NECROWRETCH - Putrid Death Sorcery Century Media
Style : Death Metal
Origine : France
Sortie : 2013
Site Web : http://necrowretch.net
01. Ripping Souls Of Sinners / 02. Purifying Torment / 03. Goat-Headed / 04. Putrid Death Sorcery / 05. Impious Plague In Catacombs / 06. Spewed From Hell / 07. Defiler Of Sacrality / 08. The Anthropomancer / 09. Soiled Into A Crypt / 10. Necrollections / 11. Repugnizer
Lorsqu'un groupe Français arrive à s'extirper de la scène locale ou nationale pour conquérir l'Europe ou parfois le monde, c'est toujours un évènement en soi. Avec GOJIRA en tête, certains ont réussi cette prouesse comme ZUUL FX, GOROD, LOUDBLAST ou le groupe dont il est question aujourd'hui : NECROWRETCH. Ces petits jeunôts viennent de sortir leur tout premier album chez le prestigieux label Century Media. Ce n'est d'ailleurs que le troisième groupe Français de toute l'histoire à signer chez les Allemands après KICKBACK et MERCYLESS. Il y a donc fort à parier que le label mise gros sur ces nostalgiques du début de l'ère Death Metal. Comme vous l'aurez sans doute compris, il s'agit ici d'un album de Death Metal très old-school qui rappelle les premiers méfaits d'ASPHYX, DISSECTION ou encore MORBID ANGEL à une époque où le Death était encore naissant. On retrouve également des touches Black qu'on pourrait associer à du vieux MARDUK et qui rend Putrid Death Sorcery encore plus putride et crade. On démarre donc cet opus avec "Ripping Souls Of Sinners" qui transpire les influences scandinaves et place la barre déjà très haut. L'amateur de vieux son sera très vite convaincu. La voix est celle d'un chanteur de True Black dont on aurait poussé la résonnance un poil trop fort. Les morceaux suivants sont issus du même moule, mais les Français ont pris garde de ne pas tomber dans le piège de la linéarité. La batterie est l'un des gros points forts de cet album. Au-delà d'une vitesse ahurissante, on peine à croire qu'elle n'est l'oeuvre d'un seul homme tant la précision, le groove, les blast et les rythmiques sont bluffantes ("Purifying Torment", "Goat-Headed"). Les guitares sont, quant à elles, assez simplistes et directes dans leur exécution mais disposent d'une puissance suffisante pour ravager vos esgourdes ("Spewed From Hell", "The Anthropomancer"). On peut même distinguer la basse accompagner ses grandes soeurs à six cordes. Pour faire bref, Putrid Death Sorcery est un album de Death old-school avec tous les ingrédients. Le groupe semble faire sa petite affaire dans son coin, libre au public de le suivre ou non. Mais si, comme moi, vous aimez les maîtres de l'effroi et de la brutalité que sont ENTOMBED, POSSESSED, DEATH et GRAVE, vous ne pourrez pas passer à côté de cette jolie pièce, ma foi, fort sympathique pour un premier album.
TRACER – L.A. ? Mascot Records
Style : Heavy Rock
Origine : Australie
Sortie : 2012
Site Web : www.tracer-band.com
01. End Of The Samurai / 02. Don't Forget My Name / 03. Wrecking Ball / 04. Get Free / 05. All Look The Same / 06. Such A Waste / 07. Sleep By The Fire
Réédition d’un disque sorti en 2009, L.A. ? bénéficie de l’attention bienvenue de MASCOT RECORDS car en effet, si le style n’a rien de bien surprenant, TRACER sait envoyer du Rock aussi énergique que plein de feeling. Les amateurs de FU MANCHU, QUEENS OF THE STONE AGE, THE QUILL ou MONSTER MAGNET devraient trouver là une galette pour les petites faims. Le feeling bluesy du trio (qui prend pleinement sa place sur l’ultime "Sleep By The Fire") donne une couleur personnelle à ce premier essai, du moins à l’époque puisque depuis l’album Spaces In Between a atterri dans les bacs, notamment sur le titre d’ouverture qu’est "End Of The Samurai". L’ombre d’AUDIOSLAVE habite ce premier titre tout comme un "Wrecking Ball" plus directement Rock mais aux arrangements vocaux bien soignés rappelant l’œuvre de Chris CORNELL mais aussi par la production et ce son de guitare très chaud et on passera sur l’introduction d’"All Look The Same" mimant celle de "Rusty Cage". Bien varié, L.A. ? peut également évoquer une certaine période de THE CULT avec ce feeling country/blues ("Get Free"), et le Power Trio s’autorise même l’utilisation discrète de claviers pour une sonorité 70’s qui n’a cependant rien de pompeux ("Sleep By The Fire", "Wrecking Ball"). Le groupe semble déjà jouir d’une certaine renommée grâce à des concerts remarqués en Europe (et notamment en Angleterre ou en Allemagne), on devrait donc rapidement entendre parler de nouveau de ces trois gars pratiquant un Heavy Rock de bon goût et avec une personnalité déjà affirmée, un disque plein de promesse, vraiment, et l’album publié en 2011 tout aussi recommandable corrobore les faits !
