AC/DC - Rock Or Bust
AC/DC - Rock Or Bust
Columbia Records
Style : Hard Rock
Origine : Australie
Sortie : 2014
Site Web : www.acdc.com
01. Rock Or Bust / 02. Play Ball / 03. Rock The Blues Away / 04. Miss Adventure / 05. Dogs Of War / 06. Got Some Rock'n'Roll Thunder / 07. Hard Times / 08. Baptism By Fire / 09. Rock The House / 10. Sweet Candy / 11. Emission Control
Bon d'accord AC/DC à toujours été fidèle à son style et c'est tant mieux, mais les passages recyclés ci-et-là durant les 35 minutes de ce Rock or Bust sont à la limite de la décence. L'exemple le plus évident est cette similitude assez incroyable entre "Rock The Blues Away" et "Anything Goes", on jurerait vraiment que c'est le même titre lorsque les couplets démarrent ! Inutile de citer tous les moments d'auto-parodie mais on peut aussi parler de ce rapprochement entre "Dogs Of War" et le bien plus percutant "War Machine", enfin, il y a aussi ce passage de guitare dans "Miss Adventure" qui est le même que dans "Thunderstruck". En fait, le problème de ce nouvel album n'est pas la durée mais plutôt l'inspiration générale, et même si Black Ice fut critiqué en 2008, force est de constater que l'on s'y ennuyait beaucoup moins malgré les 20 minutes supplémentaires. Là où Black Ice innovait par son côté mélodique et sa diversité plus présente qu'auparavant, Rock or Bust s'enfonce dans les méandres du commun, faisant de lui un des moins bons représentants de la discographie du groupe australien.
"Rock or Bust", le titre, annonce déjà la couleur avec son refrain répétitif, amenant une entrée en matière bien pâle en comparaison de "Rock'n'Roll Train". "Play ball", le single, est déjà mieux avec son côté entraînant beaucoup moins monocorde... passons ensuite sur "Rock The Blues Away" déjà évoqué plus haut comme un "Anything Goes" bis. Mais objectivement, ces trois premiers morceaux passent encore assez bien la rampe et ça se gâte méchamment avec un "Miss Adventure" des plus soporifique... gros moment d'ennui avec un sentiment de presque ridicule quelque part... là on reste dubitatif. "Dogs Of War" ne ravive pas la flamme, loin de là, rien de stimulant... si ce n'est une envie de zapper. "Got Some Rock'n'Roll Thunder" et son côté groovy ramène un peu d'attrait mais rien de formidable non plus. "Hard Times" poursuit la route sans laisser de grandes traces, "Baptism By Fire" est plus enjoué certes, mais sonne mille fois entendu. "Rock The House" déboule avec la voix de Brian Johnson seule en intro laissant augurer du pire... un petit riff piqué à LED ZEPPELIN, un refrain des plus plats... et nous avons encore un titre bien pénible à déguster. "Sweet Candy" ne fait pas changer d'avis, et on se prend même à se demander si l'on ne tient pas là le pire album d'AC/DC. "Emission Control" enfonce le clou définitivement, rien ne se passe vraiment, c'est sans saveur, un petit riff, un refrain qui n'en est pas un, un solo vite fait et le tour est joué.
Rock or Bust fait vraiment de la peine à écouter quand on sait en plus que le précédent fut en partie critiqué alors que l'effort était fait pour varier les plaisirs. Ici, point de tout ça, c'est terne, pas inspiré... bref moins bon que Black Ice ! Du coup, on repense à l'humiliation faite auparavant à Fly On The Wall pourtant en certains points bien défendable, et on se demande alors pourquoi un tel engouement pour cette compilation de faces B qu'est Rock or Bust. Notre magazine français n°1 de Hard Rock lui infligeant sans complexe un 9/10, quelle appréciation alors pour les classiques albums antérieurs ? Il est légitime de vouloir rendre hommage à la carrière du groupe, mais il faut savoir rester avant tout objectif. Et on espère fortement que c'est le cas ici malgré de gros doutes...
Rock or Bust, le seul album sans Malcolm Young, ne laissera donc pas un souvenir impérissable... en espérant également que les tumultes avec Phil Rudd (dont l'album solo est, lui, recommandable) vont s'arranger. Finissons sur une note positive et ne boudons pas trop notre plaisir malgré tout... et d'apprécier alors une nouvelle sortie d'AC/DC, mais de là à en faire une oeuvre incontournable du groupe... c'est une autre histoire !
Chronique : Renegade88


