BEHEMOTH – The Satanist
Nuclear Blast
Style : Black Death Metal
Origine : Pologne
Sortie : 2014
Site Web : www.behemoth.pl

01. Blow Your Trumpets Gabriel / 02. Furor Divinus / 03. Messe Noire / 04. Ora Pro Nobis Lucifer / 05. Amen / 06. The Satanist / 07. Ben Sahar / 08. In The Absence Ov Light / 09. O Father O Satan O Sun !
Voici la renaissance de BEHEMOTH et de son frontman Nergal. The Satanist, déclaration non anodine lorsque l’on connait l’épreuve par laquelle est passée le Polonais ces dernières années. La production et le contenu de ce dixième album sont également très révélateurs de l’évolution que le trio avait déjà amorcée sur Evangelion paru en 2009. Tout d’abord, c’est dans l’artwork que l’on voit en premier ce virage, ou cette cassure diront certains, c’est ici une peinture, en tout cas dans son rendu général, qui orne cet album, dans une ambiance plus sombre et inquiétante qu’auparavant, le lien est directement fait avec le titre de l’album, ce sera plus spirituel que brutal de premier abord. Alors lorsque déboule "Blow Your Trumpets Gabriel", qui est également un premier single surprenant pour BEHEMOTH, tous les éléments se mettent doucement en place, la brutalité se veut être à un autre niveau. Soyons clairs, finis les riffs édités, la superposition stérile de couches de guitare, la surproduction vocale, tous ces éléments qui étaient la marque de fabrique de BEHEMOTH qui avaient déjà été freinés sur Evangelion, ont ici été totalement abandonnés. La voix plus nature de Nergal donne une dimension incroyablement brutale à ce The Satanist ("Messe Noire", "Amen") et les Polonais ont lâché les chevaux avec des leads et des solos de guitare plus fluides et terriblement Heavy ("Ora Pro Nobis"), et des passages dans des extrémités peu entendues chez ce groupe, que ce soit le titre plus mid tempo lorgnant tranquillement sur certains titres de MOONSPELL ("The Satanist") ou un retour au Black plus direct sur "Furor Divinus" où la voix de Nergal explose littéralement le titre. Une fois l’effet de surprise passé, on note un léger rapprochement de ce que GOJIRA a pu accomplir, et dans ce domaine tout le début de l’ultime "O Father O Satan O Sun !" est vraiment troublant et surtout on note que BEHEMOTH s’est amusé à ne pas être là où on l’attend forcément, "Messe Noire" avec ses accélérations courtes mais expéditives promet une fin chaotique et c’est finalement sur un solo plutôt mélodique et très Heavy que ce titre se finit dans des passes d’armes de guitare efficaces et bien ficelées sur fond de guitares lourdes, les chœurs grandiloquents habituels du groupe se font plus mystiques, un rapprochement avec ROTTING CHRIST ne serait pas totalement déconnant. Toutefois, et comme régulièrement avec BEHEMOTH, le cœur de l’album est un peu moins pertinent avec un "Amen" ou "Ben Sahar" plus dispensable, pas qu’ils soient mauvais mais ils n’apportent pas grand-chose à ce The Satanist affichant tout de même une incroyable force de frappe. Avec cet album, BEHEMOTH démontre avec puissance qu’ils n’ont pas besoin de se cacher derrière une production ultra présente pour sonner, alors certes le rendu est moins impressionnant techniquement mais la prestation vocale de Nergal, la batterie d’Inferno et les arrangements soignés et très fins (les claviers de "Messe Noire"), la présence de la basse dans le mix final rendent cet album plus intemporel que ces prédécesseurs. Il est vrai que cet album demande bien plus d’attention et d’écoute pour se révéler mais il renferme des titres qui ne font que poursuivre la voie prise par Evangelion, une suite logique pour ceux qui ont apprécié le virage amorcé à l’époque et un retour assez excitant pour les amateurs de Metal extrême en général !
Chronique : Aymerick Painless

