• GRAFVITNIR - Keys To The Mysteries Beyond

    GRAFVITNIR - Keys To The Mysteries Beyond
    Carnal Records
    Style : Black Metal
    Origine : Suède
    Sortie : 2017
    Site Web : www.facebook.com/Grafvitnir.Official

    GRAFVITNIR - Keys To The Mysteries Beyond



    01. Niddhögg / 02. Keys To The Mysteries Beyond / 03. Vargavinter / 04. Crossing The Abyss / 05. Eternity's Glistening Black / 06. Journey Into Storms / 07. Unleash The Storm Of Nothingness / 08. Eye Of Lucifer / 09. Whispers Of The Primordial Sea / 10. Glimpsees Of The Unseeble

    Trois albums en trois ans, le rythme semble effréné, mais en vérité, depuis le premier album en 2012, le groupe a proposé une sortie tous les ans. C'est que le collectif emmené par le CURSED 13, Niantiel qui écrit pratiquement tout pour GRAFVITNIR, mixe et produit les albums, a beaucoup de choses à dire, mais bien entendu, à ce rythme la lassitude peut guetter. Il faut pourtant évacuer cela de suite, car si Necrosophia montrait un visage peut être un peu moins direct des Suédois, avec des structures plus complexes, ce Keys To The Mysteries Beyond a tout du petit frère parfait à l'excellent Obeisance To A Witch Moon sorti l'an passé. L'intensité et la noirceur du Black Metal du trio nous emmène sur des terres que les groupes catalogués dans l'Esoteric Black Metal connaissent parfaitement, car GRAFVITNIR fait partie de cette mouvance où le Black Metal n'est pas seulement une façon de s'exprimer, leur musique relate une certaine forme de croyance et de divination pour la noirceur incarnée par l'occultisme et le personnage de Lucifer.

    Mais c'est à travers la symbolique du Serpent que GRAFVITNIR poursuit sa quête, symbole de la réincarnation des forces du mal, l'animal tient une place prépondérante dans le récit du groupe, le tout servit par un Black Metal aux leads furieusement mélodiques, mais noirs ! Ainsi, ceux qui suivent le groupe depuis un moment ne seront pas déstabilisés par cet excellent "Niddhögg" qui ouvre l'album (on passera sur ce bruit de vent qui ne sonne pas vraiment réel...) enchainé à ce titre qui donne son nom à l'album. Les leads de guitare sont toujours aussi acérés, les rythmiques ne faiblissent pas, les blasts sont rois, bien brisés par des mosh-parts absolument terribles ("Vargavinter") et derrière c'est un mur noir semblant infranchissable qui s'abat sur l'auditeur comme chape de suie dont on ne se défait pas. "Crossing The Abyss", un petit intermède plutôt inquiétant, amène un peu de calme, mais le lead qui débute "Eternity's Glistening Black" vous replonge dans un état d'esprit proche de la furie, comme une déferlante vous renvoyant à la gueule la haine accumulée, et c'est qu'ils en ont accumulé de la haine en un an les gaillards, car dès "Journey Into Storms", un autre interlude sur la même base que le précédent, on part pour une fin d'album des plus chaotiques.

    D'ailleurs, on pourrait se demander pourquoi avoir placer ces deux interludes de la sorte avec un seul morceau calé au milieu, mais c'est là une question de concept, et puis avant d'attaquer cette fin d'album, je vous assure que ces 3 minutes de pause rendent le reste encore bien plus sauvage qu'il ne l'est déjà, cela marque l'esprit au fer rouge ! Les morceaux de l'album, tout comme c'est le cas sur tous les albums du groupe, sont dominés par des leads marquants, très guerriers dans l'esprit, mais avec un flot et une couleur si dégoutée qu'on sent le malaise monter. "Niddhögg", "Keys To The Mysteries Beyond", "Unleash The Storm Of Nothingness" sont construits sur cette base alors qu'un "Vargavinter" ou "Eye Of Lucifer" s'appuient plus sur des riffs Raw Black Metal d'une puissance et d'une profondeur bien mise en valeur par le travail sur la batterie, car régulièrement le batteur utilise des toms très graves qui sonnent comme des tambours (est-ce peut-être des tambours tout simplement d'ailleurs) et dessus une réverb' dantesque qui nous donne un aperçu des tambours de l'enfer. Le groupe n'hésite pas non plus à casser les rythmes pour mieux relancer la machine derrière, le titre "Eye Of Lucifer" regorge de ce genre de choses jusqu'à cette partie entrainante très surprenante mais qui sublime ce morceau, attention les cervicales.

    GRAFVITNIR saupoudre ses sorties de petites surprises de ce style mais pour le reste on est sur la même trajectoire, cette voix criarde proche de la folie, symbole d'une haine mise au service d'une musique intense, et pour être sûr de ne pas s'éloigner de la trajectoire d'origine, c'est encore et toujours Magnus Devo Andersson (bassiste de MARDUK) qui s'est occupé du mastering au Endarker Studio, véritable antre de la scène Black Suédoise actuelle. Avec ce Keys To The Mysteries Beyond le groupe montre que le style Black Metal est intarissable lorsqu'il est fait avec talent et convictions, tous les leads de cet album renvoient cette impression de déjà entendu et pourtant, chacun d'entre eux nous permet de reconnaître chaque morceau, l'art de faire la même chose avec des choses pourtant assez différentes et marquantes pour qu'on l'identifie de suite. La relève de DISSECTION s'affirme dans l'obscurité qui lui sied si bien, mais attention, mettre un pas dans ce monde occulte, c'est déjà faire un pas de trop si on espère pouvoir faire demi-tour !

    Chronique : Aymerick Painless

     


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