DARKTHRONE - Circle The Wagons Peaceville Records
Genre : Black Heavy Metal
Pays : Norvège
Sortie : 2010
Site Web : www.darkthrone.no
01. Those Treasures Will Never Befall You / 02. Running For Borders / 03. I Am The Graves Of The 80s / 04. Stylized Corpse / 05. Circle The Wagons / 06. Black Mountain Totem / 07. I Am The Working Class / 08. Eyes Burst At Dawn / 09. Bränn Inte Slottet
Quinze albums en 23 ans de carrière : qui dit mieux ? Le duo Norvégien DARKTHRONE poursuit son chemin sans se préoccuper des regards extérieurs, en n’évoluant qu’en fonction de ses goûts. Circle The Wagons le prouve une nouvelle fois, errant volontairement sur des territoires variés. Ca démarre en trombe avec un "Those Treasures Will Never Befall You" pêchu que ne renierait pas MOTÖRHEAD. Ce morceau, comme quelques autres, est doté d’un refrain chanté de manière relativement convaincante en voix claire (impossible cependant pour l’auditeur occasionnel que je suis de dire si il s’agit-là d’une vraie nouveauté). Au passage, il n’est pas toujours facile de distinguer qui, de Nocturno Culto ou Fenriz, chante quoi. Mais revenons à l’album, qui se poursuit de manière assez fluide : du très punk "I Am The Graves Of The 80s" en passant par l’épique "Circle The Wagons", et jusqu’à l’instrumental funèbre "Bränn Inte Slottet". Dans la grande tradition DARKTHRONE, Circle the Wagons est doté d’un son cru très « do it yourself ». En dehors du chant, toujours aussi spécial (et qui pourra en rebuter certains), le groupe reste également fidèle à son approche primaire des autres instruments. Pour résumer, c’est roots à tous les niveaux ! Certains salueront l’indépendance, d’autres critiqueront la désuétude…
GOJIRA, le fer de lance de la scène française viendra écraser la main stage 1 le dimanche 23 juin avec son Metal pachydermique ! GOJIRA sera le 20ème représentant de l’hexagone sur cette édition 2013 !
ATTIC – The Invocation Van Records
Style : Heavy Metal
Origine : Allemagne
Sortie : 2012
Site Web : www.facebook.com/atticfuneral
01. Intro / The Hidden Grave / 02. Funeral In The Woods / 03. Join The Coven / 04. Edlyn / 05. Ghost Of The Orphanage / 06. Intro / In The Chapel / 07. The Invocation / 08. The Headless Horseman / 09. Satan's Bride / 10. Evil Inheritance
Le plagiat, c’est pas bien ! Mais où ce dernier commence-t-il, et où s’arrête-t-il ? Vous ne regrettez pas votre année de terminale et ses heures de philo interminables ? Moi non-plus… Cela ne m’empêche pas de m’interroger sur le bienfondé de la démarche d’ATTIC, ce groupe allemand qui pompe allègrement l’héritage de MERCYFUL FATE et en particulier le chant si étrange de King Diamond. Ces mecs-là ont dû user leurs vinyles de Don’t Break The Oath jusqu’à la corde, ce premier album intitulé The Invocation en est une preuve formelle ! Mais pourquoi diable aller jusqu’à singer les « tics » vocaux du King, en plus de ces tonalités aigües venues d’un autre monde ? D’autant que le traitement du chant semble avoir été réalisé dans le but de singer l’album culte précédemment cité. Même les photos promo ressemblent indéniablement à celles de la légende danoise ! Et il y a aussi ces lignes de guitares lead et ces riffs, et j’en passe… D’un autre côté, les compostions sont indéniablement bien foutues et entrainantes, dans un registre plus catchy et plus speed que celles du FATE, évoquant parfois vaguement ce que ce dernier a produit dans les années 90 : plutôt ironique, non ? Les mélodies vocales diffèrent elles-aussi parfois de celles du Maître, et il y a fort à parier que ce talentueux vocaliste qu’est Meister Cagliostro saurait utiliser son organe de mille autres façons, même en restant dans les aigües. Et puis il y a quand-même le morceau final, "Evil Inheritance", qui ouvre quelques perspectives intéressantes. Bref, pardonne-moi, ami lecteur, pour l’approche un tantinet évidente de cette chronique mais là, difficile de faire autrement. Et puis, regarde ma note, je ne suis pas si mauvais joueur ! Quant à The Invocation, il risque de connaître le même sort que les albums de PORTRAIT et consorts : quelques écoutes jouissives et puis, une fois l’effet de surprise passé, on se surprend à vouloir réécouter l’original. D’autant que, dans le cas qui nous intéresse, l’original est justement toujours vivace et les espoirs de reformation restent permis.
