Barús - Barús
Autoproduction
Style : Death Metal
Origine : France
Sortie : 2015
Site Web : www.facebook.com/barusband

01. Tarot / 02. Disillusions / 03. Chalice / 04. Cherub
Parlons aujourd'hui de musique française, puisque je m'intéresse à Barús, groupe formé en 2015 à Grenoble, et qui partage pour nos oreilles les joyeusetés putrides d'un Death Metal bien de chez nous. Leur premier EP ne se sera pas fait attendre, et c'est donc cette galette éponyme qui va nous intéresser (vous pouvez l'écouter en intégralité, ou le télécharger, sur le bandcamp du groupe : https://barus.bandcamp.com/releases ).
Je lance donc l'album, intrigué, et là... ben c'est parfait. On entre tout de suite dans le vif du sujet : des mélodies dissonantes, sans aucune limite, liberté de composition totale, doublées d'un chant caverneux qui, bien que peu original et légèrement linéaire, convient parfaitement à la musique du groupe, on en demande pas forcément plus. Mais le principal intérêt de la musique de Barús, c'est bien sûr ces riffs qui noient technicité et groove dans un océan de tritons et autres riffs malsains et glauques pour un résultat parfois expérimental et hautement efficace, qui distillent le tout avec une ambiance encore plus noire et une lourdeur omniprésente, ce qui nous donne au final un Death Metal qui se démarque pas mal et qui est vraiment très agréable à l'oreille. Autre bon point que l'on peut constater dès le premier morceau : le groupe n'abuse pas de blast beats. La batterie n'en est pas moins efficace puisqu'elle renforce la puissance des morceaux de manière magistrale, avec des rythmes plus ou moins simples, enrichissants le côté groovy et amplifiants parfaitement la « personnalité » des riffs. Le deuxième morceau est ouvert avec un riff plus influencé Deathcore, avec une ligne de batterie sautillante réellement jouissive, un chant écorché pur, agrémenté d'ajouts de paroles prononcées d'un ton morne et mystérieux, nous plongeant totalement dans l'esprit de la musique. Après un court pont, l'énergie reprend doucement du terrain avec du chant clair qui, contrairement à ce que l'on pourrait penser, ne casse pas le rythme, ni l'atmosphère. Le morceau repart (pour de bon cette fois ) très vite, avec une mélodie destructrice et des tourbillons de syncopes, le batteur, là encore, se défoulant magistralement pour le plaisir de nos tympans inquisiteurs. Le groupe continue dans les expérimentations d'éléments Deathcore sur le morceau suivant avec cette introduction aux basses pesantes et au riff assez, voire trop, classique mais qui instaure tout de même une bonne atmosphère, annonçant un morceau lourd et sans concessions, avec une montée de la pression qui aboutit sur des mélodies mid-tempos assez influencées Death Metal old school. Là encore, les rythmes syncopés sont de la partie, et on retrouve également un autre pont, cette fois plus angoissant, avec une basse assez présente. La montée en puissance est assez brutale, mais en découle un passage intense et fort, plein de violence et de colère. Le final est sublime, rempli à ras-bord de rage et de démesure, juste parfait pour achever un excellent morceau. Pour le dernier morceau qui est, à mes yeux, le meilleur, de part son côté plus émotionnel, plus varié, et comme on va le voir, plus Black, et moi j'aime ça, on part sur un morceau de Doom/Death old school, sombre, désespéré, glauque, basculant vers le... Vous avez deviné... Le désespoir est ici mêlé à une violence infernale et à une lenteur agressive... Pas pour longtemps, puisque le morceau s'accélère d'un coup, mettant ici les influences Black bien en avant, avec un peu plus de blast beats et un son de guitare froid, tout droit venu de Finlande, Norvège, ou autre pays au climat pas très hawaïen. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que pour une aventure sur les terres étrangères du Black, c'est très réussi : c'est haineux, assassin, glacial, bref, tous les codes qui font le Black pur et classique sont maîtrisés à la perfection, sans pour autant abandonner le Death, avec un tempo changeant régulièrement, entre le rapide et le lent.
Pour conclure, malgré parfois quelques structures de morceaux un peu maladroites et deux, trois autres défauts mineurs, nous avons là un EXCELLENT premier essai. Propre, carré, efficace. Et j'ai beaucoup aimé le batteur, je pense que ça s'est vu (cela dit, tous les musiciens sont bons, et bravo à eux pour leur travail, notamment au niveau des riffs, qui sont « tissés » de manière fine et habile, et, il faut le dire, hyper chiadés). Que dire, à part souhaiter une bonne continuation à Barús ? A noter qu'une sortie physique devrait voir le jour fin 2015.
Chronique : Durchfall
