• DOOMSTER REICH - Drug Magick

    DOOMSTER REICH - Drug Magick
    Aesthetic Death / Old Temple
    Style : Psychedelic Doom Metal
    Origine : Pologne
    Sortie : 2017
    Site Web : www.facebook.com/doomsterreich

    DOOMSTER REICH - Drug Magick



    01. Gimme Skelter / 02. Rites Of Drug Magick / 03. Round The Bend Satan / 04. Meet The Dead / 05. Chemical Funeral / 06. Black Earth, Red Sun

    Lorsque les mots « Doom » et « Psychedelic 60's et 70's » sont accolés pour désigner la musique d'un groupe, on imagine immédiatement le mouvement Occult Rock emmené par des BLOOD CEREMONY ou CASTLE. Pour le cas des Polonais de DOOMSTER REICH, cela va un peu plus loin, mais en guise d'introduction et pour libérer les moins intéressés, il faut imaginer BLACK SABBATH s’accoquinant avec HAWKWIND et le côté d'un SHEAVY pour la facette contemporaine.

    Reste-t-il encore des gens intéressés par cette mixture, très bien, alors bienvenue dans le monde psychédélique de DOOMSTER REICH où la simplicité et le minimalisme lié au Doom sont omniprésents, où les solos ou leads provenant du Stoner, voire même déviant du Desert Rock par le côté sensation d'improvisation ou de jam-session, où le chant est posé sans chercher la moindre efficacité lyrique, une certaine monotonie s'en dégageant à la longue d'ailleurs, et puis enfin, il y a ces structures qui n'en sont pas vraiment, inutile de vous préciser que le côté radio edit est totalement exclu de cette galette et c'est tant mieux car les Polonais finissent par tisser un univers plutôt personnel à la croisée des groupes précités, même si parfois l'hommage est un peu trop appuyé comme sur "Round The Bend Satan".

    Alors, oui, tout cela peut ressembler à ELECTRIC WIZARD, d'autant plus que les guitares sont bien graves, que la voix bénéficie des effets assez semblables, allant même jusqu'à l'imagerie sexy associé à l'occultisme de nos chers Anglais. Mais il regne un esprit Rock'n'roll qui renvoie vers SHEAVY, NEBULA ou SLEEP, pas le Rock'n'roll qui donne envie de danser, plutôt le nonchalant, avec cette arrière pensée malsaine, et d'ailleurs l'ouverture d'album qu'est "Gimme Skelter" en est un parfait exemple, allant même jusqu'à cette petite accélération en milieu de morceau qui se poursuit en mode jam-session sur sa fin où les versions alternatives du riff tournant ratissent large, peut-être un peu trop, une progression un peu plus courte (d'au moins 1mn30) aurait fait gagner en impact ce morceau très dynamique et qui a le mérite de planter le décor ! Un décor qui se poursuit jusqu'au très Sabbathien "Round The Bend Satan" et son « all right now ! » comme Ozzy Osbourne en son temps et ce pont qui suit en guise de clin d’œil tournant à l'appel du pied peu discret, un peu comme le tonton Roland qui sort une blague déjà entendue et qui te lâche des clins d’œil en rafale signifiant « t'as compris, hein, t'as compris ? », on est presque gêné quand même ! Ce morceau aussi renferme une structure faite de succession de riffs où les cassures rythmiques vous cueillent à froid pour un effet semblable aux creux dans les montagnes russes, sans l'envie de vomir, juste cette impression de vertige qui vous domine et à laquelle vous finissez par être accro.

    Cependant, cet album atteint parfois, en de très rares occasions, ses limites avec ces solos sans queue ni tête et même sans vraiment d'intérêt pour le morceau, une dissonance gratuite dirons-nous sur un "Meet The Dead" qui a pourtant quelques atouts comme des riffs bien plombés mais c'est celui qui possède le chant le plus psychédélique ou enfumé et ces errances solistes manquant d'intérêt. Et avec un "Chemical Funeral" de bonne facture mais pas marquant, se noyant dans la moyenne des titres du style, on obtient un tiers d'album un ton en dessous et c'est bien dommage car avec "Black Earth, Red Sun", on retrouve le DOOMSTER REICH incisif martelant une rythmique minimaliste mais tellement désespérée, une sorte de j'ai plus rien à perdre et je lâche mon dernier souffle de vie. Avec cette production crade, ce grain de guitare bien gras, cet enregistrement en condition live, ce Drug Magick est bourré de petites imperfections sans dommage pour l'écoute et l'appréciation du feeling, un esprit domine cette galette et les Polonais finissent par tirer leur épingle du jeu, être le groupe sympathique que l'on va se caler dans les esgourdes entre deux classiques de Doom Metal, une parfaite combinaison qui n'a cependant pas totalement respecté, à mon sens, le postulat de départ avec l'esprit psychédélique d'HAWKWIND, il pourrait être poussé plus loin que ces dissonances et ces errances pour y apporter une véritable dimension psychédélique suggérée. Mais, l'intégration de Pawel aux claviers pour assumer ce rôle étant encore extrêmement frais, on attendra la suite pour se faire un avis définitif sur cet aspect. En attendant, cet album est bien plus qu'un simple outsider, disons que c'est la bonne surprise de ce début d'année (même s'il est sorti fin 2017), et comme Aesthetic Death est plutôt du genre à signer de bonnes choses, on aurait pu s'en douter.

    Chronique : Aymerick Painless

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