ECLECTIKA - Lure Of Ephemeral Beauty Asylum Ruins
Style : Atmospheric Dark Metal
Origine : France
Sortie : 2012
Site Web : www.eclectika.fr
01. Through The Supernova Remnant / 02. Lure Of Ephemeral Beauty / 03. Cyclic Anagnorisis / 04. Room Nineteen / 05. Sophist's Death : Legacy And Bitter Tears / 06. Trauma 635 / 07. Sweet Melancholia / 08. Les Sept Vertus Capitales / 09. Handicapped Sex In A Mental Orgy / 10. Aokigahara
Projet du guitariste / compositeur Sebastien REGNIER, ECLECTIKA s'est, au fil des sorties, créé un univers bien personnel qui fait d'ECLECTIKA un groupe à part sur la scène Française. Pas à pas le dijonais a su affirmer et affiner (comprenez par là décomplexifié) son style, les progrés réalisés depuis The Last Blue Bird (2007) et Dazzling Dawn (2010) sont bien réels, le Black Metal s'est désormais mué en un Dark atmosphèrique bien mieux maitrisé, naviguant entre ombre et lumière, jouant sur les constrastes pour mieux surprendre l'auditeur... de bonnes idées sont là bien présentes mais ne nous font pas oublier quelques défauts qui persistent encore (production un peu trop synthétique, mixage hasardeux, chant lyrique pas toujours très bien intégré...). Si Lure Of Ephemeral Beauty ne changera sans doute pas la donne pour ECLECTIKA, il en est pas moins son travail le plus représentatif et le plus abouti...
ECLECTIKA - Dazzling Dawn Asylum Ruins
Style : Atmospheric Black Metal
Origine : France
Sortie : 2010
Site Web : www.eclectika.fr
01. The End / 02. Dazzling Dawn / 03. Sophist Revenge / 04. Les Démons Obsédants du Regret / 05. There Is No Daylight In The Darkest Paradise / 06. Experience 835 / 07. The Next Blue Exoplanet / 08. Marble Altar / 09. Stokholm Syndrome / 10. 11 Corps Décharnés
Dazzling Dawn a beau être le deuxième album des Bourguignons d'ECLECTIKA, sa production très "amateur" est inférieure à ce que certains combos arrivent de nos jours à obtenir sur une (bonne) démo : le son des guitares est trop brut et la batterie est mixée trop en retrait, m’empêchant au passage de déterminer si elle est jouée ou programmée. Le deuxième point négatif vient du manque d’homogénéité dans la direction musicale : ça part dans tous les sens, bien que le nom du groupe laisse deviner que c’est voulu. On passe ainsi de titres Black Metal atmosphérique plus ou moins rapides rappelant le groupe italien EVOL ("Dazzling Dawn", "Marble Altar") à des instrumentaux ambiants (drôle d’idée d’en enchaîner deux à la suite : "Experience 835" et "The Next Blue Exoplanet" aux ambiances radicalement opposées !). D’autant qu’un grand décalage sonore sépare ces deux styles, avec un rendu forcément plus pro lorsqu’il s’agit d’instrumentaux joués aux claviers. Le chant Black est classique, tandis que le chant féminin assuré par Alexandra Lemoine est bien plus convaincant lorsqu’elle ne joue pas la carte du lyrique (la jolie ballade "Les Démons Obsédants du Regret" qui rappelle les débuts de WITHIN TEMPTATION). Le côté amateur est renforcé par quelques passages ou sons de claviers trop gentillets, ou encore des rythmes de batterie trop minimalistes, dommage car le groupe fait preuve d'un talent certain pour la composition et la mélodie comme le prouvent la ballade susmentionnée, le convaincant "There Is No Daylight In The Darkest Paradise", ou l’intro "The End" (!). ECLECTIKA pourrait grandement progresser en révisant des ambitions peut-être trop élevées et en recentrant sa direction musicale. Très encourageant s’il s’agissait d’une démo…
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