout ce que la scène Death Metal de la fin des 80’s a pu engendrer, ça tombe bien, c’est justement pour rendre hommage à cette scène que ce super groupe existe ! BLOODBATH tient en fait avec Nick HOLMES le chainon manquant pour pousser son Death Metal dans ses derniers retranchements. "Let The Stillborn Come To Me" ouvre cet album dans une crasse poisseuse qui laisse augurer du meilleur et le reste ne déçoit absolument pas, "Famine Of God’s Word", autre titre dévoilé avant la sortie et quinze jours après le premier, enfonce le clou dans le Death vindicatif et sale au possible, de même que "Total Death Exhumed" ou "Beyond Cremation". Mais c’est avec "Church Of Vasistas" que les Suédois commencent à laisser entrevoir le potentiel de cet album, un titre mid tempo, plus ambiancé, ou "Beyond Cremation", dévoilé via Decibel Magazine et son fameux Flexi-disc, un titre bien plus brutal dont on ne pensait pas Nick capable d’assurer un chant aussi haineux et toujours aussi cradingue. Non seulement, cet album est une boucherie totale pour quiconque estime être fan de Death Metal, en dehors des considérations sur le chant puisque cet argument est valable pour tous les groupes, des leads de guitare fusent en tout sens (celui de "Famine Of God’s Word" reste particulièrement en tête), les lignes de chant sont tout ce qu’il y a de plus Death, même si on note quelques petits clins d’œil comme des cris très lointains où Nick HOLMES reprend brièvement sa voix actuelle dans PARADISE LOST. Le nouveau chanteur a abattu un travail énorme mais les musiciens ne sont pas en reste avec ces riffs parfois punkisants ("Mental Abortion") et pour le coup, on savait Greg Mackintosh féru de Death Metal et son retour dans le style avec VALLENFYRE n’est qu’une confirmation, mais Nick HOLMES laissait plus parler son penchant pour les DEPECHE MODE et autres SISTERS OF MERCY, avouant même il y a quelques années à votre serviteur en interview que le Death Metal ne retenait plus vraiment son attention, mais voilà l’anglais qui revient finalement à ses premiers amours. Grand Morbid Funeral est clairement l’album de Death Metal 2014 qui montre que les quarantenaires retombent en enfance car tout comme LOUDBLAST, cela faisait bien longtemps que l’on n’avait pas vu ce style aussi bien honoré. Aidé par une production mettant le riffing des guitares et le chant en avant, juste un peu plus de batterie aurait peut être mis un coup de fouet supplémentaire à cet album, et un artwork en parfait adéquation avec la musique, BLOODBATH retrouve l’esprit d’un Breeding Death (2000), direct, sale et puant, un Death Metal comme on l’aime même si les Suédois ne se sont jamais réellement écarté de cela, seule la production avait fait évoluer la musique du groupe sous l’ère AKERFELDT ! BLOODBATH a réussi sa transformation car l’héritage de son ancien hurleur n’était pas facile mais la réponse du groupe est sans appel.
Chronique : Aymerick Painless


